Je pressentais que la douleur habite une maison légère
dont peu à peu elle perce les pierres
pour y couler sa fiente
il suffisait d'aller d'une pièce à l'autre
pour craindre d'assister à l'écroulement des murs
sous le poids des choses qu'ils auraient entendues
Il y avait pourtant un lieu qui échappait à cette lourdeur
lourdeur
douleur
désordre
La blancheur de la salle de bain au parquet impeccable
sa vieIlle baignoire sur pieds de fonte astiquée
ses placards jusqu'au ciel à remplir
et la fenêtre claire et sans reflet des fautes
J'aimais ce lieu échappé des violences accumulées depuis des morts
on s'y lavait
sans y penser
des troubles à venir
et quand des dents traînaient
c'était celles des peignes
Haendel, l'Harmonieux forgeron, Trevor Pinnock au clavecin
Que de souffrances ici dites. Avec distance, humour et cependant.
On comprend mieux votre besoin de nature. De simplicité et de lumière.
Amitiés,
Joubert
Merci Joubert, je fus longtemps écoutante ... de mes propres anciens ;o)) D'où en effet un certain besoin de paix.
Quelle belle image, celle des dents qui sont des peignes. Merci Viviane de ce poème/déambulation dans la maison du temps passé: il rend existence, aussi, à nos propres enfances
Merci à vous Sonya, c'est sympa d evous retrouver dans ces quelques phrases ;o))
trés beau en effet
Mille merci Lutin!
Une salle de bain refuge... où l'on se retrouve à nu(e)
Où l'on cherche à s'aimer au milieu des orages... Bises et merci Mony!
Bonsoir Viviane,
La salle de bain, un endroit intime, Un cocon parfois où la chaleur rehausse le teint ... Où l'on se lave de tout: dehors comme dedans..
J'ai beaucoup apprécié ce poème , tes images...
Bonne soirée
Martine
Merci Martine d'avoir si bien senti ce qui se cachait entre les phrases... j'ai gardé de ces temps là de l'amitié pour les fenêtres claires, les murs blancs, les pièces propres et sages.
Ah quelle chance tu as eu, j'aurais adoré passer des vacances dans une telle demeure... La mienne n'avait pas de tourelles mais elle en imposait cependant. Merci du lien qui m'a permis de te découvrir encore un peu plus ;o))
Ces pièces blanches s'ouvrent sur un espace infini...
Elles ouvraient sur le parc, ses arbres amis, les oiseaux si légers qui n'annonçaient que de bonnes nouvelles, la fraîcheur de l'air pur venant de la forêt voisine, parfois les Pyrénées vues de loin dans le ciel sans nuages...
Ah toi aussi ;o)) j'avais très peur des fantomes à Jautan et ne montais à ma chambre ou au grenier qu'accompagnée de mon ours en peluche ;o)) En tous cas de beaux souvenirs que tu m'offres là, mille merci Valentine, peut-être pourrais tu faire remonter ceux de tes écrits qui parlent de ce lieu?
(Re réponse au sujet de "mes écrits de l'époque") = je n'ai rien écrit !!
Ah, c'est dommage...