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Musique de la semaine

Arundo Donax

1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 10:38

-Maman !!?
-….
-Maman.. !!
-Oui chéri, excuse moi, j’étais ailleurs.
-Dis maman, tu crois qu’on en trouvera des bonnes piles pour la télécommande de mon camion ?
-Mais bien sûr ! Arrête de gigoter avec tes jambes, tu ennuies le monsieur. -Maman… Dis, tu crois que tu sauras les quelles piles il faut acheter ?
-Bien sûr, chéri, c’est écrit sur la boite. Reste un peu tranquille, je réfléchis
-Maman…….
-…
-……

Maria aimait prendre le train avec son petit garçon. Son excitation la récompensait par avance de l’énergie déployée à le surveiller dans les magasins ou la rue. Il était tellement beau du haut de ses 5 ans, les yeux rêveurs perdus vers le lointain, le même front haut parfois plissé d'inquétude que son père.. Il était tellement beau et on raconte tant de choses qu’elle n’en craignait qu’une seule : qu’on le lui vole . Braderie infernale dans le vieux Bordeaux. Prêtes à exploser comme ces bêtes crevées de quelques jours au bord des routes, les places vermifuges déversaient leurs multitudes bariolées s’agglutinant par paquets aux étals fourre-tout.. Douce saison que le printemps. Celle des chats qui se la jouent mandoline et des premières fleurs dans les jardins. Son regard s’enfuyait par saccades, au rythme des secousses inscrites dans le paysage, sérénade intérieure interrompue par les questions de son fils et surtout l’irrésistible attraction qu’exerçait sur elle le passager qui lui faisait face . Bel homme mais l’air inquiet. Obsédé par sa montre . C’est alors qu’elle remarqua sous le siège de son fils un paquet volumineux.

Maria était douée d’une imagination aussi galopante qu’un jeune mustang dans la pampa et sa vie inintéressante au possible se raccrochait à toute bribe de hasard pouvant se transformer en destin. Et si c’était une bombe à retardement ?? Télécommande… piles… montre... homme inquiet... paquet camouflé... vie sans intérêt... BOMBE !! Comme si cela pouvait changer quoi que ce soit à ce qui ne manquerait pas de se produire, elle arracha son fils à son fauteuil et à un début de sommeil ainsi qu’un regard ahuri au bellâtre. Les récepteurs de sa peau tous tendus vers le paquet, elle percevait nettement un mécanisme d’horlogerie, contrechant s'opposant avec un ferme et discrêt entêtement à la fugue régulière du train. L’homme en face suait maintenant à grosses gouttes. Fallait-il être sot pour s’embarquer avec un aller simple pour l’enfer quand on est aussi beau.. !se disait Maria. Par la vitre défilaient au ralenti les premières collines du sauternais, dans une brume irisée de parme qui annonçait un regain de froid pour le lendemain.

Elle descendait au prochain arrêt. Son fils la regardait, larmes aux yeux tant elle serrait douloureusement sa menotte dans la sienne. Jusqu’ à ce qu’elle soit sur le quai, elle resterait en apnée, c’était décidé et c’est ce qui les sauverait tous deux . Le train stoppa sa course.

A peine furent-ils debout que l’homme plongea sous le fauteuil, en extirpa avec un sourire de requin une boite sur laquelle roulait des mécaniques le nom d’un antiquaire fameux de la rue des Bahutiers.

-Vous comprenez, une horloge début XIXème, copie d’un modèle de Ferney, pour une bouchée de pain.. j’ai eu peur pour elle tout le voyage..






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