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Vendredi 4 janvier 2008

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Dans le dernier numéro de Courrier International un dossier un peu trop court à mon goût mais qui a le mérite de lancer un débat hélas trop souvent cantonné à des cercles restreints montrés du doigts par la bien-pensance institutionnelle.
Cet article traite de la décroissance.

Vaste sujet mais qui est loin d’être une lubie de passionnés ou de doux prophètes.
Nous y viendrons NÉCESSAIREMENT.

Dans la mesure du possible je vous renverrai vers des liens.

Selon Richard Greg, inventeur de cette expression, la simplicité volontaire suppose " l'unicité d'intention, la sincérité et l'honnêteté extérieure, tout autant que le fait d'éviter l'encombrement extérieur ou d'accumuler des possession qui n'ont pas de rapport avec le but premier de la vie. "

Simplicité volontaire est donc la philosophie qui prône la fin de la croissance pour elle-même.

Bergson écrivait:
L'esprit d'invention  ne s'est pas toujours exercé au mieux des intérêt de l'humanité. Il a créé une foule de besoins nouveaux; il ne s'est pas assez préoccupé d'assurer au plus grand nombre, à tous si c'était possible, la satisfaction des besoins anciens. Plus simplement: sans négliger le nécessaire, il a trop pensé au superflu... Des millions d'hommes ne mangent pas à leur faim et il en est qui meurent de faim."

Les Deux Sources de la Morale et de la Religion, p.325-326.

La décroissance n’est pas
le développement durable, concept dont les limites ne tarderont pas à se faire sentir quoique chacun se porte garant aujourd’hui de l'éthique qui le sous-tend dans les discours politiques convenus.

Ce n’est pas non plus une croissance négative, contrairement à ce qu’argumentent avec une immense mauvaise foi ceux qui tiennent les manettes de l’économie et ont naturellement tout intérêt à ce que les industriels, les publicitaires et les médias continuent de nous conduire en troupeaux vers ces lieux de vie que sont devenus les grandes surfaces aux produits chèrement manufacturés, riches en kérozène lorsqu’ ils nous viennent de pays lointains, jetables la plupart du temps.

Nous entrons dans une ère de turbulences:
Dérèglement du climat
Raréfaction des ressources énergétiques fossiles
Pénurie d’eau douce
Pandémies
Disparitions d’espèces végétales et animales

et ceci un rythme plus croissant que la croissance elle-même.

On peut donc dire que la croissance pour elle-même se heurte aux limites de la biosphère et est génératrice de scandaleuses iniquités, tant en ce qui concerne l’usufruit que chaque être humain peut espérer avoir de la nature que de la capacité de régénération de la vie.
L’empreinte écologique permet de mesurer l’impact de notre consommation quotidienne sur notre planète.

Si tout le monde consommait comme un homme ou une femme d’affaires américain ou européen, il faudrait 11, 43 planètes telles que la Terre pour subvenir aux besoins de la population actuelle.

Si le comportement était celui d’un américain moyen, il faudrait 6, 81 planètes.

Celui d’un Européen moyen : 3, 4 planètes.
Celui d’un adolescent Suisse : 2, 67 planètes.
Celui d’un Chinois : moins d'une planète .
Celui d’un africain : 0,45 planète.

J’ai fait le test proposé par ce site,
il s’avère que si tout le monde consommait comme ma famille et moi, il faudrait 1, 50 planète pour subvenir aux besoins de toute l'humanité. Donc même en pratiquant la simplicité au quotidien, en vivant frugalement – j’entends dans ces postes qui sont ceux qui coûtent le plus à notre planète : chauffage, transports, recyclage etc - c’est encore trop.

 
Que pourrait être une politique de décroissance ?
Elle serait d’abord joyeuse et paisible.

J’ai souvenir de mes grands-parents. Ils vivaient de peu, faisaient tout eux mêmes et avaient encore du temps devant eux. Le jardin potager apportait le nécessaire toute l’année durant, les volailles, cochons, lapins, canards en quantité suffisante pour pourvoir aux besoins en viande, pas de machines à laver si gaspilleuse et polluantes de l’eau mais un recyclage des cendres, les fromages et le pain faits maison, les outils usés jusqu’au fil…

Que sont nos vies devenues ? Une course contre notre nature. Du toujours plus avoir qui nous fait passer à côté du mieux-être et mieux communiquer.
Des objets-rois que nous ne pouvons jamais réparer lorsqu'ils tombent en panne
car ils ont été conçus de telle manière que l'on ne sache où trouver les  pièces de rechange et encore moins ... les bricoler.
Mes grands-parents savaient réparer ce qui leur était utile au quotidien. Et nous? Nous acceptons de cautionner un monde qui ne mise que sur l'apparence et la possession, comme si celle-ci donnait du pouvoir. Mes aînés sont hélas passés par la dure épreuve du chômage: ils ont appris à faire un heureux tri dans ce qui n'est que superficie et futilité. A se passer de ce qui n'est produit que pour continuer de nourrir les actionnaires du sommet de la pyramide et détruit notre environnement: le plastique des manettes de consoles n'est pas biodégradable...


C’est donc tout un changement d’était d’esprit qu’il faut opérer, même si ces deux mots, «  Il faut «  et « Opérer » sonnent douloureusement. Que préférons nous ? Choisir cette voie là où qu’elle nous soit imposée dans l’urgence et la violence?
J’ai mal lorsque j’entends des adultes de mon âge dire  « Nos parents en ont bien profité, j’en profite aussi tant qu’il en est temps ». Et les générations qui nous suivent, ne devrions-nous pas leur donner l’exemple en prenant notre part de frugalité, au lieu de les laisser payer notre note ?

Beaucoup de nos concitoyens du monde misent sur les progrès de la technologie. Rien n’est moins certain que cette mise au monde de technologies productrices d'énergie qui assureront la même soi-disant qualité de vie aux générations futures. Rien n'est moins certain et cela est-il d'ailleurs souhaitable?

Dans d'autres régions du monde, la mise en commun des savoirs et savoir-faire permet aux plus pauvres de résister à cette vaste entreprise de destruction de l'humain qu'est la société de consommation. Leurs projets sont vivants et exemplaires de ce qui peut être inventé pour lutter sans détruire.

Alors un premier petit pas dans cette dynamique autre qui supposera de notre part à tous le renoncement volontaire à ce qui s'avère superflu.

Foin des déplacements lointains qui ne nous apportent pas grand chose
si doux de voyager près de ( chez) soi
et quand on voit de quelle manière le tourisme dit écologiquement durable profite essentiellement aux nantis de tous poils et non à la planète et ses habitants ... renonçons.
Refusons ces produits qui ne vivent que le temps de vouloir en posséder un qui marche encore plus vite encore plus beau encore plus cher.
Mon ordinateur portable Powerbook G4  Apple est agé de sept ans, je l’avais acheté d’occasion il y a cinq ans, en en prenant bien soin, il s’est en tout et pour tout planté une fois. Une fois en cinq ans... Qui dit mieux ?
Acceptons en hiver de moins chauffer nos maisons et nous couvrir davantage, c'est tellement plus sain.

Pour terminer ce premier article, et la présentation en sera à chaque fois identique, deux petites, toutes petites choses à mettre en œuvre, car ce sont aussi les petits gestes accumulés qui comptent:

Vous possédez un téléphone portable? 
Gardez le même le plus longtemps possible,
ne vous laissez pas tenter par la nouveauté vantée dans les pubs.


Vous aimez les fruits ?
Achetez ceux qui sont vendus par des maraichers
et ont été élevés près de chez vous
mais
REFUSEZ-VOUS LE LUXE INUTILE DES CERISES
ET AUTRES FRUITS EXOTIQUES
VENDUS À LA NOËL DANS LES SUPERMARCHÉS.
Ils sont riches du kérozène gaspillé pour les transporter.





par Viviane Lamarlère publié dans : Simplicité Volontaire
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Dimanche 16 décembre 2007


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Suite à mon petit texte Ibis , mon ami  Jean-Pierre m’a adressé un article à la fois passionnant et très inquiétant.

Notre faim du toujours plus exotique et cependant à portée de regard quand ce n'est pas du toucher fait commettre bien des fautes contre la Nature à ceux qui vivent du commerce de ses créatures.

J’ai souvenir des grands Ibis africains marchant tranquilles au bord des fleuves ou des étangs, grapillant la moindre nourriture sur les décharges ou dans des marais s'asséchant, et dont la population était relativement régulée par la chasse  traditionnelle.

Les oiseaux piqueboeufs qui parfois gardent tout autre animal et vivent des parasites sur sa peau, les gendarmes, les merles métalliques
toutes sortes de rapaces, vautours, petits passereaux tels que les bengalis apportaient le chatoiement de leurs couleurs et de leurs coutumes propres à cette faune ailée.

Hélas, et c'est dans sa nature, L'Ibis sacré, kleptomane à deux pattes, s’attaque  volontiers à ses cousins à plumes: hérons, cormorans, aigrettes, butors, dont il va jusqu’à piller les œufs ou - quoique plus rarement - dévorer les petits.


Depuis quelques années, l’Ibis sacré pose de sérieux soucis aux régions qui l’ont accueilli puis laissé s’échapper des jardins d’acclimatation où il avait été importé pour le régal des visiteurs.
Aujourd’hui, on compte plus de quatre cent couples sur la façade atlantique, et 75 en Méditerranée. Cet oiseau puissant et dangereux prédateur, dévaste non seulement la faune dont il se nourrit ( à base de mollusques, vers, coquillages ) mais en s'attaquant à leurs couvées, menace la survie à court terme de certaines espèces d’oiseaux locales telles que sternes, vanneaux,  hérons garde bœufs etc.

Bien sûr, il se trouve toujours des associations à courte vue pour défendre l’implantation de l’Ibis sacré dans nos régions.

Faut-il rappeler que si nous ne voulons pas être amenés à transformer la planète en un gigantesque muséum d’espèces en voie de disparition, le bon sens impose de réfléchir aux conséquences sur la biodiversité de ces transferts d’espèces hors de leur niche originelle ?

Dans nos jolies campagnes, au bord de nos ruisseaux,
certains oiseaux font tellement partie du paysage depuis des générations que nous ne les voyons plus.


Il se pourrait qu'un jour proche ils ne soient plus qu'un vague souvenir...


Il en va de même de certaines espèces florales abondantes en couleurs et très adaptables à nos sols souvent plus riches que leur terre d'origine. Il m'a fait peine un jour de rencontrer sur le bord d'un fossé une fleur que je me souvenais avoir vue  en Afrique et dont les graines posées là par le vent ou quelque oiseau, prol!féraient au point d'étouffer les graminées sauvages et autochtones.

Pensons aussi à certaines tortues exotiques que leurs propriétaires imbéciles et irresponsables relachent dans nos rivières, tortues très agressives qui éliminent tout ce qui passe à portée de leur rostre.

La liste serait trop longue des transplantations ravageuses du biotope, pour n'en citer qu'une qui est une plaie dans notre région:  le Ragondin. Vilaine bête introduite en Europe au XIXème siècle pour sa fourrure "rentable " il a été là encore relaché par des propriétaires peu scrupuleux et a proliféré aux dépens de l'habitat où il s'est implanté.
En Amérique du Sud d'où il vient, sa présence était régulée par des prédateurs  naturels en l'espèce du puma ou du caïman. Il ne trouve chez nous aucune opposition à détruire les berges de rivières et leurs petits habitants comme la loutre, que l'homme,ses rectifications de cours d'eaux ou asséchements d'étangs et son goût prononcé pour la fourrure a mise gravement en danger.


Tout de même, pour consoler de ces propos un peu inquiets, une superbe photo d’ibis rouge. Celui-ci ne pourra s'en prendre qu'à vos regards lointains et ne détruira pas son environnement.

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par Viviane Lamarlère publié dans : Simplicité Volontaire
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