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Mercredi 23 avril 2008



J'avais adoré sa
Tragédie du roi Christophe. Et le mieux est, en suivant ce lien de le lire à ce sujet.

A l'occasion de sa mort, tout a été dit
bien mieux que je ne saurais le faire
et c'est une autre voix que la sienne qui chante en moi

plus discrète
aussi engagée
aussi fervente dans la défense des peuples opprimés
une voix un visage
à l'écorce burinée comme celle de ces très vieux arbres
dont le
Tao
nous dit que leur constitution tordue
leur permet d'échapper aux attentions du menuisier

Atahualpa Yupanqui a résisté à tout ce qui tentait de le faire pousser droit
et j'entends dans sa Voie les fruits mûrs de l'air libre

indifférents aux modes
indifférents au temps


Imaginons-la berçant le Poète d' hier
de son Duerme, duerme Negrito
aux intonations rapeuses
au souffle qui passe entre les voyelles
à la tendresse infinie
dans laquelle je retrouve le caractère répétitif des chansons africaines
et ces percussions de la voix dont je vous reparlerai à propos d'une autre chanteuse
originaire d'Amérique du Sud



Atahualpa Yupanqui
Duerme, Duerme Negrito











par Viviane Lamarlère publié dans : Hommages et échos
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Mardi 22 avril 2008






 


Là-bas
    un mot qui me revient souvent
    deux syllabes immobiles pour des chemins qui bougent
des bruits et des couleurs qui ne se verront pas
        plaines forêts cernées de falaises
d’arbres noirs à l’intérieur
            des oiseaux
    taiseux quand on passait

Là-bas
    tout pouvait chanceler d’un instant à l’autre
dans les gueules tendues au bord des routes
    on ne tuait pas le temps il mourait à son rythme
  
torpeur


les pieds savaient lire la poussière
    les hasards déterrés brillaient sous le soleil cassé feuilles palmiers
  
Comment est-ce là-bas aujourd’hui?

Je ne sais

Aucune envie d’y retourner


Mon là-bas c’est peut-être l’ailleurs des autres
    pesant sur leurs épaules
        qu’ils cherchent droit devant eux comme une chanson idiote sans cesse répétée
    peut-être ces images qui sont sans pitié d’eux
        images de platitude
images grouillantes dans les magazines
                deux dimensions pour le prix fort
deux dimensions de rêve qui refusent la vie
    la beauté familière
comme elle peut être belle

C’est vrai que j’ai eu de la chance de connaître ces ailleurs qui s'étonnent toujours
    qui rendent biscornus les angles de tous nos faits et gestes
et les voix
   qui allaient toutes
noires blanches jaunes
    vers le seul point qui se rie de toute chose

                                                                        L’horizon


Là-bas
c’est chaque jour ici

Là-bas

Cet ailleurs qui n’appartient qu’à moi













     
par Viviane Lamarlère publié dans : voyages de l'âme
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