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Une remarquable analyse de Bruno Courcelle, quoique ancienne de dix ans déjà.


La République et l'islam, entre crainte et aveuglement

par Jeanne-Hélène Kaltenbach et Michèle Tribalat



Note de lecture par Bruno Courcelle (technique@europe-et-laicite.org)
(Ecrite pour le Comité Laïcité République et le Mouvement Europe et Laïcité)

Les auteures : J-H Kaltenbach est membre du Haut-Conseil à l'intégration; M. Tribalat, directrice de recherches à l'Institut National d'Etudes Démographiques, en a été membre.

Cet ouvrage riche, précis et documenté montre comment les politiques de toutes tendances et l'opinion publique refusent de voir la nature politique des revendications des associations qui prétendent représenter "les musulmans" en France. Ce refus de voir et de dire est motivé d'une part par la crainte de voir "la communauté musulmane" se "ghettoïser" et le terrorisme islamiste se répandre, et d'autre part par le chantage au qualificatif de "racisme" susceptible de stigmatiser le moindre propos critique de l'islam et de ses coutumes, chantage qui exploite la mauvaise conscience issue du passé colonial.

Ainsi s'installe en France un communautarisme inavoué mais réel, comme résultat de compromis multiples et du refus de s'appuyer sur la laïcité, principe fondamental de la République.


Je passe en revue les différents chapitres.

Chapitre 1: De l'assimilation à l'écolo-différentialisme.

Bien que l'assimilation de vagues d'immigration successives ait été une réalité, le concept d'assimilation est devenu politiquement incorrect et se trouve remplacé par celui d'intégration voire par celui d'insertion. La notion d'intégration concerne une communauté qui conserverait ses coutumes (et le terme insertion accentue encore cette notion de préservation d'une "identité" au sein d'un ensemble).

La valorisation systématique des différences en particulier par les partis écologistes aboutit à créer une multitude de droits et perd de vue la notion d'intérêt général, ainsi que celle des devoirs associés aux droits (car les droits des uns sont des devoirs pour les autres).

Extrait, p. 52, conclusion du chapitre:

Ce nouvel engouement pour la préservation des différences comme facteur d'enrichissement, sous couvert de générosité et de tolérance, favorise une nouvelle tyrannie, celle de la prédestination ethnico-culturelle. Il est frappant de constater comment les principes des droits de l'homme [...] se sont transformés en instrument de promotion des particularismes et bien souvent de pratiques archaïques.

[...] On ne peut plus alors se soustraire au déterminisme des appartenances.

[Note de Bruno Courcelle: Il ne faut pas confondre la valorisation des différences qui conduit à instaurer des différences de droits en fonction d'origines familiales, et celle de la diversité en matière de musique, d'art, de gastronomie, de littérature, de mode etc…bénéfique à tout le monde.

Il faut se méfier de deux pièges : la notion de "patrimoine" qui sacralise n'importe quoi, y compris des coutumes telles que les mutilations sexuelles et le statut inférieur des femmes, et d'autre part la confusion entre culturel et cultuel.

Chapitre 2: Quand on aime on ne compte pas.

Sur l'arbitraire des chiffrages : 4, 5, 6 millions de musulmans en France ? Et qu'entend-on par "musulman": croyance, pratique, origine familiale, sentiment d'appartenance à une communauté culturelle ? Les comparaisons avec les autres religions en sont vidées de sens.

Chapitre 3: Les leçons de l'histoire religieuse.

Ce chapitre passe en revue les rapports en France entre les pouvoirs civils et religieux jusqu'à 1905.

Concernant l'islam, la violence est une constante de son histoire, et ce dès l'époque de Mahomet. L'Andalousie heureuse et tolérante sous domination musulmane relève du mythe.

Chapitre 4: Les principes de la laïcité à l'épreuve de l'islam.

La loi de 1905 dans ses conséquences sur l'organisation des cultes, notamment fiscales, est utilisée de manière "concordataire", c'est à dire comme instrument de reconnaissance de certaines religions et d'élimination d'autres. Elle est détournée, et la neutralité de l'Etat vis-à-vis des cultes n'est pas respectée.

Je cite, p. 113: Contrairement aux Témoins de Jéhovah, qui ont du arracher au Conseil d'Etat ce qui s'apparente à une reconnaissance plus qu'à un contrôle de légalité, les bouddhistes, qui ne prient aucun dieu, ont bénéficié d'emblée et largement des dispositions de la loi de 1905.

D'autre part la loi de 1905 est travestie par de nombreux auteurs, y compris qui se disent laïques (certains proches de la Ligue de l'Enseignement), qui voudraient transformer le principe de liberté des cultes en obligation pour l'Etat de les financer, pour leur assurer une égalité de fait et non seulement un droit d'existence.

Ainsi les nouvelles religions seraient lésées, et l'islam devrait bénéficier d'un "devoir de réparation". Le principe d'égalité des citoyens devant la loi serait donc transformé en un principe d'égalité des communautés, et ce aux frais de la collectivité!

Je cite, p. 119: Car il faudrait alors reconnaître la notion de préjudice historique, dans ce cas, une sorte de préjudice virtuel puisqu'il est censé avoir frappé des absents: n'ayant pas été là avant telle date, je n'ai pu bénéficier des avantages de la loi d'alors et me trouve lésé par le droit actuel, préjudice dont je demande réparation.

Beaucoup d'hommes politiques de la défunte "gauche plurielle" ainsi que leurs relais associatifs soutiennent ces interprétations(-trahisons).

La remise en cause de la laïcité scolaire ne concerne pas seulement les foulards (infra, chap. 6) mais nombre de revendications sur les contenus des programmes en sciences, en histoire, en littérature, toujours au titre de ces très précieux sentiments identitaires et religieux qu'il ne faudrait surtout pas froisser.

Les conventions internationales , qui donnent une primauté aux communautés ethniques ou linguistiques et aux sentiments religieux sur l'intérêt général, sont utilisées contre la laïcité.

La notion même de laïcité est constamment vidée de son sens sous prétexte de progrès dans la réflexion. Les notions de laïcité "ouverte" ou "plurielle" en sont la négation.


Note de Bruno Courcelle : Un sommet est atteint sur le site internet des Aumôneries de l'Enseignement Public, http://aep.cef.fr/ , pages du colloque sur le bicentenaire des AEP, où un historique intitulé " Ecole et Laïcité : grandes étapes et dynamisme de la laïcité " décrit ainsi les étapes successives: laïcité sacrale (ancien régime), laïcité éclairée (de la Révolution à 1880), laïcité radicalisée (de 1880 à 1945), laïcité reconnue (1946 à 1994), laïcité bousculée : vers une laïcité ouverte, plurielle ?

 


Le quotidien "Le Monde", la Ligue de l'Enseignement (ou du moins ses organes fédéraux), beaucoup de politiques alimentent ce discours.

La simple défense de la laïcité (refus du communautarisme, séparation des religions et de l'Etat) est souvent qualifiée "d'intégrisme laïque" et de néo-colonialisme. (La question de la reconnaissance officielle des langues régionales suscite le même type d'argumentation).

L'islam est-il compatible avec la laïcité? Les textes nombreux et ambigüs permettent à certains de le soutenir, surtout si on les sélectionne dans le sens désiré.

Je cite, p.135-136: Nous avons désappris de nous battre contre les prétentions des religions à déborder de leur cadre spirituel. [...]

Nous vivons à l'époque de l'autorité molle et bienveillante qui relègue la loi derrière les vertus de la pédagogie. [...]

Pourtant, il faudra bien se rendre à l'évidence: la laïcité "relative" -- ou quelqu'autre nom qu'on lui donne -- comme terrain d'entente avec les militants musulmans est un leurre. Feignons-nous de croire que l'islam se rendra volontairement aux vertus laïques? La laïcité implique une relativisation à laquelle toute religion a du mal à consentir.

Chapitre 5 : Les pouvoirs publics et le culte musulman : un pragmatisme hors la loi ?

Il est dit et répété régulièrement que les musulmans manquent de mosquées, que l'Etat devrait passer outre la loi de 1905 pour les construire, et même former des imams! De fait de très nombreuses mosquées ont été construites, avec des subventions publiques à des associations culturelles ou d'aide sociale. La loi de 1901 est pour ces raisons systématiquement utilisée comme cadre légal pour ces associations, plutôt que la loi de 1905 sur les associations cultuelles.

Ces financements sont supposés éviter l'influence des Saoudiens. Mais s'ils ne financent pas les mosquées, les Saoudiens continueront néanmoins à financer les réseaux d'aide sociale, propices au prosélytisme.

Et par ailleurs, les revenus très importants de la taxe (religieuse) sur la viande halal (abattue selon les rites) pourraient servir à la construction de mosquées et d'écoles de théologie pour imams.

Les financements publics sont d'autre part conçus en vue d'une prise en charge religieuse des "problèmes sociaux", des détresses personnelles et de la délinquance largement dues au chômage. (Idée en vogue aux Etats-Unis).

Enfin, les municipalités ayant subventionné des mosquées s'efforcent de choisir les imams qui y exerceront, en violation flagrante de l'indépendance des cultes par rapport aux pouvoirs publics, garantie par la loi de 1905.

Ce chapitre examine ensuite de manière critique la constitution, initialisée par J.-P. Chevènement, d'une instance représentative des musulmans. Sans reprendre l'analyse détaillée, je rappellerai la reculade du gouvernement sur l'apostasie: le droit de quitter une religion n'est pas reconnu aux musulmans par les organisations qui siègent à la commission bien qu'il figure en bonne place dans diverses déclarations et chartes des droits humains.

Toute association musulmane refusant l'apostasie devrait être exclue de cette concertation.

Le problème avec cette future instance, c'est la crainte qu'elle aboutisse à reconnaître et valoriser les musulmans les plus intégristes. Ainsi les organisateurs de la concertation manoeuvrent pour tenter de parer ce risque, par nomination de personnalités qualifiées et arrangements divers.
 
 

Chapitre 6 : Le voile et la République

Ce chapitre détaille les hésitations du gouvernement, son recours au Conseil d'Etat, les positions des associations, la médiatisation des diverses affaires, leur utilisation par les intégristes qui ont ainsi marqué des points, et poussent leur avantage sur d'autres terrains (cantines, contenus des cours). On y apprend au passage qu'ils payent des familles pour qu'elles obligent les filles à se voiler dans les écoles et les collèges.


La liberté de conscience est loin!

Chapitre 7 : A l’écoute de l’islam de France

Citations.

M.Renard, revue Islam de France:

L'islam ne se réduit pas à un culte. C'est une religion suscitant une conduite globale qui ne peut se résumer à l'exécution des 5 piliers du culte mais interpelle chacun dans tous les moments de sa vie et de ses relations sociales qu'il doit conformer aux prescriptions morales et spirituelles de la Révélation. (p. 240).

T. Oubrou, imam: Nous confirmons qu'est musulman celui qui a la foi musulmane même s'il n'est pas "pratiquant". Il n'est pas tenu non plus, de connaître les détails de l'islam pour l'être (qui d'ailleurs le pourrait?). (p.240).

Note de Bruno Courcelle: Classique éloge de l'obscurantisme, commun à toutes les religions.

 


T. Ramadan, réputé "modéré" et coqueluche des médias:

L'une des spécificités de l'islam est la priorité donnée, dès l'origine, à la réflexion juridique plutôt qu'aux considérations théologiques pures parce que, dans son essence, l'islam marie la sphère privée et la sphère publique […] Ainsi l'islam entre difficilement dans les limites de l'acception du mot "religion". (p.241).

Organisation de la Conférence Islamique (dans un colloque tenu à l'UNESCO):

L'islam lie de manière insécable le profane et le sacré, le spirituel et le temporel. (p.243)
A. Lasfar, recteur de la mosquée de Lille-Sud:

La loi française ne reconnaît pas la communauté, seulement la citoyenneté. Dans l'islam, la notion de citoyenneté n'existe pas, mais la notion de communauté est très importante car reconnaître une communauté c'est reconnaître les lois qui la régissent. Nous travaillons à ce que la notion de communauté soit reconnue par la République. Alors nous pourrons constituer une communauté islamique appuyée sur les lois que nous avons en commun avec la République, et ensuite appliquer nos propres lois à notre communauté.
(p.245)

On ne saurait être plus clair: ils visent à appliquer "leurs lois" à leurs "membres" en priorité, et lorsque cela leur convient, les lois républicaines. C'est inacceptable.

La Charia est fondée sur une distinction obsessionnelle entre le licite et l'illicite, le pur et l'impur, la prédominance des hommes sur les femmes. Elle contredit la laïcité et les principes des droits humains énoncés dans diverses déclarations.

Comment ne pas y voir un conflit de civilisations?

Les revendications concernant la viande de porc dans les cantines n'est que le petit doigt dans l'engrenage. A suivre: la viande halal, les biscuits contenant des graisses animales, la proximité avec une nourriture impure (ainsi, de manière analogue, les juifs les plus maniaques ont deux ensembles de vaisselle, l'un pour les viandes, l'autre pour les laitages!).


Un islamiste "pur" ne doit pas serrer la main d'un "buveur".


Le pain est suspect car le même four a pu cuire des quiches lorraines.


Certains fonctionnaires exigent d'interrompre leur travail pour faire la prière.


Toutes ces exigences dépassent largement le principe de la liberté de conscience dans la mesure où l'exercice d'un culte  exige de l'environnement toutes sortes de dispositions particulières.

D'autres revendications concernent entre autres l'inhumation. Le carré musulman ne suffit pas. Il faudrait en plus un ossuaire séparé, pour cause d'impureté (sic) de restes corporels "non-musulmans".

En matière familiale, la notion de statut personnel musulman, qui prévaudrait sur la loi commune (en matière de divorce par exemple) est inacceptable, même si malheureusement des précédents existent, entérinés par des jugements ou des décisions concrètes.

( cf l'article sur l'application de la charia en matière de divorce actuellement en Angleterre et au grand dam des autorités)

Chapitre 8 : L’islam des internautes

Ce chapitre examine ce qui s'écrit sur les sites internet islamiques. Il montre qu'il n'y a pas de frontière nette entre islam, intégrisme islamique et appel au djihad.

Il montre le double langage de frères Ramadan, Tarik et Hani (lequel a publié dans le Monde en septembre 2002 un article: "La Charia incomprise", qui a le mérite de montrer ce que vise l'auteur et tous ceux qui le suivent: une sorte de Yalta religieux par lequel les Etats occidentaux laisseraient tout pouvoir aux musulmans dans leurs Etats (mais pas chez nous, ouf!) de lapider leurs femmes adultères. Chacun ses Droits de l'Homme en quelque sorte.)

Ce chapitre mérite d'être lu en détail. Je me contenterai de citer sa conclusion.

Page 326: Les hommes politiques français se sont contentés après le 11 septembre des discours lénifiants de la cléricature musulmane sur la tolérance de l'islam, préférant s'aveugler plutôt que d'appeler l'islam de France à opérer des révisions profondes de son idéologie. […]

L'antiracisme est devenu LA grande cause nationale. L'insistance avec laquelle, au lendemain des attentats on a, sous peine pratiquer un dangereux "amalgame" , nié et même rejeté l'idée qu'il pût y avoir un lien entre islam, islamisme et terrorisme a surtout dénoté une peur du racisme anti-arabe, une défiance méprisante à l'égard du peuple français duquel on craint toujours le pire et qu'on renvoie à la honte de lui-même. Se méfier de l'islam, en craindre les dérives n'est pas de bon ton.


Conclusion

Page 328:
L'attitude des pouvoirs publics et des élites vis-à-vis de l'islam est fortement marquée par la dépolitisation. On ne sait plus au nom de quelles raisons supérieures on serait fondé à lui demander légitimement quelques efforts, comme on l'a fait, trop durement parfois (sic), avec l'église catholique. Sans motivation l'énergie manque. L'islam s'enracine à une époque où nous n'avons plus le cœur à ferrailler avec les religions pour qu'elles se tiennent à leur place, à l'écart de l'école publique, du politique et en respectant le code civil.


Note de Bruno Courcelle: La laïcité est considérée par les uns comme un acquis définitif (ils sont aveugles) et par d'autres comme un résidu de la IIIième République à liquider!

Les vrais défenseurs de la laïcité sont rares, aussi bien chez les politiques que dans les associations. Les citoyens ne se réveillent qu'en cas d'attaque frontale de la laïcité scolaire (dernier réveil 1994), du droit à l'avortement ou de censure cinématographique. C'est un peu court!

Page 332: Le communautarisme étant répudié par principe en France, nous nous en croyons miraculeusement épargnés, alors que ses manifestations sont déjà très visibles. (Voir J. Macé-Scaron, La tentation communautaire, Plon 2001). Les conquêtes de l'islam sont les plus frappantes mais loin d'être les seules. [Suivent quelques remarques sur les homosexuels.] L'islam nous questionne d'abord sur le modèle de société que nous entendons défendre.

Ma propre conclusion:

La défense de la laïcité est au cœur du débat. Malheureusement, il y a presque autant de définitions de la laïcité que d'auteurs qui en parlent, même positivement.

Parmi les concepts-clef figurent les libertés de conscience, de culte (et de non-culte), d'expression.

La notion de liberté de conscience et de culte élaborée au XVIIIième siècle est issue des conflits entre catholiques et protestants et de la revendication du libre examen des questions religieuses, pouvant conduire à l'athéisme.

Ces libertés concernaient les idées personnelles, le choix d'une religion parmi deux dont les pratiques cultuelles étaient proches (à une époque où les juifs visaient la discrétion). Ces différents choix et les pratiques correspondantes (concentrées sur le dimanche et les mêmes jours fériés pour tout le monde) pouvaient être renvoyés à la vie privée.

La séparation entre vie professionnelle et sociale "laïque" et vie privée (éventuellement) religieuse est tellement admise, qu'on ne la pense plus comme un acquis devant être sauvegardé. On ne comprend pas qu'elle soit contestée.

Le problème avec l'islam est que le fait d'être musulman réclame toutes sortes d'obligations de la part de l'environnement social, et que le refus de telle ou telle obligation est assimilé à une atteinte à la liberté de conscience. Les affaires de voile, de cantines scolaires, de ramadan en sont des exemples. Les tribunaux acceptent malheureusement cette interprétation étendue de la liberté de conscience.

Le débat sur la liberté de conscience est donc à la base biaisé.

Un autre concept-clef est la séparation de l'Etat et des religions. On n'en est pas à reconnaître un héritage musulman de l'Europe. Le problème concerne principalement les subventions. Les associations musulmanes n'ont pas peur de réclamer à la fois des subventions publiques et une absence de contrôle sur l'utilisation de ces subventions.

La solution serait de supprimer toutes les subventions directes ou indirectes (détaxes fiscales) à toutes les religions, et non de s'arranger avec la loi de 1905, pour les étendre aux associations musulmanes.


Le concept laïque crucial est le refus du communautarisme.

C'est le refus d'une différence de droits fondée sur l'appartenance à une "communauté". Ainsi, toute personne peut refuser les valeurs, la religion, les traditions de la famille (de la communauté) dont elle est issue.

Le poids de la famille sur les femmes mais aussi par contrecoup sur les hommes est considérable dans les sociétés de culture musulmane. Je recommande à ce sujet  "L’amour circoncis", par le psychologue marocain Abdelhak Serhane, (Ed. Paris-Méditerrannée, 4ième ed. oct. 2000, ISBN 284 27 20 962).

Le concept d'identité collective développé par beaucoup de sociologues est manipulateur et de plus, particulièrement nuisible (Voir A. Maalouf, "Les identités meurtrières", Livre de Poche).

Il semble justement que les musulmans qui refusent l'assimilation voire même l'intégration cherchent avant tout à préserver le pouvoir (patriarcal) de la communauté sur ses membres, et tout spécialement sur les femmes, ainsi qu'il résulte de l'insistance sur la question du voile et du refus de la mixité scolaire.

Le débat n'est donc pas théologique mais politique.

Il en fut de même en 1905 mais nous l'avons oublié.

 

B. Courcelle

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