Jeudi 9 juin 2011
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01:52
Sois conscient des écueils qui te guettent
écoutant
ce que tu donnes est hors de prix
et celui qui se parle écoute ton écoute
aimer est là
tout près
voyage sans ivresse
L’écoute
grand danger pour l’écoutant
il y trouve jouissance
il y trouve puissance
Mais aussi grand danger pour celui qui surgit à travers sa parole
debout dans la ville sans rues d'une langue toute neuve
Les fleurs délivrent toujours la pluie qui les inonde
ce don de parole a trouvé refuge
dans la quiète réserve du regard
de la main
de l’écoute
le garder près de soi serait prononcer " Je " de trop
L’écoute
laisser glisser ne pas retenir
savoir où on existe
Par Viviane Lamarlère
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Publié dans : Ecoute...
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(pont suspendu entre deux ravins)
que seule l'humanité de celle ou celui qui la pratique
peut garder de tomber
Se rappeler que l'écoute est aussi un terme de marine
et qu'il a un rapport avec l'influence d'un lien sur la manière dont la voile prend le vent
l'écoute c'est un pont, comme tu le dit,
s'y garder de tout élan pour s'approprier l'autre
dans sa parole
et prendre sa place au-dessus de ces vides
on n'écoute pas pour donner du sens à sa propre vie
mais parce qu'elle en a déjà.
J'espère l'être avec tendresse, respect et humilité
car l'écoute coeur grand ouvert est la seule manière de conserver notre humanité
et comme tu le soulignes si bien
sans tirer sur les liens qui affalent la voile ou la conduisent sur des écueils insondables
(jolie comparaison pleine de vérité)
Apporter son écoute active n'est pas diriger mais avant tout respecter et se réserver pour laisser à l'autre tout l'espace suffisant pour entendre l'écho de ses mots.
Le plus beau dans cela, c'est - lorsque pensant écouter un autre -on se surprend tout à coup à entendre en soi-même un écho qu'on imaginait n'appartenir qu'à l'autre seul.
je ne suis qu'écoutante, bénévole de surcroit
et sans ce fatras de formation qui empêche d'être soi.
Quand on entend écho en soi, c'est aussi qu'il faut prendre un peu d e recul c'est qu'on est trop dans le fusionnel.
Dur la juste distance .
mille merci Marianne.
Je susi à mon travail, c'est pour ça que mon blog ne s'affiche pas.. Je te remercie du com.. de ce matin..
Ton article pème sur l'écoute m'a fait penser à ma formation d'hier et avant hier.. "le coaching scolaire".. on a pas cessé de faire de l'écoute.. il y a écouté et écouté... et il y a ce que l'on en fait et ce que l'on n'en fait pas..
tu as bien cerné le sujet...
aujourd'hui, je n'écouterai que mes mots sur mon clavier.. personne ne viendra.. dommage..
clem
Je reviendrai lire d'autres articles.
Charly...
merci de la visite et bon courage pour votre nouveau blog!
"L’écoute
grand danger pour l’écoutant"
"L’écoute
laisser glisser ne pas retenir
savoir où on existe"
c'était ma pensée de ce soir et d'autres soirs
car je les aime.
En écoute, on est toujours en danger de vouloir s'approprier la parole de l'autre, la tordre et lui faire dire ce qu'elle ne dit pas.
je suis très très empathique depuis ma plus tendre enfance, et suis très méfiante de mes contre-transferts
Ton poème dit à quel point tu sais écouter et il marque les contours des dangers qui nous guettent quand on écoute avec trop d'intensité ou de sollicitude mêlée de mansuétude.
Soeur Emmanuelle était écoutante et elle nourrissait sa foi et sa passion mystique et pragmatique de ce pouvoir qu'elle avait saisi, capturé, retenu. La seule chose que je reproche à cette posture, c'est la perspective de la récompense dans l'au-delà. Le vrai écoutant est laïc et son absorption de misères et de détresse est sans salaire, juste le sentiment de la nécessité de le faire. Chacun de nous peut être écoutant : c'est juste un don de soi ressenti comme utile ou nécessaire.
Ah, oui ! On est bien loin des psychanalyses qui voudraient écouter un inconscient qui n'a existé que dans l'esprit brillant mais névrosé d'un certain Sigmund. La souffrance psychique est tellement plus proche du corps qui subit et des neuro-hormones qui se dérèglent en cercles vicieux incoercibles.
Soeur Emmanuelle a créé une ONG qui porte le nom suivant :"ASMAE" En arabe, ce mot signifie écoute. Moi, je l'écris "ASMA3 au masculin mais l'écoute n'a pas de genre, pas de sexe : elle s'applique à toutes les souffrances et notamment aux toutes dernières, les plus cruelles et les plus pénibles pour un être de raison qui sait qu'il va laisser les siens, ses êtres les plus chers, dans la détresse et l'incompréhension.
Les écoutants, les vrais, les bénévoles, sont des humains bien plus précieux que les saints car ils permettent d'essayer de comprendre où, comment et pourquoi on a existé.
Pardon pour la longueur ; j'ai réduit au maximum un problème relationnel humain qui mériterait 30 pages de réflexion et d'analyse.
L'écoute est une ouverture maximale des neurones-miroirs, une sorte de mise en état d'éponge sèche de notre capacité d'empathie.
Complètement d'accord avec cette définition et surtout cette image. Eponge sèche. c'est exactement cela, l'écoutant absorbe ce qui lui vient de l'écouté. En aucun cas il ne doit le métaboliser sous forme de questions ou d'incitations à aller dans telle ou telle direction. Là est toujours le danger. C'est pourquoi j'écrivais dans un autre petit texte " Etre là jusuu'à ne pas y être.
Mais à un moment, il faut qu'il y ait bouclage synchrone entre l'écoutant et l'écouté. Je ne dirais pas nécessairement un retour mais un signe qui montre de manière tangible ou même à peine perceptible que l'écoute est salutaire ou favorable.
Tout à fait, et le pire est de s'endormir comme on croit être la légende qui est hélas souvent ré"alité. J'utilise beaucoup les langages du corps pour donner à entendre à celui ou celle que j'écoute que j'ai reçu c equ'il me disait sans porter de jugement mais le coeur grand ouvert.
Ce que j'écoute le plus à titre personnel est le regard, la position de la tête et des épaules.
Moi aussi, et je me cale sur eux, inconsciemment d'ailleurs, ce n'est que revoyant rétroactivement la scène, à l'issue de laquelle je prends toujours des notes, que je me rends compte que je me suis penchée en même temps que l'autre, ai respiré à son rythme, modifié mes postures de mains etc selon elle ou lui. ce ne doit jamais être forcé. On enseignait en USp aux impétrants à utiliser volontairement ces techniques issues de la PNL ou de la vente, cela m'a toujours choqué, l'empathie ne s'enseigne pas. Tout est affaire de confiance, car si on a confiance en ce que nous dit l'autre et si l'autre a confiance en notre écoute de ce qu'il dit, la confiance qu'il peut reprendre en lui va s'accélérant.
Les mots un peu, parfois, il faut bien, mais surtout leur tonalité et le timbre de la voix pleine d'espoir, cassée ou brisée. Etre écoutant, c'est bien autre chose que d'être voyant.
Bien sûr. La voix dit tellement de l'être. La voix dit tout.
Et j'entends que quand tu parles des voyants, tu penses à ceux qui croient deviner, à partir de leur propre catéchisme ce qui se cache derrière les mots et silence. Cela est le fond de commerce de certains psychanalystes. Pour ma part, et sans être dans le registre de questionnement directif, je crois beaucoup au travail sur la reformulation. " Vous m'avez dit ceci, qu'entendez vous dans cela, est ce que vous avez voulu me dire que... ou bien que... ?" Ainsi seulement laisse-t-on ouvert l'espace qui permet de rpéciser le mal être et ses racines.
Ton poème dit à quel point tu sais écouter et il marque les contours des dangers qui nous guettent quand on écoute avec trop d'intensité ou de sollicitude mêlée de mansuétude
Je dirais avec trop d'empathie, trop de fusion dans l'empathie plutôt, trop d'identification au problème de l'écouté. Se faire écouter à son tour en équipe par rapport à une situation d'aide où l'on a ... morflé pour employer un vilain mot, parce qu'on s'est trop donné, est une première sécurité..
Soeur Emmanuelle était écoutante et elle nourrissait sa foi et sa passion mystique et pragmatique de ce pouvoir qu'elle avait saisi, capturé, retenu. La seule chose que je reproche à cette posture, c'est la perspective de la récompense dans l'au-delà. Le vrai écoutant est laïc et son absorption de misères et de détresse est sans salaire, juste le sentiment de la nécessité de le faire. Chacun de nous peut être écoutant : c'est juste un don de soi ressenti comme utile ou nécessaire.
Tout à fait d'accord avec toi, c'est ce que j'essaie de faire passer dans une réponse à un commentaire, on n'écoute pas ^pour donner du sens à sa vie mais parce que notre vie en est déjà emplie et suffisamment en tous cas pour pouvoir donner ce temps d"écoute là sans attendre en retour. je ne suis pas certaine qu'être payée m'aurait aidée à être meilleure écoutante. Lorsque je vais au supermarché, je ne sais pourquoi, même des caissières que je ne connais pas me racontent leur vie . Michel me dit que ma voix et mon regard sont accuellants et cela est important aussi: ne pas noyer l'autre ( comme je le fais avec toi, ;o)) en ce moment même) sous un flot de paroles.
Et j'en viens à une notion importante: l'écoute oscille entre différents lieux qui ne sont pas forcément anéantissants les uns des autres. on peut aider en parlant mais aussi en se taisant. Un silence peut être directif alors qu'un geste peu ouvrir les portes de la liberté etc. Ecouter c'est donner mais aussi recevoir. Et puis il y a celui qui parle. Pour quoi et pour qui parle-t-il?
Ah, oui ! On est bien loin des psychanalyses qui voudraient écouter un inconscient qui n'a existé que dans l'esprit brillant mais névrosé d'un certain Sigmund. La souffrance psychique est tellement plus proche du corps qui subit et des neuro-hormones qui se dérèglent en cercles vicieux incoercibles.
.Je suis tout à fait d'accord avec toi, "Si l'incosncient existe, apportez-le moi sur un plateau" disait Alain. D'ailleurs la psychanalyse est fortement remise en question ces temps ci tant le modèle somme toute très égotiste de Freud ne fait pas trop le poids face à ce qu'on découvre des souffrances induites par le stress et ce qu'il fait secréter. Pour ne nommer qu'une situation que je connais bien ;o)) L'identité de celui qui écoute est en constante évolution elle doit s'adapter sans cesse à celui qu'elle écoute. Et là est le bât qui blesse. Le psy englué dans sa théorie n'a pas d'identité, il n'est qu'un mur. Un réceptacle sans vie.En écoute, je ne ressens pas de symétrie mais beaucoup de réciprocité dans l'échange. Mais une réciprocité à laquelle je n'apporte que la présence ouverte et bienveillante.
Soeur Emmanuelle a créé une ONG qui porte le nom suivant :"ASMAE" En arabe, ce mot signifie écoute. Moi, je l'écris "ASMA3 au masculin mais l'écoute n'a pas de genre, pas de sexe : elle s'applique à toutes les souffrances et notamment aux toutes dernières, les plus cruelles et les plus pénibles pour un être de raison qui sait qu'il va laisser les siens, ses êtres les plus chers, dans la détresse et l'incompréhension
Il n'existe rien de plus beau et de plus bienveillant que ce mot; Ecoute. Ce qui est étonnant est qu'en accompagnement on rencontre bien plus de femmes. Je ne sais si la tradition des femmes officiantes dans toutes les cultures au seuil de la vie et de la mort explique cette plus grande présence, mais une chose est certaine, tu aurais été un merveilleux écoutant, bénévole ou professionnel.
Il n'y a pas de secret, pour écouter l'autre, avoir souffert et le reconnaitre est le fondement.Je n'(oublie pas bien sûr la déontologie, car le biais scabreux de l'efficacité ( le " vous allez voir, avec moi ça va marcher comme sur des roulettes, en sortant de notre entretien vous irez mieux) est un écueil terrible. Ne pas vouloir, laisser glisser, savoir où on habite. Mais nous vivons dans une société du convaincre insidieux et sournois ( la pub) et cela rejaillit souvent sur les techniques enseignées aux bénévoles...
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Les écoutants, les vrais, les bénévoles, sont des humains bien plus précieux que les saints car ils permettent d'essayer de comprendre où, comment et pourquoi on a existé.
Que des saints, je ne sais car à partir du moment où l'on se sent saint, on bascule dans l'impureté intentionnelle, mais rester dans cette forme d'idiotie qu'est l'écoute est difficile, peut-être faut-il chuter aussi pour se comprendre et redevenir écoutant "vierge"?Ta comparaison de l'éponge est formidable car elle doit se remplir en restant sèche. La musique de l'autre doit venir s'y poser sans laisser trace d'un bruit. On doit entrer en résonance sans vibrer trop puissamment.
Pardon pour la longueur ; j'ai réduit au maximum un problème relationnel humain qui mériterait 30 pages de réflexion et d'analyse.
ne t'e'xcuse pas, j'ai adoré ton commentaire et... on pourrait écrire là dessus toi et moi, cela irait deux fois plus vite ;o)
Bisous et mille Merci encore!
C'est mon nouveau clavier qui n'est plus à mon écoute digitale.
Je t'embrasse
je t'enbrasse aussi et @ + dès que j'ai fini de ranger ma maison.
merci Ulysse de ce beau retour questionnant.
Une évocation belle, pure et profonde de l'écoute et tout ce qui gravite autour !
Par le passé, j'ai eu un rôle de confidente auprès d'un être cher à mon coeur...qui a quitté ce monde.
Je n'étais alors qu'une adolescente...j'ai absorbé ses mots, tout gardé sans prendre de recul. Puis durant des années, j'ai continué à écouter et retenir les maux d'autres âmes...comme si je voulais m'imprégner de leurs ressentis, boire leurs souffrances...laisser mon empathie s'exprimer !
Vouloir soulager les maux des êtres, y trouver des solutions...Joli don mais jusqu'à quelle limite ?
Aujourd'hui, je suis "écoutée" pour anxiété post-traumatique et je dirai que l' écoutant laisse naître les mots de l'écouté en lui offrant un espace de serennité et de confiance, en le guidant dans ses paroles... et en faisant preuve aussi de patience, de silence...quand les mots ne surgissent pas, quand la pudeur nous empêche de dire !
La plus grande difficulté pour l'écouté réside dans cette question :
comment exprimer sa souffrance par des mots justes sans avoir le sentiment de se plaindre et la peur d'être jugé ?
Viviane, ton blog est un écrin précieux où l'on trouve des réponses à des questions latentes...
Il me permet de cerner bien des sujets, d'avancer et de grandir...
Merci à toi de m'ouvrir le coeur et les yeux...mais également des portes !
Moi qui ai du mal à m'exprimer par pudeur mais aussi par sensibilité !
La vérité est que l'on ne peut rien pour l'autre, à part accueillir sa parole comme on accueille une eau en la laissant libre de retourner à la terre ou s'évaporer, sans la boire ni même la respirer.
Juste l'ouverture qui accueille et laisse fuir.
C'est la raison pour laquelle l'écoutant est toujours lui même écouté par un " régulateur " qui aide à cette fuite de ce qui, retenu en soi, serait cause de souffrances.
Un écoutant ne juge pas. Il sait que toute souffrance a le droit d'être dite. Et il ne retient pas celui qu'il écoute pour lui faire dire encore davantage.
Merci à toi Corinne de ta confidence...
les paroles peuvent être caresses sans main et peuvent être couteau sans lame !
J'avais l'impression, avec seulement mes deux ou trois mots, d'avoir comblé leur importante conversation.
Ceci n'étant vrai qu'en tête à tête.
je lui ai répondu " c'est parce que je sais les écouter "
et c'est vrai, où que j'aille, petit commerce ou grande surface, je rencontre toujorus soit un client soit une caissière qui éprouve le besoin de se confier
et toujours je les sens comme toi repartir apaisés
le monde est fait de ceux qui se disent et de ceux qui les écoutent
et c'est bien... merci Roland de ce partage en confidence!
parfois on se sent mal d'avoir passé trop vite
sans tendre un peu la main ou l'oreille à celui ou celle qui...
Bel écho qui me réjouit.