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Mercredi 5 décembre 2007

Toile de Claude Cordier

Au Château de Malagar, à deux pas de chez nous, François Mauriac aimait à venir méditer dans un des angles de son jardin surplombant la vallée. Un coin venteux et rude...


les-20veilleurs-v.jpg
Le vent
    rien que le vent
        rancoeurs forcies à l’ombre des charmilles
    les grands pins noirs le vent
derrière nous, calme,
 
le temps

Dans les arbres nus
qui aiguisera les chants ?
l'automne est si grave.


Du vieux banc de chêne au bord de la colline
nous regardions couler l'usure d'un chemin

        voix jetées contre sol
    vers une mince brêche. Nous étions gais de peu
l'arôme encore vivant des pommes en cidre d'herbe
    la lampe de vin d'or, carré, puisant aux murs
l'impassible lenteur
        que la cour opposait aux nuages


Il faisait froid
le vent
            a   séparé
quelque chose de nous
en nous peut-être?

Nos yeux enfuis

    déjà
        tâchés du flanc des bêtes aux foulées d’armoises
  que rattrapait la soif des pièges dépliés
 
Nos ombres affaiblies
enchâssés dans le gris
           en étions-nous la pierre encore pleine?


Et s'il était ailleurs un autre hiver
un feu de mille feuilles orphelin de nos coeurs
un bateau s'en allant chargé de mille ports?




Verdi Dies Irae




par Viviane Lamarlère publié dans : Chemins de solitude
commentaires (7)    ajouter un commentaire
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Commentaires

il y a vraiment un ton "Cadou" dans tes poèmes
qui est signe des grands
rien à redire
dommage que personne n'achète la poésie, sinon tu serais riche

;-)
bon we
commentaire n° : 1 posté par : marc (site web) le: 08/12/2007 18:59:50
Alors toi tu es un sacré copain, grâce à toi sur ton blog ( comme chez Tissiane d'ailleurs) je découvre des auteurs fabuleux, mais en plus tu m'en offres dans les commentaires ;o)
pauvre suis née
pauvre mourrai
on aura beau chercher autour de mon visage
l'or qui serre et qui mord
on ne trouvera rien
que des chemins de peine
affamés de naissance assoiffés d'horizons
et loin
derrière les yeux
la transparence d'où je viens
où je vis
et retourne
...
Mille merci et bisous Marco!
réponse de : Russalka (site web) le: 08/12/2007 20:34:17
le vent souffle doucement, mais ailleurs paraît-il souffle furieusement. La nature est à l'image des êtres. 
clem
commentaire n° : 2 posté par : clementine S (site web) le: 09/12/2007 12:39:48
le vent d'ici a défait tout mon jardin
les plantes me font la tête (sourire) je veux dire qu'elles boudent
la tête en bas les bras croisés
aux pieds ;o))
réponse de : Russalka (site web) le: 09/12/2007 23:38:09
Le Dies Irae de Verdi, brrr ! c'est l'orage, c'est la tempête ! Comme maintenant, oui... Et ton poème, toujours aussi beau en regard d'une toile superbe.
commentaire n° : 3 posté par : Valentine (site web) le: 09/12/2007 14:34:18
Merci Valentine, tu es adorable. j'aime cet extrait et cet après midi, écoutant le vent dehors, m'est revenu ce souvenir d'une promenade à Malagar, où nous étions vissés au dessus de la rambarde qui surplombe les vignes, nous nous sentions menacés de terre et d'eau avec le vent.
réponse de : Russalka (site web) le: 09/12/2007 23:45:11
Très beau tableau de Claude, très beau ton poème, Vous avez été faites pour vous rencontrer et nous offrir de si jolies merveilles, continuez  toutes les 2
commentaire n° : 4 posté par : Aimela (site web) le: 09/12/2007 14:39:20
C'est gentil ma Sorcière bien aimée (sourire)
les toiles de Claude me parlent au plus profond, je n'ai jamais compris pourquoi, l'ensemble des formes, couleurs, réflexions qui surgissent. Alors si en plus tu aimes, c'est plaisir d'offrir!
réponse de : Russalka (site web) le: 09/12/2007 23:47:02
J'adore la comparaison avec René-Guy CADOU !
C'est un vrai cadeau, un cas doux...
Encore un fils d'instits çui-là, comme Pagnol et tant d'autres. Instit lui-même et mort si jeune comme une que je connais  et que j'aime :

Automne

Odeur des pluies de mon enfance
Derniers soleils de la saison !
A sept ans comme il faisait bon,
Après d'ennuyeuses vacances,
Se retrouver dans sa maison !
La vieille classe de mon père,
Pleine de guêpes écrasées,
Sentait l'encre, le bois, la craie
Et ces merveilleuses poussières
Amassées par tout un été.
Ô temps charmant des brumes douces,
Des gibiers, des longs vols d'oiseaux,
Le vent souffle sous le préau,
Mais je tiens entre paume et pouce
Une rouge pomme à couteau.

Il y a dans ce poème fort délicat des vers qui auraient pu être écrits par Viviane. (Je les ai mis en bleu pour voir...)
J'ai une estime pour R-G Cadou presque aussi grande que celle que je porte à Philéas Lebesgue.

Quel joli compliment pour toi Viviane dans la bouche de Marc. Ça prouve que sa sensibilité est juste et bien accordée.
commentaire n° : 5 posté par : Merlin le zeteticien (site web) le: 09/12/2007 20:49:24
Tu es un amour, Jean-Pierre, figures toi que je ne connaissais pas du tout ce poète. je suis allée chercher sur Wikipédia, et ai trouvé quelques poèmes très forts, un lyrisme, une musique qui me touchent beaucoup. Son histoire est terrifiante. Et comme je comprends les échos que cela éveille en toi...
Le poème que tu m'offres est un bonheur, même si j'écris assez rarement en octosyllabes. Et je suis heureuse que tu découvres Marco, son site recèle des perles rares, on en apprend tous les jours!
alors si en plus tu me dis que ce poète compte pour toi autant que Philéas, oh comme je rougis de la comparaison, petite plume que je suis ;o))
ou plutôt
petite écrevisse.
Bisous et merci de la visite.
réponse de : Russalka (site web) le: 09/12/2007 23:52:55
Rassure-toi Viviane, je connais Marc. Je vais le lire en silence mais je sais quel écorché vif il est
et moi, j'aime ce genre de sensibilité à fleur de peau.
Oui CADOU, LEBESGUE, RIMBAUD aussi et quelques autres avaient quelque part mal à l'âme et ça les a fait devenir incomparables.
Je ne parle pas des romantiques pour leur spleen bien entendu. Je parle de ceux dont on voit la déchirure et qui l'ont comblée de mots et de musiques en forme de pierres précieuses.
Tu peux saluer Marco bien @micalement de ma part. Je crois qu'il lui arrive de lire certains de mes comment taire, car je me tais beaucoup c'est vrai ! (°!*)
commentaire n° : 6 posté par : Merlin le zeteticien (site web) le: 10/12/2007 17:36:26
Alors je suis contente. j'adore le blog de Marc, il est d'une sensiilité qui me touche à chaque fois, et puis surtout, j'admire chez lui cette aptitude à faire aimer les lectures qu'il a croisées.
Faut-il pour être poète avoir mal à l'âme? Comme je me passerais de cette partie de la qustion (sourire) si tu savais...
Tu es là chaque jour et souvent en silence et
comme j'ai infinie confiance en ton amitié
que je la sais sincère et sans détour
cela me va
je vais te lire aussi ailleurs
pas toujours volubile
mais toujours avec beaucoup de plaisir et d'admiration pour tes talents de bretteur ;o))
Bisous.
réponse de : Russalka (site web) le: 10/12/2007 20:03:28
cher poète, 
Il fait froid et le vent est glacial, 
il faut rentrer maintenant, 
le vent est glacial 
il va glacer votre corps 
même si votre âme chante le vent 
il fait si froid, rentrez 
cher poète 
dans votre maison 
tout près de la cheminée 
vous écouterez le vent 
Clémentine
commentaire n° : 7 posté par : clémentine (site web) le: 12/12/2007 19:56:21
Adorable Clem, me voici revenue
mais un peu de temps (sourire)
que le vent tombe
car je me sens les jambes comme du coton
ai bessduin de les réchauffer
réponse de : Russalka (site web) le: 14/12/2007 10:26:49

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