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Musique de la semaine

Arundo Donax

14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 10:36

 


Le corps
impossible
Question très étrange. Le corps. Quelle relation ai-je à mon corps ? Et depuis quand cette relation s’est elle mise en place avec son cortège de souffrances physiques ou morales, d’inquiétudes passagères ou de jubilations ?

Blastocyte mitose
tout est dit
le corps embryonnaire dans l’ampoule du ventre
une lutte un vouloir
des  filaments fusionnent se fuient
entre les tresses de chairs minuscules 
sourdine
une chose attentive qui ne tremblera pas
le corps sursaute cherche sa place épaule calée à la paroi liquide tête orientée vers le tunnel peut-être autour du cou cette corde nacrée qui nourrit ou bien tue
première répétition


Ça tombe.
Chaque jour
laisse la peau pour un temps jubilante
mais  en dessous ça pousse et voudrait voir le jour
c’est un peu comme écrire
on croit avoir trouvé en caressant la phrase de quoi éterniser la vision fugitive
puis on s’effondre à côté du dernier mot posé
d’autres phrases arrivent
à chaque fois le sentiment que c’est la dernière fois qu’on va enfin pouvoir se replier au silence
à chaque fois l’espoir que c’est
gagné

Perdu

Le ver est dans le fruit
on cherche sous les draps les rondeurs primordiales
la splendeur des lumières qui traversaient les chairs ce rouge qu’on ne sait plus
les rais de voix écho tam-tam vermeil
c’est toi qui bat qui bat qui bat

et
le matin
ça tombe
sans bruit
on ne se familiarise pas avec ce pays -là

Le corps
impôt cible

Des effleurages doux qui ouvrirent une brèche 
déplièrent les poumons un chenal pour ton cri
tu es passée sans t’en apercevoir
jour après jour
aux affeurages sournois
qui te chiffrent de partout griffent le coin de tes yeux chiffonnent ton sourire

chacun de tes âges est un anneau sur lequel ils vont miser
te mettre en servage et te tondre
et tu auras beau jeu de répondre avec hargne ils seront doucereux

et tac et tip et tac et top et ça poinçonne et ça te case une petite croix ici une signature en bas votre groupe sanguin allez au diable pas de contrat votre carte d’assuré partie remplie par l’ administration ne remplissez pas respirez ne respirez plus il manque encore un feuillet le cordono postérieur vous ne connaissez pas le cordono postérieur prenez un  ticket et attendez dans la queue votre tour
vous prendrez quoi madame en attendant
desserts assez sucrés pour enflammer la faim
cosmétiques racoleurs et psyché déformantes
distractions cher payées
vite une autre vite
pour oublier
par ici la monnaie
ils sont comme des hordes pèsent jaugent et te jugent et soustraient et rajoutent et souvent multiplient
cela se mesure à quelle aune la vie ?

Le corps Huns
peau cible

Le corps
Un possible
il n’y a pas de recette ou peut-être laisser
fermenter
doucement
la nuit je rêve
des choses viennent de sources lointaines pénètrent par ma bouche mon nez et même mes autres yeux
puis s’installent en rond jusqu’au lever du jour et trinquent à la santé des chagrins
il n’y a plus de mots buvards depuis longtemps`
sans doute cela est il important
de rêver pour s’accepter
ou alors de sortir à jamais du rêve
et peut être est-ce à chaque fois la même chose rêver ou pas
la même chose

Son visage était rongé par un cancer des sinus je ne pouvais rentrer dans sa chambre que les narines garnies de pommade au camphre et eucalyptus tant cela puait mais si on prenait le temps d’écouter ce qui courait sous la blessure sous les os visibles et les suintances on entendait un langage humble

Il me disait
que finalement tout est très simple quand on sait que ce n’est que le début de la perte de substance

Il en faut de la force pour descendre dans ses puits
chaque matin plus libre de tous ses saumâtres
rassembler dans un sac les peaux mortes les peines
éparpiller ce poids tout en bas de la pente lentement gravie
il n’y a plus qu’à attendre
nos larmes et nos peaux feront un beau marais
il y aura des bulles pour crever la surface et aussi des grenouilles et quelques puces d’eau
puis une pellicule d’un beau vert céladon recouvrant des légendes

Ici mesdames messieurs c’est le marais des peaux noyées de larmes le seul marais salé de la région ce qui explique la faune et la flore si particulière
une origine inexplicable
on serait tout en haut et on contemplerait la foule en promenade
un voyage d’agrément cher payé à la Horde
mais on serait léger
une partie de soi en bas dans le marais et l’autre tout en haut en route vers la lumière et la fin des tunnels

Le corps Un ?
Possible…

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publié par Viviane Lamarlère - dans Botanique de l'étymologie
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