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Mardi 22 juillet 2008





En mai dernier, nous nous rendions à
Madrid, malheureusement sans avoir pensé un seul instant avant de programmer notre court séjour par ailleurs initialement dédié à une expo de Suisekis, que cela tomberait le premier Mai.
C'est donc avec beaucoup d'inquiétude que nous nous sommes acheminés à pied vers les musées que nous comptions visiter pour ... les trouver fermés. Heureusement, ce jour-là, juste en face du musée du Prado que nous connaissons par coeur, se trouvait ouvert le jardin botanique royal.



 Construit au XVIIIème sur le paseo del Prado, ce jardin faisait partie du projet de Charles III de créer dans sa capitale des espaces de verdure accessibles à tous, protéger les espèces botaniques connues ou rapportées des Amériques et en transmettre in situ les caractéristiques, mais également restructurer la ville et veiller à la santé de ses sujets en leur offrant des lieux aérés propices au délassement et à la promenade méditative.


Grand projet on le voit...  Dès ses débuts ce jardin servit en effet à l'enseignement de la botanique, à la constitution d'archives grâce à des milliers de documents dessinés et répertoriés, permit d'envoyer aux Amériques et dans le Pacifique des artistes et botanistes afin de récolter des espèces et les inventorier.

Les plantes furent classées selon la méthode de Linné et organisées en terrasses thématiques.

Nous nous sommes engouffrés avec bien du plaisir dans les huit hectares d'allées et de terrasses de ce jardin exceptionnel, fort bien entretenu quoiqu'il ait manqué disparaître un temps faute de volonté de le mantenir en bon état.

La plus basse d'entre ces terrasses que vous voyez ici en surplomb :


est dite la Terrasse des Carrés. Elle regorge de plantes ornementales, en particulier des tonnelles fabuleuses de roses anciennes au parfum inoubliable, des plantes médicinales, aromatiques:



et potagères comme ces étonnants bulbes de plus d'un mètre de haut chapeautés en églises orthodoxes ( on nomme d'ailleurs du joli nom de " bulbe" les coupoles colorées de ces merveilleuses églises dont l'une des plus connues est
Saint Basile à Moscou) . Mais revenons à notre plante, il s'agit de l'ail rocambole, ou ail géant d'Espagne:

.

Quelques fleurs superbes. Voyez comme la lumière diffuse sous la jupe d'une élégante :


Un délicat Coeur de Marie


Merveilleux taffetas de cette ciste dont la robe éphèmère ( les fleurs de cet arbuste ne vivent qu'une seule journée, mais quelle journée...) est toute froissée:




Une belle asphodèle




La terrasse suivante est celle des Écoles botaniques où se situe la collection taxinomique des plantes. Elle permet de parcourir le règne végétal, des plantes les plus primitives jusqu’aux plus évoluées dans leur écosystème reconstitué. Entre deux rêveries sous de grands arbres inconnus, nous allons nous reposer dans la fraîcheur d'un espace dédié aux fougères de toutes sortes. L'ombre et la brumisation ambiante nous emportent bien loin sous les tropiques et dans les temps anciens.



La dernière terrasse est dite " Terrasse Romantique," elle est divisée en petits espaces arrondis, dessinés à la française et plantés de fleurs plus courantes mais dans une jolie déclinaison de couleurs.

A l'ombre de magnolias en fleurs



nous allons beaucoup apprécier cette promenade tranquille entre les iris et autres beautés, buissons d'asclépias:


d'hibiscus


ou d'aliaires qui ponctuent de blancheur les pieds des haies de myrte


 Puis la serre des cactées dont voici les seuls qui ne m'effraient pas:  ils ressemblent à s'y méprendre à des cailloux...


Après avoir traversé les pavillons successifs baignés d'une ambiance à chaque fois plus chaude, nous retournons enfin à l'air libre et apprécions doublement la fraîcheur de la brise qui se lève et les bonsaï offerts au Jardin par Felippe Gonzalez, ancien premier ministre dont la collection somptueuse donne idée de la passion qui l'a longtemps animé et de la générosité  ( les peuples donnent beaucoup pour que leurs dirigeants soient généreux...) de ses invités chefs d'Etats...








Chacun de ces arbres est très haut et très âgé. Deux ou trois siècles pour certains d'entre eux.




Cette forêt qui peut sembler minuscule est pourtant de taille impressionnante...



Et pour finir cette promenade qui fut un vrai resourcement au coeur de la ville, une musique typiquement madrilène, la Zarzuela, où se mêlent thèmes folkloriques et danses populaires venues d'Amérique centrale comme le paso-doble, musique qui accompagne les corridas et les ferias. Ici, une pièce que l'on joue souvent lors de la corrida ou du
paseo, cortège qui entame la corrida et permet de présenter les différents protagonistes de chaque équipage avant que le combat ne commence... " Agua, azucarillos y aguardiente ". Je ne peux m'empêcher en certains endroits de cette musique d'entendre intérieurement les " Oléééééé..! " de la foule...
 Pardonnez le tintement à la fin de cet enregistrement, qui m'annonce l'arrivée d'un courrier, ici tout est artisanal (sourire)










par Viviane Lamarlère publié dans : autobiographique
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Jeudi 10 juillet 2008

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Plus tard
par les chemins glanés de sombre
un bouquet simple au chaud
des paumes nous irons
et tu me diras « oui » pour traverser

A son chant d’éventail
tu parleras l’envol d’un grand oiseau veillant
et j’oublierai son nom pour te donner la joie
si fière à mon tour d’un nuage.

Nous laisserons le vent caresser nos visages
de sa buée de sel qui annonce les vagues.
Un muret. Une église. Un village de paille
aux toits de chaume doux de notre lent passage
et la baie bourdonnantes de ces pierres noires
dont on fait les maisons
ici
l’eau est d’un bleu si vert qu’on dirait une dague.

Ce sera comme sur les photos passées
quelques couples au loin
voix en fumée au fond de l’épuisette
et des enfants qui jouent dans un coin
en regardant couler leurs desseins de sable
une barque attendant la prochaine mariée
et nous,
le pied glissant sur les algues tiédies
les yeux un peu brûlés de rien
connaître et de nous sentir bien.

Il n’y aura plus de bruit en marchant vers la mer






par Viviane Lamarlère publié dans : autobiographique
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