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Musique de la semaine

Arundo Donax

17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 20:56




Je les regarde depuis le bord de ma maison.
Ils n'ont pas peur les gosses.

Ils ont des idées les gosses.


Quelques galets sur le trottoir

empêchent de livrer au vent

ce que la craie déploie
si maladroite et prompte à l'effacement

dans les eaux sombres du macadam.

Savent-ils que l'enfer n'est que l'envers du ciel?

Marelle.
Le Paradis est couché par terre

et eux
regard lointain sourire aux lèvres
qui galopent et enjambent la mort


Schubert, le Roi des Aulnes par Dietrich Fischer-Dieskau
accompagné au piano par Gérald Moore

dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/6_Musique_romantique/Schubert/21_Der_Erlko776nig_D_328.mp3&





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publié par Viviane Lamarlère - dans Botanique de l'étymologie
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commentaires

Arthémisia 18/08/2011 20:37



Il convient de bien comprendre le sens de ce texte...


der Erlkönig
Johann Wolfgang Goethe 


 


Wer reitet so spät durch Nacht und Wind ?
Es ist der Vater mit seinem Kind;
Er hat den Knaben wohl in dem Arm,
Er faßt ihn sicher, er hält ihn warm.


Mein Sohn, was birgst du so bang dein Gesicht ? -
Siehst Vater, du den Erlkönig nicht ?
Den Erlenkönig mit Kron und Schweif  ? -
Mein Sohn, es ist ein Nebelstreif. -


»Du liebes Kind, komm, geh mit mir!
Gar schöne Spiele spiel ich mit dir;
Manch bunte Blumen sind an dem Strand,
Meine Mutter hat manch gülden Gewand.«


Mein Vater, mein Vater, und hörest du nicht,
Was Erlenkönig mir leise verspricht? -
Sei ruhig, bleibe ruhig, mein Kind;
In dürren Blättern säuselt der Wind. -


»Willst, feiner Knabe, du mit mir gehn?
Meine Töchter sollen dich warten schon;
Meine Töchter führen den nächtlichen Reihn
Und wiegen und tanzen und singen dich ein.«


Mein Vater, mein Vater, und siehst du nicht dort
Erlkönigs Töchter am düstern Ort? -
Mein Sohn, mein Sohn, ich seh es genau:
Es scheinen die alten Weiden so grau. -


»Ich liebe dich, mich reizt deine schöne Gestalt;
Und bist du nicht willig, so brauch ich Gewalt.«
Mein Vater, mein Vater, jetzt faßt er mich an!
Erlkönig hat mir ein Leids getan! -


Dem Vater grauset's, er reitet geschwind,
Er hält in den Armen das ächzende Kind,
Erreicht den Hof mit Mühe und Not;
In seinen Armen das Kind war tot.


 


 


Qui chevauche si tard dans la nuit dans le vent ?
C'est le père avec son enfant,
Il serre le garçon dans ses bras,
Il le tient fermement, il le garde au chaud


Mon fils, pourquoi caches-tu ton visage d'effroi ?
Père, ne vois-tu pas le Roi des Aulnes ?
Le roi des Aulnes avec couronne et traîne ?
Mon fils, c'est une traînée de brouillard.


Toi cher enfant, viens, pars avec moi !
Je jouerai à de bien jolis jeux avec toi,
Il y a tant de fleurs multicolores sur le rivage
Et ma mère possède tant d'habits d'or


Mon père, mon père, n'entends-tu pas
Ce que le Roi des Aulnes me promet doucement ?
Calme-toi, reste calme, mon enfant,
Le vent murmure dans les feuilles mortes


Veux-tu, gentil garçon, venir avec moi ?
Mes filles doivent d'attendre déjà
Mes filles mènent la ronde nocturne,
Elles te bercent, dansent et chantent


Mon père, mon père, ne vois-tu pas là-bas
Les filles du Roi des Aulnes cachées dans l'ombre ?
Mon fils, mon fils, je le vois bien,
Les saules de la forêt semblent si gris.


Je t'aime, ton joli visage me touche,
Et si tu n'es pas obéissant, alors j'utiliserai la force !
Mon père, mon père, maintenant il me saisit
Le Roi des Aulnes me fait mal.


Le père frissonne d'horreur, il chevauche promptement,
Il tient dans ses bras l'enfant gémissant
Il parvient au village à grand effort
Dans ses bras l'enfant était mort.



Russalka 19/08/2011 09:25



 


Merci de joindre l'utile à l'agréable, ce lied de Goethe est une splendeur... ce que les gens ignorent le plus souvent
est que ce succès actuellement jamais démenti mit huit ans avant d'être édité!!! oui, tour de force de Schubert de faire chanter à un seul interprète les quatre voix menaçantes, apaisantes,
séductrices... Quel tableau époustouflant!!



Marianne 18/08/2011 11:07



Ce qu'il est beau ton regard bienveillant et silencieux sur l'enfant qui fronde la mort innocemment ! J'aime la tournure de tes mots, ils me touchent à travers des constats.


A les lire, je me rappelle parfois cette idée qui m'est souvent venue d'une sorte de silence convenu entre les personnes âgées qui taisent à l'enfance les difficultés qui les attend. Comme on
tait que le Père Noël n'est qu'un mythe.


J'ai joué comme eux à sauter de case en case pour rejoindre le ciel. C'est un jeu éternel qui se transmet de génération en génération. Ce n'est même pas un adulte qui me l'avait appris, mais une
enfant. Et elle de qui le tenait-elle ? J'ai oublié de le lui demander à l'époque.


J'ai remarqué que parfois les enfants oubliaient simplement le cailloux qui doit empêcher d'emprunter une case. Une façon de sauter les difficultés. :-)



Russalka 19/08/2011 09:19



 


Ces jeux à la symbolique forte ( car la marelle est jeu initiatique) rejoignent les initiations que peuvent dispenser,
comme tu le dis si joliment les adultes entourant l'enfance. Oui, je crois profondément que le silence des adultes peut parfois autant parler que les mots. Ce " retrait volontaire " cette "
suspension du jugment, de la prévention, du conseil" sont marque de respect et  j'avoue en tant que grand-mère m'en inspirer souvent... Ta camarade devait le tenir de qui le tenait qui le
tenait qui le tenait... jusqu'à la nuit des temps! Merci Marianne de cet écho de souvenirs très vivants!



marlou 18/08/2011 10:11



Finesse de la perception du poète !



Russalka 19/08/2011 09:16



 


Merci Marlou, on regarde, on regarde ... et perçoit parfois ;o))



Valentine :0056: 18/08/2011 00:05



Fantastique, ce duo Fischer-Dieskau/Gérald Moore... J'en ai la chair de poule. Et
FD change de voix et de ton avec une aisance spectaculaire, c'est remarquablement interprété.



Russalka 19/08/2011 09:14



 


C'est que le chanteur doit à la fois donner à entendre le récitant( la voix la plus neutre) l'enfant ( dont les
couplets sont chantés forte voire fortissimo) le roi des aulnes ( qui n'est autre que la mort) en voix de tête) et le père ( voix de poitrine dans une nuance douce). oui, remarquable, pour moi le
plus grand interprète masculin de Schubert. Pour les interprètes féminines, j'avoue une préférence pour Elly Ameling qui lui a consacré une grande partie de sa vie
d'interprète...



Valentine :0056: 17/08/2011 23:58



Ca fait rêver les marelles, n'est-ce pas ?



Russalka 19/08/2011 09:09



 


Ah oui, alors, cela rajeunit ;o))



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