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Musique de la semaine

Arundo Donax

18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 05:20



30 Mars. Déjà sept jours que la guerre pour la vie avait percé le sol encore cru.
Chaque geste accompli déterrait la lumière. Assis au coin de l'appentis de son grand-père il se tenait comme les gens d'âge. Les yeux baissés, les mains croisées sur les cuisses, la respiration lente soufflant un air blanchi.

Le temps viendra-t-il enfin, se murmurait-il, où le vent soufflle l'ilâo ?  Dieu... que le temps est long sous ce soleil trop bleu!

-... Viens m'aider mon gars! Détaque ta mule et viens!

Le printemps tardait à allumer les bourrasques qui emplissaient son coeur de fièvre et lui faisaient oublier son ennui de citadin rendu à la campagne Normande. Paris n'avait pas voulu de lui. Trop provincial pour le poste escompté. Trop nachu pour les moeurs de courbettes et mensonges qui faisaient de la capitale un théâtre permanent.

Il se leva du siège, rouge comme un picot. Dans le potager qui jouxtait la chaumière, son grand-père  soulevait à la flleu de ses bras la terre grasse où s'élèveraient bientôt choux, artichaux, poireaux en jambes élégantes.

N'avait-il pas honte de renier ainsi ses origines si nobles de pays?

- Grand-Pa, crois tu que la pluie va revenir?
- Pour sûr, mon gars! Toi qui es poète, apprends à regarder, tout est signe aussi vrai que je m'appelle Barnabé.

La journée passa, ponctuée de bolées de cidre et de longues méditations le menton appuyé sur la bêche.
Soudain, il empoigna le coude de son grand-père. Puis, tout pâle de ce qui se  lève et sauve le monde comme une vérité qu'on sent avant même de la dire, il lui montra le ciel.

- Regarde, grand-père! le soleil a des gaumbes!
- Je te l'avais dis, Fiston! Quand le soleil perce ainsi de ses rayons les nuages, c'est qu'on va avoir eune bouone chilaé. Allez, on s'en retourne.

Le coeur battant de ce miracle qui ne lui mentait pas, ... respira un grand coup. Autour d'eux le bocage prenait de l'ombre, on aurait presque entendu s'ouvrir les feuilles aux premières gouttes. Il faisait beau.




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publié par Viviane Lamarlère - dans Fictions courtes
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commentaires

Valentine :0056: 19/11/2012 21:18


   Bon séjour !!

Russalka 26/11/2012 19:49



Ce fut court mais très dense ! nous avons en fait passé notre WE entre visites de musées, promenades en forêt,
cueillettes de champignons pour une société mycologique en vue d'une conférence, bons repas et bons moments ludiques etc.



Valentine :0056: 18/11/2012 23:57


Magnifique texte, avec ces emprunts au patois qui le rendent encore plus attachant... La terre, comme tu en parles bien !

Russalka 19/11/2012 08:32



Coucou Valentine, je te réponds depuis lespagne et depuis mon iphone, merci de ce comm sous un texte qui me plait moi aussi beaucoup, bises et à la semaine prpochaine le plaisir de te lire!



ulysse 02/04/2012 20:30


Viviane ça nous prend le temps de notre vie !!!!

Russalka 04/04/2012 10:54



 


C'est vrai, et c'est bien... nous ne sommes que de passage. Mille merci Ulysse



juliette 02/04/2012 17:31


J'en pense que c'est très agréablemnt écrit et que je voudrais bien sue l'ondée vienne jusqu'à nous

Russalka 02/04/2012 19:50



 


Il parait qu'elle arrive demain, espérons ;o)) mille merci Juliette!



ulysse 02/04/2012 14:41


Un beau texte avec une belle parole : oui apprenons à regarder, tout est signe !

Russalka 02/04/2012 19:47



 


je ne fais que cela, et ça me prend un temps fou! Mille merci Ulysse de cette complicité ;o))



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