Mes corneilles sont des oiseaux charmants, très affectueux, très drôles à regarder vivre. Il y a peu l'une d'elles s'est éloignée de la maison, comme il convient à desoiseauxadolescents. En vérité elle a dû se retrouver coincée sous la haie et sous le regard de tous nos chats. Son aptitude à voler était
encore bien fragile.
Je désespérais de la retrouver vivante.La présence toute proche d'animauxm'est aussi indispensable que l'air que je respire...
Le lendemain matin, sur le coup de huit heures j'apportai son repas à celle qui était restée plus sage. Rien alentour. Avec beaucoup de chagrin, je suis rentrée vaquer à mes travaux quotidiens.
Une heure plus tard, j'entendais de grands coups de becs sur la vitre. Elle était là, toute trempée, agitant les ailes comme le font les oisillons envers leurmère.
Depuis, pour qu'elles prennent à chaque fois plus d'autonomie, je les laisse en liberté dans la journée. Elles reviennent spontanément dans leur volière le soir. L'idée étant qu'elles
soient capables de subvenir seules à leurs besoins tout en sachant qu'elles peuvent se réfugier chez nous et y trouver de l'affection, un abri, de la chaleur... Elles se régalent de vers de
terre, de débris de je ne sais quoi qu'elles dévorent avec gourmandise sous le regard interloqué des chats, bien plus dépendants. J'ai ainsi élevé en Afrique deux chouettes merveilleuses et
unvautour charognardextraordinaire de
beauté et de calme.
Pour revenir à mes corneilles, elles sont toujours suivies à distance par la petite classe des chatons que l'on voit ici jouant dans l'escalier qui mène aux chambres sous la surveillance agacée
de leur mère... On devine la queue terre de sienne qui bat, les oreilles tendues vers le danger possible, le regard qui surveille en dormant.
Ces petits fauves brûlent sans doute de leur caresser les plumes. Mais déjà l'envergure de mes deux oiseaux est grande, quoiqu'elles ne fassent actuellement que la moitié de leur taille adulte,
et il suffit qu'elles battent des ailes pour que la tribu Matou se disperse, poil hérissé et queue en goupillon. Une corneille a une envergure de 109 centimètres et vit environ 20
ans.
Quant aux chats déjà grands, ils s'en tiennent à distance. Ils doivent savoir de toute éternité que cet oiseau est de goût très amer et dure consistance, à tel point me disait mon grand-père (
qui tenta d'en consommer durant la grande guerre) que pour savoir s'il est cuit, on le cuisine avec un caillou. Quand le caillou est tendre, c'est que la corneille est à point... bref, les
adultes restent à dix mètres et font de grands écarts lorsqu'elles se rapprochent d'eux.
Quand une corneille mange, elle commence par se goinfrer, puis va cacher ce qui reste de son repas dans des endroits connus d'elle seule, son garde-manger, où cet oiseau charognard fait "
mûrir" la viande. Elle creuse des petits trous dans la terre avec son bec, y enfonce soigneusement la viande, puis fait le tour du jardin à la recherche de cailloux soigneusement calibrés
qu'elle pose au dessus du trou pour le fermer. Le tout en surveillant le ciel, car si un oiseau apparait entre deux nuages, elle va à toute vitesse faire l'inventaire de ses provisions et les
avaler d'un seul coup d'un seul!
Le matin, lorsque je les sors, elles volent vers moi en poussant des petits cris affectueux, se collent de tout leur être ailes largement écartées contre moi, mordillent mes cheveux, frottent
leur tête contre mon cou puis vont vivre leur vie...
Commentaire n° 1 posté par marlou le 07/07/2008 à 12h09
Ce sont eux qui me charment, depuis que je suis enfant je rêve 'élever un aigle ou un rapace quel qu'il soit. une année, en Bretagne un faucon crécerelle s'est assommé contre une vitre de notre location je l'ai gardé trois jours, nourri, cajolé, il est reparti d'un trait d'aile quelle beauté cet oiseau, quel regard...
Coincidence, de celles qu'André Dhotel aimait pointer distraitement nous parlons tous deux d'oiseaux ce matin
Mais ton texte est bien plus proche (ainsi que l'image que tu y associes) de ces corneilles on les y sent vivre piailler et s'envoler.
Sage animal qui vit bien plus longtemps que ceux de son espèce qui se répandent en couleurs.
Commentaire n° 2 posté par le bateleur le 07/07/2008 à 16h32
Cela m'a réjouie de voir cette coïncidence -là J'adore les oiseaux noirs dits de mauvais augure mais dont l'homme ne sait pas ce qu'ils régulent et nettoient ... tes cerises sont bien belles, chez nous la gelée au plus mauvais moment a tout assassiné nous n'aurons cette année ni prunes, ni cerises, ni petites pommes... Mais nous aurons encore des oiseaux (sourire) enfin je l'espère car hier mes chats ont attrapé eux aussi un jeune merle, il est abîmé simplement d'une patte et se refait une santé dans une des chambres d'enfants j'espère le sauver...
Je crois que ma nature est essentiellement maternelle, et en ce matin où mathilde est à son oral de repéchage au bac, je prie de toute ma ferveur d'Indienne pour qu'elle sache trouver en elle ce qui l'aidera à franchir ce dernier cap... mais si elle ne le peut, je ne lui en voudrai pas.Chacun va à son rythme.
Jolie histoire ... on imagine bien les oiseaux te rendant l'affection que tu leur donnes !
Commentaire n° 4 posté par NicoleA le 07/07/2008 à 17h29
Ils me la rendent réellement Nicole, à chaque fois c'est émerveillement de constater à quel point un animal peut être, même ailé, empli de tendresse et surtout savoir la manifester.
C'est toujours fascinant de venir ici. J'aime lire chez toi cette proximité silencieuse entre l'animal et l'homme, toute respectueuse, faite d'attente et de patience, et que tu décris si joliment.
Commentaire n° 5 posté par Marianne le 08/07/2008 à 09h22
sans doute des restes de mes ancêtres qui surveillaeint de loin le bison à abattre au coeur de tout un troupeau, mais aussi la direction du vol ou de la course des bêtes dont ils suivraient à pied la transhumance selon les saison ;o) Bisous Marianne
J'adore ce partage si respectueux entre l'homme et l'animal... où chacun trouve sa place en harmonie et en paix l'un envers l'autre. Moi hélas je ne peux partager ainsi, non parce que je n'aime pas les animaux mais parce que ma constitution physique m'empêche de vivre près d'eux... Tes photos sont magnifiques... elles accompagnent tellement bien tes mots. Bisous de l'étoile
Commentaire n° 6 posté par Babou* le 08/07/2008 à 10h10
Nous avons eu des tas de bestioles dans la maison ... et dehors (sourire) sauf un cheval que Sarah nous réclamait depuis toute petite, mais un jour j'aurais un petit âne. Cela me peine que tu ne puisses cotoyer ainsi les bêtes c'est si agréable, mais quand le corps dit non... Bisous fille de l'Etoile
L'amitié des oiseaux, des arbres, des êtres vivants, de tout ce qui a été créé, de tout ce qui nous environne... Tu es une vraie "femme qui court avec les loups", Viviane et c'est pour cela que tu es merveilleuse !
Je t'embrasse. Fort. Un MP arrive bientôt.
Commentaire n° 7 posté par agnès le 08/07/2008 à 10h30
Ahhh... un loup. Je n'aime pas les chiens, mais pour des raisons intimes: ma mère a toujours préféré ses chiens à ses enfants. Mais que j'aurais apprécié la présence d'un loup... je t'embrasse très fort Agnès et attend ton MP avec impatience.
tu nous avais déjà parlé d'une de tes corneilles, elle a bien grandi et a une copine . Merci de nous les raconter car je ne connaissais pas du tout et merci pour la photo des chatons , j'adore les chats
Commentaire n° 8 posté par aimela le 08/07/2008 à 12h30
C'est super que tu te souvienne de cela. En fait ma première corneille m'avait été volée, ces deux là nous les avons recueillies il y a trois mois, tombées du nid. Un couple qui s'entend à merveille. mes chats sont trop mignons, mais deux me quittent, qui partent avec Mathilde à bayonne, c'est la vie ;o))
Voilà le premier site que je visite depuis mon inscription, et quel plaisir ! J'aime ton coup de plume... et celui de tes corneilles. J'aime ta façon d'écrire et celle de tes chats d'aller titiller les volatiles. Merci ! Je reviendrai...
Commentaire n° 10 posté par Michèle le 17/07/2008 à 19h43
Mille merci Michèle, j'aime aussi beaucoup le coup de plume de mes corneilles, elles sont mignonnes comme tout...
je rêve 'élever un aigle ou un rapace
quel qu'il soit.
une année, en Bretagne
un faucon crécerelle s'est assommé contre une vitre de notre location
je l'ai gardé trois jours, nourri, cajolé, il est reparti d'un trait d'aile
quelle beauté cet oiseau, quel regard...
nous parlons tous deux d'oiseaux ce matin
Mais ton texte est bien plus proche (ainsi que l'image que tu y associes) de ces corneilles
on les y sent vivre
piailler
et s'envoler.
Sage animal qui vit bien plus longtemps que ceux de son espèce qui se répandent en couleurs.
J'adore les oiseaux noirs dits de mauvais augure mais dont l'homme ne sait pas ce qu'ils régulent et nettoient ...
tes cerises sont bien belles, chez nous la gelée au plus mauvais moment a tout assassiné
nous n'aurons cette année ni prunes, ni cerises, ni petites pommes...
Mais nous aurons encore des oiseaux (sourire)
enfin je l'espère car hier mes chats ont attrapé eux aussi un jeune merle, il est abîmé simplement d'une patte et se refait une santé dans une des chambres d'enfants
j'espère le sauver...
Merci Luc
J'aime lire chez toi cette proximité silencieuse entre l'animal et l'homme, toute respectueuse, faite d'attente et de patience, et que tu décris si joliment.
Bisous Marianne
Moi hélas je ne peux partager ainsi, non parce que je n'aime pas les animaux mais parce que ma constitution physique m'empêche de vivre près d'eux...
Tes photos sont magnifiques... elles accompagnent tellement bien tes mots.
Bisous de l'étoile
sauf un cheval que Sarah nous réclamait depuis toute petite, mais un jour j'aurais un petit âne.
Cela me peine que tu ne puisses cotoyer ainsi les bêtes c'est si agréable, mais quand le corps dit non...
Bisous fille de l'Etoile
Je t'embrasse. Fort. Un MP arrive bientôt.
je t'embrasse très fort Agnès et attend ton MP avec impatience.
mes chats sont trop mignons, mais deux me quittent, qui partent avec Mathilde à bayonne, c'est la vie ;o))
C'st sympa ta façon de vivre
Bises
il suffit d'y être attentionné à l'autre
humain
bête ou plante
ou pierre ou...
j'ai eu plaisir à suivre ton lien vers cette page pleine d'amour.
j'ai besoin d'oiseaux noirs
et libres
et ceux-là sont si attachants (sourire)