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Blog de poésie, histoire de la musique et des arts,
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Musique de la semaine

Arundo Donax

9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 10:11







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Il en est des villes comme des hommes qui les ont bâties.  Pétries dans la glaise, le sable ou la pierre, elles bourdonnent ou se taisent, mais toutes s'éloignent de cette forme circulaire qui est celle des tentes et des yourtes, forme si proche de l'humain, ses transhumances, son amitié perdue pour les cycles toujours renouvelés.


Pour rejoindre cet autre Finistère qu'est la Galice, après quelques haltes entre les pierres Wisigothes et l'art Roman ou pré-gothique,  nous décidons de faire des ronds, non pas dans l'eau mais dans la vieille Espagne romaine et ses villes posées là, dont les dieux de la pluie semblent s'être à jamais absentés.


La province de Leon et la ville du même nom furent fondées par la légion romaine en l'an 68 de notre ère.  Elles connurent toutes deux bien des vicissitudes: prises par les Wisigoths, puis par les armées musulmanes, ce n'est qu'au Xème siècle qu'elles retrouvèrent toutes deux un peu de prospérité et de paix. La ville reste aujourd'hui une halte sur le camino frances, le chemin français vers le sanctuaire de Saint Jacques de Compostelle.

Nous ne connaissons pas cette région aride, sèche, aux chaleurs torrides et hivers rigoureux. Le mois de mai qui nous accueille n'y semble guère fleuri et les murs des maisons aux nuances chaleureuses ne se parent de l'ombre des  arbres qu'en de très rares endroits.




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Ce qui étonne ici est le silence.  Carré.  Taillé au cordeau.
Pélerin  lent sous les façades ferventes aux portes et fenêtres closes, chacun va.  En silence. Pourtant rien de désséché dans ces ruelles. Juste la discrétion des pierres qui connaissent leur histoire :



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La basilique San Isidore située au coeur de la ville  romane  n'est pas d'une facture assez homogène ou au contraire fantasque pour attirer notre attention. Mais elle s'ouvre d'une porte de bois sculpté, la porte de l'Agneau, assez massive et ouvragée pour nous donner envie d'en apprendre davantage. Chacun des panneaux illustre la vie des saints.



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Son tympan magnifique qui relate l'épisode du sacrifice d'Isaac est surmonté comme il était fréquent à l'époque d'une représentation des signes du Zodiaque:


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Le clou de la visite est ce que l'on nomme souvent et à juste titre " la Chapelle Sixtine de l'art Roman ", le Panthéon Royal, situé sous le narthex de la basilique San Isidore.

C'est une des premières manifestations de l'art roman en Espagne. Les  chapitaux portent encore l'empreinte de l'influence Wizigothique. Quant aux fresques du XIIème siècle, elles ruissellent de lumière et de couleurs et sont un bel exemple  de la liturgie wizigothe appelée aussi mozarabe.

La grande unité de style et de palette coloriste permet - nous dit notre guide - de conclure que la totalité des fresques fut exécutée sous la direction ou par les soins d'un seul et unique maître. Sans que jamais il y ait surcharge, elles témoignent d'un grand sens décoratif et d'une appropriation très personnelle des styles grecs, byzantins, espagnols, français.  Elles recouvrent le moindre espace de ces voûtes et murs tout dédiés à narrer en images des scènes de la Bible ainsi que de la vie rurale qui y était très étroitement mêlée.



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En écho aux signes du Zodiaque sculptés à l'extérieur de l'édifice, des fresques illustrent les saisons de l'année, ses travaux familiers, les états d'âme humain au fil des jours.
Ici les trois derniers mois de ce calendrier:  Octobre ou la saison des vendanges, Novembre ou la saison de l'abattage du porc et des salaisons, Décembre et ses feux auprès desquels on se repose. J'ai été très étonnée de  l'orthographe des mois, anglicisée me semble-t-il... Aucune explication trouvée à ce jour.


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Dans le musée de la basilique, un beau reliquaire d'ivoire sculpté. Il était à l'origine recouvert d'une feuille d'or, disparue depuis. 



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La porte sur laquelle se détache la silhouette du saint évoqué ne manque pas de nous renvoyer aux ouvertures qui déversent la lumière extérieure et allument la pierre de toutes sortes de feux:


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Et comme souvent lorsque nous avons bu les richesses dessinées de main humaine, il nous tarde de retrouver l'air pur et ses joyaux.
Une simple fleur se détachant sur un vieux mur caressé par la brise et qui résiste à se faire saisir par l'appareil photo nous semble alors un trésor inestimable:



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Bientôt, sous le soleil de Mai nous rejoindrons la rivière Sil, ses canyons et ses lacs de fraîcheur verte ou bleue. Entre la pierre et l'eau, c'est cette dernière qui a nos faveurs... pour une fois!

 
                                   

 


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commentaires

Marianne 15/06/2010 12:56



bien désolée Viviane de cette interprétation qui n'a rien à voir avec mes intentions. Alors si le mot "commentaire" t'a semblé tomber mal à propos, navrée pour ce que tu viens de ressentir.


Il n'est pas dans mon attitude de générer violence.


 Je ne cesse de le dire : l'impact des mots...


Mais je vais te faire sourire j'espère maintenant. As-tu vu ce mot commentaire : il peut aussi s'entendre ainsi : "comment taire ?" Et j'ai l'imprression que tu as en ce moment envie de
te taire justement pour retrouver du temps à toi. Alors, je t'invite à te sentir libre de le prendre tout en t'assurant de mon amitié.



Marianne 15/06/2010 09:13



Viviane, c'est ton article que j'appelais "commentaires" : en les rapportant aux images publiées pour lesquelles tu donnais des éclaircissements. Sur ton blog, je trouve de l'intérêt et quand je
dis "guide", je ne sais pas quelle connotation cela a pour toi, mais pour moi c'est quelqu'un qui connait des lieux et me les fait découvrir en me livrant leur histoire.


 Tu es libre d'aller et venir chez moi, comme le font les amis qui viennent, s'en vont, reviennent. Parfois, ils se taisent, parfois ils ont envie de me dire quelque chose.


Ton temps t'appartient et tu as toute liberté de fréquentation et de réaction.


Je sens bien que tu le vis comme une obligation. Tu le dis chaque fois que tu t'excuse de ne pas venir. Mon amie, viens chez moi les jours où le coeur t'en dis. Parle ou fais silence, tu n'as
aucune contrainte à mon égard.


Ne lis pas des reproches où il n'y en a pas. Ce n'est pas ma façon d'être.


Je t'embrasse.



Russalka 15/06/2010 12:08




Merci de ton explication. Reconnais cependant que ta formulation est ... pour le moins ambigue.
Ainsi pour toi, un texte qui m'a demandé des heures de mise en page, de travail sur ma mémoire pour vous offrir ce voyage, ce sont  juste des " commentaires "? Il n'était pas plus simple et
plus clair de dire que le texte accompagnant ces photos était fourni ou dense ?  Au lieu de cette expression qui peut tout aussi bien signifier que les commentaires que l'on m'a laissé sont
en assez grand nomùbre eu égard à mon absence de tes articles depuis quelques temps?   J'ai vécu tout cela et le vis encore, je ne te le cache pas, comme une injonction à venir te commenter
étant donné que je n'étais pas venue depuis plusieurs jours. Et cela m'a fait ( me fait) violence.

Non, je ne suis plus libre, hélas.
Et il se pourrait bien que pour retrouver définitivement ma liberté,  je quitte définitivement et mon blog et l'écriture.


...
Je te souhaite bonne semaine Marianne. 





Marianne 14/06/2010 22:06



Merci de te faire guide l'espace d'une évasion. Ces images sont invitantes et tes commentaires bien fournis. Je te souhaite une belle semaine.


 



rticles des uns et des autres. 15/06/2010 08:44



Ton commentaire Marianne me laisse un goût très amer. D'un côté le compliment pour le guide de voyage. De l'autre une remarque sur la
quantité ( bien fournie ) de commentaires qui est comme un reproche, en regard en effet du fait que je ne suis pas allée commenter tes deux derniers articles, chose inhabituelle de ma part
puisque depuis des années j'ai été présente sous tous tes articles et que nous sommes assez rares à le faire.
J'ai besoin de souffler Marianne, de ne plus me sentir emprisonnées dans cette obligation d'aller lire et commenter ceux  qui me lisent et me commentent, et tu vois, j'ai beau l'avoir dit
sur tous les tons,  on est encore et toujours là à venir jusque sur mon blog réclamer ce qui semble désormais être un dû: ma présence en mots sous les articles des uns et des autres. 
Je ne suis pas maîtresse d'école ou prof de français et payée pour en permanence dire bravo aux élèves bloggueurs. Vous êtes adultes, vos mots sont adultes. Donnons en partage les uns et les
autres ce que nous avons à donner sans rester esclave de ces congratulations qui de plus en plus souvent se limitent à des " merci, bravo, trop beau, continue " dont sens caché que je perçois
très douloureusement est en fait: " Viens me lire et me commenter puisque je suis venue te lire et te commenter".
Donnons pour parfois simplement le regard silencieux, et les commentzaires n'en reprendront que plus de prix, nous aurons alors le temps d'en écrire qui seront emplis de sens et d'empathie réelle
pour l'article, au lieu de ces formules convenues qui n'apportent rien et ne nourrissent ni la plume ni l'auteur, ni l'article.


 



aimela 13/06/2010 10:19



Superbe ce voyage et que de trésors dévoilés à une voyageuse immobile  Merci Viviane et bises



Russalka 14/06/2010 09:07



Merci à toi Aimela, ne m'en veux pas de ne pas être présente sur les blogs en ce moment, j'ai besoin de retrouver un rythme de
lectrice qui ne soit plus celui de la lecture systématique ( et du commentaire mécanique), et j'espère que mes lecteurs en fassent autant, pour retrouver le plaisir... Ce qui sera plus rare nen
aura que davantage de prix!



O 12/06/2010 22:42



Ces pierres dorées sont un enchantement et aussi c e petit cadeau inattendu d'une fleurs fine et mauve


 



Russalka 14/06/2010 09:06



Oui, cette fleur minuscule ( une linaire) et si difficile à saisir car sa tige très légère la rend sensible au moindre filet de
vent... Merci O.



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