Le blog de Viviane Lamarlère

 



La solitude ce n’est pas gris ou noir
la solitude
c’est transparent sur un trottoir


La solitude c’est le reflet de soi auquel on  se raccroche
dans la vitre du train
pour dire
adieu
au quai


La solitude c’est les banquettes moulues
d'accueillir tant de corps qui n'ont plus rien à dire
et ailleurs un quelqu’un qui n'attend plus celui que l'on ne sera pas


La solitude c’est celui-là sur son banc
qui lance quelques miettes aux oiseaux
et tout le monde rit
parce qu’il leur parle


Solitude
la fin des déguisements






 
Dim 26 jun 2011 15 commentaires
la vraie solitude est peut-être celle que l'on ne sent plus et qui se voit sur les visages. clem
clem - le 20/06/2007 à 20h39
je crois que la vraie solitude c'est celle qui rejette l'autre, celle qui n'aime plus...
Russalka
J'aime beaucoup la simplicité de ce poème ; simplicité dans le sens de humble, de discret .

c'est bizarre , moi les trains , les gares, les bancs publics, les places m'évoquent au contraire le partage ... mais c'est peut-être le partage de la solitude à y bien rélféchir !!!
Oui, c'est surement ça ...
Annick SB - le 01/04/2008 à 07h22
je crois en effet que c'est un mélange de partage de solitude, d'excitation, de découverte, d'observation .
Mais surtotu de solitude, pas d'une solitude triste, une solitude assumée, attentive, ouverte.
Bisous Annick, contente de te revoir!
Russalka

Tu décris avec les mots justes cet état, passager ou permanent, qu'est la solitude et j'aime particulièrement ta dernière phrase "Solitude, la fin des déguisements" qui résume parfaitement ce mot.

Je pense que l'on a tous, un jour ou l'autre, le désir de goûter à la solitude... mais une solitude temporaire, "intermittente" pour croiser son propre regard, se retrouver face à soi-même et s'envelopper dans un cocon... ou une solitude aphrodisiaque qui nous permette de créer !

Seule une solitude qui s'installe à longue échéance peut nous rendre insensible, étranger au regard d'autrui, stérile aux rencontres...

Bises Viviane et bon rétablissement...

 

corinne - le 30/10/2010 à 18h44

En te lisant j'ai lu un peu d etravers et ai compris " qui nous permette de nous développer dans un cocon". Il y a un peu de cela aussi, et je pense en particulier à la solitude nécessaire aux enfants pour grandir et se grandir. Ce temps de sédimentation qui leur est du pain.

Merci Corinne de ta lecture sensible. Je ne vais pas très fort mais la bronchite finira bien par s'en aller et me laisser ... seule (sourire)

Russalka

J'ai relu cette semaine des pages entières sur la solitude d'une très jeune fille qui m'écrivait très souvent depuis son âge de 17-18 ans, il y a bientôt 50 ans de cela... Elle se sentait seule sans moi et me renvoyait en parlant de mes lettres l'image d'un garçon à peine plus âgé qu'elle qui se sentait seul lui aussi sans elle. Et puis, au bout de 3 ans, nous nous sommes séparés et avons interrompu nos solitudes avec des êtres qui nous ont coupés de cet isolement fatal.

Je voulais dire que ces lettres sur la solitude sont belles, merveilleusement écrites, tant par le style que la syntaxe et le vocabulaire toujours choisis. Mais cette "solitude" n'est-elle pas en fait une tournure de l'esprit ou une envie de solitude ? C'est un thème très romantique, je n'en disconviens pas.

Je parle moi aussi aux oiseaux et à mes poissons mais je n'ai pas l'impression d'en être au point de la vieille femme de la chanson de Jean-Jacques GOLDMANN qui met du pain sur son balcon pour attirer les oiseaux les pigeons et ... qui vit par procuration...

Je suis seul ce soir, avec mes rêves... Mais j'ai toujours été seul. Heureusement, ma compagne de toujours est là qui m'attend. Jamais à plus de 5 m de moi et ça me rassure. J'aime sa présence bavarde ou silencieuse. Sa présence, son attention.

La solitude, ça n'existe pas ! Il faut se rassembler, se réunir, se fédérer.

Mais bon, chacun rêve comme il peut...

Merlin - le 30/10/2010 à 23h03

Je crois que la solitude cela existe vraiment en certains moments de la vie. Choisie ou pas, subie ou pas. En ce moment je suis touchée au coeur par la solitude de quelques proches littéralement abandonnés de celle ou celui qu'ils aimaient. Et leur espère de tout mon coeur ces rencontres qui permettent de franchir en paix l'existence. Ce que tu décris de la présence de ta compagne, je le vis pleinement avec Michel: à un bout de notre parc, chacun, jamais nous ne sommes bien éloignés l'un d e 'lautre, même silencieux, même absents, la proximité est là.

Il y a aussi ces solitudes choisies, mais elles sont sans doute le fait d'égoïsme ou d'inaptitude à se rassembler, fédérer, rêver ensemble. Ou comme tu le soulignes, des restes de pensées adolescente et romantique? C'est un autre ( et vrai ) problème. Le désir d'adolescence prolongée de plus en plus fréquent chez des jeunes et moins jeunes adultes. Car je crois que l'humain est réellement fait pour la proximité avec ses semblables. Mais parfois je m'y sens bien seule à le croire (sourire) . Bisous Merlin et merci de ton beau et sensible témoignage de vie.

Russalka

la solitude c'est l'horrible  blanc quotidien de la salle de bains.

http://corpsetame.over-blog.com/article-17906020.html

Arthémisia - le 31/10/2010 à 00h23

Merci Arthémisia du poème au climat fantastique qui accompagne ce commentaire!

Russalka

"solitude, la fin des déguisements" cette formule me frappe au coeur Viviane 

ulysse - le 31/10/2010 à 10h51

Merci de l'avoir aimée, Ulysse, elle me tient particulièrement au coeur...

Russalka

Le reflet de la vitre dans le train... N'avoir personne à qui dire adieu, oui ce doit être la pire des soitudes

un écrit poignant

Aralf

http://les-jardins-d-aralf.over-blog.fr/

Aralf - le 31/10/2010 à 17h29

Le visage tendu des êtres sur un quai, derrière la vitre de leur train, repartant vers leur voiture... oui, notre monde est souvent addition de solitudes. Merci Aralf.

Russalka

Une belle poésie qui rappelle que la solitude fait que l'on se sent transparent, un jour une personne me disait, je me promène et j'ai toujours l'impression d'avoir un voile qui me recouvre, que je suis en dehors du temps. Alors tu dis vrai.

lutin - le 31/10/2010 à 20h04

Merci Lutin, je ressens cela de plus en plus violemment lorsque ( rarement) je me rends à Bordeaux: les piétons continuellement occupés à leur téléphone portable et qui ne voient plus ceux qui arrivent en face, visage ouvert et sourire disponible.

Russalka

C'est dur d'écrire sur la solitude. Parce qu'on se souvient....

Tu me rappelle plusieurs poèmes de Prevert, Le déjeuner du matin, Le désespoir sur un banc, entre autres....

Binh An - le 01/11/2010 à 12h10

C'est gentil cette comparaison et flatteuse en outre... Mille merci Binh An. oui, écrire sur la solitude, pas simple...

Russalka

Ton texte me fait penser au magnifique  poème de Prévert " Le désespoir sur un banc" . Je hais la solitude et pourtant elle me poursuit  et elle finira comme le cancer  par me bouffer .

aimela - le 02/11/2010 à 10h33

Merci de cette comparaison flatteuse. j'espère que la solitude ne te bouffera aps, il y a toujors une issue à tous les tunnels ( mais ce que je dis c'est plus pour men convaincre en ce moment...) Bises;

Russalka