A ceux qui ont perdu un être cher
Le temps leur est venu des traces
de l'intervalle entre les traces
objets muets
poignées de terre meuble
que l'enfant seul devine
coulant en leur triomphe d’eau
Le temps s'est arrêté.
Silence à grande fleurs
Le ciel est jour de pierre
Et les gestes fouillant
jusqu'à ces noeuds du coeur où s'allumaient des arbres
Ce soir
ils entendent sa voix
Un souvenir de pas vient trouer l’hébétude
leur hâte à se lever est du pays d'avant
mais rien
Résonance les murs
plus grave chaque fois
Ce qui était vivant l’était par elle
le soin qu’elle apportait à soulever les choses
pour éclairer les heures
ses mains qu’on devinait
ailes priant les fleurs
mais tout est éventré que les ombres dévalent
Le temps leur est venu
Le même morceau en dewplayer
François-André d'Agincourt, Dances provençalles pour clavecin
Mille baisers.
"Silence à grandes fleurs" assurément mais pourtant les fleurs parlent et je ne sais plus les nommer...
"Le soin qu'elle apportait à soulever les choses" mais à présent plus rien n'a de poids comme le baiser que je lui ai envoyé au dessus de son ultime lit entouré de fleurs.
Agnus dei (qui tollis peccata mundi), c'est beau et ça compense l'horreur du jeu des orgues d'hier (orgues sur lesquelles mon fiston jouait SI joliment des pièces de Bach il y a plus de 25 ans...) Merci de cela Viviane. Beaucoup d'émotion, des sanglots et des larmes mais beaucoup d'apaisement et d'harmonie dans les sentiments, dans le coeur de toutes celles et ceux qui l'avaient aimée.
OOPS ! j'avais complètement oublié ton anniversaire ! 52 ans ! Quelle jeunesse ! Ça fait 25 pour ceux qui lisent de la droite vers la gauche.
Je t'embrasse. Bon anniversaire !
Oui, à présent je sens que je peux faire mon deuil. Je suis enfin apaisé car cette dualité implicite du modèle de Mère vient de s'éteindre dans la tendresse et l'affection partagées.
Il me réjouit donc d'autant de savoir que le chemin continue d'une manière plus... sereine et limpide.
oui, tu as raison, cette pièce de Fauré, elle est si apaisante...
Merci à toi d'avoir reçu
je t'embrasse de toute ma tendresse
j'y ai lu la marche hésitante sur un petit sentier sauvage
de celle qui le lit
et parfois trébuche
parfois s'arrête tout à fait
ainsi lorsqu'il est dit
"Le soir
Ils entendent sa voix"
Un geste accompli
et donc très beau
que ce chant
merci Viviane
sans doute la déamrche hésitante d'une personne proche a-telle influié sur les phrases
la vie qui lutte
hésite
trébuche
et un jour s'arrêtera
merci Luc de cette lecture sensible et aussi du lien...
accepte en retour mon amitié et mon affection pour ce deuil encore vivant
clem
parfois des événements dans ma vie me font croire à ce non arrêt du temps
à la poursuite de la vie ailleurs
Bisous
Tes mots sont aussi doux que les fleurs que l'on pose périodiquement pour leur dire qu'ils remplissent encore nos pensées, de jour, et nos rêves ou cauchemars, de nuit...
pensées affectueuses ma fée...
Prtends soin de toi, la vie est là qui n'attend pas, je fais pour ma part une halte qui m'est urgente et nécessaire, trop de fatigue
trop de deuils accumulés
la paix reviendra...tendresses à toi
oui, pas de soleil chez nous depuis des mois, c'est démoralisant... et joue sans doute sur mon dynamisme!
ce réquiem de fauré est une splendeur, mais cet agnus dei tellmeent fervent de communion...c'est le morceau que je préfère dans toute l'oeuvre
Je ne connaissais pas du tout le requiem de Rutter. Mais il faudrait encore parler de celui de Duruflé !
bisous
Nanou
bisous à toi...
j'y replongerai l'oeil et un coin de l'âme
la prochaine fois que je perdrai un être cher
heureusement pour moi
à ce jour tous ceux que j'ai connus et auxquels je suis attaché continuent à me donner une présence dense quotidienne
parfois même à me parler alors que je ne les vois pas
et
au-delà de ce tour qu'ils me jouent
et que je ne comprends pas
j'aprécie leur sollicitude.
car les miens sont d'une présence quasi quotidienne
Jamais ils ne m'abandonnèrent et je suis persuadée que même en l'absence de quelque divinité
la conscience humaine est vivante au-delà de la mort
Le souvenir maintenu vivant de ceux qui nous aimèrent et que nous avons aimés
est une des formes de leur éternité
Merci Irénée de ce témoignage fort et qui accompagne.
Il fait froid nu sous l'écorce
tout est noir le bleu au ventre
la couleur de la peau et ses palpitations
Les chaises sont vides
les assiettes attendent les mains
les verres sont des miroirs émaillés
au fond des bateaux rouillés
dorment nos aimés sous le voile transparent de nos pensées
J’entends le silence étoilé peser sur mon dos
la mer pleine dégueule ses vagues sur le pont
la profondeur des yeux embrasse le vide
les corps en plein visage sur un champ de bataille
Sous le coude la musique céleste s’écroule
les bras s’agitent dans une noyade autour du cou
bouche ouverte la langue avale les mots
lutin
trouvera place sur ton blog
à moins qu'il ne s'y trouve déjà...
La perte d'un être cher reste une épreuve difficile à traverser
Comment se détacher du passé ? Comment apprivoiser cette absence?
Un mot, un parfum, un détail et les souvenirs évocateurs de l'être aimé remontent à la mémoire...
amis ou famille
et cela me semblait une évidence de remonter ce poème
merci à toi Corinne de l'avoir reçu avec ta grande sensibilité.
lutin
La mort peut apporter la sérénité ou l'apaisement mais elle peut aussi raviver tous les tourments de la révolte. Pour les vivants qui restent, le plus insupportable est de n'avoir pas pu connaître et aimer ces disparus qui leur auraient apporté tant.
Les seuls de mes amis qui ne redoutent pas la mort de leurs êtres chers sont des croyants fervents puisqu'ils croient à la vie éternelle et à la félicité pour leurs disparus : c'est toute la force de la spiritualité religieuse ou spiritualiste : Victor HUGO ne faisait-il pas tourner les tables pour retrouver les mânes de sa chère Léopoldine ?
Mais la mort ne surprend pas le sage...
http://www.shanaweb.net/lafontaine/la-mort-et-le-mourant.htm
"Oh Marie, si tu savais
Tout le mal que l'on m'a fait."
Mes morts sont en moi et emplissent mon esprit...
Je n'ai jamais compris le besoin de divinité puisque j'ai la certitude de l'éternité de la conscience humaine
mais comme je comprends, oh oui, la souffrance de ceux, tous ceux qui n'eurent pas le temps de connaître leurs chers aimés, petits ou grands, père mère ou enfants en devenir
et aussi cet appel vers Marie, prénom magnifique ( la maman d enotre Maxou le porte bien joliment) et dont je sais pour toi les tristes résonances.
Merci de ce bel apologue que je ne conaissais que de très loin et du renvoi encore une fois vers un beau site, décidément La Fontaine est un immense poète, quelle musicalité...!
Merci Merlin du commentaire sous un poème que tu avais déjà aimé, je crois...
et ils viennent habiller de blanc ce jardin qui se trouve en face du mien
c'est beau sans être triste et dit que le deuil se fait...
je n'ai pas trop suivi la presse ces derniers temps
ma famille étant souvent à la maison
et ne sais de quel petit enfant il s'agit, mais l'idée de cette disparition précoce me fait mal, quelle qu'en soit la cause
merci cependant de tes voeux, accepte les miens en retour!
Merci pour ce poème et le Requiem de Fauré (enfin une partie).