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Musique de la semaine

Arundo Donax

2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 09:57




Monsieur le Président,


Cette lettre ouverte ne sera pas pour moi l'occasion de faire un bon mot à vos dépens ou monter en grade dans une quelconque boutique partisane.
J'éprouve encore trop de respect pour cette fonction dont vous donnez non seulement en France mais dans le monde entier une si piteuse image.
C'est en citoyenne que je m'adresse au citoyen que vous êtes, sans haine et sans crainte.

J'ai honte.
Comme nombre de mes concitoyens j'ai honte.

Votre visite à Saint-Lô a entraîné dans son sillage le limogeage de deux hauts fonctionnaires de cet Etat dont vous vous croyez le Prince.

Votre élection, Monsieur le Président, a fait de vous un symbole dont le sens s'amoindrit de jour en jour, à proportion de vos initiatives déplacées, idées saugrenues, nominations/révocations autoritaires et gesticulations inutiles.


J'ai honte.
De l'offense qui a été faite  à deux serviteurs de l'Etat. Vous leur faites payer
cher le droit de la population à ne plus supporter la moindre de vos apparitions.

J'ai honte.
Pour Madame Michèle Alliot-Marie de ses bégaiements devant les micros
alors qu'elle tentait, sans en être réellement convaincue, de justifier et s'approprier cet ordre qui vient de votre ego.

Pour mieux éteindre les feux que vous allumez partout, qui d'autre devra encore se sacrifier volontairement ou voir sa tête rouler?

N'avez-vous pas compris que votre préférence très affichée pour les immams et les curés au sein d'un état laïque a irrité plus d'un professeur, plus d'un parent d'élève, de droite ou de gauche, et contribué en son temps à la décrédibilisation non seulement de votre fonction mais de votre personne?
Vous en avez fait les frais à Saint-Lô. Peut-être auriez-vous dû réfléchir avant de prononcer ces infâmes propos qui, faisant des prêtres de toutes ces églises les courroies de transmission des valeurs, ont jeté l'opprobre sur celles et ceux qui, par le passé jusqu'à aujourd'hui, se sont dévoués à l'idée de la République.


Monsieur le Président,

Gouverner c'est réfléchir, prévoir, déléguer, éventuellement savoir se taire. Dans un pays qui est et restera celui de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen vous devrez, que cela vous plaise ou non, vous accommoder de la liberté de penser, de s'opposer, de critiquer,  de vous siffler, de vous moquer.

Vous me rétorquerez que siffler ou haïr ne sont point du registre de la pensée mais de l'affect.
Certes.
Vous récoltez là, Monsieur, le vent que vous avez semé. Comment le Peuple pourrait-il respecter quelqu'un qui ne le respecte pas, qui se pavane sans cesse en des lieux inaccessibles pour lui et qui ne le font plus rêver tant il est à la peine?

Quand on n'a à offrir que l'émoi en partage, quand on n'a d'énergie que pour ses ambitions, quand on use des outils de la collectivité pour défendre ses amis et réprimer les autres, quand on n'aime rien tant qu'à être sous le feu des projecteurs, quand on laisse à ce point transparaître ses fragilités et ses foucades au lieu de les résoudre, est-on encore bien à sa place à la tête d'un pays en souffrance et qui attend de ceux qui les gouvernent un cap, un projet, un avenir auquel se raccrocher?

N'y-a-t-il donc personne dans votre entourage qui sache  affronter vos colères et vous dire " Calme-toi! Tu dépasses les bornes."
Si vous ne vous sentez plus en mesure d'assumer cette lourde tache sans faire un caprice à la moindre contrariété, démissionnez. Ou reprenez-vous.

Changez de cap, rompez avec ces faux-amis qui vous entourent et tondent le peuple. Lisez de bons ouvrages sur la décroissance , il n'en manque pas, je puis même vous en offrir, et engagez notre pays enfin vers un chemin de sagesse revenue.

Souvenez vous aussi que vous nous représentez.
Souvenez vous des mots de  Vittorio Alfieri ( le connaissez-vous ? )

" La volonté ou l'opinion de tous ou de la majorité maintient seule la tyrannie; la volonté ou l'opinion de tous ou de la majorité peut seule véritablement la détruire".

Le Peuple a la bonté de vous avertir de son mécontentement. Entendez-le.


Monsieur le Président,
de votre réaction face à un pays dont vous avez d'emblée déçu les attentes en vous montrant ostensiblement avec les riches de ce monde, quand il eut fallu donner exemple de la modestie et de la pudeur
de votre manie de raser tout ce qui vous dérange
de cette dérive autocrate qui est la vôtre, avec l'assentiment de ceux qui vous entourent et qui nous fait chaque jour davantage songer à certains états totalitaires
comme une majorité de mes concitoyens qui n'oseront le dire

J'ai honte.




Réponse reçue le 2 Mars 2009







SCP/CdO/A022708
Madame,
 
Le Président de la République a bien reçu votre courrier et m’a chargé de vous répondre.
 
Vous le savez, Monsieur Nicolas SARKOZY tient particulièrement au maintien du dialogue avec ses concitoyens pour expliquer les réformes qu'il s'est engagé à mettre en œuvre, afin de moderniser la société française. C'est pourquoi il va très régulièrement à leur rencontre. En ces occasions, certains peuvent vouloir manifester leur impatience ou leur désaccord, c’est leur droit le plus légitime.
 
Il appartient, cependant, au Préfet et au Directeur Départemental de la Sécurité Publique de veiller au maintien de l’ordre public et à la sécurité des personnes et des biens. C’est le cœur de leur mission. Or, le dispositif de sécurisation mis en place à Saint-Lô, le 12 janvier dernier, était défaillant, dans sa conception et dans sa mise en œuvre, alors même que les renforts demandés par ces deux hauts fonctionnaires leur avaient été accordés et que le nombre des manifestants était conforme aux prévisions.
 
Ces manquements, mis clairement en évidence par une enquête interne diligentée par la Ministre de l'Intérieur, sont d’autant plus dommageables qu’ils concernaient le premier personnage de l’Etat, dont la sécurité et la liberté de mouvement sont, à l'évidence, des impératifs absolus.
 
Devant de tels manquements, parfaitement inadmissibles au niveau des responsabilités qui leur étaient confiées, il a été décidé, sur proposition de la Ministre de l'Intérieur, de procéder au remplacement des deux hauts fonctionnaires en cause.
 
Monsieur Nicolas SARKOZY veut, en effet, développer dans notre pays une éthique de responsabilité, en particulier dans la fonction publique. Il sait encourager le mérite et tient à ce que, dans un souci d’exemplarité, les représentants de l’Etat, même les plus haut placés, acceptent de tirer toutes les conséquences de leurs défaillances dans l’accomplissement de leur mission.
 
Si l'on n'établit aucune différence entre ceux qui sont à la hauteur de leurs responsabilités et ceux qui ne le sont pas, quelle considération et quelle valeur accorde-t-on aux premiers ?
 
Il ne s'agit donc ni d'une question de personne, ni d'une quelconque remise en cause du droit de manifester.
 
Je rappelle en outre que les Préfets et les Directeurs Départementaux de la Sécurité Publique sont des dépositaires de l'autorité publique, qui occupent des emplois à la discrétion du gouvernement.
 
Ils ne sont ni indépendants, ni propriétaires de leurs charges, ce qui est la condition du bon fonctionnement de l'Etat républicain.
 
Je tiens enfin à vous rassurer sur leur situation personnelle : ils ne sont pas au chômage et ont rejoint les nouvelles affectations qui leur ont été assignées.
 
Avec ma considération distinguée.
 
Le Chef de Cabinet
Cédric GOUBET

 
 
 
Madame Viviane LAMARLÈRE
5 allée de l'Ecureuil
33210 TOULENNE




 

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publié par Viviane Lamarlère - dans autobiographique
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commentaires

aimela 02/02/2009 10:38

C'est une honte à lui, pas à toi Viviane,  tu fais bien de lui envoyer cette lettre,reste à savoir s'il va la lire. J'ai du respect pour la présidence  tout comme à ceux qui sont passés sur le siège  même si je n'étais pas toujours d'accord avec eux mais lui , le nain, je ne le respecte pas  du tout car il n'y a rien de respectable que sa fonction qu'il TRAHIT chaque jour .

Russalka 03/02/2009 17:24


En général ( ce n'est pas la première fois que je l'interpelle) c'est son secrétaire de cabinet qui répond...
Là, je crains de me voir opposer un silence ronchon ;o))
Merci à toi d'avoir pris le temps de la lire, j'ai été... scandalisée de cette manière de jouer avec les serviteurs de l'état.


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