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Musique de la semaine

Arundo Donax

17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 18:03


« Allez les gars, magnez vous le cul, on se casse ! »
Pas facile à bouger ces quatre éléments qu’on lui avait fourgués dix jours plus tôt pour soi-disant surveiller la frontière. Tu parles d’une surveillance. Un sanglier madré qui inspectait son territoire en faisant semblant de ne pas les voir et quelques potiocks au regard doux léchant l’herbe rase qui déflorait les restes de neige ;
Tu parles d’une frontière.Un maigre chemin de montagne et, au bout, un panneau de traviole dont la flèche indiquait la cime des arbres d’un « frontière » ironique…

« Bon, ça vient ? La toilette, on se la fera en détail à la base !! »
Des gosses. Pas plus. Noms de code : Gaspard, Melchior, Balthazar et Nénuphar. On n’avait rien trouvé de moins voyant.Ils avaient tous perdu un proche dans cette drôle de guerre et étaient rentrés en résistance comme on va acheter le pain. Sans réfléchir. L’eut mieux valu.
Elle c’était pas pareil. L’armée, c’était son truc, à Maria.Crapahuter en pataugas, gueuler comme un putois qu’on égorge et renifler son armurerie, étaient de ses pensées favorites.Et puis aussi, cette jouissance indicible que l’on éprouve à faire comprendre au supérieur qu’on est plus forte, plus vaillante, plus sadique. Cela lui avait valu toutes ses promos. Jusqu’à ce trou paumé.

Elle savait qu’elle risquait la Cour martiale, si elle abandonnait son poste avec ses « hommes ». Mais , nom d’un chien, il ne se passait rien depuis dix jours, Ils n’avaient survécu que parce que, de son enfance à la campagne, elle avait gardé le souvenir des nœuds coulants dans lesquels on piège les lièvres ou les garennes . Elle leur en avait écorché quelques -uns depuis leur arrivée, sous leur regard écoeuré. Comme quoi, même à la guerre, les mecs ont besoin d’une nana pour leur faire la popote. Ils la trouvaient cruelle. Et alors ? Il faut de tout pour faire un monde. La guerre, elle ne la voulait pas mais c’était son métier. Et tuer une bête ou un homme.. C’est la première fois qui compte.
Eux, tremblaient au moindre bruit et encore plus lorsque le silence de la montagne s’abattait avec la nuit.Drôles d’hirondelles qui ne feraient peut-être pas le printemps.

Bon, qu’est ce qu’ils fichaient.. !!??
La veille sur le chemin, ils avaient enterré du plastic. Au cas où.
A tous les coups, revenant du petit coin où leur pudeur de grands ados les menaient se déculotter chacun pour soi, ils ne s’en souviendraient même pas.
Ils arrivaient. Ca y était. Le départ. La liberté. Le retour vers leur garnison. Les explications à mijoter. Et des médailles pour eux. Elle appuya sur la télécommande. Sans état d’âme.




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publié par Viviane Lamarlère - dans Fictions courtes
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commentaires

clem 17/06/2007 19:38

bien ça alors. C'est la guerre !
clem

Russalka 17/06/2007 21:25

oui, dans une belle région en outre car la forêt d'Iraty est une merveille...Mille merci encore de cette présence Clem.

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