Le blog de Viviane Lamarlère http://www.vlamarlere.com/ 2007-04-07T19:22:45Z over-blog.com Atom 1.0 Generator http://accel6.fdata.over-blog.com/99/00/00/01/img/avatar.png Poésie, symbolique du monde, les quatre éléments, contes, écoute, accompagnement, musique http://www.vlamarlere.com/article-16941995.html Des espoirs 2008-05-17T13:09:00Z 2008-05-17T07:58:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90/tableaux/folon.jpg" /> Quand mon entendre monte        aux patiences du ciel,                     fruitées, blanches, qui luttent     je sens de vert en vert emportant la campagne             en fleur le temps glisser sur les tables d’hiver. Toutes proches résonnent des voix baignées dans l’eau de tombe     un dernier geste de la main l’herbe écrasée du jour qui mord Toutes proches penchées vers l'absente leurs nuques Je dis     que je n’ai plus de preuve que quelque chose vit La faim d'un plein désert content de soirs et blond se déplie nue au coeur de toutes mes fatigues Toile de Jean-Michel Folon         amp; http://www.vlamarlere.com/article-19634298.html Membranes, chutes et autres traversées *1* 2008-05-17T11:19:42Z 2008-05-17T07:06:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html On était bien on avait peur         les nuits de cloisons mûres   quand l'effroi silencieux rampait vers ce qui manque à débusquer le ciel couteau de liberté coincé entre les dents Dehors le jour ni bien ni mal   les passants que tordait la torche sans répit de ces mains qui prétendent et toi écartant les lèvres d’un cercle son puits vers l’infini la fleur ou la fêlure toute chose qui meurt de n’être plus nommée ou d’être trop cueillie Tu ne sais plus pleurer     ces chagrins de paille où l’enfant se berce         étonné de ses larmes et presque joyeux     du pauvre caillou qui a défait le cercle          Tu ne sais plus pleurer         en aimant la beauté de tes gouttes tandis que le vent couche             sur tes joues qu’un rien tremble     un au-delà du sel Tu ne sais plus pleurer tes pas ne sont plus libres de leur pauvreté Marcher membrane à rompre Marcher l'espoir planté en terre la crainte et la confiance à l’autre une serrées                                                             Tu t’étais mise en route                  vers le simple appareil de l’aube et de la mer dans le miroitement un chant d'effort sans muscle le pas d'autres déserts Quelqu'un a pris un jour ce chemin  d'eau vivante et les vagues charnues ont caressé ses pas           mais marchait-il vraiment ou n'était-il déjà         qu'une ombre ? Je me souviens         une lagune         sur mes joues l'or bruni de pourritures éparses     un nuage très bref à l'entendre la peur couvait le froid dans la dune En allongeant mon rêve j'aurais pu toucher l' écaille primitive déchirer la membrane emprunter l'infini L'ombre et l'envers de l'ombre le monde et son buvard Le profond la surface lieux épuisés En vrai il fut trop tard         Il y eut une autre fois              Lumière de septembre         aucune déchirure n'en menaçait la brise tiède         le sentiment diffus qu'on ne peut couronner         un seul versant des choses              Comment poursuivre un rêve sans distraire ses images ?         Glisser dans ses sursauts         les garder indulgents?                  Ai-je entendu de peau         l'imprécise douleur         d’une plante en bord de mer         quand l’épine qui la tire au jour         s’évase sous le pas         et lui offre la fleur des brûlis souterrains         Visage épine solaire         reins bourdonnant du sable aux hiers bleus de l'ombre        il n'y avait rien à comprendre         mais tout à éprouver         jamais je n’oublierai le froid contre mon dos Eclaircie preuve d'ombre mais toujours ces membranes. Le doute. Bien engagé. Silence de lame. Naissance à l'étouffée.                 Nul doute que                       mon jardin peut être noir                       d'une seule poignée de terre Marcher car personne ne doit infliger à la route l’ignorance du pas qui pouvait cheminer Ma campagne creusée d'ombres claires         ma campagne en avant de paroles       tes pierres croient en paix leur lente vie de pierre                          Ma campagne ma vraie         entends-tu galoper    la défriche si proche au triste cimenté             les aubes de cordeau       le possible muret voyages épaufrés?            Mes terres anciennes ainées de sombre et rude patience         tout y pousse à l’endroit avec assez de ciel         Du sol         bientôt chevé         une protestation La fraîcheur des murets m'est toujours une source mes doigts aiment sans hâte la nielle qui brunit sur les gardiens de pierre Protestation humide serpentine ou véreuse figure inachevée     La pierre pour traverser                 Muscles bandés                     vers l'horizon avec rien la pierre attend une réponse          Elle a perdu sa mort Qu’attende la pierre, quelle attende! il s’est passé quelque chose! La nuit a poussé un cri Peut - être un nœud qui s’est défait? Pourquoi avoir dénoué la faim dans nos sommeils d’un vent très simple enrubanné aux arbres ? Je crois que ce sont eux qui ont déchiré le ciel de leurs aubiers en flammes et nous bouche incendiée Demain nous mangerons une lumière neuve sans savoir ce qui s’est vraiment passé Qu’attende sa mort perdue la pierre ! Par le sang des saisons qui roulent sous la peau par la douceur de l’eau plus douce que la rivière ancestrale par les gorges venteuses et la douleur du ventre Je  cherche    l'oiseau du cri poussé Mon bateau désossé mon bateau bois de danse         combien de fois combien la pluie interrogée ou la bête mangrove aux gueules bousculées ? La nuit en pavillon de lisse immensité     coulait d’un bord à l’autre         le cœur de toute chose était là     point puissant et massif point d’un noir indicible prêt à prendre son envol vers  l’une ou l’autre issue    fracasser un espoir sur la blancheur des gouffres ou sombrer les parois d’une gaîté sauvage Mon bateau désossé mon bateau bois carbet     combien de fois combien avons-nous traversé la forêt de nos peurs         aux arbres contractés sur les plaies jetées là ? Enfin     après la dernière goutte du dernier fleuve     après le dernier grain d'ombre du tout dernier soleil         j’ai tenu dans mes mains l’inconcevable Etait-ce l'empreinte de la fin ou le début de la parole je ne sais plus Posé sur une branche il rondissait son dos     cela faisait un bruit de feuilles crachinées les échos s'en allaient en quête d'origine         rubans de transparence petit battement des tempes serrées entre mes paumes soie des plumes tendues sur la perte à venir Il vivait s’est réchauffé m’a regardé puis a ouvert ses ailes en déchirant mes muscles et ma gorge et ma voix la peur devenue joie Petit battement du temps une mésange bleue s’est posé ce matin au bord de ma fenêtre     restée longtemps         longtemps     on dirait qu’elle dort dans tous ses mouvements Ailes froissées le cœur si vif sous le plumage            les yeux étranges et importants Mais derrière la mésange le ciel vitre brisée sur des soleils étranges me tend les fruits carrés de l’hypothénue frange Est-ce ainsi que naissent les étoiles? Il suffit de trancher la glace devant soi et planter un éclat dans le coeur pour jaillir l'impossible lumière ! Est-ce la fin d'un monde ou son commencement ces arbres sont ils morts est-ce le ciel qui ment? Le seuil. La fin. Un monde ou son commencement. Dans la rondeur d’un ventre. L’agneau. Membranes heureuses.     Quelques villages séchant entre deux lampes     et les étoiles vertes     qui fleurissent en cette saison     puis la nuit de la pleine Lande     tellement gelée la terre en ce pays     tellement durcie la terre sous les couloirs du vent     que le bas côté se tasse comme un chien battu. .     Nous roulons loin des heures de fermeture     greffés à notre solitude     au bruit léger du vent glacé contre les vitres.     Et me voici dans ma cuisine     sous la lumière des paumes     l’eau des moments très simples     l’autre pan de ce soir qui presque ne bouge plus.     Peut-être sacrilège de rassembler ce qui n'était     que pour toucher et s’en fuir ?        Etre le seuil     la pente douce     où le pas du temps se pose.                                                     Affronter le vertige qui retient tout agneau                                                     de devenir un  loup Et même si le ciel                        s'arrachait avec toi Viens    N'aie crainte de la peur qui flambe dans nos yeux                     ni de ton coeur qui bat                 déjà                 au fond du mien             Toi l'intrus radical         offre-nous la blancheur de tes cheveux sans âge             offre-nous tes révoltes                     danseur enraciné aux limbes ton beau pied                                 un buste dénudé tétons bels et butés             J'imagine déjà dans la liqueur bleutée qui coule de tes mains la vie bulles serrées déshabillant sa geste           Roi des voûtes des aubes             à nos sources meurtries             Viens déplier l'enfer Glisser plus bas que la fin de la chute                 franchir l’écorce               Emportant en mon âme                 une idée de la blancheur future                    glisser à l’ultime fontaine                                près des corbeaux de feu Si dans mes paumes nues où s’accrochaient mes ailes     pouvait pousser enfin un tas de feuilles sèches         m’incendier sans retour la transparence épaisse au beau regard de loupe Si dans mes paumes nues pouvait pousser un feu qui chasse le silence Glisser L’ange se sentait en terre sans manières Il insistait souvent Je veux savoir tes pentes tenter la communion comprendre ce monde auquel On nous destine     Une suite de courbes                 emplies de tant d’erreurs qu’on pourrait en faire des bouquets Quand le soir vient mendier la lumière             les villages renversent un feu sous les maisons Dans le silence sur le côté des routes                                 ne reste alors que de l'étrange à raconter   La pente raide après un virage en angle aigu         des vignes au-dessus desquelles vole un couple de buses     posant au même endroit             midi               un carrefour en forme d'étoile très vieille   la côte qui monte douce entre les chais       puis la descente     brutale     Sur la bute             un  fléau où je laisse toujours         avec la pointe au ventre                             quelques instants balancer ma voiture     Le temps d’imaginer que je vais tomber droit        et déchirer le vent qui souffle là                  mais ce soir     un chevreuil.     Il allait lentement     traversant la chaussée comme un roi qui ne craint ni le noir ni la route     Il faisait une nuit     Dieu…          comme la nuit peut éclairer la nuit     Il faisait nuit sans lune et pourtant             je l’ai vu                 entrer avec lenteur dans les longs rangs de vignes     le poitrail en avant     bombé     éblouissant     une fête blanche sous sa robe dorée     je rêvais de vendanges et de ce sucre en feu qui fait un creux     l'automne     après le grain mordu     J'ai quitté la rencontre avec le sentiment d’être devenue pauvre     d’être restée au bord     coupant si loin dehors     d’une histoire formidable     où je n’étais conviée M’avait-elle invitée ? Elle me tournait le dos      cela me ferait froid de ne jamais savoir         la blancheur de son ventre   ses yeux au coeur du coeur    la nuit qu'elle étirait         l'immense nuit                son ombre    au plumage nouée grande voile où le sombre         éblouissant                         naîtrait  Elle marchait souvent au-dessus de ma tête      d'un pas simple glissant sur le bois des greniers  avant l'envol muet dans les grands ifs bleutés qui ceinturaient le parc Et je rêvais alors que nos rêves étaient comme des dames blanches    attendant que le soir dans une pièce enclose         leur ouvre les croix et             les emporte creusant des vents jamais osés  J'aimais ses battements       sans bruit d'elle mais lourds      sans regret des regards trop brillants dans la chambre         sans espoir de butin plus grand que cet instant         La suivre enfin         pour que mon coeur cogne plus fort dans mes poignets         Mais il y avait des murs         partout des murs         et partout des fenêtres         et partout des oiseaux à leurs proies embrassés         et des cadrans partout qui réclamaient leur dû         et là         sous mes cheveux         une issue refermée par les serres du jour                                 J’étais bien. J’avais peur.  Ai-je jamais vraiment eu peur ?      J’ai bu la vie                 elle m’a bue                     d’une gorgée à l’autre             sa blancheur m’œuvre encore                 d’un souvenir de lait            Mais où dorment les mots                 de l’intervalle obscur             sais-tu ?                 qui noue             une gorgée à l’autre ? Sombre déjà et nos gorges muettes Le ciel s'ouvrit pendant la fleur Du loin où nous étions nous entendions des cris s'effondrant sur la mer L'excès avait changé de peau               Au faîte du plus vieil eucalyptus une chouette saluait clandestine l'herbe fraîche mouillée un supplice                 J’aime les campagnes simples                                 ces chemins qui trébuchent                 hésitent puis se perdent avec modestie             les coques défendues des châtaigners l’automne                                 le parfum émouvant de la terre remuée                             Arbres  bras                          repliés                             comblés         sur une issue bleutée aussi floue que l’oiseau                             qui déroule en son vol                                    la chaleur du mystère offerte à nos regards                                                 Ce soir la campagne est triste             pleine de lâchetés                 comme si elle s’était trompée de lumière             comme si elle ne voulait pas savoir                                 le nom des amours brûlées                           à l'ombre des grands chênes l'été. Parfois j’ai un automne au fond de mes pensées le regard allongé du côté de l’été je mâchonne le temps... http://www.vlamarlere.com/article-17316416.html Entre les traces 2008-05-14T22:26:00Z 2008-05-12T18:50:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html A ceux qui ont perdu un être cher... Le temps leur est venu des traces de l'intervalle entre les traces objets muets poignées de terre meuble que l'enfant seul devine coulant en leur triomphe d’eau Le temps s'est arrêté. Silence à grande fleurs Le ciel est jour de pierre Et les gestes fouillant jusqu'à ces noeuds du coeur où s'allumaient des arbres Le soir ils entendent sa voix Un souvenir de pas vient trouer l’hébétude leur hâte  à se lever est du pays d'avant mais rien Résonance les murs plus grave chaque fois plus Ce qui était vivant l’était par elle le soin qu’elle apportait à soulever les choses pour éclairer les heures ses mains qu’on devinait ailes priant les fleurs mais tout est éventré que les ombres dévalent Le temps leur est venu des traces qu’on ne sait plus Agnus Dei de Gabriel Fauré Le même morceau en dewplayer amp;  Requiem de Rutter   http://www.vlamarlere.com/article-19497089.html Pat Thiébaut, Rêves de poche 2008-05-14T21:18:21Z 2008-05-12T10:54:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90/photos-2/R-ve-de-poche--1.jpg" /> Cet auteur dont je vous ai déjà parlé, à propos des Vies secrètes du Hans Trapp ou de La solitude du Kristkindel cet auteur que je rêve d'accueillir un jour dans notre douce région vient d'éditer un livre dont j'ai reçu hier en avant première deux photos, accompagnées comme toujours d'un petit mot délicieux, délicat, drôle et vivant et tendre, à l'image de ce que j'imagine être ce conteur dessinateur peu banal. Regardez ce lion et son dompteur étonnés, aux yeux brillants à l'identique, vers quel pays l'auteur va-t-il encore nous emmener? Voilà ce que je rêve de savoir, très vite, pour mieux vous en parler. Je n'ai jamais vu des cheveux d'or peints avec cette patte certaine, qui fait du poil qui nous pousse sur la tête un joyau solaire. Et puis, rien que le fait de nous montrer simplement le buste des deux personnages me donne envie de connaître ce qui se passe de l'autre côté du mur sur lequel ils semblent appuyés et regarder ailleurs... au fond de mes propres rêves. Ce rêve serait-il d'une chute dans l'éther? Tous les enfants  - même les plus grands -  sont longtemps poursuivis par ce rêve d'être un planeur vivant, ce rêve de chute au bout de laquelle se trouve toute rédemption. Oui, ces deux seules images me parlent de nuits transfigurées, de natation dans l'air pur, d'un mélange de joies et de petites trouilles, d'émerveillement au rendez-vous... Et puis le titre n'est pas sans m'évoquer un autre grand rêveur, un autre promeneur du ciel et des étoiles. Aussi, et avant que de me munir de mon bâton de pélerine et trouver un lieu sur ma région où accueillir en vrai et faire connaître cet auteur au-delà de ses terres d'Alsace, je voudrais avec une pensée toute amicale lui offrir ce poème de Rimbaud: Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées; Mon paletot soudain devenait idéal; J'allais sous le ciel, Muse, et j'étais ton féal; Oh! là là! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou. Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur; Où, rimant au milieu des ombres fantastiques, Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur     http://www.vlamarlere.com/article-10805223.html Eaurage 2008-05-12T10:03:27Z 2008-05-12T09:56:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90//orag240306-3.jpg" />              Je suis venu pour vous faire peur                     effacer de mon eau lourde du bleu du ciel                 l'encre noire de vos arbres             Voyez mon chien de vent qui jappe son troupeau                il mordra vos clochers             jusqu'à l'os des prières               essorera vos routes de l'essaim bruissant            troublé comme une loupe             Une rumeur de pluie a gonflé mes pensées                Il ne faut pas que les oiseaux se taisent             ça fait grandir la nuit             Dites aux oiseaux de chanter! http://www.vlamarlere.com/article-18528304.html Notre maison 2008-05-11T17:30:16Z 2008-05-11T17:25:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90/photos-2/l-an-dernier-sous-la-neige.jpg" /> Chaque hiver ou presque il neige chez nous abondamment. La neige tient quelques jours et me fait oublier, quand je regarde notre pré qui s'enfuit vers Bordeaux, l'absence de style de notre maison. En sud Gironde les maisons sont sans caractère. Alors on se console avec la beauté de la nature ou on essaie de rendre chaleureux l'intérieur... quoique tout chez nous soit de bric et de broc. Ci-dessous,  notre pré en neige Ici une partie du salon. que la cheminée divise en deux Au fond un petit coin télé où je ne vais jamais ( Je ne sais pas trouver les chaînes de la télévision... c'est idiot mais c'est véridique) La pièce est assez grande pour y loger une table si nous sommes plus de dix personnes ou si c'est ... la première fois et des tas de souvenirs africains.  Le coin bibliothèque qui donne sur l'arrière du jardin. Vous reconnaîtrez sur la cheminée mon oie de palmier et puis des souvenirs d'Afrique même si j'aime bien faire le ménage. ici devant le canapé Entre les deux salons j'organise parfois une table comme sur cette photo Mais la plupart du temps, nous dînons entre amis à la cuisine très lumineuse quoiqu'âgée de vingt ans donc un peu... élimée et où trône mon portable Pour rester dans ces nuances abricotées, l'an dernier Mathilde et moi avons refait de fond en comble sa chambre. Les murs en avaient été voulus bleu roi par Bruno, voici le résultat final avec des appositions de fleurs sur les murs un style très japonais... Juste derrière la chambre de Mathilde notre coin repas de l'été un peu fouillis mais bien agréable La chambre d'amis, toute simple, très calme En attendant voici l'entrée de la maison ce midi, arbres qui poussent n'importe comment. http://www.vlamarlere.com/article-19140489.html Racines 2008-05-09T22:22:08Z 2008-05-07T19:37:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html Mercredi dernier, nous sommes partis deux jours en Espagne, le prétexte était une exposition de Suisekis. Il y eut bien sûr d'autres rencontres, botaniques, picturales, gastronomiques dont je vous parlerai au fil des jours. Mais d'abord, le mélange de malaise et d'espérance, traversant le Pays Basque espagnol et ses tunnels répétitifs. Tunnels             racines creuses voleuses de terre noire Véhicules filant insouciants               le temps mort jeté par-dessus bord Un jour                 ruines écrasées de ciel un train lent misérable peinant sous la verdure Vers les bleus sans pitié                insouciante racine pleine un lierre emportera     ton âme             d’autres fruitsles oiseaux                                    affamés http://www.vlamarlere.com/article-18912940.html Eclipse 2008-05-09T01:22:25Z 2008-04-29T14:39:00Z Russalka http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90/photos-2/ecl110899-kawagushi.jpg" /> Quand le jour pèse sur tes épaules d'où tiens-tu cette peur? Est-ce la lumière que tu sais moitié vraie dans ton dos ou ces pierres devant pour trébucher? Eclipse le regard à l'envers comme on se déterre   amp; Prière à la Lune de Russalka opéra de Dvorak http://www.vlamarlere.com/article-18443688.html La fabuleuse histoire de la plante d' Épier 2008-05-03T23:09:03Z 2008-04-29T10:12:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90/paysages/t-fatherandson.jpg" /> Plante d'Épier était triste. Personne ne l'aimait. Pourtant, elle appréciait son monde l'herbe d'or le soir qu'à peine froissaient les pas d'un vieil arbre et de son tout petit la pluie qui certains jours s'y brisait en vert pur les sentiers fauves de broussailles, échines bandées, grognements de cailloux bruns et graves remontant leur source, enroulant à la roche un rio de rancunes et de feuilles. Oui, mais voilà. Plante d'Épier aimait surprendre les secrets des uns et des autres puis les disperser dans tout le pays. Ses compagnons d'autres espèces avaient beau parler comme Fumée se dissipe, elle entendait toujours et ses Rats-Contars couraient quelques bouquets malodorants accrochés à leurs moustaches. Le regard plein d'écorce des vieux arbres ne lui donnait aucune mauvaise conscience... Une nuit où elle s'était endormie de fatigue, un arbre aux racines plus souples que les autres rassembla toute son énergie et l' envoya promener par les airs. Adieu belles collines aux fruits rouges comme la mer Adieu l'arbre nuage aux racines de grèle Bienvenue au désert. Plante d'Épier fut encore plus triste. Son atterrissage l'avait transformée en plante de Pierres. Il lui fallait s'enfuir au plus vite de ce lieu en apparence plein d'immobile, si différent de sa terre natale, dont les paysages bougaient avec une telle brutalité qu'on ne savait jamais leur en vouloir. Il lui suffirait d'épier et de parler, jusqu'à ce que ces pierres muettes mais pas sourdes se lassent. Le résultat ne se fit pas attendre... Pour se débarrasser de cette plante qui parvenait en dépit du peu d'eau à s'infiltrer jusque sous leurs ombres pour écouter qui sait quoi, une nuit, aidés du vent qui joue tam-tam en ce pays là, pierres et grains de sable se redressèrent tous en une immense dune et hop... glisse plante, glisse et t'en va vers la ... Ils n'avaient pas terminé cette pensée que la plante d'Épier se retrouvait de l'autre côté de leur terre. Plante d'Épier se sentit fort joyeuse. Cet endroit était éclairé de mille lunes et de mille soleils qui dansaient dans la brise. -  Bonjour! Qui es tu? C'est la première fois que nous te voyons ici... lui demanda une charmante corrolle d'or. - On me nomme la plante d'Épier, dit elle en rengorgeant sa voute. Je cherche un endroit où écouter ce que raconte le monde. - Oh la la, oh la la, misère de misère!!! dirent en choeur les lions de plume. Le plus joli d'entre eux s'approcha. - Bonjour, toi! Je suis Fleur-Lion, la fée de ma tribu. Si tu veux écouter ce que te dit le monde, tu dois l'enfermer derrière des clôtures pour qu'il ne se sauve. Je n'ai pas dis &quot; Oui, c'est bien d'agir ainsi !&quot;,  j'ai dit ce qu'il convient de faire, mais nul n'est tenu de me croire. Voyons... voyons... Tu pourrais  rejoindre ces mauvaises herbes qui bordent les ouches, mais il te faudrait tendre l'oreille car le monde passe vite... Non. Suis-moi! Tu vas te planter là, au milieu des Épis-Haies sauvages , tu seras en bonne compagnie, serrée et vigilante à tout ce qui se dit. Ainsi fit la plante, laissant pousser ses feuilles roses, se mêlant aux parfums et racines qui lui firent la fête. Passèrent les mois, bourgeons, fleurs et branches porteuses de fruits ou d'ombre. La plante d'Épier s'offrait aux becs d'oiseaux, aux baisers des papillons, aux Rats-Contards spontanés qui couraient sous le feuillage. Les Épis-haies se transformèrent lentement en Haies-Pillées au grand désespoir de la plante d'Épier. Car lorsque en une nuit vint la saison froide, les nids ne chantaient plus guère, plus aucun bec ne venait la chatouiller, les Rats-Contards aux moustaches gelées se terraient en compagnie des taupes, les fruits de ses compagnes pendaient racornis sur leurs tiges ou pourrissaient au sol.   Elle appela alors son amie à la corolle d'or. - Cette Épis-Haie sauvage est devenue pour moi un Gai-Pied bien triste, Amie... Je ressens une envie d'ailleurs. Toi qui est de bon conseil, que dois-je faire? - J'ai toujours su que tu ne te plairais pas longtemps chez nous, lui répondit la Fée des Fleur-Lions en ravalant ses larmes. D'ailleurs tes propres fruits sont si étranges... Alors que tes compagnes se replient sur elles-mêmes, tu sors tes enfants en éventail! Peut-être appartiens-tu à l'espèce qui porte des griffes, peut-être es-tu une nouvelle sorte de rosier aux racines carrées? Je crois qu'il faut que tu t'en ailles, ta chair est juteuse à souhait pour d'autres paysages, mais avant que je ne te détache de tout ce lierre et ces lauriers, promets-moi ceci: Marcheuse, tu t'en iras sans mordre aux erres que la pluie scelle dans les chemins tu porteras ton nom qui est Plante des Pieds sans oublier jamais que ton maigre savoir est pour être perdu le sans-preuve sera ton bâton pour marcher Tu garderas silence sur tes entendus cela dût-il t'en coûter ta peine te dira qu'il suffit d’un peu d’ombre pour faire pencher vers le Vrai ou la Faux de cette peine-là, tu tisseras des joies vers l'horizon tendues Viendra le dernier jour alors tu comprendras que ce point que tes pas cherchaient à traverser tressait lui aussi dans ses aurores  le chemin de ton retour Plante des Pieds était très mélangée:  triste du chagrin qu'elle percevait chez son amie, fière de son nom tout neuf et pas très certaine d'avoir tout compris de ce discours. Mais elle s'en fut sans se retourner, en gardant bien au chaud mémoire des paroles de Fleur-Lion Ses errances depuis la ramènent toujours à son point de départet l'horizon pour elle reste éternel questionnement qu'une pierre énorme quoique pas toujours visible empêche de franchir. Beaucoup d'autres questions,  d'ailleurs. L'arc-en-ciel, par exemple... on raconte que... mais ceci est une autre histoire! Toiles de Pierre Marcel http://www.vlamarlere.com/article-18443551.html Musique, peinture, poésie, penser... * 7 * Hildegarde von Bingen 2008-04-29T12:52:17Z 2008-04-28T08:07:00Z Viviane Lamarlère http://www.over-blog.com/profil/blogueur-20134.html <img src="http://idata.over-blog.com/1/01/82/90/photos-2/hildegard-von-bingen-2.jpg" /> Elle voyait pousser les pierres et leur attribuait des vertus protectrices, curatives,  prédictives, purificatrices. Pour n’en citer qu’une, l’émeraude : &quot; L'émeraude pousse tôt le matin, au lever du soleil, lorsque ce dernier devient puissant et amorce sa trajectoire dans le ciel. A cette heure, l'herbe est particulièrement verte et fraîche sur la terre, car l'air est encore frais et le soleil déjà chaud. Alors, les plantes aspirent si fortement la fraîcheur en elles comme un agneau le lait, en sorte que la chaleur du jour suffit à peine pour réchauffer et nourrir cette fraîcheur, pour qu'elle soit fécondatrice et puisse porter des fruits. C'est pourquoi l'émeraude est un remède efficace contre toutes les infirmités et maladies humaines, car elle est née du soleil et que sa matière jaillit de la fraîcheur de l'air. Celui qui a des douleurs au coeur, dans l'estomac ou un point de côté doit porter une émeraude pour réchauffer son corps, et il s'en portera mieux. Mais si ses souffrances empirent tellement qu'il ne puissent plus s'en défendre, alors il faut qu'il prenne immédiatement l'émeraude dans la bouche, pour l'humidifier avec sa salive. La salive réchauffée par cette pierre doit être alternativement avalée et recrachée, et ce faisant, la personne doit contracter et dilater son corps. Les accès subits de la maladie vont certainement faiblir... &quot; C’est peine que l’on ne redécouvre que depuis peu de temps cette femme d’exception qui a marqué de son empreinte toute l’Europe médiévale. Hildegarde Von Bingen est née en 1098 à Bermersheim dans une famille aristocrate rhénane. Son père avait promis d’offrir son dixième enfant à l’Eglise, ce sera elle.  Elle entre donc à l’âge de huit ans au couvent des bénédictines de Disibodenberg sur le Rhin, dans le diocèse de Mayence,  prononce ses vœux perpétuels et reçoit le voile monastique des mains de l'évêque Otto de Bamberg vers l'âge de quatorze ans. C’est à l’age de 38 ans qu’elle devient Abbesse de ce monastère avant de fonder en 1147 le monastère de Rupertsberg qui donnera son nom à un manuscrit fameux de ses œuvres. Elle s’y consacrera à la Vie le restant de son existence, et avec quel génie, quelle curiosité pour les connaissances de son temps, quelle intelligence des autres, quelle aptitude intacte à la rébellion, quelle conscience surtout de ce qu’elle nommait Viriditas, concept de vitalité spirituelle et corporelle, que nous retrouverons plus tard chez Spinoza et sa philosophie de la joie. Elle nous laisse une œuvre immense, une très riche correspondance, l’élaboration d’une langue et d’un alphabet nouveaux, deux ouvrages médicaux - les seuls au XIIe siècle - des traités de botanique et de géologie, des chants et drames liturgiques et surtout ces visions qui ont traversé intactes le temps, dont de superbes enluminures peuvent approcher l'essence . Et si  avant de l’écouter nous explorions les multiples facettes de ce génie féminin qui a synthétisé culture Saxonne et latine, science et religion, poétique et médecine  et qui fut à elle seule une encyclopédie sans précédent? Le médecin d’abord. Elle fut sans doute l’un des plus important de son temps. Ses ouvrages pressentent les idées à venir sur la physiologie humaine. Férue de pharmacologie et douée d’une grande connaissance des simples qu’elle observait sans se lasser, elle utilisait tout ce que la nature pouvait offrir de traitements aux maladies curables alors et cette sapience en fit l’une des toutes premières phytothérapeutes. Tout en tenant la virginité pour le plus haut niveau de la spiritualité, elle fut la première femme de l'histoire à parler sans fard du plaisir du couple et en particulier de l’orgasme féminin qu’elle décrit avec précision et poésie.         Quand elle fait l’amour avec un homme, la chaleur dans le cerveau de la      femme, qui procure la sensation de plaisir, se transmet aux sens et déclenche      chez l’homme l’expulsion de la semence. Quand la semence s’est logée à      l’endroit prévu, c’est la chaleur intense du cerveau qui la retient. Les organes      de la femme alors se contractent. Les organes sexuels, qui sont ouverts pendant      les menstruations, sont maintenant fermés, tel un poing serré. (Audrey Ekdahl. Hildegardis Curæ et Causæ (1173), Medieval Inst., Michigan, 1992.) Nous sommes bien loin ici des élucubrations de la psychanalyse sur la fonction symbolique de l'orgasme... et si près de ce qui a permis à l'humanité de se conserver: le plaisir partagé. Penseur, et ceci bien avant que Léonard de Vinci ne lui donne cette forme que gardera  la postérité, cette figure de l’homme s’inscrivant à la fois dans un cercle et un quadrilatère accompagnait au quotidien ses réflexions d’intellectuelle toute préoccupée de sagesse, mais aussi ses visions mystiques qui passionnèrent le Moyen-Âge et furent éditées jusqu’en 1513 à Paris. Le manuscrit le plus beau parmi les dix qui nous sont parvenus du Scivias ( du latin sci vias Dei &quot; Sache les voies de Dieu &quot;) est celui de Rupertsberg. Il décrit en plus de 600 pages 26 expériences visionnaires illustrées de 35 enluminures et se clot sur 14 chansons et une partie de la musique du drame liturgique Ordo Virtutum, quatre-vingt-deux mélodies qui mettent en scène les tiraillements de l'âme entre le démon et les vertus. Les enluminures qui accompagnaient la description de ses visions- et à la facture desquelles elle participait pleinement - sont de toute beauté, comme cet œuf cosmique à l’étoile rouge dont la forme est très évocatrice du sexe féminin: ou cette ronde de la vie, qui, si elles ont enchanté les alchimistes, suggèrent aujourd'hui à des spécialistes en neurologie que ses visions étaient liées … à des migraines… Laissons-les à leurs expériences propres et laissons-nous charmer. Je ne doute pas et même espère que des amateurs éclairés sauront apporter une lecture nourrissante aux deux images qui précèdent. On reconnaît dans le style des chants de Hildegarde celui du trobar clos ( hermétique ) dont je vous avais parlé précédemment à propos de Macabru. Ces textes ainsi que les traités divers mais également la langue neuve qu’elle créa à partir d'un alphabet de son invention: constituaient la base de l’enseignement  qu’elle dispensait à ses religieuses, et ils sont donc tout ce qui nous reste d’un programme éducatif pensé comme tel au Moyen-Âge.   Femme d’engagement, elle se bat pour que les filles reçoivent une éducation identique aux garçons, et comme la plupart des Abbesses de son temps administre de vastes domaines terriens tout en assurant la direction de ses sœurs et leur éducation. On connaît moins ce qui fut le drame de son existence : sa séparation d’avec sa meilleure amie, une jeune religieuse, Richardis, qui l’assistait dans les divers travaux du couvent et la rédaction de ses livres. Au fil des années, elles deviennent inséparables au point que souvent les miniatures les représentent ensemble. En 1151, l’archevêque de Brême, frère de Richardis, prend ombrage de cette amitié et décide de confier à sa sœur le monastère de Saxe afin de l’éloigner d’Hildegarde. Celle-ci cherche par tous les moyens à empêcher Richardis de quitter son monastère, allant même jusqu’à écrire au pape, qui refuse de contrecarrer la décision de l’archevêché local. Richardis meurt l’année suivante. L’archevêque, responsable d’avoir séparé les deux amies, écrit alors  à Hildegarde : &quot; Je t’informe que notre sœur, la mienne mais plus encore la tienne, mienne par la chair ; tienne par l’âme, est entrée dans la voie de toute chair [...] que tu lui gardes ton amour autant qu’elle t’a aimée, et s’il te semble qu’elle ait commis faute en quelque chose, de ne pas la lui imputer, mais à moi, tenant compte de ses larmes qu’elle a versées après avoir quitté ton cloître, comme beaucoup de témoins peuvent l’attester. Et si la mort ne l’en avait empêchée, dès qu’elle en aurait obtenu la permission, elle serait venue à toi &quot;. A la mort de son amie, Hildegarde, qui avait tant donné à l’Eglise ne pourra se garder de dire très haut sa rancœur envers l’institution à laquelle elle avait consacré son existence, envers les hommes de Dieu et ce Dieu-même. Puis elle se laissera absorber jusqu’à sa mort par ses visions mystiques, loin des violences de ce monde, juste entourée du cercle des proches moines et moniales, de musique et d'extase. Son oeuvre de compositrice ne vous laissera pas indifférents. Elle apaise et étonne de sa grande sensualité et originalité. Toute de méditation et de mélismes, sa musique vocale se situe bien dans le lignage du plain-chant, laissant une voix féminine développer ses vocalises accompagnées d’un seul instrument et emporter aussi bien l'interprète que son auditoire très haut, très loin. Je vous offre pour commencer une Séquence, ici intermède instrumental entre deux airs chantés.  Elle est composé en mode dit Eolien et  on doit à la vérité de dire que les modes grecs anciens tels que nous les ont légués les moines relèvent de copies successives et fausses et n'ont rien à voir avec la musique grecque antique, qui était pentatonique: les gammes des Pères de l'Eglise étaient déjà heptatoniques.  Ce mode dit Eolien correspond à notre gamme de La mineur descendante. Cette gamme s'écrit ainsi: LA-SI-DO-RÉ-MI-FA-SOL-LA , et c'est elle qui a donné naissance à notre gamme mineure occidentale avec sa septième augmentée: LA-SI-DO-RÉ-MI-FA-SOL#-LA. Ce mode éolien était très en vigueur en Europe du Nord jusqu'au XIIIème siècle, mais on remarquera à l'écoute attentive l'élision fréquente du FA, ce qui rapproche donc l'usage qu'en fait l'érudite Hildegarde des gammes utilisées de fait en Grèce Antique ou dans les Balkans. Cette première pièce est remarquable par ses variations ténues sur une ligne en apparence monodique et la douceur de son orchestration dont les timbres se marient à merveille. Sur ce rythme binaire obsessionnel vont se caler dans le dernier tiers de l'oeuvre des séquences ternaires à la flute qui vont à chaque fois davantage nous enrouler dans le ruban sonore. Pour ma part je ressens très profondément l'ancrage Celtique de cette musique. Séquence amp; Puis un des chants de l'extase déroulé par une superbe voix de soprano, toute d'élan et de ferveur. On y entend l'âme chanter autant que le corps. O Virgen mediatrix amp; Discographie de Hidegarde von Bingen