Dimanche 14 juin 2009
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Cette odeur qui coule des murs tachés de salpètre, je la sens depuis le parvis
elle m’attire, irrésistible. Elle m'enivre comme ces parfums d'arrière pays qui vous ferment le langage en même temps que les yeux.
Sans Dieu ni repères, et depuis si longtemps, je ne crois guère qu’aux pierres
à ces choses que l'on dit sans âme qui ne crient pas quand elles vous croisent.
Bribes de vie bribes du temps
J’aime pousser les portes sur cette froide pénombre
entendre glisser les pas du lent recueillement
le murmure étouffé des voix courant entre les travées d’une chapelle à l’autre
Parfois une musique tombe des cintres
appuyée sur la lumière
être légère et m'adosser à la couleur qui glisse des grands vitraux
être légère de ma chair
Il n’y a plus d’eau dans les grands coquillages
la mémoire est rouillée
que reste-t-il des voeux?
C’est dans ces moments là que j’ai envie de prier
mais je ne sais les mots
alors
je prends ceux des autres en passant
Cette dame le visage dans les mains à genoux
ce monsieur qui ne pense plus à rien et ce couple qui se pose un peu main dans la main...
Sur leurs lèvres, dans leurs yeux, des mots courent doucement
je les connaissais avant
ils se dévident dans ma tête, bousculés par le bruit incisif d’un flash
Il y a aussi des touristes qui déchirent ces parcours de paix
leurs pas sans précaution viennent briser le froid qui montait sur mes jambes et me gagnait le corps leurs pas sans précaution me rappellent à dehors
où la lumière vieillit
Tout le monde n’a pas de la peine
ici
Par Viviane Lamarlère
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Publié dans : Chemins de solitude
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La lecture de ce texte me ramène à la visite du Sacré-Coeur ce dimanche, cela aurait pû être un autre édifice mais, avec le flux de touristes, dont je faisais parti, je revois la scène, mes pas dans ce sanctuaire, ma courte halte sur l'une de ses chaises, la sortie sur le parvis, ... tes mots résonnent donc dans mon esprit, je les ferais miens à chaque lecture à l'occasion de lon passage ici.
je ne suis pas croyante mais les lieux sacrés me plaisent, sans doute pour le repos d el'âme qu'ils permettent du fait de leur silence, leurs parfums.
Je ne connais pas du tout Montmartre, tu me donnes envie d'y aller
merci encore
http://www.fotocommunity.fr/pc/pc/mypics/1226187/display/17471910
je suis venu puis venu encore
comme dans une chapelle,
lire ce texte
les mots pourraient être ces marbrures
le salpêtre et le souvenir,
si loin de ces voutes démesurées aux échos de solitude
crevées de soleil ou de gel,
ces frêles édifices comme verrues au sein de la plaine,
désertées de fidèles,
le fracas des épées, les sangs d’inquisition,
laissent au marbre terni
les reflets de qui veut les voir,
pousser la porte
soudain sentir le froid du temps
et les équivoques humaines,
alors, même sans foi, besoins de celle en l’homme
petite vieille au confessionnal
et l’agnostique assis terrassé par l’inexplicable,
le flash agressif ne captera que le granulat et la froideur
et laissera l’écho de pas
aux silencieux en écoute et devenir
la pierre qui suinte renvoie nos démesures,
nos faiblesses cramoisies,
oui ce froid aux chevilles
et qui grimpe fermement,
peut-être les mains crispées et avides de nos âmes antérieures,
surgies du cloaque de nos traces confondues,
tout le monde n’a pas de la peine
ici
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Merci Viviane
quelle joie de te lire
pose tes vers sur ton blog
il mérite de ne pas rester à l'état de commentaire
et puis
cela me fait toujours chaud au coeur quand mes pauvres mots servent d'échelle à ceux des autres
je t'embrasse
Merci