Escales amicales

L'auteur

dscn6127.jpg

undefined

Sceau1.gif




annuaire referencementsite inscrit dans la catégorie "art culture" de Meta Annuaire liens en dur.

Recherche

Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 03:19




Retour de ce petit village
où vit l’ami de ma cadette
        la route est de courbes
            emplies de tant d’erreurs qu’on voudrait en faire des bouquets

Une pente raide après un virage en angle droit
                                              
    des vignes au-dessus desquelles vole un couple de buses

qui se posent toujours au même endroit
        midi
les maisons isolées

          un carrefour en forme d'étoile très vieille
une petite côte qui monte douce entre les chais
  et puis la descente

brutale

Sur la bute

        une sorte de fléau sur lequel je laisse toujours
    avec la pointe au ventre
                        quelques instants balancer ma voiture

Le temps d’imaginer que je vais tomber droit

                     vers les villages en bas
       

    mais ce soir
ce n’est pas un train que j’ai rencontré

                    c’est un chevreuil.

Il allait lentement
traversant la chaussée comme un roi qui ne craint ni le noir ni la route

Il faisait une nuit
Dieu…
     comme la nuit peut éclairer la nuit

Il faisait nuit sans lune et pourtant

        je l’ai vu
            entrer avec lenteur dans les longs rangs de vignes
le poitrail en avant
bombé

éblouissant
une fête blanche sous sa robe dorée
je rêvais de vendanges et de ce sucre en feu qui fait un creux
l'automne
après le grain mordu


J'ai quitté la rencontre avec le sentiment d’être devenue pauvre

d’être restée au bord
d’une histoire formidable
où je n’étais conviée



Par Viviane Lamarlère - Publié dans : autobiographique
Voir les 16 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil

Commentaires

Il y a des rencontres aussi inattendues que merveilleuses ... veinarde !
Commentaire n°1 posté par NicoleA le 12/08/2007 à 23h44
Tu peux le dire!
si tu savais comme mon coeur a battu de voir cette bête traverser devant nous à un mètre du capot, sans même se retourner
elle allait ailleurs
nous étions sans importance pour elle.
Merci de la visite Nicole...
Réponse de Russalka le 13/08/2007 à 08h28
"J'ai quitté la rencontre avec le sentiment d’être devenue pauvre" Mon amour j'étais riche de toi je me suis laissée dénuder Mon amour je t'ai confié mon corps ma seule richesse dans tes mains je l'ai vue croître Mon amour je t'ai donné mes pensées dans tes yeux j'ai fondu en toi à disparaître Il fait nuit seule sur le sable pauvresse j'attends la vague une double peau je ne vois plus que tes yeux qui m'attirent
Commentaire n°2 posté par lutin le 13/08/2007 à 00h01
Quel superbe poème
ces vers:
je t'ai confié mon corps ma seule richesse
dans tes mains je l'ai vue croître

disent merveilleusement le sentiment , sous la caresse, de sortir de la cage corporelle où nous sommes enfermés
l'espace se dilate
dans l'amour
puis on retourne à l'origine
position foetale
attendant l'eau qui vient
et dehors
la lumière du jour
comme un regard
Merci Lutin.
Réponse de Russalka le 13/08/2007 à 08h44
Collusion de souvenirs ! J'ai vécu moi aussi il y a longtemps une pareille rencontre. Un instant, émerveillée comme un enfant, je n'ai plus pensé à rien. Juste à saisir dans ma mémoire cette image fugace d'un animal habituellement farouche qui m'offrait le privilège de sa présence. Lutin, vos vers sont émouvants. Salutations et bonne journée à tous.
Commentaire n°3 posté par Marianne le 13/08/2007 à 10h29
C'est exactement cette sensation là: le sentiment qu'un cadeau no
us était offert, venu de la nuit reparti dans la nuit.
un jour je raconterai cette fois merveilleuse où un chevreuil s'est installé une journée dans mon jardin, il y serais resté sans doute sans... je le raconterai. Merci Marianne du cadeau du témoignage!
Réponse de Russalka le 14/08/2007 à 09h12
c'est très beau je suis en train de lire le livre d'un philosophe qui s'attache à montrer la supèriorité de l'homme sur "la bète" il devrait lire ton poème et mesurer ainsi sa pauvreté comme tu la nommes et que ressentent mème ceux qui s'approche de ces lieux infiniment plus vivant que les traités qui sont censés concentrer le summum de la création c'est à dire de l'esprit de l'homme oui c'est très beau
Commentaire n°4 posté par le bateleur le 13/08/2007 à 13h21
Oh merci Luc
j'espère que tu auras le temps de nous parler de ce livre
quant à la rencontre
elle fut éblouissante
la bête allait d'un pas paisible sans retourner la tête
c'était un calme féérique, hors du temps
et la couleurd e sa robe illuminait les vignes alors qu'il faisait nuit noire en pleine campagne...
Réponse de Russalka le 14/08/2007 à 09h17
J'aime vraiment la musicalité de vos poemes. Je ne suis donc pas trop surprise, apres avoir fait une petite recherche internet, de decouvrir que vous êtes musicienne :-) Merci de partager ces textes.
Commentaire n°5 posté par virtual.natacha le 13/08/2007 à 17h35
Merci Natacha de cette visite, oui, la musique tient une grande place dans ma vie, je prépare un article sur le Scaramouche de Darius Milhaud et un autre sur Escales de Jacques Ibert pour faire découvrir des oeuvres françaises trop peu jouées, mais d'abord... repos! mon été fut rude ;o)
Réponse de Russalka le 14/08/2007 à 09h14
Parfois dans d'étroites sentes, quelque fois un éclat fugitif glisse ses brûmes et nous conduit dans la douceur d'un silence qui s'attarde longtemps.... Toujours autant de talent et d'émotion par ici Merci
Commentaire n°6 posté par Fugace le 14/08/2007 à 16h00
Merci Fugace, cela m'a fait plasir de lire que vous aviez enfin sauté l'obstacle et osé ouvrir votre propre espace d'écriture, je lui souhaite longue longue vie et irai vous lire ce soir.
Oui, parfois le temps s'arrête et le bruit, on est comme dans une poche de beauté
on n'en apprécie le bonheur qu'après...
Réponse de Russalka le 15/08/2007 à 10h16
C'est magnifique ! Surtout "une fête blanche sous sa robe dorée" !
Commentaire n°7 posté par Gomel le 15/08/2007 à 02h05
Merci Gomel, longue vie aussi à votre blog (sourire)
Réponse de Russalka le 15/08/2007 à 10h16
je l’ai vu entrer avec lenteur dans les longs rangs de vignes le poitrail en avant bombé éblouissant ...une fête blanche sous sa robe dorée je rêvais de vendanges et de ce sucre en feu qui fait un creux l'automne après le grain mordu... Très beau, très belle rencontre ! J'ai déjà connu la même, plusieurs fois, j'admire ta description. Quelques jours d'absence et il y a à lire partout ! Chouette ! Bises Viviane.
Commentaire n°8 posté par agnès le 15/08/2007 à 10h59
Tu es adorable Agnès! et je suis vraiment contente de partager cette expérience avec toi, chez nous les chevreuils sont considérés comme des nuisibles et c'est bien dommage car... comme ils sont beaux ces princes des forêts! Bisous bisous...
Réponse de Russalka le 16/08/2007 à 10h25
"la route est de courbes emplies de tant d’erreurs qu’on voudrait en faire des bouquets " mais où vas tu chercher ça ??? quel repli (trop plié) cérébral te donne de telles idées je porte plainte pour excès d'imagination et mauvaise utilisation des mots / c'est injuste d'écrire de telles phrases ;-) enfin c'est déprimant, quoi ! ;-)
Commentaire n°9 posté par marc le 15/08/2007 à 11h06
Ah ah (rires) tu ne crois pas si bien dire, Marco
il y a sous ma tête
une drôle de bête
qui s'appelle ma cervelle
elle
est est faite de plis que je ne repasse
jamais hélas du coup elle se froisse
et pour se venger la gueuse
m'emporte aux régions rêveuses
où elle seule tient les cordons de la course
je lui dis prends ma vie,
elle répond " Grande ourse"
en vis-a-vis
Que veux tu que je dise?
Je la suis... Bisous ;o)
Réponse de Russalka le 16/08/2007 à 10h29
Quel bonheur de te retrouver... Je dois dire que mon repli d'un mois ne m'a pas remise à la poésie. Mais sait-on jamais ? Après coup...
Commentaire n°10 posté par valentine : 0056: le 15/08/2007 à 15h56
Et quel bonheur pour moi donc 0056:
je n'ai pas eu le temps encore d'aller lire les amis, je suis en pleine confiture de reines-claude, juteuses à souhait
là elles sont sous haute surveillance dans mon dos ( mon portable est dans la cuisine )
mais vais vite voir si tu nous as posté ces photos de ta maison qui m'étaient inaccessibles. Bises ma belle et avec l'espoir que la Bretagne va faire surgir des mots
Réponse de Russalka le 16/08/2007 à 10h31
tres beau a lire et relire et je continu a decouvrir ton talent bisous
Commentaire n°11 posté par angel le 18/08/2007 à 19h00
C'est sympa, promène toi dans ces espaces
ils sont à ceux qui les apprécient vraiment.
Réponse de Russalka le 19/08/2007 à 09h29

nous somme toujours au bord d'une vie qui ne nous appartient pas ... dommage que la vie ne soit pas vecue ainsi par nos dirrigeants et par nous aussi un peu faut bien le dire... j'aime l'immense respect qu'il y a dans cette formulation. j'aime aussi cette " pauvreté " dont tu parles c'est notre seule vraie richesse! (rires) sans cette pauvreté nous ne pouvons plus nous emplir ... nous sommes trop encombrés.
merci ! 

Commentaire n°12 posté par claire le 12/11/2009 à 11h49
merci Claire de ce retour qui éclaire aussi. Oui, être pauvre car la vraie beauté est dans la relation humaine et aussi dans ces cadeaux sans prix que nous offre la nature, pas dans les montres coûteuses et voyages transcontinentaux pour aller chercher qulques rayons de soleil...
Réponse de Russalka le 13/11/2009 à 09h20
quel talent pour nous captiver et nous faire lire et relire ce récit-poème....ce chevreuil entre-aperçu a créé un vide en moi aussi ..
Commentaire n°13 posté par ulysse le 12/11/2009 à 17h59
Il reste en moi ce vide plus de deux ans plus tard. Nous rencontrons souvent des chevreuils dans nos vignes mais le souvenir de celui qui un hiver vint se réfugier dans notre jardin pour échapper au froid et celui qui traversait la route dans ce poème reste une vraie béance... Merci Ulysse, @ tout à coup comme dit Merlin;o)
Réponse de Russalka le 13/11/2009 à 09h25
Beau texte. La fin m'a semblé très belle. Toute en douceur,
Commentaire n°14 posté par la Calmette le 13/11/2009 à 00h13
merci Calmette, une fin douce et mélancolique à la fois, le sentiment que les animaux sont en relation étroite avec la nuit et que nous n'en approchons que de loin les mystères...
Réponse de Russalka le 13/11/2009 à 09h26
Au détour d'un chemin
un soir des plus serein
une rencontre furtive...
beauté de l'instant
comme en suspens
laisse un émoi
couleur bois !

Tu nous mène sur les traces de l'insolite avec des mots-campagne, des mots-nature... tu recrées la féérie des images !
Commentaire n°15 posté par Corinne le 13/11/2009 à 22h21
Ce soir là, nous sommes restées Mathilde et moi complètement scotchées à la vitre. Dur dur de redémarrer après un tel spectacle, on se sent dans une autre dimension...Merci Corinne du retour poétique et à demain le plaisir de te lire.
Réponse de Russalka le 14/11/2009 à 10h12

Sois pas triste, il t'a simplement ouvert la voie de l'imagination pour que tu nous offres tes mots. et ... invente peut-être l'histoire possible.

Commentaire n°16 posté par Marianne le 14/11/2009 à 14h58
Je me rends compte que la réponse n'était pas pasée, d e plus en plus de bugs sur cette plateforme.
Oui, ce fut magique et aujourd'hui j'en garde un souvenir frisson qui prend lâme et le corps. Merci beaucoup Marianne.
Réponse de Russalka le 17/11/2009 à 11h52

Musique de la semaine

Variations sur le thème du sextuor op. 18 de Brahms

Autres escales

Calliblog de mon premier site
voyage-en-poesie-carre.jpg

Il n'est rien de pire que l'oubli
Victime de la firme Monsanto


Plus d'informations?
ICI

Avant la lettre


Un blog superbe autour de l'Afrique noire

détours des Mondes






Encylopédie de l'Agora




Ma découverte de la semaine,
la magie des photos de
Jean,
A la recherche de l'absolu

compteur web
 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés