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Mardi 15 avril 2008


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La moitié du visage éclairée côté cour
    chagrin côté jardin

L’ongle qui s’attachait au bout de ses rémiges
    l’ongle se déshabille en délicieux rongé

Viendra-t-il cet autre
                à qui parler
    viendra-t-il me plonger
dans l'espace de sa voix
dans l’oubli de ce vide où je suis
    aspiré ?

Si dans mes paumes nues où s’accrochaient mes ailes
    pouvait pousser enfin un tas de feuilles sèches
        m’incendier sans retour la transparence épaisse
au beau regard de loupe

si dans mes paumes nues
pouvait pousser un feu qui chasse le silence




 

par Viviane Lamarlère publié dans : Entre l'Ange et le Diable
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Vendredi 18 janvier 2008

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Pourquoi incendies tu les bois sur ton passage et pourquoi ton visage
est-il cendré d’hiver?
L’Ange, dans ton chaos, ne saurais-tu vers quel
accompli se rend ton étonnant voyage ...?

De ton talon de feu tu as brisé ma pierre.
Es-tu grisé de sang ?
Ton carnage a laissé, veuve, en mon paysage,
une Lune inconnue de mes freux désolés.
Réponds!

Toi qui questes, entends-tu sous l’humble carapace
et le coin et la masse en faim de retrouver
ce lieu où toute geste est de même couvée :
le cygne et le corbeau, la carpe et le rapace ?


Pourquoi incendies-tu mes bois de ta beauté ?

Ecoute moi plutôt...

Oui… j’entends, coeur joyeux, vers d’autres passerelles
tu vas semant des ailes un début de clarté.
Mais dis moi,
cette Coque ouverte devant toi...
qui est-elle ?

Je ne puis dire encore. Quelque chose gouverne
en moi la mise en berne, je vais,
talon brûlant ce que savais :
le gris, l’ocre, le terne.


Tu sembles si puissant ! et tes yeux
comme ils tiennent
la braise serrée. Il s’en faudrait de peu
que je vienne…

Je ne puis t’emmener, un grand dessein m’attend
aux arêtes de temps ressemblant à la pierre.
Ces bois que tu me pleures, ces fumées d’étangs
digèrent enfin la terre
et cette pluie d'argent qui cache la montagne
je te les abandonne, et repars en campagne
 en ce pays où l’âme d’eau pure résonne.


Où est-il ce pays? Dis-moi, l'Ange, où est-il?

Je ne sais.
Un voyage. Un nectar. Ou une île.




par Viviane Lamarlère publié dans : Entre l'Ange et le Diable
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