Mardi 3 novembre 2009
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Elles ont cheminé avec lui tout du long de sa vie de peintre, écrivant avec tellement d'intensité le parcours de
l'homme et celui de l'artiste, que je n'ai jamais su lesquelles aimer.
Aussi les aimé-je toutes.
Elles ont chacune un quelque-chose à dire et pour la première d'entre elles, cette
profondeur de l'espace, la vraisemblance des nuées annonçant la nuit, le souffle léger que l'on entend dans les ramures, cet or du couchant porté comme une torche que le vent essaîme. Que
de quiétude ( ou d'inquiétude, selon...) en ce lieu simple et hors du temps...
Des arbres porte-ciel
aux terrifiantes nuances d'être terre
qu'attend-elle, tranquille
alors que le feu vibre au coin d'une fenêtre ?
Je ne connaissais pas cette palette sombre chez Vincent Van Gogh.
Dans la toile qui suit, elle m'a étonnée de son grain et du climat très romantique qu'elle fait
surgir de la toile. On sait que Van Gogh aimait Jean-François Millet dont la palette d'ocres et de gris était à nulle autre pareille... Admirez ces arbres gardiens de
Millet et cette enfant dans les bois de Vincent.
On trouvera - en ce qui concerne les maisons qui "racontent" - une belle filiation avec Vlaminck, grand admirateur de Van Gogh.
Le contraste entre les touches blanches de différente taille et l'ambiance très sombre est tout
simplement une merveille.
Le toit aussi
promène ses cheveux blancs
ou peut-être la mort
vois-tu ses yeux, son cri, son livre déplié ?
La chaumière qui vient, que je me l'aime! J'imagine se concoctant derrière ses murs mille
brouets de sorcières. Maison et cieux ondulant de concert et de contrastes.
Langue, apprends -moi ta pierre
à l'assaut des collines
et le ciel imité
prêt à s'enfuir si le regard ne tient
Dans celle-ci, j'entends les voix de Gauguin et de Cézanne, et toujours cette vie qui courbe les
bâtisses. Le ciel y est si intense dans ses variations de blanc bleuté, la verdure tellement exhubérante se fondant à la peau même des personnages dont les silhouettes semblent au bord
de la décomposition, il y est si assuré que l'humanité sera un jour recouverte de prés
et que l'humain n'est qu'un entr'acte
Homme fétu, le chaume
au ciel te déguise en herbe
et ta maison coule !
Poursuivons notre promenade avec une maison qui nous rappelle l'école Russe.
Le trait noir ourlant la maison est très Kandinsky de jeunesse. Les arbres si fouillés si travaillés des débuts se
réduisent à un trait sombre à peine ébauché, lancé comme une flèche et que disloque la mousseline vaporeuse du vert anis. Et toujours cette pâte étalée directement depuis le tube qui
donne tant de dansité ( pas de faute d'orthographe) à l'espace, comme dans cette autre toile, Les saintes Marie de la mer
Sous mon toit acide
ils vont mes murs de guingois
vieillards voûtés
Pour terminer ce cheminement vers la lumière, deux toiles de petites tailles nées de cette
période si féconde que fut son hospitalisation en service psychiatrique à Saint Rémy de Provence. La première n'est que lumière, musicale lumière éclaboussant la toile, féérie des nuances et
du trait. Elle est ma préférée.
L'herbe ou la neige
ou l'herbe sous la neige
ou la neige sous l'herbe
un ciel mille soleils
La seconde me met très profondément mal à l'aise. Il y a pourtant une belle complémentarité
de couleurs dans ce tableau, entre le jaune, le vert, le rouge vermillon, la tache bleutée du personnage au premier plan. Je ne perçois pas de joie à travers cette toile pourtant
enfantine, dont les maisons chantonnent au rythme de la fumée qui s'échappe de leur cheminée. Et cependant, comme il devait tenir à ce qu'il souhaitait évoquer de son soleil du
Nord...
Je n'en reçois que les rayons dispersés
en oiseaux sanglants comme un mauvais augure
et l'avant-toit nez de clown qui sait
rouge
que derrière le rire des enfants se cache...
Par Viviane Lamarlère
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Publié dans : Peintres et sculpteurs
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Vincent Van Gogh fait partie de ces peintres qui jamais ne m'ont laissée indifférente. Devant chaque toile, quelque chose est suscitée.
C'est intéressant de voir ici des toiles moins connues.
Vincent est un de mes peintres préférés, plus je le découvre, plus il me parle
contente de ce gout partagé;
mireille
cela fait bien plaisir quand on s'est donné du mal pour un article qu'il soit accueilli ainsi, mille bisous à toi Mimi
alors (sourire)
c'est super gentil;
je crois comprendre la peinture (sourire)²
Et c'est vrai
cette dernière toile est inquiétante
comme un clow que l'on devinerait fou
et meurtrier
du dehors
ou du dedans
s'il est une chose que je me refuse, c'est l'explication d'experte
que je ne suis pas
juste le plaisir de laisser parler mes émotions devant les peintres que j'aime
...
oui, cette toile je la sens purulente et saignante à la fois
une immense douleur qui ne se dit
que dans la couleur...
Merci Luc de ta propre lecture;
bravo et bonne chance à ton blog!!
quel prodigieux peintre tout de même!!! Bisous
Vincent Van Gogh
, vous découvrirez son oeuvre date par date, lieu par lieu , collection par collection... Merci...
avec plaisir!
Très très joli texte et vision remarquable d'un cheminement exceptionnel. Et c'est vrai que Van Gogh émeut autant dans le noir que dans la lumière crue, quand la campagne est noire de soleil et qu'on voit les marionnettes s'élever au-dessus de la paille ou du foin.
De l'ombre des kartofells , dans une condition sociale sombre, misérable et presque une misère noire...
Oh je ne connais pas trop Vincent mais sa peinture me parle comme peu d'autres...
Entre autres cette méridienne que j'ai eu bonheur de voir plusieurs fois au musée d'Orsay, tellement vibrante de lumières qu'on aurait pu rentrer dans le tableau et marcher sur les foins.
J'ai découvert la peinture figures toi, et j'ai pleinement conscience de ce privilège, grâce... aux menus que l'on nous donnait sur les paquebots empruntés pour rejoindre l'Afrique, trois semaines de traversée sur le Foucauld, le Mermoz ou le général Leclerc, et des collections de menus qui me faisaient autant voyager que le voyage ;o))
J'ai peint jusqu'à l'âge de seize ans, beaucoup de copie, entre autres ces deux toiles que tu connais qui sont toujours chez ma mère, laquelle considérant que du moment qu'elle me payait la peinture, les toiles lui appartenaient...:
Toile de cézanne bien sur
et celle ci de van Gogh:
Il me restera toujours une tendresse pour le parcours de solitude de cet homme qui se rejetait lui-même et qui peignait à la fin sans pinceau parce qu'il n'avait plus les moyens ... tout simplement. Qui avait fait le pari de l a lumière alors que son esprit était tout d'ombre et de mort comme tu le rappelles si justement. Je retrouve un peu du parcours de Nietzche dans cette cavalcade vers la mort.
J'espère un jour sur ton blog un article comme tu sais en donner, toi qui es si imprégné de ce peintre.
je sais par avance que ce sera une réjouissance du coeur, des yeux, de l'esprit... Allez (sourire)
quand tu auras le temps...
Mille merci de ton partage... Bisous
Vincent Van Gogh a été le premier peintre que j’ai aimé. Il faut dire que l’école que je fréquentais était située non loin de la maison où avait habité le peintre pendant sa période Borinage. Nous y allions souvent… Non parce qu’il y avait beaucoup à voir, mais parce que nous aimions l’atmosphère. J Je ne sais si cette petite maison de Cuesmes existe encore… J’ai juste gardé, très forte, l’impression qu’elle m’a faite la 1e fois que je l’ai vue. J’avais 10 ans environ…
A bientôt par mail, Viviane !
je suis certaine que cette découverte à dix ans a laissé des traces y compris dans l'écriture
la tienne, passionnée et lumineuse et sombre me parle cette rencontre...
Mille bisous Agnès
Juste encore un petit clin d'oeil à Merlin. Kartoffeln est le mot allemand pour pommes de terre. En néerlandais, c'est aardappelen... aard = la terre et appelen, les pommes ;-)
...
En russe, pomme de terre se dit Kartochka, que de parentés pour ce fruit délicieux et si divers... Bisous encore et merci ma douce;
Je t'embrasse
peut-être après ma mort?
et pas en termes de monnaie sonnante et trébuchante.
Mon blog doit l'essentiel à ses visiteurs aussi, mille merci Mimi, car tu y contribues ;o) Bisous
Je n'ai plus ton adresse e-mail dans mes tablettes. Je te réponds donc dans les come en terre de Viviane.
Pour le mot allemand "kartofells", je le connais depuis ma tendre enfance car mon père m'en parlait souvent, lui qui avait passé quelques années dans un club très fermé appelé "STALAG IIA 57" en Poméranie, c'est dire si des kartofells il en avait mangé !
Le titre du fichier image était "die kartoffelesser"...
Pour le mot néerlandais "aardappelen", je te remercie car je ne le connaissais pas. Je ne connais d'ailleurs ni le deutch, ni le dutch ! Je suis un peu handicapé en langue vivantes car à part le français, l'anglais, le normand et un peu d'arabe algérois que j'ai tendance à oublier, je suis un linguicancre notoire...
Merci pour ton petit clin d'oeil Agnès. J'espère que tu vas bien.
Mais si tu es bien Marjas, j'irai faire un tour sur ton site ou blog pour te dire un petit "coucou" en passant.
Comme toi et Viviane, je suis très sensible aux déchirures créatrices de Vincent. J'adore son oeuvre riche, colorée, sensible et tragique à bien des égards. Tu t'en doutais je pense...
Bisous
je n'ai aps tout suivi de votre discussion linguistique, mais tu es si éclairé en matière de langage que je crois que tu pourrais tous les parler , d'ailleurs, Merlin comprend les langues de la forêt et n'est-ce pas l'essentiel (sourire)
Bisous...
Vincent mangeait des aardappelen, puisqu'il était Hollandais... :-)
Comme toi, je suis un peu handicapée pour les langues vivantes, mais j'en baragouine plusieurs avec grand plaisir.
Oui, je suis bien Marjas mais je n'ai plus de site et je me refuse le blog... pour me contacter, demande à Viviane, elle a mon adresse !
Milles bravos ; cette visite fut un réel plaisir que je renouvelerai souvent.