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Dimanche 3 janvier 2010 7 03 /01 /2010 14:50


A ceux qui ont perdu un être cher



Le temps leur est venu des
traces
de l'intervalle entre les traces
objets muets
poignées de terre meuble
que l'enfant seul devine
coulant en leur triomphe d’eau


Le temps s'est arrêté.

Silence à grande fleurs

Le ciel est jour de pierre

Et les gestes fouillant
jusqu'à ces noeuds du coeur où s'allumaient des arbres


Ce soir
ils entendent sa voix

Un souvenir de pas vient trouer l’hébétude
leur hâte  à se lever est du pays d'avant
mais rien


Résonance les murs
plus grave chaque fois

Ce qui était vivant l’était par elle
le soin qu’elle apportait à soulever les choses
pour éclairer les heures
ses mains qu’on devinait
ailes priant les fleurs
mais tout est éventré que les ombres dévalent

Le temps leur est venu





Le même morceau en dewplayer





 
Par Viviane Lamarlère - Publié dans : Chemins de solitude
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Commentaires

Ce poème m'a ému Viviane au dela des mots , c'est ma mère que je revoie un peu pourtant cela fait 3é ans qu'elle est partie mais elle me manque tant ...Encore
Commentaire n°1 posté par aimela le 08/05/2008 à 09h58
Cela me touche en retour que tu aies pu être touchée et retrouver ta maman et cette peine qui, si elle s'atténue avec le temps, ne part jamais, je crois... merci de ton commentair e plein d e sensibilité et qui témoigne
Mille baisers.
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 09h54
Merci Viviane de ce joli poème si profond que je connaissais déjà un peu.
"Silence à grandes fleurs" assurément mais pourtant les fleurs parlent et je ne sais plus les nommer...
"Le soin qu'elle apportait à soulever les choses" mais à présent plus rien n'a de poids comme le baiser que je lui ai envoyé au dessus de son ultime lit entouré de fleurs.
Agnus dei (qui tollis peccata mundi), c'est beau et ça compense l'horreur du jeu des orgues d'hier (orgues sur lesquelles mon fiston jouait SI joliment des pièces de Bach il y a plus de 25 ans...) Merci de cela Viviane. Beaucoup d'émotion, des sanglots et des larmes mais beaucoup d'apaisement et d'harmonie dans les sentiments, dans le coeur de toutes celles et ceux qui l'avaient aimée.
OOPS ! j'avais complètement oublié ton anniversaire ! 52 ans ! Quelle jeunesse ! Ça fait 25 pour ceux qui lisent de la droite vers la gauche.
Je t'embrasse. Bon anniversaire !

Oui, à présent je sens que je peux faire mon deuil. Je suis enfin apaisé car cette dualité implicite du modèle de Mère vient de s'éteindre dans la tendresse et l'affection partagées.
Commentaire n°2 posté par Merlin le zeteticien le 08/05/2008 à 10h26
Ce que tu as traversé fut longtemps un enfer, un désert, et je sais que tu dois d'être en vie entre autres à celle qui vient de partir
Il me réjouit donc d'autant de savoir que le chemin continue d'une manière plus... sereine et limpide.
oui, tu as raison, cette pièce de Fauré, elle est si apaisante...
Merci à toi d'avoir reçu
je t'embrasse de toute ma tendresse
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 09h57
Ton poème est magnifique
j'y ai lu la marche hésitante sur un petit sentier sauvage
de celle qui le lit
et parfois trébuche
parfois s'arrête tout à fait

ainsi lorsqu'il est dit
"Le soir
 Ils entendent sa voix"

Un geste accompli
et donc très beau
que ce chant

merci Viviane
Commentaire n°3 posté par le bateleur le 08/05/2008 à 11h26
CoIncidence,
sans doute la déamrche hésitante d'une personne proche a-telle influié sur les phrases
la vie qui lutte
hésite
trébuche
et un jour s'arrêtera
merci Luc de cette lecture sensible et aussi du lien...
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 09h59
C'est l'année dernière que ma mère est décédée, ce poème me touche profondément, amitiés
Commentaire n°4 posté par marlene le 08/05/2008 à 12h20
Ce que tu me dis là résonne d'une tristesse que je reçois, encore très vive dans sa concision
accepte en retour mon amitié et mon affection  pour ce deuil encore vivant
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 10h01
le temps ne s'arrête jamais quand on le souhaiterait.. et quand il s'arrête, ce n'est pas forcément un arrêt.
clem
Commentaire n°5 posté par clementine le 08/05/2008 à 13h16
C'est aussi mon espérance, Clem, et je suis heureuse de lire que pour toi c'est déjà une conviction
parfois des événements dans ma vie me font croire à ce non arrêt du temps
à la poursuite de la vie ailleurs
Bisous
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 10h02
Merci Viviane pour moi, pour Aimela, pour Merlin et pour tous ceux qui ont perdu quelqu'un...
Tes mots sont aussi doux que les fleurs que l'on pose périodiquement pour leur dire qu'ils remplissent encore nos pensées, de jour, et nos rêves ou cauchemars, de nuit...
pensées affectueuses ma fée...
Commentaire n°6 posté par Martine, la pèlerine le 08/05/2008 à 13h31
Merci à toi Martine, tes deuils te sont encore si proches et je sais à quel point tu revis tout cela....
Prtends soin de toi, la vie est là qui n'attend pas, je fais pour ma part une halte qui m'est urgente et nécessaire, trop de fatigue
trop de deuils accumulés
la paix reviendra...tendresses à toi
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 10h04
Viviane, toi seule penses à tous les disparus, alors que nous, bêtement, ne songeons qu'au soleil et aux jours de congé... (Il est vrai que chez toi, de soleil, il n'y en a point à ce qu'il paraît). Quant au cher Requiem de Fauré, je n'en gardais en tête que le Pie Jesu, le In Paradisum - à la rigueur le Kyrie, alors que cet Agnus Dei est tellement superbe ! Grandiose, avec ce rappel du début, le dies irae, l'ambiance de l'Offertoire... et toi au moins tu oses l'offrir en entier !... Merci.
Commentaire n°7 posté par Valentine le 08/05/2008 à 14h50
Tu sais, c'est merveilleux au contraire de penser à la vie, d'ailleurs, j'y retourne pour ne pas oublier ce qu'elle est (sourire)
oui, pas de soleil chez nous depuis des mois, c'est démoralisant... et joue sans doute sur mon dynamisme!
ce réquiem de fauré est une splendeur, mais cet agnus dei tellmeent fervent de communion...c'est le morceau que je préfère dans toute l'oeuvre
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 10h06
Je m'excuse, je parle du Dies Irae qui est dans l'Offertoire. Non, l'Agnus Dei c'est surtout cette merveilleuse phrase aux violoncelles et aux ténors.
Je ne connaissais pas du tout le requiem de Rutter. Mais il faudrait encore parler de celui de Duruflé !
Commentaire n°8 posté par Valentine le 08/05/2008 à 22h00
merveilleuse phrase comme tu dis, à chaque fois que je l'entends j'en ai les larmes qui montent toute seules aux yeux... Rutter c'est magnifique, c'est un des grands compositeurs contemporains et Anglais de surcroit, l'angleterre n'a pas eu tant que cela de compositeurs par rapport à la France... Alors ne boudons pas notre plaisir.
bisous
Réponse de Russalka le 09/05/2008 à 10h09
Toutes mes pensées pour toi et pour ceux qui de loin ou de près vivent un "départ anticipé", car il est toujours anticipé par rapport à ce que l'on aurait voulu dire, écrire à la personne qui nous a quittés et que l'on a reporté maintes et maintes fois.
Nanou
Commentaire n°9 posté par nanou le 14/05/2008 à 23h12
Merci Nanou, je ne suis pas trop présente sur ls blogs, cela reviuiendra
bisous à toi...
Réponse de Russalka le 16/05/2008 à 09h30
Pour laisser une trace. Et revenir.
Commentaire n°10 posté par traces le 04/06/2008 à 23h24
Merci de la trace qui revient (sourire)
Réponse de Russalka le 05/06/2008 à 17h18
Belle ode au disparu
j'y replongerai l'oeil et un coin de l'âme
la prochaine fois que je perdrai un être cher
heureusement pour moi
à ce jour tous ceux que j'ai connus et auxquels je suis attaché continuent à me donner une présence dense quotidienne
parfois même à me parler alors que je ne les vois pas
et
au-delà de ce tour qu'ils me jouent
et que je ne comprends pas
j'aprécie leur sollicitude.
Commentaire n°11 posté par Irénée le 03/01/2010 à 20h14
Ce que tu dis de tes disparus résonne en moi très fort
car les miens sont d'une présence quasi quotidienne

Jamais ils ne m'abandonnèrent et je suis persuadée que même en l'absence de quelque divinité
la conscience humaine est vivante au-delà de la mort

Le souvenir maintenu vivant de ceux qui nous aimèrent et que nous avons aimés
est une des formes de leur éternité 

Merci Irénée de ce témoignage fort et qui accompagne.
Réponse de Russalka le 04/01/2010 à 14h32



Il fait froid nu sous l'écorce
tout est noir le bleu au ventre
la couleur de la peau et ses palpitations

Les chaises sont vides
les assiettes attendent les mains
les verres sont des miroirs émaillés
au fond des bateaux rouillés
dorment nos aimés sous le voile transparent de nos pensées

J’entends le silence étoilé peser sur mon dos
la mer pleine dégueule ses vagues sur le pont
la profondeur des yeux embrasse le vide
les corps en plein visage sur un champ de bataille

Sous le coude la musique céleste s’écroule
les bras s’agitent dans une noyade autour du cou
bouche ouverte la langue avale les mots

lutin
Commentaire n°12 posté par lutin le 03/01/2010 à 20h44
Que c'est beau Lutin, j'espère que ce magnifique poème qui déroule ici ses phrases si fortes
trouvera place sur ton blog
à moins qu'il ne s'y trouve déjà...
Réponse de Russalka le 04/01/2010 à 14h35
Tu décris bien ces ressentis face à la perte d'un être cher et ce morceau musical accompagne merveilleusement tes mots...

La perte d'un être cher reste une épreuve difficile à traverser
Comment se détacher du passé ? Comment apprivoiser cette absence?
Un mot, un parfum, un détail et les souvenirs évocateurs de l'être aimé remontent à la mémoire...

Commentaire n°13 posté par Corinne le 03/01/2010 à 23h23
Beaucoup de personnes disparues ces derniers jours dans nos entourages proches
amis ou famille
et cela me semblait une évidence de remonter ce poème
merci à toi Corinne de l'avoir reçu avec ta grande sensibilité.
Réponse de Russalka le 04/01/2010 à 14h47
Ce poème est déjà sur mon blog, je l'ai simplement modifié afin qu'il puisse être un écho au tien

lutin
Commentaire n°14 posté par lutin le 04/01/2010 à 14h46
Ah alors je chercherai demain pour renvoyer en lien ;o)) merci Lutin de l'écho.
Réponse de Russalka le 06/01/2010 à 09h42
Oui, le temps leur est venu... Mais quelle injustice pour tous ceux qui ont mal vécu leur temps ou ces autres qui l'ont vécu pendant si peu de ... temps.
La mort peut apporter la sérénité ou l'apaisement mais elle peut aussi raviver tous les tourments de la révolte. Pour les vivants qui restent, le plus insupportable est de n'avoir pas pu connaître et aimer ces disparus qui leur auraient apporté tant.
Les seuls de mes amis qui ne redoutent pas la mort de leurs êtres chers sont des croyants fervents puisqu'ils croient à la vie éternelle et à la félicité pour leurs disparus : c'est toute la force de la spiritualité religieuse ou spiritualiste : Victor HUGO ne faisait-il pas tourner les tables pour retrouver les mânes de sa chère Léopoldine ?
Mais la mort ne surprend pas le sage...

http://www.shanaweb.net/lafontaine/la-mort-et-le-mourant.htm


"Oh Marie, si tu savais
Tout le mal que l'on m'a fait."
Mes morts sont en moi et emplissent mon esprit...
Commentaire n°15 posté par Merlin le 05/01/2010 à 11h29
Tu le sais je ne suis pas croyante et  la seule mort que je craigne est celle qui m'arracherait les miens.
Je n'ai jamais compris le besoin de divinité puisque j'ai la certitude de l'éternité de la conscience humaine
mais comme je comprends, oh oui, la souffrance de ceux, tous ceux qui n'eurent pas le temps de connaître leurs chers aimés, petits ou grands, père mère ou enfants en devenir
et aussi cet appel vers Marie, prénom magnifique ( la maman d enotre Maxou le porte bien joliment) et dont je sais pour toi les tristes résonances.
Merci de ce bel apologue que je ne conaissais que de très loin et du renvoi encore une fois vers un beau site, décidément La Fontaine est un immense poète, quelle musicalité...!
Merci Merlin du commentaire sous un poème que tu avais déjà aimé, je crois...

Réponse de Russalka le 06/01/2010 à 09h49
Chacun de vos poèmes Viviane est comme un coquillage venu du fond des mers , j'y trouve une perle, ainsi en est il "de ces noeuds du coeur où s'allumaient des arbres..."
Commentaire n°16 posté par ulysse le 05/01/2010 à 11h38
Merci à vous Ulysse, ce poème fut écrit lors du décès d'une personne accompagnée, dans ces cas là je crois que les mots viennent du coeur, profondément...
Réponse de Russalka le 06/01/2010 à 09h53
Que de beauté pour habiller la tristesse...
Commentaire n°17 posté par marlou le 05/01/2010 à 14h45
Merci Marlou, il neige chez nous, vivement, de gros flocons épais et lourds
et ils viennent habiller de blanc ce jardin qui se trouve en face du mien
c'est beau sans être triste et dit que le deuil se fait...
Réponse de Russalka le 06/01/2010 à 10h07
Bonne et heureuse année chère Viviane, que cette nouvelle année t'apporte plein de lumière et beaucoup de bonheur ! Je pense au petit Gabriel qu'on a enterré ce lundi, du haut de ses deux ans, merci pour ce beau poème.
Commentaire n°18 posté par la Calmette le 06/01/2010 à 00h24
La mort d'un enfant est toujours révoltante
je n'ai pas trop suivi la presse ces derniers temps
ma famille étant souvent à la maison
 et ne sais de quel petit enfant il s'agit, mais l'idée de cette disparition précoce me fait mal, quelle qu'en soit la cause
 
merci cependant de tes voeux, accepte les miens en retour!
Réponse de Russalka le 06/01/2010 à 10h19
Rentrant de vacances, je viens te souhaiter une bonne et heureuse année 2010, qu'elle soit douce et harmonieuse pour toi et les tiens.
Merci pour ce poème et le Requiem de Fauré (enfin une partie). 
Commentaire n°19 posté par Renard le 06/01/2010 à 01h54
Merci à toi Renard et que l'année 2010 te soit très douce ainsi qu'à tes proches!
Réponse de Russalka le 06/01/2010 à 10h19
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