Lundi 7 juillet 2008
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Mes corneilles sont des oiseaux charmants, très affectueux, très drôles à regarder vivre. Il y a peu l'une d'elles s'est éloignée de la maison, comme il convient à des oiseaux adolescents. En vérité elle a dû se retrouver coincée sous la haie et sous le regard de tous nos chats. Son aptitude à voler était
encore bien fragile.
Je désespérais de la retrouver vivante. La présence toute proche d'animaux m'est aussi indispensable que l'air que je respire...
Le lendemain matin, sur le coup de huit heures j'apportai son repas à celle qui était restée plus sage. Rien alentour. Avec beaucoup de chagrin, je suis rentrée vaquer à mes travaux quotidiens.
Une heure plus tard, j'entendais de grands coups de becs sur la vitre. Elle était là, toute trempée, agitant les ailes comme le font les oisillons envers leur mère.
Depuis, pour qu'elles prennent à chaque fois plus d'autonomie, je les laisse en liberté dans la journée. Elles reviennent spontanément dans leur volière le soir. L'idée étant qu'elles
soient capables de subvenir seules à leurs besoins tout en sachant qu'elles peuvent se réfugier chez nous et y trouver de l'affection, un abri, de la chaleur... Elles se régalent de vers de
terre, de débris de je ne sais quoi qu'elles dévorent avec gourmandise sous le regard interloqué des chats, bien plus dépendants. J'ai ainsi élevé en Afrique deux chouettes merveilleuses et
un vautour charognard extraordinaire de
beauté et de calme.
Pour revenir à mes corneilles, elles sont toujours suivies à distance par la petite classe des chatons que l'on voit ici jouant dans l'escalier qui mène aux chambres sous la surveillance agacée
de leur mère... On devine la queue terre de sienne qui bat, les oreilles tendues vers le danger possible, le regard qui surveille en dormant.
Ces petits fauves brûlent sans doute de leur caresser les plumes. Mais déjà l'envergure de mes deux oiseaux est grande, quoiqu'elles ne fassent actuellement que la moitié de leur taille adulte,
et il suffit qu'elles battent des ailes pour que la tribu Matou se disperse, poil hérissé et queue en goupillon. Une corneille a une envergure de 109 centimètres et vit environ 20
ans.
Quant aux chats déjà grands, ils s'en tiennent à distance. Ils doivent savoir de toute éternité que cet oiseau est de goût très amer et dure consistance, à tel point me disait mon grand-père (
qui tenta d'en consommer durant la grande guerre) que pour savoir s'il est cuit, on le cuisine avec un caillou. Quand le caillou est tendre, c'est que la corneille est à point... bref, les
adultes restent à dix mètres et font de grands écarts lorsqu'elles se rapprochent d'eux.
Quand une corneille mange, elle commence par se goinfrer, puis va cacher ce qui reste de son repas dans des endroits connus d'elle seule, son garde-manger, où cet oiseau charognard fait "
mûrir" la viande. Elle creuse des petits trous dans la terre avec son bec, y enfonce soigneusement la viande, puis fait le tour du jardin à la recherche de cailloux soigneusement calibrés
qu'elle pose au dessus du trou pour le fermer. Le tout en surveillant le ciel, car si un oiseau apparait entre deux nuages, elle va à toute vitesse faire l'inventaire de ses provisions et les
avaler d'un seul coup d'un seul!
Le matin, lorsque je les sors, elles volent vers moi en poussant des petits cris affectueux, se collent de tout leur être ailes largement écartées contre moi, mordillent mes cheveux, frottent
leur tête contre mon cou puis vont vivre leur vie...
Par Viviane Lamarlère
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Publié dans : autobiographique
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je rêve 'élever un aigle ou un rapace
quel qu'il soit.
une année, en Bretagne
un faucon crécerelle s'est assommé contre une vitre de notre location
je l'ai gardé trois jours, nourri, cajolé, il est reparti d'un trait d'aile
quelle beauté cet oiseau, quel regard...
nous parlons tous deux d'oiseaux ce matin
Mais ton texte est bien plus proche (ainsi que l'image que tu y associes) de ces corneilles
on les y sent vivre
piailler
et s'envoler.
Sage animal qui vit bien plus longtemps que ceux de son espèce qui se répandent en couleurs.
J'adore les oiseaux noirs dits de mauvais augure mais dont l'homme ne sait pas ce qu'ils régulent et nettoient ...
tes cerises sont bien belles, chez nous la gelée au plus mauvais moment a tout assassiné
nous n'aurons cette année ni prunes, ni cerises, ni petites pommes...
Mais nous aurons encore des oiseaux (sourire)
enfin je l'espère car hier mes chats ont attrapé eux aussi un jeune merle, il est abîmé simplement d'une patte et se refait une santé dans une des chambres d'enfants
j'espère le sauver...
Merci Luc
J'aime lire chez toi cette proximité silencieuse entre l'animal et l'homme, toute respectueuse, faite d'attente et de patience, et que tu décris si joliment.
Bisous Marianne
Moi hélas je ne peux partager ainsi, non parce que je n'aime pas les animaux mais parce que ma constitution physique m'empêche de vivre près d'eux...
Tes photos sont magnifiques... elles accompagnent tellement bien tes mots.
Bisous de l'étoile
sauf un cheval que Sarah nous réclamait depuis toute petite, mais un jour j'aurais un petit âne.
Cela me peine que tu ne puisses cotoyer ainsi les bêtes c'est si agréable, mais quand le corps dit non...
Bisous fille de l'Etoile
Je t'embrasse. Fort. Un MP arrive bientôt.
je t'embrasse très fort Agnès et attend ton MP avec impatience.
mes chats sont trop mignons, mais deux me quittent, qui partent avec Mathilde à bayonne, c'est la vie ;o))
C'st sympa ta façon de vivre
Bises
il suffit d'y être attentionné à l'autre
humain
bête ou plante
ou pierre ou...
j'ai eu plaisir à suivre ton lien vers cette page pleine d'amour.
j'ai besoin d'oiseaux noirs
et libres
et ceux-là sont si attachants (sourire)
Je connais les corneilles de Chamonix... elles me faisaient peur avec ce cri noir, quand j'étais enfant!
ce sont mes copains. Comme les charognards d'ailleurs. Tiens, je ne sais si tu connaissais cet article
je te joins le lien et la photo
tu comprendras mon amitié pour les animaux, j'ai grandi au milieu d'eux...
J'ai découvert les animaux récemment.... un enrichissement tous les jours... et toutes les nuits, quand je soupire d'un mauvais rêve, et que ma chatte enfle son ronron pour m'apaiser; sans bouger; juste là, à côté de ma pauvre tête........
Merci beaucoup pour tout cela Viviane..; c'est tellement doux!
nous sommes tous mi anges mi démon (sourire)
mais il est vrai que la présence d'animaux est un réconfort. caresser une bête
sentir son empathie ( car les animaux sentent le mal-être de l'humain qui les soigne)
c'est bon dans une vie...