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Trouvé sur le blogue de Djemila Benhabib

Le halal : un label commercial au service d’une idéologie islamique

- 12 mars 2012

 

viandehalal

Disons-le d’emblée, la nourriture halal (licite en arabe par opposition à illicite) n’est pas le voile islamique. Non seulement elle ne constitue pas un signe religieux ostentatoire mais, plus important encore, elle n’implique pas une inégalité entre l’homme et la femme. Pourtant le sujet est brûlant, soulève des passions et, quoi qu’il en soit, les tensions sont plus vives lorsque les dieux s’invitent dans nos assiettes à notre insu.

Y aurait-il une vague du halal ? Est-ce un moyen d’étendre l’emprise islamique sur les communautés immigrantes? Une chose est sûre, en Europe la tendance existe depuis quelques années déjà et elle est loin de s’inverser.

D’abord quelques mots sur le rituel. Il consiste à égorger l’animal (bien vivant) positionné vers La Mecque sans étourdissement préalable, en balbutiant une prière. Pendant plusieurs minutes, l’animal, la gorge tranchée, en extrême souffrance, agonise et se vide de son sang.

Un rite sacrificiel qui accentue la souffrance de la bête

Pour avoir assisté, en Algérie, à quelques reprises à ce type d’abattage à l’occasion de l’Aid al-adha (la fête du sacrifice du mouton), dans la grande terrasse de mes grands-parents ou les œillets s’épanouissaient à l’ombre d’éblouissantes plantes grasses, je n’en ai conservé qu’un triste souvenir de pauvres bêtes se débattant énergiquement pour lutter contre la mort. Peut-être inconsciemment, comme pour effacer les cris d’horreur de la bête, nous frottions la dalle à grand coup de balais, de seaux d’eau et d’eau de javel.

mouton

Le rituel sacrificiel bien que suivi à la lettre par de nombreuses familles ne faisait aucunement l’objet de discussions. Bien sûr chacun retenait les services d’un « égorgeur » à qui l’on donnait quelques sous. Cependant, le poids de l’animal et son prix ainsi que toutes les corvées qui suivaient le cérémonial retenaient davantage l’attention des ménages. Pour tout dire, les considérations pécuniaires, c’est-à-dire la possibilité ou pas d’acheter un mouton, primaient sur tout le reste. Car le prix des bêtes était (et reste encore) loin d’être à la portée de toutes les bourses.

Le grand business du halal en France

C’est en m’installant en France en 1994 que j’ai découvert les dessous du halal à travers un ami, inspecteur des impôts, qui faisait partie d’une brigade d’inspecteurs chargée d’enquêter sur le sujet.

Néanmoins, je dois ajouter que je n’ai pas le souvenir qu’à cette époque le fait qu’il n’y ait pas eu de nourriture hallal eut posé un problème particulier pour les quelques musulmans que je côtoyais à la cantine de l’université. Celui ou celle qui n’avait pas l’habitude du jambon se contentait de fromage. Mais encore une fois, nos préoccupations étaient plutôt d’ordre social que religieuses.

Certes, à Saint-Denis en région parisienne, ville dans laquelle je demeurais avec mes parents et mon frère, différentes boucheries halal avaient déjà pignon sur rue. Aujourd’hui, en Île-de-France, région à forte concentration maghrébine, les boucheries halal détiennent le quasi-monopole des ventes de viande au détail.

Visible ou pas, ce label, s’éloignant de son essence originelle, s’est étendu à un ensemble d’autres services et activités. Ma dernière découverte à ce jour étant celle d’un « coiffeur halal » à une centaine de mètres de chez mes parents à Saint-Denis. Après une petite investigation, j’ai retenu que le label en question associé à un salon de coiffure signifiait que les femmes étaient séparées des hommes et que l’ensemble du personnel engagé était musulman.

En quinze ans, le paysage de la ville a totalement changé. Le label du halal et son corollaire islamique marquent des épiceries, des boucheries, des restaurants, des librairies, des journaux, des centres communautaires, des banques, des écoles, des agences de rencontre et de voyage, du prêt-à-porter, des salons de coiffure et d’esthétique et j’en passe.

Quelques incursions dans des quartiers montréalais suffisent pour nous rendre compte à quel point cette réalité n’est pas seulement française mais aussi québécoise.

La logique du cordon sanitaire

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Source: France Soir

C’est peu dire que l’incidence du halal marque de plus en plus les communautés musulmanes et participe bel et bien à la même logique structurante et globalisante que celle du voile islamique, c’est-à-dire le marquage du territoire et la revendication exacerbée, en Occident, d’une identité islamique exclusive. Identité qui se forge, rappelons-le, par opposition à « la souillure occidentale ».

Car le halal est une espèce de cordon sanitaire qui préserve la « pureté » des musulmans du reste de la société d’accueil. C’est en cela qu’il est devenu un formidable enjeu politique. En définitif, en avouant sa ressemblance avec tous, l’autre n’est plus tout à fait l’autre. On retrouve en l’autre ce qu’il y a en nous. C’est précisément cette ouverture à l’autre que combat férocement l’idéologie de l’islam politique en formatant ses adeptes pour les distinguer du NOUS collectif citoyen.

Dans cette quête de la « pureté islamique » rien n’est laissé au hasard et force est de constater que l’étendue du « cordon sanitaire » est aujourd’hui pratiquement infinie.

La première conséquence de cet état de fait réside dans l’exacerbation des particularismes ethniques et religieux. Terreau favorable par excellence à une recrudescence du communautarisme qui contrarie toute intégration et rend difficile sinon impossible les échanges et les interactions avec la majorité du pays d’accueil.

Lorsqu’une minorité religieuse façonne les services publics

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Source: AFP

Le message est clair : dans cette façon de revendiquer son appartenance religieuse, nulle séparation entre la sphère privée et la sphère publique n’est envisagée. Non seulement les deux sphères se confondent mais à la lumière de quelques exemples recensés dans deux CPE, nous sommes en mesure de réaliser que, même minoritaires, des bigots musulmans arrivent à façonner les services publics en fonction de leurs propres normes religieuses. Et ce, avec la complicité des pouvoirs publics.

C’est ce que nous avons appris, la semaine dernière, après que Le Journal de Montréal eut révélé l’affaire du CPE Saint-Gertrude de Montréal-Nord où les repas servis à  l’ensemble des enfants, depuis quelques mois, sont halal. Plus encore, le régime imposé aux chérubins de moins de six ans se fait sans que leurs parents en soient informés. Pourtant, des 58 enfants de la garderie, seuls le tiers ont des parents de confession musulmane. La même situation a été révélée au CPE Bouton Éclair, à Anjou.

Quelques jours auparavant, l’histoire du halal s’était transposée dans une prison où là, spontanément, des détenus s’étaient déclarés musulmans pour bénéficier d’un repas un peu plus appétissant que celui servi à l’ordinaire.

Les centres de la petite enfance sont un service public subventionné par l’État et doivent à ce titre être soumis et bénéficier de la neutralité du service public. L’État ne devrait pas mettre un genou à terre dans les garderies, bafouer sa neutralité et exposer nos enfants aux rituels religieux d’une quelconque confessionnalité que ce soit.

Ces quelques remarques sont d’autant plus pertinentes dans le contexte québécois où la déconfessionnalisation de nos commissions scolaires a été obtenue grâce à des batailles collectives et à une volonté populaire.

La religion ne doit engager que les croyants et eux seuls. Il faut donc rétablir un principe de simple bon sens : l’argent public pour les services publics.

Les normes d’hygiène bafouées lorsque les dieux remplacent les vétérinaires

Une enquête d’Envoyé Spécial de France Télévision diffusée au début du mois de mars révélait, témoignages solides à l’appui, qu’en Ile-de France et dans de nombreuses villes de France la totalité des bovins, ovins et caprins sont abattus selon les méthodes halal. Le magazine Marianne a interrogé plusieurs experts qui confirment le contenu de l’enquête. « Selon Gilbert Mouthon, professeur à l’Ecole Vétérinaire de Maison Alfort (94) et expert auprès des tribunaux, « pour des raisons économiques, tous les animaux abattus en Ile-de-France le sont selon les techniques halal. Et le phénomène est en train de gagner toute la France, où on estime que 80% des moutons sont abattus selon les méthodes halal ». Le principe est simple : des dérogations – légitimes – ont été accordées pour permettre les abattages rituels, halal et cascher, à des moments clairement identifiés. Or ces méthodes présentent bien plus de risques sanitaires que les méthodes conventionnelles, très codifiées. Ce qui implique, pour les abatteurs, une fois ces moments réservés aux pratiques rituelles passées, d’arrêter les chaînes d’abattage pour les nettoyer et les désinfecter. Ce que de moins en moins de professionnels se résolvent à faire, préférant généraliser les pratiques rituelles et augmenter leurs profits. » Le problème posé, analyse le Dr Jean-Louis Thillier, auteur de nombreux rapports officiels sur la sécurité sanitaire, c’est celui du non-respect des normes d’hygiène, conduisant à une augmentation des contaminations à l’Echerichia Colli, ces terribles bactéries qui provoquent tant d’insuffisances rénales chez les enfants. Au cours de ce type d’abattages rituels, le contenu de l’œsophage et des intestins des animaux risque de souiller la viande, particulièrement les quartiers avant qui finissent dans les steaks hachés. Voilà pourquoi l’étiquetage indiquant comment les animaux ont été abattus est si important. Le consommateur est en droit de savoir. »

Une manne financière non négligeable

Soulignons pour conclure qu’en France ce sont des organismes religieux agréés tels la grande Mosquée de Paris, la Mosquée de Lyon et la Mosquée d’Evry  qui habilitent les personnes qui peuvent pratiquer l’abattage rituel musulman. Chaque kilo de viande abattue selon les rites halal ou casher profite à leurs représentants religieux. À ce titre, Kamel Kabtane, recteur de la grande Mosquée de Lyon déclarait : « Par kilo de viande, la certification halal coûte entre 10 à 15 centimes d’euros« . Une manne financière non négligeable versée directement dans une caisse noire au service de pouvoirs politico-religieux !


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