Je ne souhaite à personne de se projeter ces images qui parfois me réveillent la nuit. Ici, en France, la guerre ce sont des spots à la télé. On peut zapper ou
regarder, un peu voyeur ou consterné, et puis ensuite se réjouir d'une victoire footballistique.
La balistique c'est autre chose.
Un matin on se lève et tout n’est que poussière Terre rouge,cendrechaude Collante de la sueur des hommes apeurés qui courent fuyant les les balles. Souffe bloqué on se terre dans la maison Seul le bruit du dehors conte l’apocalypse On entend les fusils et les kalachnikov Dévider les colliers de leurs perles tueuses.
Et puis vient le répit très court de la nuit.
Poussière retombée sur les corps écrasés Quelques lamentations de femmes qui viennent chercher les leurs, Et ne les trouvent plus.
Le réveil.
Assommée Aube neuve et si vieille Les trottoirs ont fleuri de têtes décapitées Corps anonymes lacérés de coups de machette Morceaux de troncs blêmis par la si longue nuit. Barbarie. Aux flaques déjà brunes se
mèlent les pétales De fleurs déchiquetées par les balles
perdues Il y a enfin l’odeur, l'odeur surtout
l’odeur. Qui me poursuit encore Aucune fleur capiteuse ne pourra m’en laver.
Odeur de corps martyrs, innocences cueillies Dont les membres épars jonchent tous les trottoirs débordent des poubelles.
Vos mots à vous