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Musique de la semaine

Arundo Donax

30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 08:00


Ce sera notre dernière étape.
De ce lieu nous ne savons rien si ce n'est l'engouement qu'il suscitait chez les peintres de Pont-Aven et que son accès est entravé de fils barbelés.

Il se raconte que la fille du propriétaire originel de l'édifice - construit au XV ème siècle - tomba amoureuse d'un jeune homme que  sa foi intransigeante conduisit à entrer dans les ordres.

A l'heure même de sa prise de robe, la jeune femme mourut sous ses yeux dans l'Eglise. Depuis, dit-on, son fantôme blanc et celui du prêtre aux yeux enfin dessillés errent les soirs de pleine lune sur les murailles endormies sous le lierre.

Pour nous, les épines et fils de fer n'ont rien de fantomatique mais en dépit des interdits nous franchirons cette dernière haie vers le temps qui passe.




Le murmure du jour qui se lève sur Rustéphan
éclaire de ses fleurs de soleil encore tièdes
l'unique tour dressée
comme une apparition dans le réseau des branches.







La terre lisse
contraste  en son pain vert
avec  les grumeaux de pierres soutenant la voute.

Quelques tiges aventureuses écoutent à leur manière le seuil et les restes du tympan: 

C





Sentiment d'approcher un objet essoré par le temps
et qui en aurait conservé quelques vigoureuses marques .






Ici, tout défie les lois de l'équilibre
tout semble plonger et surgir à la fois
et cette lueur verte
comme elle nous prend...





Quand la flamme au dehors et la cendre en l'intime
quand l'ombre  claire et lueur sombre
quand le vieux fut de pierre chante comme un serpent
quand les marches perdues répètent leur absence
tout est d'un autre monde


Cette ouverture là-haut pourrait soudain tourner comme une lame
et découper le ciel de son fil abîmé

nous n'en serions surpris.







Allongés sur la terre fraîche, nous nous laissons aller à ce vertige
auquel échappent seules, dans leur fragilité, quelques plantes modestes.

Elles ne craignent pas, elles
de n'être un jour vivantes
que dans les mots de quelqu'un.
Ce





Sur la pierre une fleur de lys respire
sévère

Son visage nous suit entrant dans le départ
nos ténèbres qu'elle sonde

Il fait jour derrière nous...
Mystérieuse Bretagne.
mille visages








Jordi Savall, viole celtique du XVème siècle


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publié par Viviane Lamarlère - dans Mystérieuse Bretagne
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