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Musique de la semaine

Arundo Donax

3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 09:23


Salseparille. Un mot tout neuf
    senteurs troublantes

Salseparille. Imaginer. Tout sauf.


Dance. Appareillage. Voelles. Vent.

Un vent violent.

Qui vient planant très haut sur les médiocrités
qui vient sans avocats ni maîtres à penser

sans rubriche et sans porte-voix
il agit pour lui seul et sous son commandement
et rrrrra tatam tam
il n'ira pas blâmer les lieux non alignés
ne l'intéressent que la dissidence
les branchages suspects dans les rasques trop sages

C'est sur eux qu'il appuie la flambée de ses gifles
sur eux qu'il prend élan pour transformer le monde
en pièces de Tan Gram

Pas besoin de justice
il est aveugle déjà
et nous
dans son sillage
absents et dangereux


Salseparille...

Le mot clinsse en ma bouche avec trop de douceur pour être aussi violent et laisser derrière lui une telle rancune.

Que résonne ce mot de ses mélancolies, ses jets de liseron, ses incivilités

Delez les cravanter, saboule, patelle, emboire,
les badelaire, entroigne ...

Salseparille. Sel se pare d'îles.




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publié par Viviane Lamarlère - dans Hommages et échos
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commentaires

Merlin 02/07/2009 22:53

C'est trop gentil à té !Le solé a des gaumbes. Sais-tu au fait que je connais fort bien Geneviève GAMBILLON ? Mais qui c'est celle-là ? Eh bien, comme le soleil, elle avait des gaumbes itou la fème à Grouazel !

Russalka 04/07/2009 15:17


Je ne connais pas du tout la dame que tu me cites, mais vais rechercher.
Oh j'avais adoré écrire ce petit texte truffé de pépites normandes. Quelle richesse de langue et d'images!
T fais de gros bisous


Merlin 01/07/2009 09:39

C'est depuis mes premières lectures des "Essais" de Montaigne un mot qui fait partie de mes mots de collection, sous la forme salseperille. Je crois que ça vient du portugais (obrigado !) venant lui-même - comme pour l'espagnol -  de l'arabe saras (la ronce) et de parilla (la terille...) tu sais, moi je veux bien !Un jour, je sortirai mes mots de collection, le temps d'une collation.Je t'offre ce matin le verbe étouper : "J'ai étoupé ma haie afin que le renard ne vienne plus croquer mes poules"...Les MORAR que tu as choisis sont présentés dans un bien bel écrin ! Ra ta ta tam, dit Rantamplan.Mais si je continue, je sens que je vais me faire pelauder.Allez JV... Rennes m'attend ! Et m'attend ma reine. Ma reine m'a tant attendu que le renne de tête est parti avec les rênes à Rennes et je crains de ne point le retrouver dans l'arène. Mais c'est assez de gaudisseries !

Russalka 01/07/2009 12:24



Oh je me doute que ce mot te parle, toi l'amoureux des mots anciens et injustement oubliés, des langues piétinées, des vocables qui chantent... Mais savoir qu'il fait partie de tes aimés me fait
doublement plaisir et s'ajoute à celui de ta présence sous cette pochade.
 Je ne savais pas que Montaigne avait écrit ce mot, alors tu vois, je l'écris comme lui.  La salseparille est une plante différente, renseignement pris, de la salsepareille, commune au
Québec.
On ne sait apas trop l'origine de mot, comme toujours les déformations de l'usage sont appropriées par les plus goulus de
reconnaissance posthume (sourire mordant)

Oui, sors un jour ton dictionnaire personnel je sais qu'il recèle des merveilles....
Toi aussi tu as étoupé ta haie? J'en sors à peine et vais y retourner, mais quelle chaleur abonde et qui navre les jambes et le coeur
à l'ouvrage...
Pelauder? Quel est le sens que je devine?
Pour toi en remerciement de ce si joli commentaire aux sons qui se téléscopent et sans jamais perdre leur sens
un petit texte écrit à partir d'un dicton trouvé dans le délicieux livre de Normand auquel tu as participé, avec mes mille pensées affectueuses pour ton Annick et toi

....

Sept Mars. Déjà sept jours que la guerre pour la vie avait percé le sol encore cru.
Chaque geste accompli déterrait la lumière. Assis au coin de l'appentis de son grand-père, ... se tenait comme les gens d'âge. Les
yeux baissés, les mains croisées sur les cuisses, la respiration lente soufflant un air blanchi.

Le temps viendra-t-il enfin, se murmurait-il, où le vent soufflle l'ilâo ?  Dieu... que le temps est long sous ce soleil trop
bleu!

-... Viens m'aider mon gars! Détaque ta mule et viens!

Le printemps tardait à allumer les bourrasques qui emplissaient son coeur de fièvre et lui faisaient oublier son ennui de citadin
rendu à la campagne Normande. Paris n'avait pas voulu de lui. Trop provincial pour le poste escompté. Trop nachu pour les moeurs de courbettes et mensonges qui faisaient de la capitale un théâtre
permanent.

Il se leva du siège, rouge comme un picot. Dans le potager qui jouxtait la chaumière, son grand-père  soulevait à la flleu de ses
bras la terre grasse où s'élèveraient bientôt choux, artichaux, poireaux en jambes élégantes.

N'avait-il pas honte de renier ainsi ses origines si nobles de pays?

- Grand-Pa, crois tu que la pluie va revenir?
- Pour sûr, mon gars! Toi qui es poète, apprends à regarder, tout est signe aussi vrai que je m'appelle Barnabé.

La journée passa, ponctuée de bolées de cidre et de longues méditations le menton appuyé sur la bêche.
Soudain, il empoigna le coude de son grand-père. Puis, tout pâle de ce qui se  lève et sauve le monde comme une vérité qu'on sent
avant même de la dire, il lui montra le ciel.

- Regarde, grand-père! le soleil a des gaumbes!
- Je te l'avais dis, Fiston! Quand le soleil perce ainsi de ses rayons les nuages, c'est qu'on va avoir eune bouone chilaé. Allez, on
s'en retourne.

Le coeur battant de ce miracle qui ne lui mentait pas, ... respira un grand coup. Autour d'eux le bocage prenait de l'ombre, on aurait
presque entendu s'ouvrir les feuilles aux premières gouttes. Il faisait beau.




O 30/06/2009 22:32

Je suis en expectative.. je connais la Salspareille, c'est une plante je crois qui aide à soigner la folie...Cela ne m'empêche pas d'apprécier ton envoi, toujours écrit avec talent, inventivité et charme.

Russalka 01/07/2009 12:26


Il y a en fait deux sortes de plantes, la salseparille et la salsepareille. Leur usage est fort différent...
Merci à toi Juliette, je viendrai te lire ce soir ou demain le jardin m'appelle de toutes ses branches ;o))


Valentine 29/06/2009 22:25

Il me semble que j'avais entendu dire "Salsepareille"... mais je ne sais plus ce que c'est ! En tous cas, tu te laisses bien emporter par le mot, il y a du "quadrille" dans l'air, cela volte et virevolte, cela me rappelle même, à la fin, "le conscrit des cent villages" de Louis Aragon (la liste des villages). Les vrais poètes savent faire chanter les mots.

Russalka 30/06/2009 16:42


On peut dire les deux mots
oui c'est un mot qui danse immanquablement
et qui me fit penser à la danse du vent

Je suis toujours admirative de ta connaissance aigue de la poésie française
merci de cette mise en relation
je t'embrasse Valentine


marc 29/06/2009 21:41

chère amie c'est ici la révolte des stroumpfs ils ont tellement mangé de la salsepareille qu'ils ont dévoré le "e" aussi hic ! puis titubant sous la lune écarlate ils filent avant que Gargamel en fasse une soupe :-) belle liane qu'on voit assez souvent en forêt sèche de Méditerranée chaque fois que j'en vois je me baisse vite fait pour tenter de voir le costume bleu de mes amis liliputiens car je n'oublie pas que c'est leur met préféré bises à toi et bon été ! marco

Russalka 30/06/2009 16:40


J'adore ton commentaire
il dit le poète à l'affut des surpries de la nature
me fait remonter le temps et tomber entre quelques pages des BD de nos enfants
c'est chez toi que j'ai redécouvert ce mot magnifique
à l'étymologie complexe
merci de me conter tes rencontres avec les petits de ce monde sous nos pas
c'est délicieux ;o)
bon été à toi aussi!


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