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Musique de la semaine

Arundo Donax

14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 23:17





Merlin, mon  Ami

Je m'en suis retournée en notre belle forêt de Brocéliande. Oh ! il faut que je vous conte cette promenade qui, loin de faire naître  en moi une chagrine nostalgie  me nourrit encore de ses belles images.



Que de beaux castels en cet endroit jadis incarné de forêts. Mon âme  crut enfin y trouver la paix après toutes nos vaines querelles lorsque dans le miroir du château de Trecesson, il me sembla entrevoir les  bras suppliants et le visage terrifié d'une dame blanche.
Je voulus d'un ancien sortilège faire revenir cette malheureuse des eaux où elle se glaçait après avoir connu vivante la torture de la terre enfouissant son jeune corps, mais rien n'y fit... Je suis bien vieille, Merlin et ai perdu bien des pouvoirs...

M'engageant sur le chemin qui menait à notre fontaine,  quantité de champignons  surgissaient sous mon pas..



Amanites tue-mouches et autres petits êtres inconnus écartaient soudain leur manteau de feuilles et d'aiguilles, encerclaient un tronc protecteur  de leur charmante tournure vert-de-gris.





Comme le temps a changé notre forêt, Merlin !
Je gardais souvenir d'un espace si touffu que pour s'en échapper il fallait avoir recours à l'un de nos grimoires. Aujourd'hui ses ramures laissent  filtrer une lumière intense dont je crains par instants qu'elle ne mît le feu aux broussailles...

Un arbre soudain me barre la route.  Serait-il à lui seul une échelle silencieuse vers d'autres cieux qu'ici?



Et ce chemin de couleuvres qui monte vers notre fontaine de Jouvence, l'auriez-vous rendu plus glissant en attente de ma visite,  Cher?
Qu'importe... J'en ai bu l'eau en pensant à vous et aux liens qui nous unissent depuis lors. Rassurez-vous je n'ai point versé de goutte sur la dalle. Je tiens trop à mon Royaume,  qui est le vôtre aussi...




Le temps me manquait pour faire le tour de notre domaine,  ce sera pour une autre occasion. Cependant,  mon équipage me conduisit vers un arbre que nous connumes Vous et moi surgissant effrayé de sa graine. Nous ne nommions les arbres que par leur nom secret, celui-ci étale le sien, sans doute contre son gré et à la faveur d'une étonnante histoire.
On le nomme le Chêne à Guillotin .  Il se raconte qu'en des  temps révolutionnaires un druide comme vous s'y cacha alors qu'il était poursuivi   de belliqueux soldats.  Que n'étions nous à ses côtés pour lui offrir la  transparence salvatrice!
Mais pourquoi donc avoir entouré d'une promenade et d'un si pauvre escalier ce bel arbre agé de Mille ans et haut de vingt mètres ?

Ce ne se passait ainsi en notre temps, Merlin. Nous n'étiquettions point les miracles, ils étaient si nombreux.


touré



Je lui demandai la direction du château de Comper.  Le timbre de sa voix était lourd de ces ombres dont  se revêt tout arbre qui fut témoin de la mort de ses frères ravagés d'incendies. Que de pudeur pourtant dans ces paupières baissées, que de tendresse et de sagesse dans l'ourlet des lèvres entrouvertes: q




Enfin, je retrouvai nos murailles.
Sous le soleil couchant la pierre rêvait ses morts,
lierres et fleurs anonymes
qui jamais ne prononcèrent le mot bonheur,
mais savaient.








C'est ainsi rêvant que je gagnai un petit village dont le nom aujourd'hui m'échappe, comme ma baguette magique de plus en plus souvent.
Sur l' herbe grasse de la dernière ondée étaient posées de délicieuses maisonnettes et une chapelle comme nous n'en bâtimes point tous deux, en païens que nous étions.

En nos temps si reculés,  contempler l'eau de notre source, admirer le Cerf galopant de douce compagnie, respirer la  première brume sur le miroir aux Fées était notre seule et bien innocente... comment dit-on aujourd'hui ? Religion ?


Il y av




 
Ne dirait-on pas que les portes et contrevents y sont taillés dans la  matière même de l'herbe, mon Ami?
Ah, je serais restée des heures à contempler la merveilleuse alliance de la pierre et de la verdure si la nuit s'annonçant ne m'avait comme par un heureux hasard conduite sur ce sentier tant aimé.

Je savais qu'un coeur m'y appelait. Le voyez vous Merlin,  tout au bout du chemin,  trouant de ses battements le couloir des arbres d'automne?
C'est le vôtre, mon Ami, et je l'ai rejoint...







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publié par Viviane Lamarlère - dans Mystérieuse Bretagne
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