Il vient de la petite faute où naissent les montagnes
des plaines humiliées
ravalées par le vent
pousse-au-crime le vent
des plaines révoltées que plissaient les torrents
et nous
boiteux sur ses écailles
Il vient de la petite faute et le jour à la peine
il fait si froid
peut-être une Princesse attend-elle sous la peau
l'offrande d'un Enfer
des feux aux mille veines
Son haleine bleutée nos pauvres lèvres
Main
pose un instant
sur cette lippe épaisse
je voudrais tant entendre ce tapis de temps
battre un coeur en ma paume
et le dire
mais
Le mot me dérobe et s'envole
Il vient de la petite faute aux parois déjà sèches
le temps élargit tout
le temps creuse et ravine
et lui s'est inventé une source plus basse
à dire toute seule
Alors dans le silence
je savoure mes dieux que sont l'arbre et la pierre
et la fleur de milans
dont l'ombre sur l'eau fraîche
Il vient de la petite faute qu'on ne sait allant vers
et la fente est amère de ne se refermer
quand devant nous
soudain
une couronne vierge
Et nous
de pas en pas vers la grande dent blanche
poussant au fond du lac
un ciel une forêt
leurs branches
Haendel, l'Harmonieux forgeron, Trevor Pinnock au clavecin
Région matricielle, oui, tu as raison, c'est ce que j'ai tenté de partager, merci d el'avoir reçu ainsi, Lutin.
Sinon, contente que tu aies aimé cette promenade, elle est magique (je parle des diaporamas)
et me fait rêver... souvent;
que l'on sait pourtant
avoir voyagé
loin
et longtemps
avant
et après nous
tout cela est dans ce que je reçois de ton poème
mais le dire ...
parfois garder au fond de soi la sensation...
C'est étonnant nous discutions justement avec Merlin de la difficulté à rendre l'éprouvé de la pensée
...
ce dragon, j'en rêve, pour sa lenteur, pour ses couleurs arrachées aux iles lointaines
pour la glace qu'il recouvre de ses pétales (ou écailles)
merci Luc
J'ai adoré : "la faute qu'on ne sait allant vers"... Alors j'ai remonté le poème à l'envers et "de milans" (2000 ans) sont apparus que j'avais laissé passés !
La transformation de la petite faute en petite fente, m'a fait doucement sourire.
Niveau reflet, tu vois une dent blanche où moi je voyais des seins maternels... Probablement, l'effet de ton texte "Lait" !!!
;-)
car si je retravaille beaucoup certains passages c'est à des fins de musique et pas forcément de sens.
Ces paysages sont classés depuis peu au patrimoine de l'Unesco, car beaucoup de touristes s'y rendent et les lieux commençaient à se dégrader. Ils construisent des belvédères de manière à ce qu'on n'approche trop les baignoires. Bisous et merci belle Marianne ;o))
Pure beauté, et sa part d'ombre incluse, à ce point apprivoisée!
Ton site ne cesse de nous surprendre!
...
Super contente d'avoir pu bavarder avec toi cette aprem
Le "pensé" est fonction de tellement de paramètres déjà :
- Le câblage personnel qui, sauf accident imprévisible, est donné généreusement et... génétiquement.
- Le perçu au milieu de tant de sollicitations et de stimulations du milieu.
- La tonalité dans le désir de rendre compte à nos semblables de ce ressenti, soit par les mots tout simples, soit par le chant, soit par un poème, soit par un dessin ou une peinture, une scupture. Toutes les formes de langage peuvent s'appliquer à rendre compte de cette pensée qui nous saisit, qui nous habite.
Mais pour lui être fidèle et la proposer à d'autres telle quelle, telle qu'elle était à l'instant "t" où elle a atteint sa plénitude, il faut bien admettre que c'est TRÈS difficile.
Je vais essayer de m'employer à préciser ce que j'entends par là en message privé of course.
Même le langage mathématique qui est si précis ne parvient pas à rendre compte d'une concept mathématique ou de sciences physiques qui nous a saisi la pensée. Ce n'est pas peu dire !
e=1/2 gt2
Je pense à quoi en évoquant ce concept ? Non, pas à une poire ! LOL !
La seule manière que j'aie trouvé d'être à peu près fidèle à ce que j'éprouve à un instant T comme tu dis, c'est de faire se rejoindre en un même espace ce qui relève à la fois de l'espace (l'image ou le langage) et du temps ( la musique)
mais comme tu imagines c'est un travail énorme, rien que sur le langage.
Pour te donner une idée, hier je pensais à un orage qui avait eu lieu dans ma jeunesse à Ouaga, j'étais déclairée par les pages de mon livre que j'avais gardé ouvert alors que la panne d'électricité aurait dû me convaincre de dormir et ya 'sta ;o)) J'essaie de retrouver la sensation de plénitude qui m'avait envahie alors, constatant que des feuilles, de simples feuilles pouvaient illuminer une pièce, que les arbres se décalquaient sur le mur et semblaient y rester accrochés, mais je peine, il me faudra du temps pour retrouver cela qui fut si intense, dans lequel j'ai pressenti un espace possible où ce qui séparerait l'ami et l'ennemi pourrait être cette lumière de joie comme un orage qui éclate. le retrouver et surtout mettre en mots cette sensation diffuse d'un espace autour de moi agrandi par la seule lueur des pages et magnifié par le caractère joyeux, luisant , réconciliateur de la foudre. j'ai du mal à dire, il faut laisser remonter. Merci de ce retour qui dit beaucoup et que j'espère lire sur ton blog!!
c'est très joli.
Clémentine
J'ai aimé votre poésie très particulière, originale et complexe, c'est vraiment différent et intense!
Un grand merci de m'avoir prise aussi dans votre communauté
A bientôt
Shaliane des ptits bouquets de poésie
faire confiance à la peur de la feuille
elle stimule aussi ;o)
ces photos son magiques, n'est ce pas?
A tout bientôt!