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Musique de la semaine

Arundo Donax

17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 13:01




La première impression est celle du désordre.

Nous laissons  le plus souvent Dame Nature planter sur notre terre aride faite pour la  vigne
ce qui y poussera sans engrais ni arrosages autres que ceux du ciel . Pas question de gaspiller cette richesse commune : l'eau.


C'est un fouillis de roses anciennes et de pois de senteur épousant les branches d'un grenadier qui accueille le visiteur.



Lorsque nous avons pris racine dans ce petit village, il y a 25 ans, la maison nous a tout de suite plu :  elle se trouvait dans une impasse et donnait sur le bois longeant la voie ferrée qui relie Bordeaux à Milan. Le bruit des trains la nuit était perpétuelle invite au voyage .
Le chêne d'Amérique qui surplombe le portail était à l'époque minuscule. Aujourd'hui il est accompagné lui aussi de roses fantasques et enchante nos automnes de son feuillage de feu.







Oh, il reste bien quelques mauvaises herbes au pied du portillon me direz-vous!
Et je vous répondrai que c'est délibéré. Si on veut maintenir vivant un écosystème, il ne faut surtout pas arracher tout ce qui dépasse au prétexte d'obtenir quelque chose de lisse. Car c'est aux petites bêtes qui en nourrissent de plus grosses, au monde minuscule qui soutient nos pas, donc à nos propres existences, que l'on porte alors atteinte.



Voici ce que vous verrez sitôt franchie cette arche de fleurs et d'arbres:




En lieu et place de cet escalier et du  Catalpa ( mot Cherokee signifiant " Haricot " ) se trouvait à l'origine un muret de béton long d'une quinzaine de mètres qui soutenait un terre-plein étroit donnant sur la forêt. D'anciennes carrières y ponctuaient les futaies de leurs cavités et leurs pentes. Des carrières
Nos enfants s'y construisirent longtemps des cabanes. Et puis un jour, il y a 20 ans de cela, la SNCF manquant de liquidités mit en vente son patrimoine terrien. Pour une bouchée de pain nous avons acheté deux hectares de ces bois.

Vint la tempête de décembre 1999 qui dévasta tout sur son passage.
Un voisin horticulteur et son équipe ont alors démoli le muret,  coupé les arbres et désouché la moitié  de cette forêt presque esssentiellement constituée de pins et d'acacias, conservé quelques jeunes chênes, tilleuls, frênes, érables, chataigners jusqu'alors étouffés et pour finir mis à niveau l'allée  qui descend du portail blanc vers ce début de pré.

Nous avons laissé le tout en friche des années durant, nous contentant d'aménager cet escalier fait de traverses de chemin de fer, vite envahi de lierre et au-dessus duquel s'est planté tout seul un pommier sauvage.

Aujourd'hui, l'escalier mène au coin bonsaï de Michel qui jouxte une terrasse bien agréable l'été pour déjeuner au grand air:







Sur cette photo qui date de l'an dernier,  on voit bien que l'arrière plan est fait de débris de jardin.
Pendant des années, afin que cette terre de Graves s'enrichisse , nous avons laissé croître des plantes parasites  qui ont contribué à fabriquer de l'humus.

Chaque hiver, l'espace, pour peu de temps propre de ses envahisseurs saisonniers,  nous donnait idée de la croissance des arbres.
Mais pour cacher cet enchevêtrement assez moche au printemps et en été nous avions remplacé l'ancien muret de béton par un mur de bois de chauffage...

Aujourd'hui, le pré s'est semé de belles graminées apportées par les oiseaux, d'herbes de toutes sortes qui nous évitent de planter un gazon, donc de gaspiller de l'eau.
Nous avons acheté un tracteur, des faux,  des fourches et râteaux et au travail!

Le soir,  depuis mon escalier du rail, je vole jusqu'au bout de ces pentes douces, m'arrêtant un instant sous ce chêne qui désormais touche le sol de ses branches lourdes.

Je viens d'aller verser sous son ombre des morceaux d'un cèpe de Bordeaux trouvé dimanche par Michel , trop véreux pour être consommé mais macéré dans de l'eau comme le faisait mon grand-père qui semait puis récoltait ses cèpes ainsi. On verra bien...

Le tilleul embaumait.


Et depuis ce matin le Catalpa a fleuri et nos plants de tomates prospèrent après la généreuse pluie:











 

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publié par Viviane Lamarlère - dans Voyage au bout de mon jardin
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commentaires

Ut 26/07/2009 12:00

La terre c'est comme la peinture: dès que tu y touches elle t'envahit; elle te colle... et tu ne penses plus qu'à ça :)La plus pure des jouissance fut pour moi de manger la salade juste cueuillie, plantée par mes soins.... Quels souvenirs!Baisers, et tant pis pour le dos, les mains, les muscles... hein?

Russalka 27/07/2009 11:12


Ah... et que dire des tomates cueillies alors que la chaleur du soleil coule encore entre peau et grains?
Et des feuilles de tomates froisées dans la main
et d ela sauge aux parfums si divers.
Oui, la Terre m'envahit, mais c'est une vieille histoire qui remonte à mon enfance aux côtés de mon grand père qui était grand jardinier
j'aimais buter les asperges, ramasser els mures ou les framboises, ceuillir les feuilles de chou pour les lapins, ratisser autour des planches...Oui, tant pis pour le corps si l'esprit est
bien!


Ut 25/07/2009 07:59

J'étais assise au fond de ton jardin, puis au bas des escaliers, et rien ne pouvait plus m'arrive; tu sais, dans ce bonheur universel, plein uniquement de lui même, que seule la nature nous accorde. En Paix.Douce journée à toi.

Russalka 26/07/2009 10:18


Tu sais, chaque soir, quand j'en ai plein les bottes et les bras, le dos cassé et les mains sèches d'avoir sarclé, arraché, transporté
des brouettées entières de ce poison qu'est la phytolaque ( une plante importée des USA par les viticulteurs du Roussillon pour teinter leur vin, mais qui colonie tout et détruit les autres
plantes, les vers de terre, les petites bêtes du sous sol) hé bien je reste assise à regarder le travail du jour et cela me fait du bien

Jardinage= nettoyage de l'esprit assuré (sourire)
Contente que tu aies pu prendfre place toi aussi...
Merci Ut.


elise 03/07/2009 03:12

Chère Vivianne, je suis heureuse d'apprendre l'origine du  Catalpa. Je traverse chaque matin une allée de Catalpa dans le jardin près de l'atelier. C'est un peu de ton jardin que je salue maintenant en passant sous leurs grands feuillages en coeur . Ils viennent de fleurir , des fleurs clochettes , les enfants et moi  avons habillé tout un petit peuple d'argile l'autre jour. Ils dorment dans le jardin, Silencio...Amitiés et baisé fleuri

Russalka 04/07/2009 15:21


Que c'est joli ce retour empli de féérie, je te souhaite de continuer de créer ainsi avec des enfants
hioer je jardinai avec notre petit fils de dix huit mois
trop amrrant et trop mignon
maios le catalpa aperdu quasiment toutes ses fleurs,
alors c'est à tes créatures d'argiles que je vais penser en remuant la terre en dessous de mon arbre (sourire)
Baiser à toi aussi!


Pant 19/06/2009 23:28

Une bien belle Nature, on sent qu'elle est aimée. J'aime ces ambiances de roses.

Russalka 20/06/2009 21:02


Merci Pant, c'est gentil comme tout d'être venu vous resourcer chez nous
ces roses sont hélas bien abîmées par les dernières pluies, mais on ne peut tout avoir (sourire)
je reviens du jardin où souffle une brise très fraiche sous un beau soleil
puis me suis extasiée devant les photos du jardin d'un ami très cher
elles me donnent moult idées ;o)

Bien amicalement à vous


Merlin 18/06/2009 22:46

Juste un lien pour ce soir :http://www.deezer.com/#music/album/126671mais promis je changerai les paroles en vert et contre tout.

Russalka 19/06/2009 14:49


Coucou Merlin, contente de te retrouver ;o)
Je suis allée sur le site, et pense avoir découvert ce que tu voulais me faire entendre

Mais j'attends que tu aies retrouvé ton rythme et t'envoie de gros bisous de jardinière un peu crevée
Pour ta Douce et toi ces roses " de Funes " encore en boutons que je viens de photographier à l'instant sur fond encore vert de Belles de jour et avec le minuscule rayon de soleil qui a illuminé
cette journée fort grise ma foi...






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