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Musique de la semaine

Arundo Donax

1 décembre 2012 6 01 /12 /décembre /2012 09:47




Il était une fois deux frères que leurs corps
et leurs esprits portaient à toujours s'opposer.
Le premier d'un seul doigt eut soulevé un port
en chantant ses mérites d'une voix osée
ronde et bien trop puissante
pour laisser en mémoire une pensée qui chante.

Un mince courant d'air renversait le second
tant il était fluet !
Quant à la rhétorique il était peu fécond
pour tout dire partout il se tenait muet.

Le premier agissait
le second méditait.

Il est bien peu de dire
que le premier souvent
était tenté de rire
de son cadet savant.


Or un jour qu'en forêt ensemble ils chassaient
une flèche perdue semblant inextirpable
au ventre du chétif profond vient s'enfoncer
et lui ôte ses forces déjà misérables.

Le fort est affolé.
Ses muscles rien ne peuvent
contre l'arme mortelle et son dessein ailé.

Mais Faible l'arrachant retrouve une vie neuve...

Quelques années plus tard c'est un vieil acacia
qui vient piquer le doigt musculeux de l'athlète.
Voici notre héros pleurant comme une bête
pour la première fois.

Celui qu'il méprisait se rend à son côté
le console et l'écoute.
Au milieu des chagrins des rancunes des doutes
naît entre eux une mâle complicité.


Tu m'as rendu de ta force
lui dit le plus puissant
où l'auras-tu trouvée ?
Je ne te savais pas être de cette écorce!

Frère... ce pouvoir que tu sens
est monté droit de ma vulnérabilité !


Giuseppe Verdi, Ouverture de l'Opéra La force du destin.






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publié par Viviane Lamarlère - dans A la manière de...
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commentaires

corinne 04/12/2012 11:14


Le destin a réparti leurs forces pour enfin les réconcilier...

Russalka 05/12/2012 08:44



Hélas, souvent tout ceci n'existe que dans les histoires. Dans la vraie vie, les êtres se déchirent, encore et encore
et partout si j'en crois les infos de ce matin...



Valentine :0056: 02/12/2012 22:33


Bravo, car derrière ses allures de Chêne et de Roseau, cette fable a sa propre démarche et sa propre "conclusion" (je ne veux pas dire "morale" !) ; en effet
la "force" n'est pas toujours celle que l'on croit, et bien supérieure lui est parfois la Vulnérabilité, qui sait écouter, comprendre, et s'unir par empathie aux ressentis d'autrui. De plus elle
est bien écrite, pleine de verve !

Russalka 05/12/2012 08:38



Merci Valentine, je devrais si j'en avais le temps, revenir plus souvent aux contes et poèmes car toujours du plaisir
à les composer, mais le temps me manque, entre perpétuels travaux de jardin, de maison etc. Enfin, avec l'hiver, tout cela va se calmer ;o)))



aimela 02/12/2012 10:21


N'est pas le plus fort  n'est pas toujours ce qu'il paraît  , des colosses s'effondrent  sous le souffle d'u vent alors que  les autres   restent debout  quoi
qu'il arrive

Russalka 05/12/2012 08:26



C'est bien vrai ce que tu dis... Et nous avons donc besoin de la force instantanée du colosse et de la résistance du
roseau. Merci Aimela!



Philippe 02/12/2012 09:14


Ce qui nous concerne tous à des degrés divers et à un moment l'autre de nos existences.
Bises, Viviane et grand merci de ces vers classiques fort bien troussés.

Philippe

Russalka 02/12/2012 09:41



Merci Philippe, je te sais amateur de clacissisme et suis contente d'avoir comblé ce voeu, modestement il est vrai
;o)))



Miche 02/12/2012 03:57


En nous... les deux...


 

Russalka 02/12/2012 09:37



C'est exact Miche, et nous oscillons sans cesse , en notre for intérieur, entre ces deux extrêmes... qui se
nourrissent l'un de l'autre, au fond.



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