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Blog de poésie, histoire de la musique et des arts,
contes, cuisine, philosophie, défense et promotion de la laïcité


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Musique de la semaine

Arundo Donax

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Depuis quelques semaines et jusqu’à la mi-juillet, les orchidées  sauvages fleurissent un peu partout, le long des petites routes, des vignes mal entretenues,  dans les champs éloignés de la circulation.

De cette fleur magnifique nous sont familières la gousse de la vanille et les orchidées exotiques vendues à l’unité chez les fleuristes dans de minuscules vases et sous abri de cellophane.

Nous connaissons moins les trésors minuscules des fossés de nos régions et des prés qui ne respirent que de loin les engrais ou même l’eau. L’orchidée a en effet besoin  de sols non pollués et elle est à ce titre un excellent indicateur de respect écologique d’un  terrain donné, sur lequel elle peut prospérer en se suffisant de peu de choses.

La pauvreté lui va très bien.


Dans un monde gavé de cosmétiques, d'engrais, de surenchère consommatrice et de retouches, cela réconforte profondément et procure beaucoup de paix de ramper dans les herbes et contempler de si près ces merveilles incomparables qui ne s'offrent au regard que dans le silence et la quête lente et sont si économes pour assurer leur survie.

Agée de 86 millions d’années, si l’on en croit les dernières analyses de pollen, cette famille botanique compte environ 30 000  espèces.

A 28 km de Langon, dans la commune de Cazaugitat, petit bourg d’à peine 223 âmes, se trouve un paradis des orchidées. 
Cazaugitat est un mot de langue Gasconne Girondine qui signifie Jardin
( Cazau ou Casau)  jeté ( Gitat).

A la sortie du village s’élève une colline assez vaste , surmontée d’un pigeonnier que les lierres et ipomées ont recouvert de leur fantaisie.



Selon la  légende, Dieu aurait jeté  sur la butte de Launay, tel est son nom, ce qui lui restait de semences de fleurs, oiseaux, papillons et lézards peu affolés de présence humaine.  Il y a un bon mois déjà, nous l'avons parcourue en quelques heures passées trop vite: on pourrait  y consacrer des journées entières à quatre pattes et dans l'émerveillement complet...



La campagne alentour est sans angles aigus ni brutalité de ces constructions ou pancartes qui défigurent tout chez nous. Le silence qui y règne est incomparable.
Il y pousse en parfaite harmonie, au milieu de plantes minuscules et de graminées, environ une vingtaine d’espèces d’orchidées dont la floraison s’échelonne entre la mi-avril et la mi-juillet.

Nous en avons croisé treize en fleurs et une quatorzième en cours de floraison, Orchis bouc. Vous voyez ci-dessus en perspective l'espèce la plus accessible au regard,  Pyramidalis, dont le  pimpant qui va du rose pourpre au rose très pâle se détache nettement en hauteur et couleur au-dessus des plantes de toute nature.


Voici une Anacamptis pyramidalis
ses multiples fleurs ont la taille d'une fleur de muguet:


De plus près en début de floraison:



Chaque fleur possède un territoire mais Anacamptis Pyramidalis se plait de compagnie avec les autres, que voici:


Céphalanthère longifolia:


ici en gros plan:



Ophrys apifera ( semblable à une abeille)
dont le sourire grand ouvert est réjouissant:





Ophrys Scolopax
que je trouve très émouvante
dans ses oppositions de couleurs:



En gros plan




Orchis anthropophora, ou l'homme pendu,
pour ma part je trouve qu'elles ressemblent à des petits poulpes
et en aime beaucoup les lignes pourpres qui les traversent:




Une Serapias vomeracea
(
qui ressemble au soc d'une charrue,
ou à un os de la cloison nasale, le vomer)
dont l'espèce pousse à foison
 un Argus la butine
qui parut s'exposer à notre regard avec beaucoup de complaisance:





Orchis pourpre, très féminine:



Une discrète Serapias lengua:




Une délicate Dactylorhiza fushii:




Une Orchis ustulata:





Une Platanthère Chlorenta , danseuse assise sur son tutu,
qui semble nous regarder avec étonnement:



Enfin, ci-dessous, Ophrys Insectifera,
ma préférée, ses fleurs sont de la taille d'un  grain de riz.

Je ne vois pas de ressemblance avec des insectes,
mais plutôt des petits hommes chapeautés et au gilet parme.
 Elle prolif.ère en certains endroits de la colline,
on marche dessus tant elles sont petites et nombreuses et cela fait peine,
on a l'impression d'écraser réellement un petit peuple en train de s'envoler:







Hélas, cet endroit qui semble ne pas avoir changé depuis la nuit des temps et que les villageois respectent, allant jusqu'à pratiquer alentour une agriculture sans engrais,  est depuis peu envahi de motards et autres engins à quatre roues tout-terrains qui en défoncent la terre en tout sens.

C'est un peu un appel au secours que je lance là, car ce site qui a résisté à la destruction humaine jusqu'alors devrait être classé et définitivement hors d'atteinte des vandales motorisés.

Durant notre promenade, nous avons croisé quelques énormes lézards qui m'ont filé entre les pattes et semblaient m'attendre...
Et de bien étranges papillons, l'un d'eux, un Ascalaphe., ( merci Richard de la précision)  s'est laissée photographier avec un plaisir évident



Et puis le plaisir au milieu de ces fleurs primitives aux formes élaborées, de fleurs plus courantes, telles ce discret Sceau de Salomon ( Polygonatum odoratum ), que l'on ne remarque plus. Michel a su saisir ici la transition si douce du blanc au vert avec un talent incroyable.




Et au retour, des iris sauvages se mirant dans une flaque:



dewplayer:http://s3.archive-host.com/membres/playlist/1543578952/05LePapillonEtLaFleurOp1No1.mp3&


Gabriel Fauré , Le Papillon et la fleur

texte de Victor Hugo

par Véronique Gens




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