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Musique de la semaine

Arundo Donax

11 août 2007 6 11 /08 /août /2007 06:52


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Fille de Chicoutimi, Mère, dis moi... pourquoi les femmes qui boitent ont-elles dans notre famille une telle importance?

- Parce qu’elles sont en relation avec ce que personne ne doit voir, enfant, veux-tu que je te raconte ?

-Oui, et je te promets que j’écouterai en silence...
- Rien n'est moins sûr, tu vas lentement enfant à apprendre le silence mais... sans doute ta curiosité est-elle insatiable?
 
Il y a longtemps, près de notre belle rivière vivait une tribu. La fille aînée du chef était très curieuse, de tout de rien, des petites choses comme des grandes et déjà douée pour soigner avec les herbes sauvages.


Elle était très belle surtout et on ne lui connaissait aucun amour. Elle n’aimait que le jeu, les pierres et le feu.

Elle ne savait pas, la beauté aux yeux doux,
qu’il faut rester au chaud quand se raidit le vent
se faire des colliers avec les fruits du houx
et attendre modeste le retour du beau temps.

Elle a vu un matin...
Les feuilles étaient si rouges
la bise toute joie
enfilait ses grands doigts
dans ses beaux cheveux noirs, on dirait quand elle bouge
que coule sur ses seins
la pierre des volcans...
elle a vu un errant
assis au pied d’un arbre et voulut le connaître.

Non, il ne faut jamais aller plus loin qu’on peut
les pieds sont nos seuls maîtres
mais chez elle les yeux
gouvernaient son vouloir. Il est parti, le gueux,
sans but, sans même dire s’il voulait qu’elle le suive.

Elle en a traversé des eaux mortes ou vives
et c’est dans sa tanière
qu’elle l’a vu reprendre
sa fourrure d’ours blanc.  Elle aurait pu s’éprendre
de cet homme qu’hier
elle trouvait magique
mais aimer une bête…

Alors elle a boudé, lui en a fait de même
attendant un "je t’aime"
qui l’aurait transformée
en ourse  à ses côtés

Puis elle s’est endormie au chaud dans ses grands bras.
et c’est lui un matin qui lui a dit «Tu vas
et ne reviens jamais, il ne faut pas aller
plus loin que les pieds disent.
Tu vas de pierres grises
et d'herbes et de sueur t'habiller chaque hiver
jamais tu ne sauras le baiser d'un guerrier.

On ne surprend pas
impunément
l’homme qui se fait bête le temps que l’hiver passe.

On ne voit pas les secrets de la vie sans lui rendre son dû.
La  belle en a perdu
l’usage d’une jambe...

Mais il y a justice en ton pays Cheyenne, enfant,
Les boiteuses sont chamanes et femmes médecine
souvent
Ceci compense cela...

La boiteuse s’en va
Au pays du non dire
et quand elle se réveille ses yeux sont aussi plats
et vastes que ces terres inconnues du commun
on peut marcher dessus
et
comprendre le sens du vivre et du mourir


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publié par Viviane Lamarlère - dans Contes de la rivière aux Loups
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commentaires

Serge 29/10/2007 15:41

Elle est magique cette série. Elle est éditée quelque part?

Russalka 29/10/2007 19:47

non pas encore, les dessins sont en cours mais comme il y a aussi un bébé en route chez les dessinateurs ;o) cela attendraêtre grand mère me ravit davantage que d'être éditée.

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