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Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 20:13




Il se pourra que tu pleures
je serai
loin déjà
mes souvenirs posés entre deux pages sèches
un grand jour dans le cœur arrêté sur ton nom

J’aurai plié bagage à vitesse du ciel
et le froid en travail dressera mes rivières aux berges de l’oubli
je n’aurai plus peur
non
on n’a pas peur du choix quand on en sent venir
les chants en diagonales
fatigués et cireux

Je me rendrai sans joie
aux cheveux emmêlés de l’écume et la mer
ne te dira jamais les bords de lassitude
où j’ai pu me pencher en espérant la chute
les remparts démunis que chaque jour passant
j’ai tenté
mais en vain

Le temps a eu pitié de moi
il a fait demi tour
m’a prise par la main

Ma nuit vient
comme sa tête est plate
sans heurts et sans paroles
d’une légèreté qui défie la mémoire

Il se pourra que tu pleures
il ne faut pas
je rêvais d’une épaule aux fraîcheurs inondées
je rêvais de tes mains, de ta voix large et bleue
glissant comme un voyage

Il se pourra que tu pleures
il ne faut pas
j'ai besoin d'une halte, chanter sur le sel
un espoir de soleil luisant comme un secret



 

Par Viviane Lamarlère - Publié dans : autobiographique
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Commentaires

L'immensité de la tristesse ... si merveilleusement supposée, exprimée ...
Une fois encore superbe Viviane, vraiment superbe .
Commentaire n°1 posté par Annick SB le 22/11/2007 à 22h01
Oui, Annick, tu as les mots justes
l'immensité de la tristesse
et si je ne la sors pas
elle va me faire du mal à mes plaques
comme le léopard de Kipling alors (sourire)
merci d'avoir aimé...
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 09h06

Lui ne doit pas pleurer ou elle ne doit pas pleurer, alors ne pars pas ainsi, sinon dans l'imaginaire.. 
clémentine

Commentaire n°2 posté par clementine le 22/11/2007 à 22h27
Non, je ne pars pas, je viendrai lire fidèlement les amis, mais marque une pause car comme chacun
bien des soucis avec ... plein de choses
et manque de sommeil aussi.
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 09h08
...on n’a pas peur du choix quand on en sent venir
les chants en diagonales
fatigués et cireux...


Viviane, je pense si fort à toi ! Une halte, oui... nécessaire souvent, surtout pour toi qui donnes sans compter tes mots, ton amitié, ton regard où les choses les plus insignifiantes prennent couleurs et vie et beauté.

Tes chants cireux en diagonale me disent beaucoup. Vraiment beaucoup...
Je t'embrasse, amie !
Commentaire n°3 posté par agnès le 23/11/2007 à 09h28
Merci ma belle
oui, une halte nécessaire
tu sais
à force de donner on se vide un peu
et puis
quand on connait la voix de ceux qui vous aiment et qu'on peut leur parler c'est tellement plus simple
quand on est totalement dans le virtuel c'est si difficile....
Bisous
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h35
Touchée!
amitié Viviane .
Simone.
Commentaire n°4 posté par . le 23/11/2007 à 09h28
Merci Simone
je suis touchée que vous soyez touchée.
la tristesse passera
je l'espère
je ferai ce qu'il faut pour en tous cas (sourire)
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h30
Un  poème à la couleur du ciel, la nuit, comme sa tête est plate, oui quand il fait gris à l'intérieur, le jour n'a pas de relief, le repas est inssipide à en perdre le goût, le goût de vivre quelquefois, alors s'asseoir auprès d'un arbre et attendre que la nuit prenne du volume pour envelopper le corps et l'emporter. En attendant cette heureuse nuit, peut-être qu'il faut arrêter d'écrire pour vivre sans la pensée.

Des mots qui m'ont touchée.

lutin
Commentaire n°5 posté par lutin le 23/11/2007 à 11h59
Vous rajoutez tant de dimensions à ce que j'ai écrit que cela m'enchante, Lutin
oui, je vais me poser quelques temps
ma mère a besoin de moi
et puis j'ai rempli la maison de fleurs ce soir
ce sont des petites voix colorées qui me parlent sans hâte
et je coule de silence quand je les regarde...
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h37
Encore faut-il pouvoir pleurer... autrement quand soi-même. Belle mais douloureuse projection vers ce futur qui nous attend tous et toujours cette sagesse de tes Contes de la rivière aux Loups. Sont-ils publiés à présent ? Mony
Commentaire n°6 posté par Mony le 23/11/2007 à 15h05
Oh non, ils ne sont pas publiés
mais tu sais, il me vient en décembre un tout petti de notre grand garçon et sa compagne
ce sont eux les dessinateurs de ces contes et je voudrais tant les faire connaître car ils ont tous deux du talent mais l'urgence c'est le bébé
qu'il me tarde de rencontrer
quand je pense à lui tout mon froid se dissout. Baisers ma douce et merci. Tu sais je vis des trucs étranges avec ma mère en ce moment...
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h41
"un grand jour dans le coeur arrêté sur ton nom"....magnifique alexandrin  dont le  rythme ternaire contribue à cet effet de bercement serein et apaisé...Comment dire mieux l'amour ! mais il n'y a pas que ça. J'aime tout ton poème, tout. Sauf que le futur qu'il suggère, je le souhaite aussi loin de moi / nous que la plus lointaine galaxie!
 A propos de tes soucis, prends soin de toi...
Commentaire n°7 posté par mireille le 23/11/2007 à 15h41
merci Mimi. Hier j'ai fait cent kilomètres aller et retour chez celle dont je m'occupe pour... me faire eng...

alors
voilà. tristesse. jamais je ne saurai les mains qui consolent et apaisent
les mains douces et tendres de la mère
le pays chaud plein de lumière
où l'on aime se voir à deux entre femmes ayant vieilli ensemble.
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h43
Je viens relire ton texte avant de me coucher... et je découvre une énormité dans mon commentaire. L'émotion ? " autrement qu'en soi même" Mony
Commentaire n°8 posté par Mony le 23/11/2007 à 22h13
Tu sais
souvent mes petits poème se déclenchent à partir de fautes d'orthographe.
le quand soi-soi-même il parle. il parle et quand je l'ai lu
je me suis dit c'est merveilleux
cela me parle le temps
il parle l'humain dans un espace tout à fait libre des conventions
aussi
merci de ce que tu as écrit, Monny.
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h49
Dans cet instant de poésie, la tristesse omniprésente qui vient consoler l'absence est reçu avec l'entendement du coeur.
Je le dis souvent, le créateur doit parfois laisser l'eau remonter dans le puits. 
A toi, créatrice active, bon resourcement !
Bises
Commentaire n°9 posté par Marianne le 23/11/2007 à 22h46
C'est beau ce que tu dis, laisser remonter dans le puits.
cela parle à tous mes épuisements ('je n'ai pas pris de vacances depuis février dernier et le sens ... un peu.)

oui, je vais aller sur la piste des traces sèches
celles où les larmes n'ont pas coulé
celle où les mots balancés comme ça pour faire mal gratuitement
perdront toutes leurs secondes leurs minutes leurs heures;
Bises Marianne et merci.
Réponse de Russalka le 23/11/2007 à 22h53
 la larme vient
tout au bord de l'oeil
pas de tristesse (il n'est pas encore temps et qui sait ... qui sera de ce côté là ?)
mais d'émotion
Commentaire n°10 posté par le bateleur le 24/11/2007 à 00h13
Tu sais
il est bien possible que celle à laquelle je pense
ne soit même plus apte à pleurer
et que la disparition de ses enfants ne lui fasse ni chaud ni froid
j'en entends chaque jour de sa part en ce moment qui me glace le coeur
je ne saurai bientôt  plus dire
maman
Réponse de Russalka le 24/11/2007 à 09h04
Une si belle générosité et sensibilité dans votre écriture!
Commentaire n°11 posté par michel le 24/11/2007 à 20h51
Merci Michel, en ce mmoment je poste peu car hélas, bien des textes écrits sont emplis d'envie meurtrières
il me faut toute la tendresse de mes proches pour résister à cela.
Réponse de Russalka le 25/11/2007 à 13h31
J'aime ce poème désespéré, mais je ne veux pas pleurer. Tu restes avec nous pour écrire. 
clem
Commentaire n°12 posté par clementine severin le 24/11/2007 à 21h44
Non, il ne faut pas pleurer, en fait, je dis cela par avance à celle qui ne pleurerait sans doute même pas si, revenant de chez elle en larmes comme souvent, les dents qui bougent dans les mâchoires tant elles sont restées serrées dde ne pas hurler ma rage, je me plantais dans un arbre.
Réponse de Russalka le 25/11/2007 à 13h33
: ((
Commentaire n°13 posté par Blog-trotter le 24/11/2007 à 22h36
Hé oui... Je dis souvent à Michel qu'il a la chance d'avoir les parents qu'il a.
je traverse un désert hérissé de cactus
gardons confiance. Gardons confiance... Merci Philippe.
Réponse de Russalka le 25/11/2007 à 13h30
et puis
quand on connait la voix de ceux qui vous aiment et qu'on peut leur parler c'est tellement plus simple
quand on est totalement dans le virtuel c'est si difficile....


Tu as raison, Viviane. Je t'appelle demain, lundi... 
Je t'embrasse de toute mon amitié.
Commentaire n°14 posté par agnès le 25/11/2007 à 12h29
Plutôt vers 16 heures alors car je serai absente ( pour ce que tu sais)
et comme ma voiture est un peu vieille je suis très dépendante des trains qui me conduisent là-bas
des tas de trucs à régler, dans un clilmat de rancoeurs, de grisaille , de mort proche, de haine d el'autre qui me mettent le coeur et le corps en miettes. Bisous
Réponse de Russalka le 25/11/2007 à 13h35
chère Viviane
à propos de ton commentaire à ma réponse (et des autres)
courage, nous sommes nombreux à te soutenir par la pensée ...

à propos de ton regret et de ta déception d'enfance (nous sommes nombreux aussi!, mais les phases sont plus ou moins ré activées selon les périodes)), il y a un "rattrapage": c'est la chance que nous donnent nos enfants de convertir cette amertume en lumière.Donner ce que l'on n'a pas reçu.
pour moi, il y a parfois des ratés, mais la perfection n'est pas de ce monde, et je crois très fort  à ce  rattrapage d'une génération sur l'autre.  
un miliard (pas une de moins!) de bises
mireille
Commentaire n°15 posté par mireille le 25/11/2007 à 13h57
Tu as raison, Mimi et c'est ce qui me donne en ce moment la pêche quand je sens que s'effondre l'envie, l'idée qu'un tout petit nous vient, la joie de me dire que j'ai avec mes gosses réussi à briser la chaîne et ne pas poursuivre indéfiniment les schémas destructeurs. Bisous à toi aussi ;o) très fort!
Réponse de Russalka le 26/11/2007 à 17h14
Je ne peux m'empêcher d'entendre cette phrase que j'aime tant :
"Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre". Elle viendra sur mes lèvres, à temps, à point nommé.
Mais moi aussi j'aimerais connaître avant un tout petit qui me redonnerait l'espoir en la vie, tout simplement, sans cactus, sans rictus et sans haine pour tout quittus.

Tiens bon Viviane !
Commentaire n°16 posté par Merlin le zeteticien le 26/11/2007 à 21h18
Cette phrase aussi je l'adore, quel rythme dans ce poème (en voici une partie car il est si long...)
Vigny tout de même, quelle voix!
...
oui, je te souhaite de tout mon coeur un tout petit qui te vienne, la vie cela doit envers et contre tout se poursuivre, mais il est vrai que ce monde n'offre pas toujours d'espérance aux jeunes, ni l'envie de lacher un  enfant dans un avenir qui pour eux, déjà est tout peint en noir.

...

Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre!

Hélas ! je sais aussi tous les secrets des Cieux ;
Et vous m'avez prêté la force de vos yeux.
Je commande à la nuit de déchirer ses voiles ;
Ma bouche par leur nom a compté les étoiles,
Et dès qu'au firmament mon geste l'appela,
Chacune s'est hâtée en disant : " Me voilà ".
J'impose mes deux mains sur le front des nuages
Pour tarir dans leurs flancs la source des orages ;
J'engloutis les cités sous les sables mouvants ;
Je renverse les monts sous les ailes des vents ;
Mon pied infatigable est plus fort que l'espace ;
Le fleuve aux grandes eaux se range quand je passe,
Et la voix de la mer se tait devant ma Voix.

Réponse de Russalka le 27/11/2007 à 09h00
Viviane  quelle émotion je  me suis interrogée, inquiétée même  puis j'ai compris que ce poème était dicté par  les éternels échanges de la vie 
l'un arrive , l'autre part xruauté irrémédiable 
que je n'ai pas connue parce que le départ de ma mère a eu lieu beaucoup trop tôt 
les souffrances  ont des goûts différents mais sont toujours aussi intenses beaucoup de mes amies me disent combien elles sont désemparées . 
je te souhaite force et courage
Commentaire n°17 posté par adeline le 30/11/2007 à 09h28
Hélas, je crains que de ma mère et moi ce ne soit moi qui parte la première
elle enterrera ses mômes
fachée avec quatre sur cinq
et je suis au bord de l'abandonner tant elle m'épuise
...
lMerci de tes encouragements Adeline.
Réponse de Russalka le 30/11/2007 à 11h00
alors il faut te protéger , la voir le moins possible c'est un devoir envers les tiens, ceux qui t'aiment . 
l'amour n'est pas une obligation surtout avec qui est incapable d'en donner et qui n'est capable  que de détruire. j'ai connu ça ... aussi  et j'ai mis la distance 
l'amour est une belle plante qui meurt si on la martyrise lui arrache les feulles la laisse sans soins
Commentaire n°18 posté par adeline le 30/11/2007 à 16h17
Nous avons consacré les jours passés à arrêter une attitude commune avec mes frère et soeurs
nous remonter le moral mutuellement et nous déculpabiliser mutuellement. La vie est courte , ma mère cherche à créer le chaos avant de s'en aller, nous lui opposerons un front serein et très déterminé, sans haine envers elle mais également sans faiblesse, sans espace où rentrer la pointe du pied. Et si elle se montre telle que nous devions la laisser entre les seules mains de son personnel, cela sera.
Oui, il en a fallu de l'amour... je n'ai cessé ces jours de penser aux paroles du Christ " Si vous n'aimez que ceux qui vous aiment, où est le mérite? ". Bien beau en mots, mais limite atteinte nous concernant... Personne ne pourra la sauver de sa faim d'avoir chacun à sa merci.

Et cela m'est d'autant plus douloureux que je n'ai jamais abandonné une des personnes que j'accompagnais. Jamais. Mais il n'y a d'autre solution pour nous protéger.

Merci Adeline
Réponse de Russalka le 01/12/2007 à 10h46

Courage  Viviane 
laisse la priorité à ton mari et à tes enfants ils ont besoin de toi  de ton amour et de ton sourire 
la vie continue 
et décision prise ne culpabilise pas
je t'embrasse

Commentaire n°19 posté par adeline le 01/12/2007 à 20h09
Merci Adeline, c'est exactement le chemin que je suis en train de faire et tu m'y aides beaucoup
ici
d'autres amis ailleurs
oui, la vie est là et elle seule sera célébrée.
Réponse de Russalka le 02/12/2007 à 09h32
Je découvre ton blog avec plaisir mêmesi ce texte est n peu trise il est empli d'un certaine émtion qui ne laisse pa sindifférent mêm le simple passant comme moi ;)
Commentaire n°20 posté par marich le 04/01/2008 à 00h29
Merci Marich, heureuse que ce petit texte t'ait touché...
Réponse de Russalka le 04/01/2008 à 10h33

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