Comprendre c'est peut-être se vider
d'un coup d'ongle trancher ce qui nous saigne et tient
écartelés
J'ai toujours eu peur de l'absence
j'y décomptais l'oubli
il m'a fallu du temps et casser l'impatience
laisser graine s'ouvrir laisser le paysage rejoindre ses points de fuite
et relire et relire
un poème
ce poème
qui parle de tout autre chose
aussi de cela
chemin à l'infini
dont je voudrais toujours que vierges les possibles
et l'oiseau du miracle posé dans son envol
Il m'a fallu du temps
pour sentir à quel point l'intervalle de l'absence
est un logis serein
à quel point le retour lorsqu'il se fait surprise dit
(mieux que la routinière et presque machinale présence)
qu'on n'a jamais cessé d'exister
dans la pensée des autres






Vos mots à vous