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Vendredi 18 mai 2007

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Une soirée s’achève  au bord de la lagune,

L’eau reflète le stuc ombré de pourpres prune
Qui tombent ondoyant comme vivants piliers
Dans Venise la Rouge s’allument les palais.

L’or d’albatre mélé éclaire à peine encore
Les derniers feux du jour à l’autre bout du port
Où gondoles et barques allument leur fanal
Lucioles -papillons  dessus le Grand Canal.

Sur la place Saint Marc roucoulent nos amours...
Dans la moindre ruelle où point encore le jour
Masques et Bergamasques se donnent la réplique
Les verres de Murano allument les boutiques

De leur couleurs de feu, d’eaux et de sang mélées,
Et le grand campanile achève de pencher
Son penser gigantesque sur quelques badauds
Le nez en l’air cherchant dans le ciel trace d’eau.

Sous le Pont des Soupirs, la mousse de vieux rose
Entre deux cris du vent aux pieds des murs se pose
Et nos regards perdus cherchent dans  l’infini
Les prémisses de noces dans Venise la nuit.



 
par Viviane Lamarlère publié dans : voyages-en-poesie
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Jeudi 17 mai 2007



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Le soleil baille encore
la Medina s'étire de ses rues fraiches écloses
dont le courant pressé
charrie sans une pause
les jambes et les voix
des marchands de tapis et de cuivres madrés.

En grappes faseyant les navettes de soie
chantent contre les murs leurs camaïeux subtils.
la ville est un grand fil
d’Ariane cherchant chas.

Entre les bigarrures des tissus d’Orient
se glissent les parfums de cumin, de gingembre
de canelle dorée et de ce beau piment
qui brûle autant les yeux que les grands colliers d’ambre
dont se parent les femmes aux cils cernés de khol.

Au coin d’une ruelle des enfants, les pieds nus
sortent de leur école
et comme des moineaux qui regagnent les nues
s’éparpillent joyeux en dérobant des fruits
qu’ils dégustent moqueurs, échappant aux lazzis
d’un maraicher bougon.
Medina en fusion.

Soudain des vapeurs
affolantes
suintent
du coeur
de la ville affairée.
Le quartier des tanneurs
a ouvert ses godets
de cobalt et de pourpre, de jade et d’amarante.

On ne peut approcher
que les yeux étonnés de comprendre comment
se fabrique le monde.
Un parfum se répand
qui marie durement le sublime et l’immonde
un vestige de joie aux couleurs de la vie
se perdant dans les peurs des peaux déja mûries...



par Viviane Lamarlère publié dans : voyages-en-poesie
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