La bête usée des mauvais jours se couche
combats bleus sur le flanc
son museau que mordaient nos rires
s'endort au serpent des racines
et le couteau des ombres
planté loin de ses pattes velues
La bête usée des mauvais jours repose
le ciel est froid si longuement
si tendrement gelée l’herbe dans mon jardin
qu’il semblerait
soudain
que tout peut s’accomplir
"la bête usée des mauvais jours", oui, se couche quand le printemps se met en route, très loin, très profond, mais invincible.
"l'herbe tendrement gelée" où "tout peut s'accomplir", quelle image! ça me fait penser à un de mes tableaux préférés, La pie de Monet, où l'on voit un splendide paysage de neige resplendissante au soleil )
bises Viviane
il est des textes courts mais comme des romans, le parrain de mon frére (cela remonte à quelques années) était président d'une société de chasse et un jour, la bête blessée s'est retrouvée en face de lui et lorsque l'on dit que les biches pleurent ce n'est pas une légende, alors Paquin (parrain dans la bouche de mon frére petit) a posé son fusil et a démissionné quelques jours après, cette histoire est vraie je l'ai entendue de sa bouche
"se coucher...sur le flanc" usé des mauvais jours, pattes (ou jambes) tendues, frissonnantes ou modelées comme l'embryon, le souffle rauque comme un langage, "le couteau des ombres" a oeuvré
oui, usé des mauvais jours mais "tout peut s'accomplir"
merci Viviane






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