L'auteur


bretagne-aout-2009 0053

Sceau1.gif
Blog de poésie, histoire de la musique et des arts,
contes, cuisine, philosophie, défense et promotion de la laïcité


anti_b

Musique de la semaine

Arundo Donax

27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 09:44



Un peu de ma peau vive est restée sur la route,
écorchure séchée sur le ruban des nuits
mais c’est toujours cela que n’aura pas l’oubli

Un peu de mes yeux noirs est resté dans l'érable
brillance passagère, vitré cherchant semailles
et c’est toujours cela qui nourrira l’émail

Quand la terre sourit, est ce que tu vois
ses dents ?
Pourtant
elles sont là…

Mes lèvres enfanteront des baisers à venir
mes mains ma chair mes seins trouveront à s’enfouir
dans cet asphalte temps
déroulé sous nos pas

Je sais je sais, Sirène est la postérité
je sais que notre vie ne sera qu’un été
je fus tu fus nous fûmes
terrifiante attraction, terrifiantes suppliques

Nous sommes dans l’entre deux,
l’instable
la prière
ne sommes-nous que
sable
qui voudrait être pierre ?




Partager cet article

Repost 0
publié par Viviane Lamarlère - dans voyages de l'âme
commenter cet article

commentaires

Huguette Bertrand 12/03/2010 06:29


Je viens de lire ce poème qui a capté mon être et vous en remercie !


Russalka 13/03/2010 09:00


C'est un honneur pour moi qu'il vous ait touchée, Huguette, merci de votre passage en ces lieux.


Marianne 02/03/2010 22:21


Tu dis Avignon... Tu dis "pierres rondes du Rhône" avec ce R roulé de ceux que j'ai dans le coeur et qui vivent là-bas.
Alors, mon âme s'envole de toutes ses pensées vers eux en emportant la singulière image que tu viens de suggérer ici en me partageant cette émotion prégnante.
Mille mercis à toi de ce voyage imaginaire du soir.
Je t'embrasse.


Russalka 03/03/2010 10:03


Les ruelles qui montent très douces vers le Palais des Papes
sont toutes ensanglantées de la rougeur des pierres
posées rondes et douces sous le pas qui voyage

Contente que cette évocation ait rapproché ton âme des tiens en d'autres bourgs
Bises à toi Marianne!



Marianne 01/03/2010 18:12


J'aime bien cette manière de dire "un peu de... est resté dans..."
et cette très belle manière d'interroger en interpellant via une image : "qui voudrait être pierre ?"
Non, je n'aimerais pas devenir pierre car on les refoule du pied, personnellement je préfèrerais devenir sable où d'autres laisseront un peu de leurs pas et de pas en pas leurs empreintes même
éphèmère.

Douce soirée à toi, poétesse.



Russalka 02/03/2010 10:53


Ce que tu dis me rappelle une émotion puissante éprouvée en marchant dans les rues pavées d'Avignon.
J'avais le sentiment de marcher sur des visages en pensant à tous ceux qui en ces temps lointains avaient si bellement arrangé les pierres rondes du Rhone qui recouvraient les rues.
Jolie image que celle que tu m'offres, nous laissons notre empreinte dans les souvenirs des vivants, et les vivants laisseraient nos empreintes dans le sable que nos corps devenus...
Mille merci Marianne!


lutin 27/02/2010 11:07



L'abîme




Il en tomba combien dans cet abîme
Et je disparaîtrai un jour dans le silence
De ce monde, c’est certain

Il en tomba combien dans cet abîme
Le vert de mes yeux, l’éclat de mes cheveux
S’éteindront au fil du temps

Il en tomba combien dans cet abîme
Dans ma chute se figeront les souvenirs
De ma vie resteront les images

De ce monde, c’est certain
La vie renaîtra
Et tout sera comme si je n’avais pas existé

Dans ce monde, c’est certain
J’aimerais laisser mon empreinte
Le vert de mes yeux, le son de ma voix

Vous qui m’aimez
Ecoutez-moi !
Il faut m’aimer encore du fait que je mourrai

Entendez mes cris du silence !
L’écho de ma chute où l’abîme m’entraîne


 


lutin



Russalka 27/02/2010 14:49


C'est réellement étonnant
ton beau poème aurait pu s'intituler " la chute d'Icare"
et c'est précisément ce que je suis en train de lire en ce moment
icare crie dans un ciel de craie...
Merci Lutin de l'écho


Valentine :0056: 02/06/2009 16:59

Demeurer... Durer... Mais ce n'est pas pour sa signification qu'il m'émeut ce poème, c'est pour les images qu'il évoque au passage.

Russalka 02/06/2009 20:12


C'est vrai que je ressens très fort le fait qu'un jour je ne serai plus qu'un nom dans la mémoire des autres
cela ne m'apeure pas
et j'aurai joie si je peux nourrir une fleur au bord d'une route...


Mes radios

France Culture le player en direct

Et dis,si on...

Ma page Facebook