La haine c’est une athlète étrange aux transparences indélicates
ma locataire intime au visage gaillard
elle se nourrit toute seule
je ne sais pas où
elle peut prendre du poids en quelques secondes
La haine
Tapie en silence je l’avais oubliée
Tout à coup elle hurle
ma sauteuse de censures
je lui crie à mon tour
laisse moi seule dégage
fuis fuis fuis
je voudrais envoyer baladers ses brûlures
elle est déjà debout dans sa folie
le regard au galop loin devant les débris qu’elle va abandonner
La haine
partie de moi
petite ou grande
je ne sais pas
et pourtant pas me cacher pas me cacher qu'elle est là toute puissante
occupée à prolonger son bail
Elle me dit parfois suavement
"J'en ai fait des feux de joies autour des édifices
et même des tables de la loi !"
comme si c'était des excuses...
Je n'y vois pas plus chaud et n'y sens pas plus clair
Le corps et l’âme ne changent pas
l’humain le même depuis la nuit des temps
Il sait
- comme on sait la banalité des choses -
les grimaces de douleur sous les coups de la haine
et elle, elle s'en repaît de ce savoir
la haine ça augmente ses mimiques
vertige cette fusion des Elle
en moi
tant que j'aurai des mots jamais imaginés
il me faudra écrire son visage caché
juste derrière le mien
Juillet 2006






Vos mots à vous