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Arundo Donax

3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 11:26




Avec l'aimable autorisation de son auteur, Catherine Kintzler, je reproduis ici intégralement son remarquable article:

Pour lutter contre l'intégrisme, faut-il commencer par baisser les bras ?




Réponse à l'article de Farhad Khorsokhavar « Ce que la burqa nous voile » (Le Monde 1er août 09)
par Catherine Kintzler


En ligne le 3 août 2009


Pendant la suspension estivale des travaux de la Commission d'information parlementaire sur le port de la burqa, une campagne "progressiste" de soutien à l'intégrisme islamiste commence à se répandre dans la presse. Après avoir minimisé le nombre de burqas en France (on s'alarme pour si peu !), elle a trouvé en l'article de Farhad Khorsokhavar "Ce que la burqa nous voile" un argument que les connaisseurs en dialectique apprécieront : l'antidote contre la burqa serait la banalisation et l'approbation du port du voile !

Une "loi sur la burqa" est-elle pensable ?


La campagne pro-burqa qui se déploie cet été se contentait jusqu'à présent de recourir à la minimisation. A quoi bon s'alarmer pour "367" burqas (1) ? A supposer que le port du voile intégral soit marginal (ce qui reste à prouver autrement qu'en sortant un chiffre du chapeau des RG) on en reste pantois : est-ce sur le nombre que le législateur doit décider de l'illégalité ? A ce compte, il faudrait abolir bien des délits ou infractions au motif de leur rareté. D'ailleurs, si les chiffres étaient à l'opposé de ceux qu'on nous sert, la conclusion n'aurait pas manqué d'être la même : si des dizaines de milliers de masques étaient portés sur la voie publique, une loi qui les interdirait serait présentée comme contraire aux moeurs établies, impopulaire et inutile.


Cette piètre argumentation vient d'être surclassée par Farhad Khosrokhavar dans un texte publié par Le Monde le 31 juillet (daté du 1er août) sous le titre "Ce que la loi sur la burqa nous voile". En parlant de "loi sur la burqa", le titre est déjà savoureux. L'auteur sait bien qu'il n'y a aucune loi sur la burqa, et qu'il ne saurait y en avoir. La loi est générale et si la burqa venait à être interdite, ce ne pourrait être qu'en vertu d'une disposition qui ne la vise pas en particulier - par exemple l'interdiction du port du masque sur la voie publique vaudrait aussi pour une cagoule type KKK. Mais peu importe, surtout dans un titre, de choisir le mot vrai : il faut choisir le mot accusateur, celui qui a déjà décidé que le législateur a des intentions "islamophobes".



Lamentation moralisatrice sur le succès de la loi de 2004

Cependant, la première phrase du texte revient au réel : "La loi sur les insignes religieux de 2004 a établi la paix dans l'école publique". On a bien lu, la loi de 2004 est un succès. Ce succès juridique ne peut être que moralement suspect : "elle a totalement délégitimé le foulard dans tout l'espace public, y compris dans la rue", regrette l'auteur. On lui répondra que c'est faux, l'issue du procès Truchelut l'a amplement montré : le port de signes religieux est licite dans l'espace civil et n'est interdit que dans les espaces participant de l'autorité publique. Farhad Khosrokhavar ne l'ignore pas, et il précise sa pensée en invoquant la différence entre légitimité et légalité : légal certes, le port du voile souffre cependant d'un discrédit social diffus, c'est ainsi qu'il fallait comprendre le terme de "délégitimation".

 


Traduisons cette pleurnicherie moralisatrice en termes vulgaires : le voile porté dans la rue se fait parfois regarder de travers, et ce n'est pas bien. Il ne suffit pas à Farhad Khosrokhavar que le port du voile soit légal dans l'espace civil : il faudrait encore qu'il soit valorisé. Il ne lui suffit pas que la loi autorise une chose en ne l'interdisant pas : il faudrait encore que cette autorisation soit expressément l'objet d'un discours approbateur, il faudrait encore que la population, incitée par un discours public bienpensant, encense ce qui est autorisé. On est en plein ordre moral.


Sous la lamentation, l'analyse politique me semble juste. L'un des effets de la loi de 2004 a été, au-delà de son strict champ d'application, de stopper la banalisation du port du voile et de transformer celles qui le portent en militantes d'une pratique particulière de l'islam. Que les musulmanes ne portant pas le voile puissent être perçues comme majoritaires, banales, ordinaires, que les "grands frères" qui les accusent de légèreté soient à leur tour montrés du doigt, voilà effectivement une "délégitimation" déplaisante pour ceux qui approuvent le port du voile et qui veulent le re-banaliser en le présentant comme norme. Farhad Khosrokhavar ne se prive pas du plaisir de rappeler que, dans cette approbation et ce voeu de normalisation, il est en bonne compagnie : le président Obama, qui a pris une femme voilée comme conseillère, n'a-t-il pas compris, lui, que le voile est un phénomène religieux strictement individuel et nullement communautaire, encore moins fondamentaliste ? - il faut vraiment avoir mauvais esprit pour croire autre chose, et pour refuser de "bâtir un foulard républicain" (sic), un foulard "transformé" qui serait "affirmation de soi plutôt que soumission au patriarcat" (re-sic)! 



La fuite des cerveaux voilés et l'appel à une laïcité submersible


Vient alors la plainte sur la fuite des cerveaux et des compétences. On ne sait pas ce qu'on perd en poussant hors de France "beaucoup de femmes portant le voile", parce qu'on rend "leur vie religieuse et professionnelle infernale" (on se demande par quelles persécutions). L'auteur nous apprend que ces exilées sont les plus intelligentes, les plus diplômées et les plus riches. Dire de celles qui sont toujours en France qu'elles sont de pauvres idiotes serait injurieux, aussi Farhad Khosrokhavar use d'une circonlocution plus élégante : "Celles qui sont restées l'ont fait par manque de ressources intellectuelles ou économiques".

Il poursuit sa lamentation : si seulement on pouvait reconnaître les mérites d'intellectuels "ambivalents" qui, comme Tariq Ramadan, savent concilier la carpe et le lapin, le fondamentalisme et l'anti-intégrisme ! Mais non, en France les musulmans en sont réduits à être soit fondamentalistes soit républicains ! Cela nous empêche de voir que la laïcité pourrait "être la figure de proue" d'un "nouveau système de valeurs" pourvu qu'elle accepte, bien entendu, de voir l'islam de l'intérieur.

Cela me fait voir en revanche clairement que Farhad Khosrokhavar est bien plus innovant qu'un militant de la "laïcité nouvelle" ou "plurielle" ou "positive" : il propose la laïcité noyée par une vision intériorisée des religions, figure de proue submersible sous un océan religeux "modernisé".  



Le voile, antidote contre la burqa : la maxime munichoise de la résistance molle à l'intégrisme et ses variations

 


Ceci n'est rien à côté de l'argument principal qui irrigue constamment l'article : pour lutter contre la burqa, rien ne vaut le port du voile. Au fil du texte, le raisonnement s'affine en une forme qui serait comique si elle n'était pas effarante : pour lutter contre le port de la burqa, il faut le tolérer, car l'interdire serait un signe d'arrogance franchouillarde. Superbe dialectique qui, à défaut de validité logique et de portée politique, s'offre sous des aspects variés.


Première variation, c'est l'invention d'un personnage rassurant : la femme voilée médiatrice auprès de la femme en burqa. On la retrouve un peu plus loin, déguisée en militaire résistant : "bastion contre ce type de religiosité sectaire". L'auteur ne doute pas que la première puisse convaincre la seconde de quitter son masque et sa prison volontaires. Le raisonnement inverse n'est jamais évoqué : que la burqa puisse séduire des voilées en quête de pureté abnégatrice et de radicalité, que la banalisation du voile puisse "légitimer" l'extension de phénomènes de plus en plus sectaires, cela est exclu... et cela ne s'est jamais vu - j'ose à peine citer le contre-exemple des pays qui ont misé sur cette stratégie communautaire en laissant se développer une contagion réputée devoir s'éteindre d'elle-même. On ose à peine rappeler à Farhad Khosrokhavar que, effrayés par les effets de cette politique de laisser-aller, certains n'ont pas hésité récemment aux Pays-Bas à se tourner vers l'extrême-droite ; on préférerait qu'ils se tournent vers une solution de laïcité franchouillarde et arrogante.


Seconde variation, c'est une figure politique connue : la complicité des extrêmes. La "version dure de la laïcité" rend l'hyper-fondamentalisme plus attractif, prétend l'auteur. On aimerait savoir ce qu'il entend par laïcité "dure" et on voudrait rappeler encore une fois l'issue du procès Truchelut : la laïcité ne s'oppose pas aux manifestations religieuses dans la société civile. En revanche on comprend très bien qu'il propose une laïcité molle, douce pour l'intégrisme islamiste qu'il faut toujours commencer par accueillir sans broncher en attendant qu'il disparaisse de lui-même, aidé en cela par la bienfaisante action des médiatrices voilées. Méthode suivie avec le succès que l'on sait notamment par le Royaume-Uni et les Pays-Bas ; méthode testée pendant 15 ans en France pour le port des signes religieux à l'école publique approuvé par Lionel Jospin en 1989, au point qu'il a fallu voter une loi en 2004 pour en stopper la prolifération.


On comprend finalement très bien que, en proposant l'extension et l'approbation du voile comme antidote contre la burqa, Farhad Khosrokhavar révèle la troisième variation de son argumentation, ou plutôt sa forme fondamentale : c'est que pour lutter contre l'intégrisme religieux à visée politique hégémonique, il faut l'accepter avec bienveillance et en faciliter la propagation. On rappellera la maxime générale, de type munichois, de cette désastreuse stratégie : pour lutter contre un fascisme, il faut commencer par le méconnaître et par baisser les bras - toute forme directe de résistance relevant ici de l'arrogance franchouillarde. 


© Catherine Kintzler, 2009

Notes  
1 - Voir notamment l'éditorial du Monde "La loi et la burqa" 29 juillet 2009.


Quelques autres liens ( liste en construction):


La repentance en question

Une réflexion chez Criticus

La pensée de Marcel Gauchet


Une autre réflexion sur Sisyphe
Religions, femmes et fondamentalistes









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publié par Viviane Lamarlère - dans planète femme
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commentaires

Merlin 07/08/2009 18:55

J'avais déposé un commentaire sur le blog de Catherine Kintzlermais je crains qu'un bug l'ait fait disparaître dans les miasmes de la blogosphère...Je pense que pour développer plus avant sur ce sujet très global du voile islamique, il faut s'en tenir à deux aspects indissociables qui relèvent à la fois de la parole du Coran et de celles de la Sunna  mais qui ne sont jamais exempts de visées politiques :- Les versets qui prescrivent le port d'un voile sont peu nombreux et très imprécis- Les injonctions relatives à la forme que doit revêtir ce voile sont davantage issues de la tradition (même antérieure à l'émergence du Coran) aussi bien pour les Chrétiennes que les Afghanes, mais pas seulement.Mais surtout, c'est du statut social de la femme qu'il s'agit, de son statut juridique (de mineure)  et de la prétendue protection que l'on voudrait leur apporter en les mettant à l'abri des regards concupiscents des hommes.Mais il ne faut pas s'en étonner quand on voit à quel point les ressortissants du monde musulman sont friands de tout ce qui concerne le sexe :http://www.google.com/insights/search/#q=sex&cmpt=q(Si l'on excepte le Viêtnam, ils sont en tête au hit parade des chercheurs de sex.)On pourrait en conclure qu'il est urgent ou indispensable de "cacher ce sexe que l'on ne saurait voir car cela fait venir de coupables pensées". Les filles de nos banlieues dans lesquelles le monde musulman immigré est bien représenté en savent quelque chose lorsqu'on ne leur propose comme alternative d'être considérées comme des prostituées (sans voile) ou soumises et respectables (c'est à dire voilées). Voir les objectifs du collectif "Ni putes ni soumises"...Mais par ailleurs, notamment depuis 1979 et la "Révolution" iranienne, on assiste à une recrudescence du port du voile sous la forme du hidjab qui a la fonction de couvrir la chevelure, objet de la convoitise sexuelle par excellence. Mais il s'agit surtout de nos jours d'un étendard politique qui est aussi marquant que le drapeau vert. Il FAUT se signaler comme musulmane, c'est un acte  de soumission & de pitié en terre d'islam et dans les pays occidentaux, c'est le signalement d'une différence culturelle et religieuse que les hommes appuient sans réserve et que brandissent certaines femmes soucieuses de se montrer soumises à la religion comme le dit expressément le mot "islam" d'ailleurs.Mais que signifie ce "combat" soi-disant soufi sur une terre d'accueil dont ce n'est pas les valeurs fondatrices, sinon la volonté de faire du prosélytisme en se signalant comme réfractaire à toute intégration et encore plus à toute assimilation. Il s'agit plutôt d'une colonisation de l'espace public par des us et coutumes exogènes.Dans tous les pays musulmans que l'on peut trouver sur la planète, aucun n'accepte la liberté de pratiquer sa religion, et encore moins dans l'espace public : les chrétiens et les juifs y sont menacés partout à des degrés plus ou moins insupportables. Dans ces conditions, le fait de porter la burqâ ou le niqâb dans des pays ou la liberté religieuse est assurée par les lois est une véritable provocation. C'est fait dans le but de choquer et de s'opposer manifestement.http://chositude.over-blog.com/article-30345660.htmlEn France, nous aimons voir les visages et la chevelure des femmes lorsque le temps météorologique s'y prête. Nous avons nous aussi des us et coutumes et nous y tenons. Le voile intégral, c'est juste bon pour Carnaval, le jour de Mardi-Gras, avec les masques ou autres tenues.Pour finir, la symbolique du voile dans l'islam, ce n'est pas du tout celle-ci. Le voile est un élément de respect que l'on met entre Dieu et les hommes. Muhammad a prescrit de rabattre le voile sur la poitrine à ses femmes et aux croyantes. Il n'a jamais évoqué des prisons de tissu et pourtant il tenait à ce que de belles femmes comme Zaynab qu'il avait prise à son fils adoptif ne se présentent pas à la vue des hommes. Mais de quoi avait-il peur ?

Russalka 08/08/2009 15:26



Avant toute chose, un immense Merci de ce commentaire remarquable et qui nourrit le texte de tes connaissances pointues en ce domaine
comme en tant d'autres.
Je reprends point par point.

J'avais déposé un commentaire sur le blog de Catherine Kintzler

mais je crains qu'un bug l'ait fait disparaître dans les miasmes de la
blogosphère...

C'est vraiment dommage, car il apporte des éclairages tout à fait fondamentaux pour comprendre les enjeux de ce qui, je n'en doute
pas, se soldera un jour ou l'autre par des chocs sociétaux.

Je pense que pour développer plus avant sur ce sujet très global du voile islamique, il faut s'en
tenir à deux aspects indissociables qui relèvent à la fois de la parole du Coran et de celles de la Sunna  mais qui ne sont jamais exempts de visées politiques
:
- Les versets qui prescrivent le port d'un voile sont peu nombreux et très
imprécis.

Alors qui tripote les textes afin de leur faire dire ce qu'ils ne disent pas? Comme toujours les puissants avides de rester sur le
pauvre strapontin qui ne signifie rien au regard du temps qui coule mais les pousse à commettre bien des crimes contre l'humanité.
- Les injonctions relatives à la forme que doit revêtir ce voile sont davantage issues de la
tradition (même antérieure à l'émergence du Coran) aussi bien pour les Chrétiennes que les Afghanes, mais pas seulement.

On retrouve en effet ces coutumes quoique atténuées chez les paysannes méditerranéennes, espagnoles, portuguaises, corses, ainsi que
dans certaines évolutions plus récentes du protestantisme américain. Pourquoi la femme doit elle cacher sa chevelure? Voilà qui me questionne. Pourquoi au fil des temps les hommes ont-ils tenu à
cette castration, à cette amputation de sa beauté?

Mais surtout, c'est du statut social de la femme qu'il s'agit, de son statut juridique (de
mineure)  et de la prétendue protection que l'on voudrait leur apporter en les mettant à l'abri des regards concupiscents des hommes.

L'émancipation féminine dans les pays occidentaux est aussi assez récente, sur le plan politique en particulier, mais on a le
sentiment que depuis l'aube du Moyen Âge en occident des femmes - certes issues de milieux favorisés- ont participé activement à la vie intellectuelle, artistique, scientifique voire politique. (
je pense à notre chère Hildegarde von Bingen) A-t-on idée du moment où les femmes orientales ont perdu la possibilité d'exister au même titre que les hommes?

Mais il ne faut pas s'en étonner quand on voit à quel point les ressortissants du monde musulman
sont friands de tout ce qui concerne le sexe :

http://www.google.com/insights/search/#q=sex&cmpt=q
(Si l'on excepte le Viêtnam, ils sont en tête au hit parade des chercheurs de sex.)
.

C'est effectivement très parlant. Notre frère masculin oriental ne peut pas être habité de pulsions différentes de celles des pays du
Ponant. Seule la frustration liée à la ségrégation des femmes, mais aussi  au fait que les femmes doivent être mal réparties ( la polygamie doit empêcher certains hommes d'accéder aux
plaisirs de la vie conjugale, par défaut de partenaires disponibles) peut expliquer cet engouement pour la pornographie, ce qui doit en outre mettre en danger les ressortissants de ces pays-là.
Se faire procurer des sex toys ou des vidéos doit être assez risqué... J'ai souvenir de musulmans très respectueux de leur religion en Afrique et qui sitôt dans l'avion vidaient bouteille sur
bouteille de champagne . Allah ignore que le ciel est aussi régi par ses lois...
 
On pourrait en conclure qu'il est urgent ou indispensable de "cacher ce sexe que l'on ne saurait
voir car cela fait venir de coupables pensées". Les filles de nos banlieues dans lesquelles le monde musulman immigré est bien représenté en savent quelque chose lorsqu'on ne leur propose comme
alternative d'être considérées comme des prostituées (sans voile) ou soumises et respectables (c'est à dire voilées). Voir les objectifs du collectif "Ni putes ni
soumises"...

Mais alors c'est un pur aveu de faiblesse et de non responsabilité de leurs pulsions, de trouille de leur pulsions. Être un homme
adulte face à l'autre sexe, c'est maîtriser sa libido dans le respect de la partenaire éventuelle. Voiler pour ne le voir "l'objet de son désir", c'est reconnaître très explicitement que l'on ne
se sent pas capable de résister à l'appel de la chair, que l'on est faible et immature..., que l'on se trouve plus proche de l'animalité instinctive que de l'humanité.
 Je comprends mieux en effet et grâce à toi le titre de ce collectif.

Mais par ailleurs, notamment depuis 1979 et la "Révolution" iranienne, on assiste à une
recrudescence du port du voile sous la forme du hidjab qui a la fonction de couvrir la chevelure, objet de la convoitise sexuelle par excellence. Mais il s'agit surtout de nos jours d'un étendard
politique qui est aussi marquant que le drapeau vert. Il FAUT se signaler comme musulmane, c'est un acte  de soumission & de pitié en terre d'islam et dans les pays occidentaux, c'est le
signalement d'une différence culturelle et religieuse que les hommes appuient sans réserve et que brandissent certaines femmes soucieuses de se montrer soumises à la religion comme le dit
expressément le mot "islam" d'ailleurs.

Je trouve assez gonflé de leur part de dénoncer ( comme cela est dit clairement dans le petit article Yemennite ci dessus ) " les
risques d'acculturation " et par conséquent la nécessité de faire violence aux femmes, gardiennes à l'insu de leur plein gré de la tradition et dans le même temps de mettre à profit la
liberté d'expression qui existe dans nos sociétés pour pouvoir mimeux la verrouiller. C'est d'un cynisme absolu.

Mais que signifie ce "combat" soi-disant soufi sur une terre d'accueil dont ce n'est pas les valeurs
fondatrices, sinon la volonté de faire du prosélytisme en se signalant comme réfractaire à toute intégration et encore plus à toute assimilation. Il s'agit plutôt d'une colonisation de l'espace
public par des us et coutumes exogènes.

Exactement, profiter de cet espace libre pour - comme on dit en méthode commerciales - coincer le pied dans la porte. Applaudissons
donc au passage la réaction du conseil constitutionnel qui a refusé récemment d'accorder la nationalité française à une marocaine qui refusait de quitter sa burka.
Quand on voit ce que risque la jeune française dont le procès commence aujourd'hui en Iran pour avoir simplement posté avec son
téléphone portable des photos des événements, et que nous acordons chez nous des tribunes à des fauteurs de troubles, il y a de quoi se poser des questions sur notre connerie... Enfin  je
dis notre, c'est une image...

Dans tous les pays musulmans que l'on peut trouver sur la planète, aucun n'accepte la liberté de
pratiquer sa religion, et encore moins dans l'espace public : les chrétiens et les juifs y sont menacés partout à des degrés plus ou moins insupportables. Dans ces conditions, le fait de porter
la burqâ ou le niqâb dans des pays ou la liberté religieuse est assurée par les lois est une véritable provocation. C'est fait dans le but de choquer et de s'opposer
manifestement.

Il y a derrière tout cela , comment te dire, je me sens confusément, l'attitude de personnes qui cherchent la
limite.
Oui, provocation au sens où l'enfançon chercher l'admonestation, le NON ferme et définitif à ses caprices. Mais pourquoi donc les
musulmans modérés ne réagissent-ils pas face à ces provocations émanant de personnes récemment converties et de manipulateurs vicelards? Le courage,cela existe!!! Et ces provocations portent tort
aux plus modérés.

http://chositude.over-blog.com/article-30345660.html

J'avais beaucoup apprécié cet article et tu le sais aussi le courage de cette combattante contre le
fondamentalisme qui gagne du terrain. Il me semble que très récemment, c'est grâce à des associations de citoyens que la charia a de justesse évité d'être appliquée sur le sol même canadien, je
te rechercherai cela.Nous sommes loin de cette détermination, n'est-ce pas...  ici un lien vers des femmes qui se battent contre ce racisme antifemme.

En France, nous aimons voir les visages et la chevelure des femmes lorsque le temps météorologique
s'y prête. Nous avons nous aussi des us et coutumes et nous y tenons. Le voile intégral, c'est juste bon pour Carnaval, le jour de Mardi-Gras, avec les masques ou autres
tenues.

Tu arrives à me faire rire alors que la chose est grave, cela me rappelle un groupe pop de camarades de mon lycée à Ouagadougou qui
s'appelait Carnaval bédouin

Pour finir, la symbolique du voile dans l'islam, ce n'est pas du tout celle-ci. Le voile est un
élément de respect que l'on met entre Dieu et les hommes. Muhammad a prescrit de rabattre le voile sur la poitrine à ses femmes et aux croyantes. Il n'a jamais évoqué des prisons de tissu et
pourtant il tenait à ce que de belles femmes comme Zaynab qu'il avait prise à son fils adoptif ne se présentent pas à la vue des hommes. Mais de quoi avait-il peur ?

Tu vois, tu m'enseignes encore quelque chose, sans doute le voile que les femmes doivent porter dans les églises contient-il la même
signification.
Quant à  Mahomet... qu'en dirait la psychanalyse? On n'a jamais répertorié ses amours avec des petites filles
impubères?
Quand les errances libidinales d'un vieux bédoin analphabète continuent encore aujourd'hui de faire le malheur d'une partie du monde.
Quelle pitié et quelle inquiétude aussi pour demain.

Merci Jean-Pierre de l'avoir si généreusement et brillamment partagée.



Fardoise 06/08/2009 19:33

Il faut prendre position, surtout lorsqu'on est une femme, car il s'agit de liberté, de dignité, de reconnaissance en tant qu'être humain.

Russalka 07/08/2009 10:03


C'est aussi en femme que tout cela me révolte
en tant qu'être de communication me trouvant aprfois face à des jeunes femmes dont je ne vois que le grand regard triste ou méprisant selon, et avec lesquelles toute communication semble, dans les
deux cas,  impossible.


Renard 06/08/2009 14:20

Les médias ont commencé à nous parler de ce problème... comment?En interrogeant une femme entièrement voilée, dont le mari était à côté, pour qu'elle nous explique que c'était SON choix...Et si on l'avait interrogée sans un "surveillant" à côté d'elle, en lui garantissant l'anonymat, qu'aurait'elle dit?Il y en a qui ont essayé de résister... elles ont été brûlées, vitriolées, mariées de force...En votant une loi autorisant la burka, nous laissons tomber toutes ces femmes qui en arrivant au pays des droits de l'homme (et de la femme), espéraient un adoucissement de leurs vies..Merci pour cet article. 

Russalka 07/08/2009 09:54


Complètement d'accord avec vous, nous laissons même et surtout tomber le concept de laïcité.

Comme le rappelle Catherine Kintzler dans les réponses aux commentaires de son billet : Les intégristes voudraient bien que la laïcité soit confondue avec une attitude de "chasse" aux
manifestations religieuses dans l'espace civil, ce que justement elle n'est pas." et plus loin " Je n'ai jamais parlé d'interdire la burqa au motif d'un signe religieux : car effectivement
il est contraire à la laïcité de vouloir "nettoyer" l'espace civil de toute manifestation religieuse. Aussi ai-je avancé d'autres arguments dans cet article.

J'ai principalement critiqué dans le texte de F. Khosrokhovar le fait de vouloir banaliser le voile (non intégral) et de le présenter comme quelque chose de "normal" pour une musulmane, ce qui
fragilise celles qui ne le portent pas. J'ai critiqué l'idée selon laquelle il faut réintégrer la vision religieuse à l'intérieur de la conception de l'association politique - ce qui consiste à
ruiner la laïcité purement et simplement. Mais je n'ai jamais, bien entendu, parlé d'interdire le voile dans l'espace civil, encore moins parlé d'interdire les religions. Et la laïcité ne
consiste pas en une "pédagogie" destinée à éradiquerles religions. Dans mon livre Qu'est-ce que la laïcité ? je consacre quelques pages à cette question, en m'inspirant d'un argument
développé par Locke.
Vous parlez de symptôme et de maladie, mais considérer les religions comme des maladies à guérir serait, de la part de la puissance publique, une ingérence dans la liberté de
conscience.

J'ai également critiqué une attitude générale face à l'intégrisme et au sectarisme, qui consiste à décider d'avance qu'il ne faut surtout pas les affronter. C'est là probablement que vous n'êtes
pas d'accord avec moi. A l'appui de ma thèse, j'ai cependant avancé quelques exemples récents.

Pour l'argument de la diversion politique, il me semble lui-même un argument de diversion : on ne peut pas différer indéfiniment un combat sous prétexte qu'il y en a d'autres plus importants à
mener. De même qu'on ne peut pas fermer les yeux sur une injustice au prétexte que d'autres injustices sont à combattre, etc.
Les ghettos des cités, fabriqués à leur convenance par les petits caïds pour mieux y écouler leurs trafics souterrains et illicites, participent hélas et au titre des droits de l'espace civil, à
l'isolement de plus en plus grands des femmes et des filles, obligées de courber l'échine et de perpétuer la tradition ...
Cela semble inextricable.


Ut 06/08/2009 08:33

Comme je comprends ta colère! Mais as-tu vu une seule blanche non voilée venir à ta rescousse?Ces femmes font peur parce qu'elles incarnent la différence. La différence qui s'affiche mais ne laisse rien passer: on ne voit pas leurs yeux!Alors oui, les pères doivent élever leurs enfants (pas que leurs filles!). Mais oui, les mères doivent tempérer l'éducation machiste ou trop idéaliste des pères.... et si rien de cela ne se produite (et je ne pense pas que la solution envers une erreur soit la punition!!!!), eh bien la loi doit trancher. C'est ça une société.Moi aussi, je suis en colère, maintenant. Je les ai assez fréquentés ces soit-disant pères.... dans une pièce à douleurs de mon commissariat!Merci d'avoir ouvert ce débat. Il est important parce que la burqa n'est qu'un des signes de la dérive qui transforme notre démocratie en anarchie: avez-vous vu l'intérieur des collèges, taguées partout de "La france aux arabes"?Elle est là la vérité de demain; mais ça, personne n'en parle.....Je t'embrasse.

Russalka 07/08/2009 09:42


Pour répondre à ta première question, oui  une vieille dame qui précisément était devant moi à la caisse et a été bousculée aussi
par cette mal éduquée arrogante sous son voile, m'a aidée.
Mais je te l'acorde, nous vivons dans une ville de 6000 habitants, les soucis ne sont pas les mêmes dans les grandes villes, ni la solidarité.

Je pense comme toi que la solution est éducative dans la fermeté et l'accès aux droits et à l'autonomie.
Je te livre en lien le billet que j'avais écrit pour
synthétiser le travail d'intégration des gens du voyage dans notre communauté de communes. La dimension religieuse est bien sûr un barrage.

Mon garagiste est libanais, musulman. sa femme porte un voile discret, l'aide au magasin, conduit, se maquille, s'intègre doucement à des associations. Je crois que là est la porte à ouvrir: pour
aiderces femmes et leurs familles à - non pas abandonner leur religion- mais la porteren leur coeur et non comme un étendard.. Merci Ut de ta propre réflexion.


Valentine 05/08/2009 22:47

Difficile de prendre position. Tout dépend en fait des personnes concernées. Face à des femmes qui sont elles-mêmes férocement attachées à leur foulard, il vaut mieux laisser les choses évoluer tranquillement d'elles-mêmes. Face à des machos qui les font souffrir, il est juste d'adopter une attitude plus ferme.

Russalka 07/08/2009 09:34


Parfois je me demande si ces femmes sont toutes férocement attachées à leur foulard ou si on leur impose cette férocité. La transmission
de ces valeurs machistes se fait... par les femmes. Le problème est très complexe et doit susciter une réflexion sur ce qui est inaliénable dans nos états laïques.
merci Valentine ;o))


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