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Musique de la semaine

Arundo Donax

1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 20:45





oiseaucri.jpg
Par le sang des saisons qui roulent sous la peau
Par la douceur de l’eau plus douce que la rivière ancestrale
par les gorges venteuses et la douleur du ventre

Je  cherche
   l'oiseau du cri poussé

Mon bateau désossé mon bateau bois de danse
        combien de fois combien la pluie interrogée
ou la bête mangrove aux gueules bousculées d’inquiétude ?

La nuit en pavillon de lisse immensité
    coulait d’un bord à l’autre de son sablier
        le cœur de toute chose était là
rassemblé
    point puissant et massif
point d’un noir indicible prêt à prendre son envol
vers l’une ou l’autre issue

   fracasser l’espoir sur la blancheur des gouffres
ou sombrer les parois d’une gaîté sauvage

Mon bateau désossé mon bateau bois carbet
    combien de fois combien
avons-nous traversé la forêt de nos peurs
        aux arbres contractés sur les plaies jetées là ?

Enfin
    après la dernière goutte du dernier fleuve
    après le dernier grain d'ombre du tout dernier soleil
        j’ai tenu dans mes mains l’inconcevable

Etait-ce l'empreinte de la fin ou le début de la parole

je ne sais plus

Posé sur une branche il rondissait son dos

    cela faisait un léger bruit de feuilles crachinées
les échos s'en allaient en quête d'origine
        rubans fins jusqu'à la transparence

petit battement des tempes serrées entre mes paumes
soie des plumes tendues sur la perte à venir

Il vivait
s’est réchauffé m’a regardé
puis a ouvert ses ailes en déchirant mes muscles et ma gorge et ma voix

la peur

devenue joie


Il ne m'a pas fait mal comme la première fois
L'oiseau du cri

****

oiseaucri


 Sous ce texte perdu et retrouvé en cache
je rajoute le commentaire que m'avait offert Jean-Pierre:

Ce poème est puissant et remplis de couleurs magnifiques d'évocations, d'états d'âme et de sensations associés à des liens congruents et accordés aux sentiments qu'a fait vivre le poète à la recherche des formes qui génèrent les sons.
J'ai fait en son temps la démarche inverse, en recherchant les sons qui pouvaient avoir été émis par un visage tourmenté :

Les cris du visage

Par le sang des saisons qui roulent sous la peau
J'ai retrouvé ces cris qu'exprimait ce visage
Et le dernier grain d'ombre accroché au soleil
Posé sur une planche a fait frémir mon dos
Et la peur, ce jour-là est devenue terreur.
Mes hallucinations ont vibré sur ma toile...














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publié par Viviane Lamarlère - dans Botanique de l'étymologie
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commentaires

lutin 16/09/2015 16:26

Ravie de le relire

lutin 09/06/2009 18:49

Je suis moins souvent devant mon écran, et je viens de me trouver là, merci, oui j'aime beaucoup ce texte "Gong". Je n'ai pas lu cette page, demain je reviendrai. Merci

Russalka 11/06/2009 09:59


Merci Lutin, c'est vrai qu'en cette saison nous sommes appelés par mille choses au dehors et c'est bien.
Nous avons tous besoin de haltes afin de rendre un peu d'encre à la plume, pas de soucis
à bientôt à toi aussi et encore merci pour tes belles photos de cygnes.


Merlin le zeteticien 15/07/2008 09:45

Comme je vois que tu es rentrée, je te mets un petit com en terre. Merci d'avoir pensé à moi, c'est gentil. Ainsi, c'est moi qui ai écrit ceci :" Par le sang des saisons qui roulent sous la peau J'ai retrouvé ces cris qu'exprimait ce visage Et le dernier grain d'ombre accroché au soleil Posé sur une planche a fait frémir mon dos Et la peur, ce jour-là est devenue terreur. Mes hallucinations ont vibré sur ma toile..."et c'est moi aussi qui ai commis cette horrible faute à "Ce poème est remplis de couleurs magnifiques..."Je me souvenais par contre très bien de ton texte et des images que tu avais choisies pour l'accompagner.Hier, j'étais à l'Armada 2008 : magnifique !J'espère que tout va bien pour tes filles et tous les tiens.... surtout Max.Bizzz

Russalka 15/07/2008 13:18


Hé oui c'est toi (sourire) et tu sais comme j'aime tes échos à mes mots...
je ne suis que de passage sur le blog, passé la journée à batailler pour rétablir le courant chez Mathilde et Jo à Bayonne, ranger, calmer sarah qui subit des difficultés au niveau des trains et
est en rade dans la gare de Bordeaux, bref...
pas de souci, je corrigerai cette faute de frappe
car ce ne peut être que faute de frappe
Mille bisous ( Mon petit Maxou MARCHE À QUATRE PATTES!!! quel délice...)
...

je reviens un peu plus tard à ton commentaire, entre temps Sarah est arrivé (son train avait été incendié) quelques courses, du rangement, les filles vont bien. Sarah enthousiaste à l'idée de
rejoindre son chéri, mathilde un peu déboussolée de se retrouver loin de nous, adulte. Problèmes EDF réglés, et puis tu me fais rêver avec cette Armada 2008, moi qui adore les grands voiliers...
Puisses tu les avoir regardés pour moi... Bizzz


le bateleur 12/07/2008 02:18

A peine lu (... relu) ce poème m'a jeté vers la plume avec une furieuse envie de parcourir des terres que tu découvres ici(et que je n'avais pas perçu de suite)(entre mille détails de ce paysage)l'usage de la répétition est tout à fait magiqueet contribue pour beaucoup à l'intensité, la force de ce cri

Russalka 15/07/2008 09:22


merci Luc, c'est un vieux poème
toutes mes excuses pour le retard à répondre,
entre deux déménagements, des tracasseries administratives,
des visites très prenantes
et une absence de quelques jours je n'ai guère eu le temps de me poser
cela devrait s'arranger dans les jours à venir;


Valentine :0056: 11/07/2008 15:09

Oui, parfois la vie s'endort quelque part, comme un oiseau... Et puis elle se réveille ! Miracle ! C'est comme le jour après la nuit, le soleil après la pluie, le chant d'un pinson par la fenêtre. Mais c'est encore plus beau quand ça s'éveille en nous.

Russalka 11/07/2008 21:44


Je ressens cela chaque matin en me levant et posant le pied par terre, cet émerveillement de la vie
Mille bisous valentine et à mardi, je suis crevada et vais me coucher mais les pensées sont là, je ne t"oublie pas


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