Retour de ce petit village où vit l’ami de ma cadette
la route est de courbes
emplies de tant d’erreurs qu’on voudrait en faire des bouquets
Une pente raide après un virage en angle droit
des vignes au-dessus desquelles vole un couple de buses
qui se posent toujours au même endroit
midi
les maisons isolées
un carrefour en forme d'étoile très vieille
une petite côte qui monte douce entre les chais
et puis la descente
brutale
Sur la bute
une sorte de fléau sur lequel je laisse toujours
avec la pointe au ventre
quelques instants balancer ma voiture
Le temps d’imaginer que je vais tomber droit
vers les villages en bas
mais ce soir
ce n’est pas un train que j’ai rencontré
c’est un chevreuil.
Il allait lentement
traversant la chaussée comme un roi qui ne craint ni le noir ni la route
Il faisait une nuit
Dieu…
comme la nuit peut éclairer la nuit
Il faisait nuit sans lune et pourtant
je l’ai vu
entrer avec lenteur dans les longs rangs de vignes
le poitrail en avant
bombé
éblouissant
une fête blanche sous sa robe dorée
je rêvais de vendanges et de ce sucre en feu qui fait un creux
l'automne
après le grain mordu
J'ai quitté la rencontre avec le sentiment d’être devenue pauvre
d’être restée au bord
d’une histoire formidable
où je n’étais conviée
Haendel, l'Harmonieux forgeron, Trevor Pinnock au clavecin
si tu savais comme mon coeur a battu de voir cette bête traverser devant nous à un mètre du capot, sans même se retourner
elle allait ailleurs
nous étions sans importance pour elle.
Merci de la visite Nicole...
ces vers:
je t'ai confié mon corps ma seule richesse
dans tes mains je l'ai vue croître
disent merveilleusement le sentiment , sous la caresse, de sortir de la cage corporelle où nous sommes enfermés
l'espace se dilate
dans l'amour
puis on retourne à l'origine
position foetale
attendant l'eau qui vient
et dehors
la lumière du jour
comme un regard
Merci Lutin.
us était offert, venu de la nuit reparti dans la nuit.
un jour je raconterai cette fois merveilleuse où un chevreuil s'est installé une journée dans mon jardin, il y serais resté sans doute sans... je le raconterai. Merci Marianne du cadeau du témoignage!
j'espère que tu auras le temps de nous parler de ce livre
quant à la rencontre
elle fut éblouissante
la bête allait d'un pas paisible sans retourner la tête
c'était un calme féérique, hors du temps
et la couleurd e sa robe illuminait les vignes alors qu'il faisait nuit noire en pleine campagne...
Oui, parfois le temps s'arrête et le bruit, on est comme dans une poche de beauté
on n'en apprécie le bonheur qu'après...
il y a sous ma tête
une drôle de bête
qui s'appelle ma cervelle
elle
est est faite de plis que je ne repasse
jamais hélas du coup elle se froisse
et pour se venger la gueuse
m'emporte aux régions rêveuses
où elle seule tient les cordons de la course
je lui dis prends ma vie,
elle répond " Grande ourse"
en vis-a-vis
Que veux tu que je dise?
Je la suis... Bisous ;o)
je n'ai pas eu le temps encore d'aller lire les amis, je suis en pleine confiture de reines-claude, juteuses à souhait
là elles sont sous haute surveillance dans mon dos ( mon portable est dans la cuisine )
mais vais vite voir si tu nous as posté ces photos de ta maison qui m'étaient inaccessibles. Bises ma belle et avec l'espoir que la Bretagne va faire surgir des mots
ils sont à ceux qui les apprécient vraiment.
nous somme toujours au bord d'une vie qui ne nous appartient pas ... dommage que la vie ne soit pas vecue ainsi par nos dirrigeants et par nous aussi un peu faut bien le dire... j'aime l'immense respect qu'il y a dans cette formulation. j'aime aussi cette " pauvreté " dont tu parles c'est notre seule vraie richesse! (rires) sans cette pauvreté nous ne pouvons plus nous emplir ... nous sommes trop encombrés.
merci !
un soir des plus serein
une rencontre furtive...
beauté de l'instant
comme en suspens
laisse un émoi
couleur bois !
Tu nous mène sur les traces de l'insolite avec des mots-campagne, des mots-nature... tu recrées la féérie des images !
Sois pas triste, il t'a simplement ouvert la voie de l'imagination pour que tu nous offres tes mots. et ... invente peut-être l'histoire possible.
Oui, ce fut magique et aujourd'hui j'en garde un souvenir frisson qui prend lâme et le corps. Merci beaucoup Marianne.
Belle rencontre, doux souvenir, émouvant poème.
Le sait t il Le chevreuil?
Oh, il a bien dû s'en douter (sourire)
Toujours émue par la lecture, toujours le même ressenti
Merci Lutin, il y a comme cela des textes que j'aime bien me relire et offrir, alors si cela émeut à chaque fois le lecteur... Tout bonheur! A lundi soir le plaisir de te lire à mon tour, là je file en cuisine pour rendre heureux mes enfants et petit fils , tous présents ce WE ( et Bruno, le papa de Maxou, toute la semaine qui vient chez nous pour cause de ses études à Bordeaux)
Viviane je suis étonné que tu sois sortie pauvre d'une telle rencontre ne t-a-t-elle pas au contraire enrichi ? n'est-il pas enrichissant de croiser même en de fugaces instants cette vie sauvage qui échappe à l'ordre de fer humain et qui dans un bond nous ramène aux fondements de la vie ?
J'aurais tellement aimé que ce ne se limite pas à un fugace instant... alors (sourire)mais depuis l'enrichissement fait son chemin et c'est pourquoi souvent je remets en première page ce vieux poème, pour nourrir...
Viviane j'ai en mémoire toutes les rencontres de mouflons que j'ai faites sur le Caroux et elles continuent de m'enrichir...
Mais j'en suis persuadée, Ulysse, moi aussi cette rencontre est émerveillement encore aujourd'hui, encore vivante quand je ferme les yeux et repense à cette lenteur majestueuse
mais peut-être ai-je mal exprimé que je regrettais ... de ne pas être une biche ;o)))
Viviane comme dit le sage nous sommes le brin d'herbe que nous regardons...
Ah, alors tu me rassures, j'étais la biche (sourire)
merci Ulysse de ce qui apaise;