Le blog de Viviane Lamarlère
La solitude ce n’est pas gris ou noir
la solitude
c’est transparent sur un trottoir
La solitude c’est le reflet de soi auquel on se raccroche
dans la vitre du train
pour dire adieu
au quai
La solitude c’est les banquettes moulues
d'accueillir tant de corps qui n'ont plus rien à dire
et ailleurs un quelqu’un qui n'attend plus celui que l'on ne sera pas
La solitude c’est celui-là sur son banc
qui lance quelques miettes aux oiseaux
et tout le monde rit
parce qu’il leur parle
Solitude
la fin des déguisements
c'est bizarre , moi les trains , les gares, les bancs publics, les places m'évoquent au contraire le partage ... mais c'est peut-être le partage de la solitude à y bien rélféchir !!!
Oui, c'est surement ça ...
Mais surtotu de solitude, pas d'une solitude triste, une solitude assumée, attentive, ouverte.
Bisous Annick, contente de te revoir!
Tu décris avec les mots justes cet état, passager ou permanent, qu'est la solitude et j'aime particulièrement ta dernière phrase "Solitude, la fin des déguisements" qui résume parfaitement ce mot.
Je pense que l'on a tous, un jour ou l'autre, le désir de goûter à la solitude... mais une solitude temporaire, "intermittente" pour croiser son propre regard, se retrouver face à soi-même et s'envelopper dans un cocon... ou une solitude aphrodisiaque qui nous permette de créer !
Seule une solitude qui s'installe à longue échéance peut nous rendre insensible, étranger au regard d'autrui, stérile aux rencontres...
Bises Viviane et bon rétablissement...
En te lisant j'ai lu un peu d etravers et ai compris " qui nous permette de nous développer dans un cocon". Il y a un peu de cela
aussi, et je pense en particulier à la solitude nécessaire aux enfants pour grandir et se grandir. Ce temps de sédimentation qui leur est du pain.
Merci Corinne de ta lecture sensible. Je ne vais pas très fort mais la bronchite finira bien par s'en aller et me laisser ... seule (sourire)
J'ai relu cette semaine des pages entières sur la solitude d'une très jeune fille qui m'écrivait très souvent depuis son âge de 17-18 ans, il y a bientôt 50 ans de cela... Elle se sentait seule sans moi et me renvoyait en parlant de mes lettres l'image d'un garçon à peine plus âgé qu'elle qui se sentait seul lui aussi sans elle. Et puis, au bout de 3 ans, nous nous sommes séparés et avons interrompu nos solitudes avec des êtres qui nous ont coupés de cet isolement fatal.
Je voulais dire que ces lettres sur la solitude sont belles, merveilleusement écrites, tant par le style que la syntaxe et le vocabulaire toujours choisis. Mais cette "solitude" n'est-elle pas en fait une tournure de l'esprit ou une envie de solitude ? C'est un thème très romantique, je n'en disconviens pas.
Je parle moi aussi aux oiseaux et à mes poissons mais je n'ai pas l'impression d'en être au point de la vieille femme de la chanson de Jean-Jacques GOLDMANN qui met du pain sur son balcon pour attirer les oiseaux les pigeons et ... qui vit par procuration...
Je suis seul ce soir, avec mes rêves... Mais j'ai toujours été seul. Heureusement, ma compagne de toujours est là qui m'attend. Jamais à plus de 5 m de moi et ça me rassure. J'aime sa présence bavarde ou silencieuse. Sa présence, son attention.
La solitude, ça n'existe pas ! Il faut se rassembler, se réunir, se fédérer.
Mais bon, chacun rêve comme il peut...
Je crois que la solitude cela existe vraiment en certains moments de la vie. Choisie ou pas, subie ou pas. En ce moment je suis
touchée au coeur par la solitude de quelques proches littéralement abandonnés de celle ou celui qu'ils aimaient. Et leur espère de tout mon coeur ces rencontres qui permettent de franchir en paix
l'existence. Ce que tu décris de la présence de ta compagne, je le vis pleinement avec Michel: à un bout de notre parc, chacun, jamais nous ne sommes bien éloignés l'un d e 'lautre, même
silencieux, même absents, la proximité est là.
Il y a aussi ces solitudes choisies, mais elles sont sans doute le fait d'égoïsme ou d'inaptitude à se rassembler, fédérer, rêver ensemble. Ou comme tu le soulignes, des restes de pensées
adolescente et romantique? C'est un autre ( et vrai ) problème. Le désir d'adolescence prolongée de plus en plus fréquent chez des jeunes et moins jeunes adultes. Car je crois que l'humain est
réellement fait pour la proximité avec ses semblables. Mais parfois je m'y sens bien seule à le croire (sourire) . Bisous Merlin et merci de ton beau et sensible témoignage de vie.
la solitude c'est l'horrible blanc quotidien de la salle de bains.
Merci Arthémisia du poème au climat fantastique qui accompagne ce commentaire!
"solitude, la fin des déguisements" cette formule me frappe au coeur Viviane
Merci de l'avoir aimée, Ulysse, elle me tient particulièrement au coeur...
Le reflet de la vitre dans le train... N'avoir personne à qui dire adieu, oui ce doit être la pire des soitudes
un écrit poignant
Aralf
Le visage tendu des êtres sur un quai, derrière la vitre de leur train, repartant vers leur voiture... oui, notre monde est souvent
addition de solitudes. Merci Aralf.
Une belle poésie qui rappelle que la solitude fait que l'on se sent transparent, un jour une personne me disait, je me promène et j'ai toujours l'impression d'avoir un voile qui me recouvre, que je suis en dehors du temps. Alors tu dis vrai.
Merci Lutin, je ressens cela de plus en plus violemment lorsque ( rarement) je me rends à Bordeaux: les piétons continuellement occupés à leur téléphone portable et qui ne voient plus ceux qui arrivent en face, visage ouvert et sourire disponible.
C'est dur d'écrire sur la solitude. Parce qu'on se souvient....
Tu me rappelle plusieurs poèmes de Prevert, Le déjeuner du matin, Le désespoir sur un banc, entre autres....
C'est gentil cette comparaison et flatteuse en outre... Mille merci Binh An. oui, écrire sur la solitude, pas simple...
Ton texte me fait penser au magnifique poème de Prévert " Le désespoir sur un banc" . Je hais la solitude et pourtant elle me poursuit et elle finira comme le cancer par me bouffer .
Merci de cette comparaison flatteuse. j'espère que la solitude ne te bouffera aps, il y a toujors une issue à tous les tunnels ( mais ce que je dis c'est plus pour men convaincre en ce moment...) Bises;