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Musique de la semaine

Arundo Donax

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La première impression est celle du désordre. Il est vrai que nous laissons  le plus souvent Dame Nature planter ce qui lui plait sur notre terre aride faite pour la seule vigne et pour laquelle nous nous refusons à gaspiller ce bien commun : l'eau.


C'est un fouillis de roses anciennes et de pois de senteur épousant les branches d'un grenadier qui accueille le visiteur.



Lorsque nous avons pris racine dans ce petit village, il y a 25 ans, la maison nous a tout de suite plu :  elle se trouvait dans une impasse et donnait sur le bois longeant la voie ferrée qui relie Bordeaux à Milan. Le bruit des trains la nuit était perpétuelle invite au voyage et tellement plus agréable que le ronflement sans interruption qui pollue le voisinage des autoroutes.
Le chêne d'Amérique qui surplombe le portail était à l'époque minuscule. Aujourd'hui il est accompagné lui aussi de roses fantasques et enchante nos automnes de son feuillage de feu.







Oh, il reste bien quelques mauvaises herbes au pied du portillon me direz-vous!
Et je vous répondrai que c'est délibéré. Si on veut maintenir vivant un écosystème, il ne faut surtout pas arracher tout ce qui dépasse au prétexte d'obtenir quelque chose de lisse. Car c'est aux petites bêtes qui en nourrissent de plus grosses, au monde minuscule qui soutient nos pas, donc à nos propres existences, que l'on porte alors atteinte.



Voici ce que vous verrez sitôt franchie cette arche de fleurs et d'arbres:




En lieu et place de ce Catalpa , nom de l'arbre qui signifie " Haricot " en Cherokee, et de l'escalier se trouvait à l'origine un muret de béton long d'une quinzaine de mètres qui soutenait un terre-plein étroit donnant sur la forêt.
Nos enfants s'y construisirent longtemps des cabanes. Et puis un jour, il y a 20 ans de cela, la SNCF manquant de liquidités mit en vente son patrimoine terrien. Pour une bouchée de pain nous avons acheté deux hectares de ces bois.

Vint la tempête de décembre 1999 qui dévasta tout sur son passage.
Un ami horticulteur et de son équipe ont alors démoli le muret,  rasé  et désouché la moitié  de cette forêt presque esssentiellement constituée de pins et d'acacias, conservé quelques jeunes chênes, tilleuls, frênes, érables, chataigners jusqu'alors étouffés et pour finir mis à niveau l'allée  qui descend du portail blanc et ce début de pré.

Nous avons laissé le tout en friche des années durant, nous contentant d'aménager cet escalier fait de traverses de chemin de fer, vite envahi de lierre et au-dessus duquel s'est planté tout seul un pommier sauvage.

Aujourd'hui, l'escalier mène au coin bonsaï de Michel qui jouxte une terrasse bien agréable l'été pour déjeuner au grand air:







Sur cette photo qui date de l'an dernier,  on voit bien que l'arrière plan est fait de débris de jardin.
Pendant des années, afin que cette terre de Graves s'enrichisse , nous avons laissé le terrain envahi de plantes parasites  qui ont contribué à fabriquer de l'humus: orties et ronces.
Chaque hiver, le sol propre de ses envahisseurs saisonniers  nous donnait idée de la croissance des arbres.
Mais pour cacher cet enchevêtrement assez moche au printemps et en été nous avons remplacé l'ancien muret de béton par un mur de bois de chauffage...

Aujourd'hui, le pré s'est semé de belles graminées apportées par les oiseaux, d'herbes de toutes sortes qui nous évitent de planter un gazon, donc de gaspiller de l'eau.
Nous avons acheté un tracteur, des faux,  des fourches et râteaux et au travail!

Le soir,  depuis mon escalier du rail, je vole jusqu'au bout de ces pentes douces, m'arrêtant un instant sous ce chêne qui désormais touche le sol de ses branches lourdes.

Je viens d'aller verser sous son ombre des morceaux d'un cèpe de Bordeaux trouvé dimanche par Michel , trop véreux pour être consommé mais macéré dans de l'eau comme le faisait mon grand-père qui semait puis récoltait ses cèpes ainsi. On verra bien...

Le tilleul embaumait.


Et depuis ce matin le Catalpa a fleuri et nos plants de tomates prospèrent après la généreuse pluie:











 

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