Jeudi 5 juin 2008
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16:30
Peindre une ville en utilisant les mots d'un instrument.
J'ai choisi d'associer Ronda à la Guitare
Ronda parce qu'il est des lieux, comme Venise, Grenade, Bandiagara, Alquezar...
ou mon jardin
qui sont non pas le bout du monde, mais l'abouti du
monde
Ecoute-moi, te souviens-tu ?
Nous remontions le feu de ses frettes usées
que la blancheur des murs, étirée vers le ciel,
talons pesant au vide,
empêchait de sombrer.
Du Rio qui avait déchiré la montagne
ne restait qu’une corde entre les éboulis
d’inutiles sillets
un transparent dédale
et d’eau sèche et de vent le village pâli
comme une antique voile.
Deux arbustes éteints.
Clefs muettes.
Et nous aurions voulu raccorder cette absence à l’ébloui des pierres,
ne connaître du pont et des remparts brûlés
que les draps encore lourds des fleurs de la saison
Mais le temps est rugueux.
Il nous fallut marcher,
si longuement marcher pour empaumer soudain
une éclisse plus suave, et par fraîcheur donnée.
Vint l’eau vraie des ruelles.
Rosaces, patios crus d’où s’échappaient des voix
leurs fontaines très simples
une note bleutée
la morsure d’un seuil sous le rideau de perles.
Fleurs. Partout des fleurs
soutenant de leurs pots les façades bancales.
S’il était un envers
à ces scintillements de fleurs enracinées dans la lumière vive
nous n’en apercevions que la graine furtive
et si vite évanouie.
Cela nous suffisait. Tout " Encore ! " se paie.
Quelque chose bougeait.
Entre les oliviers, un rayon de soleil
Une corde pincée.
Par Viviane Lamarlère
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Publié dans : voyages-en-poesie
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