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Blog de poésie, histoire de la musique et des arts,
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Musique de la semaine

Arundo Donax

6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 09:06




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Il a fait doux. Et j'ai trouvé compagnie apaisante dans la lumière qui inondait à nouveau les murs, la tiédeur de l'air dans la maison grande-ouverte alors que vers midi remontait en criant, très haut, le premier vol de grues.






Mes crocus ont fleuri. Plantés il y a deux ans, je désespérais de les voir un jour.
La terre est si pauvre ici que tout relève du pari...
Il me semble qu'ils se sont étoffés en nombre. J'en retrouve où je n'avais souvenir d'avoir enfoui quelque bulbe. Certains ont forcé leur nature pour traverser l'épaisse couche de feuilles mortes qu'aucune intempérie n'a su désagréger. Leur tige blafarde, leur bouton en longueur, leurs feuilles lavées sont ceux de toute vie soustraite trop longtemps à la lumière du jour.





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Ils sont.  Et avec eux, ces joies minuscules qu'apporte le travail lent récompensé. Les tulipes botaniques elles aussi pointent du nez. Elle sont hautes de quelques centimètres et j'ignore ce que sera leur robe. Mais plus de deux cent bulbes d'entre elles et tout autant de narcisses forcent la terre encore durcie de froid, pour ma plus grande joie ! Et j'entoure patiemment de minuscules galets chaque petit territoire afin d'éviter - j'en ai planté aussi dans la pelouse - qu'on ne le piétine avant  la floraison. l en



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Les tulipes
Je n'ai plus peur comme autrefois des saisons qui passent.  Et si de l'hiver je déteste toujours son refus obstiné de tomber en miettes, cette chape grise  qu'il maintient par longues périodes  au-dessus de nos toits et nos têtes, le froid ne m'a pas empêchée de consacrer cette année des heures au jardin.

J'ai respiré la vie naissante comme elle me respire, intensément.

Mes mots n'auraient-ils été
que barques échouées
aux rives des saisons?
La présence à ce qui pousse et meurt sans tapage
là est la vraie vie.

La mienne semble se limiter chaque jour davantage
donc chaque jour s'élargir
aux choses les plus simples du monde...


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Pour accompagner cette page, deux pièces d'un compositeur trop peu joué, trop peu aimé, Jacques Ibert. Et pourtant, quel poète ... !

La Cage de cristal

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Crocus

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Pour ceux qui ne peuvent lire le lecteur; La cage de cristal  et Crocus



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publié par Viviane Lamarlère - dans autobiographique
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commentaires

lutin 07/02/2011 12:38



J'aime beaucoup cette phrase lorsque tu parles de l'hiver et de ses miettes qui se refusent à tomber.



Russalka 08/02/2011 09:34



En fait, les cieux qui me conviennent sont ceux des météorologues: un peu de ciel bleu, un peu de soleil, quelques nuages poussés par
le vent, du mouvement dans l'air tout simplement. Un ciel uniformément gris, ou bleu, ou blanc m'angoisse... Toujours. Et je n'ai qu'une envie: le déchirer pour voir ses dessous. Merci
Lutin!



aimela 07/02/2011 10:58



Je ne suis pas du tout musique  et tu le sais mais j'aime ces deux morceaux  de Jacques Ibert( je ne connaispas) , ils illustrent bien ton article et  les photos de tes jolis
crocus. Je ne comprends pas qu'il soit si peu aimé et  joué, c'est doux, gai, reposant Bonne journée et bises



Russalka 08/02/2011 09:24



Ah, je suis persuadée que tu aimeras les musiciens de cette période, elle te parle sans doute davantage... Bises et merci des
compliments, je transmettrai à mes fleurs chéries ;o))



Martine 07/02/2011 08:04



Coucou Viviane,


Un dernier petit  tour et puis.. j'm'en vais...


Ta définiton du printemps, de la vie qui gonfle les bourgeons, en sourdine, pour se révéler soudain sous un tas de feuilles mortes, au détour d'une branche ployée par le mauvais temps... j'aime


Des photos, un poème qui parlent beauté, patience, apaisement...  mon jardin, tout comme toi, est une respiration nécessaire pour l'âme. Mais il me semble bien te l'avoir déjà dit. Oh, je
crains de radoter.


Merci pour cette beauté mots, couleurs et musique , que j'emporte avec moi , précieusement, dans mon petit laboratoire créatif.


Je te souhaite une bonne journée Viviane


Martine


 


 



Russalka 08/02/2011 09:19



Merci à toi Martine, je cogite nuit et jour en fait à ce qui vient, arrive, meurt, doit être déplacé, n'a pas été assez choyé ( ou
trop à l'inverse) et consulte site, catalogues et surtout... le terrain!

Contente que tpour toi aussi le jardin soit une source, on ne peut créer que grâce à ces moments de neutralité mentale que procure le contact direct avec la terre.



Miche 07/02/2011 03:31



Oui percevoir au plus profond, au-delà des désagréments, des peurs enfouies, percevoir,
ce qui se prépare si doucement, sans bruit…


 


La vie est si belle, et vos mots respirent cette beauté.


 


Il se peut que les doutes des humains, soient en eux comme le gel qui enserre la terre
pour mieux la préparer.


J’aime à vous sentir dans votre jardin, j’y trouve moi-même un grand apaisement.


 


 



Russalka 08/02/2011 09:13



C'est gentil ce chemin partagé dans mon jardin, Miche, c'est un des lieux où je me sens le mieux, de plus en plus souvent...
Oui, faisons confiance au doute, à l'inquiétude, ils n'existent que pour mieux nous permettre la jouissance des instants heureux.



Valentine :0056: 06/02/2011 17:23



Par exemple !! Déjà quelque chose qui pousse !! Eh bien cehz toi c'est vraiment le sud... (). Moi qui traquais avec mon appareil photos mes premières pousses, tu vas voir qu'elles ne valent pas les tiennes. Mais si aujourd'hui nous jouissons d'un peu de soleil (bas il est
vrai et tardif : à partir de 13h seulement), le Berry est tout de même un pays auustère et plutôt froid.


Merci de ces deux ravissantes pièces de Jacques Ibert, compositeur que j'aime beaucoup, mais pièces que je ne connaissais pas !



Russalka 08/02/2011 09:07



Oh oui, cela pousse et dans quelques semaines, j'espère partager les naissances de mes tulipes botaniques achetées cet automne au
conservatoire
de la tulipe botanique chez Laurent Lieser. J'attends cela avec une impatience difficile à contenir, unpeu comme la naissance d'un enfant, sauf que là, il y en a plus de 300...
qui par suite se naturaliseront et contrairement aux tulipes, narcisses et crocus horticoles, feront des bébés année après année sans que j'aie besoin d e les diviser ni rien...

Jacques Ibert est un de mes français préférés. pour toi, le morceau Le vent dans les ruines. Virtuosité et sensibilité  de ce
poète du piano qui n'a pas écrit que des pièces pour enfant...



dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/7_Musique_XIXeme_siecle_et_moderne/Jacques_Ibert/06_Le_Vent_dans_les_Ruines.mp3&



Bises et merci!



 



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