Escales amicales

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Dimanche 2 novembre 2008 7 02 /11 /2008 14:44





Un court séjour à Paris  et l'occasion de visiter des lieux inconnus.

Nous aimons beaucoup les musées Michel et moi. Ce sont des espaces où, pour peu que l'on parcoure d'un pas inventif et lent ce qui  voudrait rassembler en un minimum de temps et d'espace un maximum d'informations,  le regard peut s'ouvrir librement à d'autres univers.

Je reviendrai sur le choc de notre rencontre avec les Nymphéas de Monet à l'Orangerie... Nous ne contemplerons plus jamais de la même manière le moindre étang.

Pour le moment, s'entame un long
très long détour
par les merveilles que le Musée des Arts Premiers, quai Branly...
offre souvent très mal au regard.



Les oeuvres que nous y avons rencontrées et que je vous présenterai peu à peu, 
touchantes, émouvantes, belles, étranges, interrogeantes,
méritaient mieux que la prétention de l'architecte à concevoir un écrin plus beau que les bijoux qu'il accueille.

Ambition totalement ratée de notre humble point de vue ( et j'espère sincèrement ne pas blesser les inconditionnels du lieu ) car en dépit de notre grande habitude de ce type d'endroits, en dépit de nos efforts sincères pour accueillir la dynamique proposée tout en respectant notre rythme propre
nous avons perçu ce musée comme un échec didactique et architectural.


Vitrines trop serrées, éclairage inepte, espace mal conçu, étouffant, aux structures épaisses et de couleurs qui écrasent la beauté des pièces présentées, commentaires illisibles, mur végétal en piteux état, bref... Beaucoup d'argent gaspillé pour un concept orgueilleux donc misérable,
quand il eut suffi de faire simple, sobre, modeste devant la beauté éternelle des pièces offertes au regard.


Mais laissons là
entrons dans l'espace dévolu à l'Océanie

Voici ce qui nous y accueille:





Il était une fois les Ancêtres. Leur regard était grand-ouvert dévorant le monde. Leur voix profonde sortait des entrailles de la Terre et reliait les hommes aux forces d'en bas et celles d'en haut. Peu de personnes dans les villages entendaient ces battements de voix sourdes qui annoncaient la mort, l'amour ou la naissance.
A l'exception de quelques musiciens qui, pour partager ce que leur coeur savait traduire, construisirent ces superbes statues afin de donner idée aux vivants des êtres avec lequels ils étaient reliés.

Ils choisirent de grands arbres à pain, tracèrent le dessin de la fente à travers laquelle chacun des habitants du village viendrait à l'herminette évider le tronc après l'avoir écorcé. Puis ils sculptèrent en chacun de leur sommet un visage dont la fente symboliserait  la bouche.

Ainsi naquirent les grands tambours " à fente " d'Océanie.  En les frappant à coup de mailloche à différentes hauteurs de l'ouverture, dont les lèvres étaient d'épaisseur variable, on obtenait tout un vocabulaire capable  de survoler à plus de dix kilomètres à la ronde les volcans de la région  où ils avaient été plantés.

Situés à l'extérieur du village, ils participaient des réjouissances mais aussi des rituels sacrés et de la communication des bonnes ou mauvaises nouvelles.

Nous sommes restés comme des gosses devant ces merveilleux instruments de musique dont les traits enfantins et pensifs nous ont ramenés en des temps ...





 
Par Viviane Lamarlère - Publié dans : voyages-en-poesie
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