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Musique de la semaine

Arundo Donax

5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 15:30


Peindre une ville en utilisant les mots d'un instrument.
J'ai choisi d'associer Ronda à la
Guitare
Ronda parce qu'il est des lieux, comme Venise, Grenade, Bandiagara, Alquezar...
ou mon jardin
qui sont non pas le bout du monde, mais l'
abouti du monde































Ecoute-moi, te souviens-tu ?
Nous remontions le feu de ses
frettes usées
que la blancheur des murs, étirée vers le ciel,
talons pesant au vide,
empêchait de sombrer.

Du Rio qui avait déchiré la montagne
ne restait qu’une corde entre les éboulis
d’inutiles sillets
un transparent dédale
et d’eau sèche et de vent le village pâli
comme une antique voile.

Deux arbustes éteints.
Clefs muettes.

Et nous aurions voulu raccorder cette absence à l’ébloui des pierres,
ne connaître du pont et des remparts brûlés
que les draps encore lourds des fleurs de la saison

Mais le temps est rugueux.

Il nous fallut marcher,
si longuement marcher pour empaumer soudain
une éclisse plus suave, et par fraîcheur donnée.
 
Vint l’eau vraie des ruelles.
Rosaces, patios crus d’où s’échappaient des voix
leurs fontaines très simples
une note bleutée
la morsure d’un seuil sous le rideau de perles.

Fleurs. Partout des fleurs
soutenant de leurs pots les façades bancales.

S’il était un envers
à ces scintillements de fleurs enracinées dans la lumière vive
nous n’en apercevions que la graine furtive
et si vite évanouie.

Cela nous suffisait. Tout " Encore ! " se paie.

Quelque chose bougeait.
Entre les oliviers, un rayon de soleil

Une corde pincée.






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commentaires

I
Superbe ! simplement magnifique, rien d'autre à ajouter, ce serait en trop.Bonne journée.Isabelle
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R

Merci isabelle, et bonne continuation à vous aussi pour ce travail en écriture que vous entamez


M
Moi aussi, j'ai associé Bonifacio à cette superbe photo.Cet endroit vertigineux est envoûtant. Quant à ton poème richement sonorisé et imagé, il m'a magnifiquement baladée. Du bonheur !
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R

Merci Marianne, cela me fait vraiment plaisir de me dire que les mots d'un village en ont évoqué un autre.
Aller à Ronda, c'est d'abord accepter d'avoir le mal de mer tant la route tourne en lacets serrés
et puis enfin, ce calme des petites places, la fraicheur des patiosn que l'on devine, le silence à l'heure de la sieste, les fleurs, les parfums... Tu me donne envie d'aller en Corse,
té!


M
Fabuleux...
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R

Merci Marlou, c'est super gentil ;o)


V
Tu as toujours des idées géniales ; depuis :"non pas le bout du monde, mais l'abouti du monde"jusqu'à : "Entre les oliviers, un rayon de soleil Une corde pincée."
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R

En fait, ce ne sont pas des idées, ce sont des impressions très fortes et réellement éprouvées dans certaines circonstances ( je n'ai aucune imagination, c'est vrai
;o)que j'essaie de transcrire en mots
et ce n'est pas toujours facile
mais à force (sourire) en poussant le souvenir dans ses retranchements..
Bisous Valentine et merci de ta lecture si enthousiaste.


A
Merci de me faire visiter tous les beaux lieux que tu as connu , cela me comble de joie , moi qui ne connait que la Basse -Normandie et encore ( rires) très belles photos  et très beau texte  mais je ne sais que que le répêter
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R

C'est le côté très agréable des blogs, c'est que l'on peut voyager!
et puis ta région est magnifique, nous rêvons de nous y installer avec Michel (il doit bien y avoir des orchidées par chez toi? c'est la condition ;o))
Mille bisous Aimela, je viendrai voir tout à l'heure ton propre lieu d epartage
il me semble avoir lu une harangue qui me va (sourire)


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