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Blog de poésie, histoire de la musique et des arts,
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Musique de la semaine

Arundo Donax

19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 09:58



Combattre
cela ne peut se concevoir que dans l’amour de l’adversaire
pas cette haine qui grandit
et vient sécher ton cœur de tout ce que j’aimais
pas cette hargne traversière
au métal irisé sans
musique tandis
que les fleurs se replient sous terre
à tout jamais

Tu oublies chaque jour davantage de laisser au fossé dormir tes certitudes
entre les bleus des champs
asseoir l’exaltation
est-ce que tu te souviens qu’on peut rire de soi
en se tenant plus près de l’armée de fougères
que le feu n’interrompt dans leur poussée fiévreuse
est-ce que tu te souviens de ce petit mot :
joie ?


Je ne suis qu’une mère
et comme toi je crois qu’il faut ouvrir leurs yeux
à ce qui se prépare si on ne reste pas
guetteurs
tout près du feu
mais je sais aussi fort
à l’urgence de tuer nos nippes de grisaille
nos monstres bavards
ouvrir une fenêtre au milieu des rocailles
chanter aimer rire chanter

Si nous ne portons plus l'espoir
si nos mots sont tout couverts de mouches noires
si nous ne portons plus leur vie au chaud des mains

quel sera leur demain?




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publié par Viviane Lamarlère - dans Chemins de solitude
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commentaires

Yves 05/11/2007 11:24

Oui, Viviane, j'avais fortement pressenti que tu avais une SEP. D'où mon commentaire. Il y a un mode d'être, un regard sur le monde reconnaissables chez ceux qui sont atteints par cette maladie. Peu d'entre eux pourtant parviennent à écrire ce mot ou à annoncer la couleur... au vu et su de tous. J'ai dû moi-même faire une psychothérapie d'un an pour y parvenir sereinement et me rendre compte au final que ce mot fait plus peur à mon entourage qu'à moi-même. Et dois-je me plaindre d'être très prochainement mis d'office à la retraite à taux plein dans un des paysages les plus sublimes au monde ? Où Angèle et moi avons choisi de vivre après un voyage dans la baie d'Halong. Une maladie qui ne nous empêche pas de bouger, tu vois. Avec l'encadrement et les structures de sécurité qui conviennent. Mais on peut parler de tout cela dans une correspondance privée, si tu le souhaites...

Russalka 05/11/2007 11:36

Yves, j'en ai les larmes aux yeux de ce que tu viens d'écrire, car après un parcours du combattant , deux années à attendre que les plaques parlent ( elles se situent chez moi au niveau du tronc cérébral, donc je sais que je suis à la merci n'importe quand d'un locked in syndrom) car les spécialistes trouvaient la localisation trop rare pour e^tre une SEP, un neurologue a enfin eu le courage de me dire " Madame, vous êtes en train de mourir, je vous hospitalise demain, pour trois jours de cure"j'ai demandé quelle était mon espérance de vie étant donné l'état dans lequel je lui étais arrivée , il m'a dit que cela dépendait de mon envie de me battre et de la réponse au traitement. Je ne marchais plus. Je me suis battue, parce que mes enfants étaient très jeunes, ai entrepris des études philo, une gym douce au quotidien. Et je vis et je bouge, pas toujours facilement, mais je bouge. Le stress ne me vaut rien, ni la chalmeur de l'été , mais je vis. Chaque instantn qui passe est une conquète. Oui, il y a un mode d^'etre qui s'impose de lui même, et ouvre définitivement les yeux sur ce qui importe et n'importe plus. C'est vrai que ce mot fait peur, si j'en parle c'est pour aider ceux qui n'osebnt pas, qui se sentent isolés, pour montrer qu'on peut continuer de créer, aimer, rire, ou pleurer aussi (sourire) avec ce truc là si imprévisible qui travaille dans notre dos sans jamais montrer son visage. Cette maladie est un richesse pour moi, elle m'a fait basculer du côté de la vie. Pour toujours, et laisser derrière moi ce qui pouvait donjner naissance à la haine. J'ai encore tendance à être... professorale, mais cela passe ;o))Angèle a mon adresse mail, sinon, le contact en bas de mon blog et en te répondant, tu auras mon, adresseMerci encore, merci.

Yves 04/11/2007 18:38

Sais-tu, Viviane, comment je t'ai lu ? "Combattrecela ne peut se concevoir que dans l’amour de soipas dans cette haine de soi qui grandit..." Moi qui vis au quotidien avec une SEP (sclérose en plaques = maladie auto-immune), je sais aujourd'hui que notre plus grand adversaire, c'est nous-même. Que la haine de l'autre n'est qu'une forme détournée du mal-être avec soi ou de la détestation de soi. Oui, en Corse où je vis maintenant, je réapprends jour après jour à m'aimer.  Par la médiation intériorisée et la contemplation de la beauté apparemment la plus simple, qui est encore la meilleure façon de lutter contre le mal. François Cheng a dit là-dessus des choses admirables qu'il nous faudrait tous partager. Yves (le compagnon d'Angèle)

Russalka 04/11/2007 21:09

Yves, ton commentaire me touche d'autant plus que ... je vis depuis vingt ans et quelques avec une SEP.oui, quand on sait de l'intérieur ce que c'est que se casser la figure à tout bout de champ, être incapable de monter trois marches parce que... parce quetrembler certains jours au point qu'ouvrir un placard est chose quasi impossible, le bras va dans la direction qui lui plait et pas une autresouffrir nuit et jour comme si un camion écrasait les jambes...et j'en passe, tu sais cela aussi bien que moion apprend effectivement à s'aimer comme être mortel qui ne pèse rien face à la beauté du mondeon apprend à aimer lesz choses les plus simples (marcher, cela parait si simple, pourtant, certains jours, cela tient du pmiracle)Alors il est vrai que vivre avec cela et les cauchemars récurrents de l'enfance passée dans des pays en guerre cela dispose à refuser de tout son être ce qui ressemble de près ou de loin à de la haine et de la haine, j'en lis tant ici et là, sur des blog ou des sites politiques, j'en lis tant quelassitudeenvie de beautésimplement. Merci de ton témoignage, je vais trouver un livre ami avec celui qui tu me conseilles. Bisous à Angèle.

if6 26/10/2007 20:45

très beau texte viviane, et je suis d'accord avec toi en ce qui concerne notre soutien indefectible aux jeunes à nos enfants , ados et aux autres, il faut y croire en la vie pour écrire ce que tu as écris et c'est beau d'y croire en étant lucide amicalement à toi

Russalka 27/10/2007 17:44

Oui, Michèle, je crois en la vie, passionnément, et c'est la raison pour laquelle je ne peux plus supporter de laisser sans broncher passer certains propos outranciers qui appellent sans complexe à la mort d'autrui pour cause de couleur de peau ou le rejet systématique et en bloc de notre monde occidental... qui ne comporte pas que des inconvénients ( je pense à la médecine) . Nous avons une responsabilité par devers nos gosses.Oui, mal de constater que des êtres chers balancent sur leurs blog une forme de détestation de la vie et laissent les autres désemparés... pour partir en vacances peinards...

agnes 26/10/2007 08:43

Tu as raison... Je vais méditer ce texte, Viviane... Merci à toi et à très, très bientôt, après ma petite cure de silence nécessaire.

Russalka 26/10/2007 10:07

Ma douce, ne t'en fais pas pour les gens qui...  je sais que tu as eu ta part de déception dans le don de toi, pense à ce à quoi tu oeuvres qui est si gratifiant chaque jour avec ces femmes d'autres pays qui apprennent notre langue en ta compagnie, cela est plus important que la méchanceté ou l'acrimonie de personnes un peu... fêlées ;o)  Baisers tendres.

Blog-trotter 26/10/2007 08:33

Magnifique plaidoyer. Arpège évocateur d'une riche réflexion intime et universelle.

Russalka 26/10/2007 10:04

Merci Philippe, j'ai laissé parler le coeur de la maman pour une fois ;o)les enfants doivent être à la fois notre horizon, notre guideet nous leur Bagherra qui veille.

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