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Mardi 24 janvier 2012 2 24 /01 /Jan /2012 08:40



Je pressentais que la douleur habite une maison légère
dont peu à peu elle perce les pierres
pour y couler sa fiente

il suffisait d'aller d'une pièce à l'autre
pour craindre d'assister à l'écroulement des murs
sous le poids des choses qu'ils auraient entendues

Il y avait pourtant un lieu qui échappait à cette lourdeur
lourdeur
douleur
désordre

La blancheur de la salle de bain au parquet impeccable
sa vieIlle baignoire sur pieds de fonte astiquée
ses placards jusqu'au ciel à remplir
et la fenêtre claire et sans reflet des fautes

J'aimais ce lieu échappé des violences accumulées depuis des morts
on s'y lavait

sans y penser

des troubles à venir
et quand des dents traînaient
c'était celles des peignes

Par Viviane Lamarlère - Publié dans : Fragments
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Commentaires

Que de souffrances ici dites. Avec distance, humour et cependant.

On comprend mieux votre besoin de nature. De simplicité et de lumière.

Amitiés,

Joubert

Commentaire n°1 posté par joubert le 24/01/2012 à 09h47

 

Merci Joubert, je fus longtemps écoutante ... de mes propres anciens ;o)) D'où en effet un certain besoin de paix.

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h20

Quelle belle image, celle des dents qui sont des peignes. Merci Viviane de ce poème/déambulation dans la maison du temps passé: il rend existence, aussi, à nos propres enfances

Commentaire n°2 posté par Sonya le 24/01/2012 à 10h01

 

Merci à vous Sonya, c'est sympa d evous retrouver dans ces quelques phrases ;o))

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h20

trés beau en effet

Commentaire n°3 posté par lutin le 24/01/2012 à 10h36

 

Mille merci Lutin!

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h21

Une salle de bain refuge... où l'on se retrouve à nu(e)

Commentaire n°4 posté par Mony le 24/01/2012 à 10h41

 

Où l'on cherche à s'aimer au milieu des orages... Bises et merci Mony!

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h22

Bonsoir Viviane,

La salle de bain, un endroit intime, Un cocon parfois où la chaleur rehausse le teint ... Où l'on se lave de tout: dehors comme dedans..

J'ai beaucoup apprécié  ce poème , tes images...

Bonne soirée

Martine

Commentaire n°5 posté par Martine le 24/01/2012 à 20h57

 

Merci Martine d'avoir si bien senti ce qui se cachait entre les phrases... j'ai gardé de ces temps là de l'amitié pour les fenêtres claires, les murs blancs, les pièces propres et sages.

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h26

  Magnifique, cette réflexion sur les vieilles demeures, dont j'ai eu la chance de connaître un exemple, le "château" de Lanloup où j'ai vécu plusieurs étés... ! Vaste salle de bains à l'ancienne - où ta remarque sur les dents des peignes est encore une trouvaille.

Commentaire n°6 posté par Valentine le 24/01/2012 à 21h13

 

Ah quelle chance tu as eu, j'aurais adoré passer des vacances dans une telle demeure... La mienne n'avait pas de tourelles mais elle en imposait cependant. Merci du lien qui m'a permis de te découvrir encore un peu plus ;o))

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h27

Ces pièces blanches s'ouvrent sur un espace infini...

 

Commentaire n°7 posté par Miche le 25/01/2012 à 03h44

 

Elles ouvraient sur le parc, ses arbres amis, les oiseaux si légers qui n'annonçaient que de bonnes nouvelles, la fraîcheur de l'air pur venant de la forêt voisine, parfois les Pyrénées vues de loin dans le ciel sans nuages...

Réponse de Russalka le 25/01/2012 à 09h49

  Pour répondre à ta réponse, nous n'avions pas le droit d'aller partout, et notamment la tourelle nous était interdite. Mais elle avait été rajoutée par je ne sais lequel des propriétaires (ma mémoire est une véritable catastrophe !) et on la considérait parfois comme "une faute de goût" ! Par contre j'ai connu des frousses épouvantables lorsque j'ai dormi dans la chambre qui se trouvait au premier contre la tourelle : toute la nuit j'ai cru que des fantômes allaient faire intrusion, soit par la cheminée, soit par la tourelle ! Gaud Ropartz, notre hôte, habitait la partie droite et se gardait tout le rez-de-chaussée. Mais, le bâtiment étant en L, il y avait par derrière sur la gauche au premier des appartements plus souriants auxquels nous avions accès et dans lesquels se trouvait la fameuse salle de bains... Mon père, lui, avait accès à la tourelle où se trouvaient les manuscrits personnels du compositeur, car il venait pour le faire connaître.

Commentaire n°8 posté par Valentine le 25/01/2012 à 14h55

 

Ah toi aussi ;o)) j'avais très peur des fantomes à Jautan et ne montais à ma chambre ou au grenier qu'accompagnée de mon ours en peluche ;o)) En tous cas de beaux souvenirs que tu m'offres là, mille merci Valentine, peut-être pourrais tu faire remonter ceux de tes écrits qui parlent de ce lieu?

Réponse de Russalka le 26/01/2012 à 20h21

(Re réponse au sujet de "mes écrits de l'époque") = je n'ai rien écrit !! 

Commentaire n°9 posté par Valentine le 26/01/2012 à 21h46

 

Ah, c'est dommage...

Réponse de Russalka le 28/01/2012 à 10h21

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