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Musique de la semaine

Arundo Donax

10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:43





Depuis quelques semaines et jusqu’à la mi-juillet, les orchidées  sauvages fleurissent un peu partout, le long des petites routes, des vignes mal entretenues,  dans les champs éloignés de la circulation.

De cette fleur magnifique nous sont familières la gousse de la vanille et les orchidées exotiques vendues à l’unité chez les fleuristes dans de minuscules vases et sous abri de cellophane.

Nous connaissons moins les trésors minuscules des fossés de nos régions et des prés qui ne respirent que de loin les engrais ou même l’eau. L’orchidée a en effet besoin  de sols non pollués et elle est à ce titre un excellent indicateur de respect écologique d’un  terrain donné, sur lequel elle peut prospérer en se suffisant de peu de choses.

La pauvreté lui va très bien.


Dans un monde gavé de cosmétiques, d'engrais, de surenchère consommatrice et de retouches, cela réconforte profondément et procure beaucoup de paix de ramper dans les herbes et contempler de si près ces merveilles incomparables qui ne s'offrent au regard que dans le silence et la quête lente et sont si économes pour assurer leur survie.

Agée de 86 millions d’années, si l’on en croit les dernières analyses de pollen, cette famille botanique compte environ 30 000  espèces.

A 28 km de Langon, dans la commune de Cazaugitat, petit bourg d’à peine 223 âmes, se trouve un paradis des orchidées. 
Cazaugitat est un mot de langue Gasconne Girondine qui signifie Jardin
( Cazau ou Casau)  jeté ( Gitat).

A la sortie du village s’élève une colline assez vaste , surmontée d’un pigeonnier que les lierres et ipomées ont recouvert de leur fantaisie.



Selon la  légende, Dieu aurait jeté  sur la butte de Launay, tel est son nom, ce qui lui restait de semences de fleurs, oiseaux, papillons et lézards peu affolés de présence humaine.  Il y a un bon mois déjà, nous l'avons parcourue en quelques heures passées trop vite: on pourrait  y consacrer des journées entières à quatre pattes et dans l'émerveillement complet...



La campagne alentour est sans angles aigus ni brutalité de ces constructions ou pancartes qui défigurent tout chez nous. Le silence qui y règne est incomparable.
Il y pousse en parfaite harmonie, au milieu de plantes minuscules et de graminées, environ une vingtaine d’espèces d’orchidées dont la floraison s’échelonne entre la mi-avril et la mi-juillet.

Nous en avons croisé treize en fleurs et une quatorzième en cours de floraison, Orchis bouc. Vous voyez ci-dessus en perspective l'espèce la plus accessible au regard,  Pyramidalis, dont le  pimpant qui va du rose pourpre au rose très pâle se détache nettement en hauteur et couleur au-dessus des plantes de toute nature.


Voici une Anacamptis pyramidalis
ses multiples fleurs ont la taille d'une fleur de muguet:


De plus près en début de floraison:



Chaque fleur possède un territoire mais Anacamptis Pyramidalis se plait de compagnie avec les autres, que voici:


Céphalanthère longifolia:


ici en gros plan:



Ophrys apifera ( semblable à une abeille)
dont le sourire grand ouvert est réjouissant:




Ophrys Scolopax
que je trouve très émouvante
dans ses oppositions de couleurs:


En gros plan




Orchis anthropophora, ou l'homme pendu,
pour ma part je trouve qu'elles ressemblent à des petits poulpes
et en aime beaucoup les lignes pourpres qui les traversent:




Une Serapias vomeracea
(
qui ressemble au soc d'une charrue,
ou à un os de la cloison nasale, le vomer)
dont l'espèce pousse à foison
 un Argus la butine
qui parut s'exposer à notre regard avec beaucoup de complaisance:




Orchis pourpre, très féminine:



Une discrète Serapias lengua:




Une délicate Dactylorhiza fushii:




Une Orchis ustulata:





Une Platanthère Chlorenta , danseuse assise sur son tutu,
qui semble nous regarder avec étonnement:



Enfin, ci-dessous, Ophrys Insectifera,
ma préférée, ses fleurs sont de la taille d'un  grain de riz.

Je ne vois pas de ressemblance avec des insectes,
mais plutôt des petits hommes chapeautés et au gilet parme.
 Elle prolif.ère en certains endroits de la colline,
on marche dessus tant elles sont petites et nombreuses et cela fait peine,
on a l'impression d'écraser réellement un petit peuple en train de s'envoler:







Hélas, cet endroit qui semble ne pas avoir changé depuis la nuit des temps et que les villageois respectent, allant jusqu'à pratiquer alentour une agriculture sans engrais,  est depuis peu envahi de motards et autres engins à quatre roues tout-terrains qui en défoncent la terre en tout sens.

C'est un peu un appel au secours que je lance là, car ce site qui a résisté à la destruction humaine jusqu'alors devrait être classé et définitivement hors d'atteinte des vandales motorisés.

Durant notre promenade, nous avons croisé quelques énormes lézards qui m'ont filé entre les pattes et semblaient m'attendre...
Et de bien étranges papillons, l'un d'eux, un Ascalaphe., ( merci Richard de la précision)  s'est laissée photographier avec un plaisir évident



Et puis le plaisir au milieu de ces fleurs primitives aux formes élaborées, de fleurs plus courantes, telles ce discret Sceau de Salomon ( Polygonatum odoratum ), que l'on ne remarque plus. Michel a su saisir ici la transition si douce du blanc au vert avec un talent incroyable.




Et au retour, des iris sauvages se mirant dans une flaque:



dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/05LePapillonEtLaFleurOp1No1.mp3&

Gabriel Fauré , Le Papillon et la fleur

texte de Victor Hugo

par Véronique Gens




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publié par Viviane Lamarlère - dans Belles photos de Michel
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commentaires

cecile marie 16/02/2012 19:21


  superbe  vos  orchidées,  je  suis  également  une passionnée  des  orchidées  sauvages,  chaque  année   je  pars  à
 la  chasse  photo, et  surtout   maintenant  aux  hybrydes;   c'est  un   véritable  virus,  la  magie  de  ces fleurs
  que  j'aie  plaisirs  rechercher.

Russalka 17/02/2012 10:04



 


Merci Cécile, nous voyons en ce moment dans notre jardin sortir quelques pieds de ces orchidées sauvage, que la neige
n'a pas noircis et cela nous est joie...



Corinne 11/02/2012 18:00


Ces beautés végétales sont si belles à toucher du regard !


Oui quel plaisir cette immersion en pleine nature, une rupture délicieuse avec le quotidien, un silence apaisant... une journée qui passe trop trop vite comme tu le soulignes Viviane (en souvenir
de notre sortie découverte de mai 2011)

Russalka 12/02/2012 09:45



 


Situ savais comme avec le froid qui moird et la fatigue qui me dit " ne sors pas, tupourrais tomber et ne aps te
relever" si tui savaiud comme mon ajrdin me mansque et avec lui c e temps qui se décline tout lentement, dans l'apaisement et la beauté deu silence... Vivement le rpintemps qte que ce froid
sou'blie... oui, c'était une belle journée, on recommencera !!



Martine 30/08/2010 20:35



Encore de magnifiques clichés d'orchidées et de petites bébêtes. De la magie! Un vrai bonheur! Merciiiii


Douce soirée


Martine



Russalka 01/09/2010 09:50



Merci à toi, Martine, nous aimons ce qui se trouve sous nos pas, Michel et moi
et ces petits soldats nous enchantent...



Martine 30/08/2010 20:19



Bonsoir Viviane,


Merci pour ce lien sur ton article. Extraordinaire! Fabuleux petit coin! Tant de beautés différentes sur une aire pas très vaste: une petite colline.


Je découvre avec ravissement ce papillon! fabuleux! Ayant vécu en moyenne montagne, j'ai rencontré le sceau de salomon et des orchidées différentes de celles de mon jardin à part la pyramidalis:
l'orchis militaire, ophrys bourdon... et d'autres dont j'ai oublié le nom. Mais jamais vu  "platanthère chlorenta, ni dactylorhiza fuschii tandis que les autres oui.


Je comprends ton chagrin et ta colère face aux dégâts causés par les motards! Quelle tristesse!


Très joli reportage sur ces petites merveilles! Merci pour ce beau partage.


Bonne soirée


Martine



Russalka 01/09/2010 09:49



Quelle chance de vivre à la montagne, nous devons nous contenter des collines alors que nous adorons les paysages d'altitude, leur
flore et leur faune si variée. mais oui, nous avons de la chance nous aussi finalement que se trouve pas loin de chez nous un tel petit paradis...



Benoît Farrouilh 06/09/2009 15:45

je voudrais corriger une erreur de ma part : le point culminant de la Gironde c'est le côteau de Samazeuil à Cours-les-Bains (163m), le Pilat en théorie fait 117m (en réalité ~78m) et la Butte de Launay 117m .avec le temps les leaders changent !

Russalka 07/09/2009 10:23


Ah chouette alors de tracer ce triangle entre trois lieux de notre belle région
merci d'avoir cherché pour nourrir ce moulin ;o))


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