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Viviane Lamarlere

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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 04:42


... " Et même si l'on trébuche, on lutte encore à genoux ".
Sénèque

Souvent la musique apaise.


Voici l'oeuvre d'un homme qui a su affronter son devenir
avec courage
avec passion
avec génie


La Fantaisie en fa mineur de Schubert est une des merveilles du piano écrit pour quatre mains
On y sent de bout en bout ce souci que les deux partenaires ne se gênent pas l'un l'autre
On y sent
quand on la joue
( et je l'ai souvent jouée avec mes grands élèves car c'est oeuvre plus difficile qu'il n'y parait pour de très jeunes consciences)
l'envie d'entendre l'autre et non de l'écraser.
Si difficile écoute de l'autre en vérité...


Schubert dédicaça cette oeuvre à un impossible amour
sa maigre fortune lui interdisait d'aimer une jeune femme de la haute noblesse viennoise mais son talent lui permettait de dire et surtout de donner...
On retrouve dans cette fantaisie les quatre mouvements habituels d'une sonate
mais c'est le premier mouvement
tendre berceuse inquiète et intimiste
tendre écriture empreinte de fragilité et de résignation
dans laquelle les passages non annoncés d 'orage et de colère
s'appuyant sur
ces notes pivots si chères à Schubert qui modifient d'un coup de vent le climat de l'oeuvre
c'est dans le premier mouvement que les notes nous disent mieux que des mots l'austérité de l'amour auquel on renonce.

Ce silence très court qui sépare dans le premier mouvement la tonalité en Fa mineur de celle en fa Dièze majeur, comme il en dit long de l'envie de survivre à l'impossible...

Les tempêtes de la révolte vont se suivre
les questions brutales comme des coups que l'on se donne pour ne pas les donner
s'éteindre
puis la boucle se boucler


Bonne écoute 

 








Par Viviane Lamarlère - Publié dans : Musique
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Commentaires

Un maître dans son art !  Du bonheur pour l'oreille et pour l'âme !
Commentaire n°1 posté par Marianne le 28/09/2007 à 21h47
Du bonheur, oui... Ce que j'adore chez Schubert, lui qui devait mourir si jeune et qui savait que la syphillis dont il était atteint ne lui ferait pas faire de vieux os, c'est ce fatalisme gai, cette résignation sans haine d'autrui, cette manière si élégante et aimante de transcender l'adversité. Toute sa musique est empreinte de " Avant tout, la Vie!"
Mille merci Marianne (je ne sais pourquoi les articles changent de place, je ne suis pas la seule, donc un petit bug dans le calendrier...)
Bisous
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 09h36
bien dit encore une fois quel bonheur sans doute de pouvoir jouer ça avec ses petits doigts ;-) marco non-pianiste malheureusement bon we
Commentaire n°2 posté par marc le 29/09/2007 à 11h51
Ah ça, c'est plus qu'un bonheur, c'est une joie immense mais quel boulot de mise en place quand les doigts se marchent sur les pieds (sourire)
Marco non pianiste mais quel poète et quel dénicheur infatigable de talents dans la poésie contemporaine
alors bizz à toi et à très vite!!
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 22h19
merci Viviane pour ce très beau site d'Angèle Paoli que je ne connaissais pas et que je mets tout de suite dans mes Favoris.  
Il faudra que j'attende encore un peu pour pouvoir écouter Schubert et donc mieux apprécier ton texte , mais je m'en réjouis d'avance.
Commentaire n°3 posté par mireille le 29/09/2007 à 16h46
le site d'Angèle est superbe, une rencontre avec une plume d'exception, des textes flamboyants ou plus intimistes, des portraits, des rencontres chaque jour avec un écrivain, c'est réjouissant, je sais que vous trouverez des points multiples de rencontre...
..
pourquoi ne peux tu pas écouter Schubert? Encore une affaire de plugg-in, ou de lenteur au téléchargement? je t'enverrai le disque, tu verras ;o))
re-bizzes
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 22h30
Ah ! oui, cette fantaisie je l'ai longtemps cherchée, et lorsque je l'ai trouvée j'ai été stupéfaite de sa longueur... si bien que je ne l'écoutais plus. Car comme souvent chez Schubert j'étais éblouie par un thème, mais ensuite le développement, le "remplissage", me laissait de marbre et finissait par me fatiguer.
Commentaire n°4 posté par valentine le 29/09/2007 à 17h37
Tu dis juste,  ce thème initial est éblouissant, mais il est vrai qu' une oeuvre sans interruption entre les mouvements peut être déroutante, même si le thème revient souvent ( forme sonate et rondo en même temps, c'est curieux...)
je l'adore mais parce que je l'ai jouée mais comprends que la partie centrale puisse paraître un peu hors de propos, elle est, comme souvent chez Schubert, un sursaut vers la vie... Bisous ma belle, à plus sur ton blog!
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 22h34
=> Merci à toi Viviane. Tu sais, j'essaie de ne pas trop abuser de Schubert. Car il m'est totalement impossible de me "remettre" de sa musique. Tiens, je te renvoie à un texte où je parle de Schubert : L'Antigone d'Anduze. Tu comprendras :
http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2004/12/lantigone_dandu.html

=> Mireille. Le lien vers votre site n'est pas actif. J'aurais bien aimé vous rendre visite.

=> Valentine. Un développement qui "laisse de marbre",  l'expression sent son tombeau quand on sait que cette fantaisie a été composée par Schubert quelques mois avant sa mort (janvier-avril 1818). Quant au "remplissage", ne serait-ce pas plutôt la vie qui continue à battre le pavé face au dernier souffle d'un espoir aussi vain que désespéré ? 

Amicizia di Corsica,
Anghjula
Commentaire n°5 posté par Angèle Paoli le 29/09/2007 à 18h23
C'est une vraie joie, Angèle de partager cette amitié pour Frantz, je n'en abuse pas non plus sauf que lorsque par exemple je m'écoute la D 960 c'est en boucle toute la journée ( ou la jeune fille et la mort...)
Avec grand plaisir, ce lien est dans mes projets de lecture pour demain.
je suis bien contente que tu incites Mireille à nous laisser en lien vers son blog,  beaucoup de choses et un amour de la lacture vont vous rapprocher...
Enfin, oui, complètement d'accord, souvent Schubert écrit pour dire " Et puis zut,, vivons!" j'en veux pour preuve les cadences du dernier mouvement de la D 960 , encore elle, qui sont un véritable pied de nez à l'adeversité...

Ciao bellissima , hasta luego ( je ne parle ni italien ni corse donc, espagnol mais tu comprends...
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 22h42
Faute de frappe. Lire 1828 au lieu de 1818.
Commentaire n°6 posté par Angèle le 29/09/2007 à 18h28
pas de souci, c'était la faute au clavier ;o)
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 22h42
Les notes s'égrennent entre vos lignes,  et  mes mots restent au coin des yeux comme un bouquet de brûme....

Merci Viviane
Commentaire n°7 posté par Fugace le 29/09/2007 à 20h20
Quel plaisir de vous lire, Fugace, votre blog est d'une rare élégance
pour le moment je crois comprendre le souci de discrétion
dans quelques temps... un petit lien vers vous que les lecteurs de passage puissent aussi boire à cette source?
Amitiés
Réponse de Russalka le 29/09/2007 à 22h49

la musique est un art et comme tous les arts elle est thérapeutique et comme toutes les thérapies elle peut avoir ses revers. Je n'aime que la musique populaire, car la musique classique me rend triste, sauf certains chants religieux qui me transportent.

Bonne soirée
Clémentine 

Commentaire n°8 posté par clémentine le 30/09/2007 à 00h19
Chacun de nous est corps de résonnance,  donc forcément nous portons en nous une note fondamentale qui se met à vibrer selon tel ou tel répertoire...
j'aime autant la musique sacrée que l'opéra ou le jazz ou la bonne chanson, peut-être est-ce juste une question d'apprivoisement? Mon mlari détestait l'opéra quand je l'ai rencontré, mais lui donnant à écouter de la mélodie bien chantée , puis des artistes hors du commun, aujourd'hui, c'est moi qui suis parfois obligée d elui demander de ne pas nous rejouer pour la troisième fois dans le dimanche la Forza del destino (sourire)

Bisous
Réponse de Russalka le 30/09/2007 à 15h13
La poésie est avant toute chose de la musique, elle raconte par des mots ce que la symphonie conte par ses notes. Pour moi, elle est la source de mon inspiration.  
Commentaire n°9 posté par ghislain hammer le 30/09/2007 à 12h39
la musique et les mots me semblent indissociables, quoique à chaque fois je reste émerveillée que des sons aussi bien agencés puissent sortir d'une intelligence humaine. La composition musicale reste unmystère entier ... Merci d ela visite Ghislain
Réponse de Russalka le 30/09/2007 à 15h17
"La musique, une question d'apprivoisement?"

Je souris en te lisant, Viviane. Quand j'attendais ma fille Emma nuelle, je rêvais d'avoir un(e) enfant musicien(ne). Je vivais alors à Aix-en-Provence. J'écoutais de la musique - quelle qu'elle soit, même Stockhausen ou Xenakis -  tous les jours. Au moment du Festival, je me rendais à tous les concerts et opéras. 

Depuis lors, Emmanuelle a été formée à la Maîtrise de Radio France, où elle a notamment créé des partitions de Xenakis, a passé un CAPES de musicologie à la Sorbonne, a participé à la création d'un ensemble spécialisé dans la musique du Moyen Age (Kantika) au sein duquel elle a enregistré par trois fois,... mais surtout a une "oreille absolue".  Combien de fois m'a-t-elle dit, quand elle enseignait la musique à des enfants de 2 à 5 ans dans une école de la Ville de Paris : "Je ne connais pas d'enfant qui n'ait pas d'oreille". 

Cu tanta stima,
Anghjula

Commentaire n°10 posté par Angèle Paoli le 30/09/2007 à 17h04
J' ai dû mal m'exprimer (sourire)
Je suis certaine que l'on ne peut pas d'emblée, sauf naturel curieux et ouvert comme tu l'es, tout entendre, tout écouter. Cela demande du temps de rentrer dans la musique contemporaine, cela peut en demander de rentrer dans Bach ou le lyrique. Pour beaucoup de personnes la musique de chambre c'est rasoir. Pour d'autres, ce sera la pop ou la techno (sourire) ou encore les japonaiseries que les ados écoutent actuellement. Ta fille a raison et , comme elle, je ne connais pas d'enfants qui n'aient pas d'oreille, je n'en ai jamais rencontré.

Les rares fois où mes élèves n'entendaient pas une dictée ou avaient du mal à " attraper " la note pour chanter, c'était par contraction du corps et du mental et on parvenait toujours à y remédier.

Par contre, je fais la différence entre avoir de l'oreille, entendre juste, et être réceptif à tel ou tel répertoire, ce n'est pas du tout pareil.

On peut avoir une oreille absolue et vomir Webern ou Xu-Yi.
On peut avoir une oreille absolue et ne pas supporter Liszt
Et puis un jour quelque chose se débloque à force d'une fréquentation régulière, ou d'une rencontre avec celui ou celle qui va déverrouiller et on se plait soudain dans une oeuvre que l'on ne pouvait supporter d'entendre.
D'ailleurs je proposais toujours à mes élèves un panel d'oeuvres que je leur jouais, ceci afin de cerner au mieux leur sensibilité. Certains étaient d'emblée Debussystes ou Fauréens, d'autres n'en ont jamais démordu de Bach ou Chopin, pour quelques rares seule comptait la musique russe, et j'en ai même eu une qui ne voulait que du Czerny!!!
d'autres enfin acceptaient le contemporain et le jazz en sus du reste... Mais tous sont restés curieux de musiques.

Bisous

j'ai souvenir d'un camarade de conservatoire que l'on avait dispensé de passer l'épreuve de déchiffrage chanté tant il chantait faux, et refusait de former sa voix, par pudeur ou rejet du travail vocal...
et pourtant, premier en dictée à trois voix... Oui, on peut avoir l'oreille absolue et faire un blocage sur telle ou telle forme de musique. D'où la nécessité parfois d'apprivoiser ou se laisser apprivoiser par le répertoire.
Réponse de Russalka le 30/09/2007 à 17h35
Encore dix mille fois merci Viviane...

Pour Angèle:
 j'ai tenté de laisser un commentaire  sur votre site (en effet,  quel enchantement!)  mais visiblement il y a quelques pbs avec mon adresse ( http://mireille.over-blog.org.over-blog.org/) ou sinon Viviane a eu la gentillesse de me mettre en lien sur son blog;  merci à vous.
Commentaire n°11 posté par mireille le 30/09/2007 à 17h28
le site d'Angèle est un des plus beaux du web, épuré, paisible, érudit, plein de beauté et de calme
je savais qu'il te plairait (sourire)
mille bisous
je vais me reposer mon dos
je ressemble à un triangle rectangle avec le lumbago...
Réponse de Russalka le 30/09/2007 à 17h42
=> Viviane, Terres de femmes, c'est d'abord l'histoire d'une très belle amitié à trois (presque Jules et Jim), d'où un véritable partage de savoir-faire. Il est vrai que dans tout ça, je suis un peu la "principessa"..., Guidu l'architecte-photographe étant mon Cavaliere du Fou, et Yves l'éditeur mon garde-fous (pas trop quand même, il est très à l'écoute de mes délires). 

=> Mireille, mais oui, il est bien en ligne sur TdF votre commentaire. Il se trouve que les commentaires sont modérés, et ils n'apparaissent que lorsque je les ai validés. Cela me permet d'éviter les spam genre Viagra et j'en passe sqq... Luxuriant avez-vous dit ? J'ai immédiatement pensé à la jungle du Douanier Rousseau. Pas le "Repas du lion" tout de même, "Eve" peut-être...
Merci encore à vous.

@ più luntanu
Anghjula
Commentaire n°12 posté par Angèle Paoli le 30/09/2007 à 18h22
Alors mille bravo à votre tiercé gagnant (sourire) je pensais que tu t'en occupais seule et cela me paraissait un travail de Titan, cela n'enlève rien à l'admiration. Il y a tant de site soi-disant littéraires qui fleurissent sur la toile et qui sont maigres maigres...
le vôtre à tous trois, rien que la couleur est apaisement
et ensuite on va de découverte en découverte...
Réponse de Russalka le 01/10/2007 à 08h32
Viviane,

"Chacun de nous est corps de résonnance,  donc forcément nous portons en nous une note fondamentale qui se met à vibrer..."

Je trouve cette phrase de toi magnifique. Elle résonne en moi !!!
Elle va bien au-delà de l'oreille musicale. A mon sens, elle pourrait s'appliquer aussi aux rapports humains.
Commentaire n°13 posté par Marianne le 02/10/2007 à 22h46
merci Marianne de ce très gentil écho, oui tu as raison, l'empathie, la sympathie, l'antipathie, cela tient à ces cordes qui vibrent en nous
un visage
un regard
croisés
enfuis
caressés
désirés
Réponse de Russalka le 03/10/2007 à 13h36

Je fus pianiste jusqu'à l'âge de jeune adulte, il m'a fallu atteindre la quarantaine au moins pour rentrer dans Schubert "au-delà de la 1ère mélodie", et à 57 ans je viens de redécouvrir par hasard cette fantaisie, qui me bouleverse et me subjugue ! Quel monument à  tous points de vue ! Ce rondeau en forme de petits babillages, et la fugue.... alors que si souvent les fugues me lassent, tant  la construction est apparente au détriment du sentiment. Dans la version jointe le début de cette fugue est malheureusement trop mou à mon goût ; écoutez la version enregistrée en public Britten/Richter, téléchargeable sur Amazon ou Fnac, vous m'en direz des nouvelles....

Commentaire n°14 posté par Jean alias Giannis le 08/11/2010 à 22h01

Je veux bien croire que la version Richter décoiffe, pianiste que j'adore. Parfois il est difficile de trouver sur la toile une interprétation qui fasse l'unanimité... Mille merci du partage et des détails qui disent l'oeuvre aimée et vraiment rencontrée !

Réponse de Russalka le 10/11/2010 à 08h55

Quelle oeuvre magnifique ! La musique a des mots qui parlent au coeur.

Commentaire n°15 posté par Rébecca le 09/11/2011 à 13h26

 

Il est vrai. Schubert a cette immédiateté... Merci Rebecca!

Réponse de Russalka le 10/11/2011 à 15h04

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