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Blog de poésie, histoire de la musique et des arts,
contes, cuisine, philosophie, défense et promotion de la laïcité


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Musique de la semaine

Arundo Donax

4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 10:56

En ce moment, je me réconcilie avec tout ce que j'ai écrit. Ce qui consiste d'ailleurs  à beaucoup ... jeter, élaguer, alléger. Mais parfois des compromis entre contes et poèmes continuent de me parler tels qu'ils furent posés d'emblée sur le papier
Celui-ci, par exemple, qui se trouvait loin en arrière du blog.



potentilleanserine.jpg

Une fois dans ce pays, ne vous étonnez pas.

Enroulé sur le flanc
ses rêves assoupis forment des boules grises
à l'ombre des volets et quelques convoitises
trainent dans les ruelles ou dorment sur les bancs

Ne vous étonnez pas
ces derniers sont de chair. Noueuse par endroits
froide ou chaude selon l’emplacement.
Ils bougent. Tout le temps. Inutile de chercher des repères, vous n’en trouverez pas, ce pays là est en perpétuel mouvement.

Pour vous loger : la belle étoile si elle est là.
Sinon les fossés.
Cela fait si longtemps que les maisons se taisent
elles ne savent plus les chansons qu'on attend
les rumeurs qui ravivent la
braise
elles ne savent plus les tapages festifs derrière les fenêtres

Il n'y a plus personne pour aimer le ciel
plus une âme qui ose plonger dans la nuit un regard étonné
puis y tailler un fruit
le poser sur la table
en faire une chandelle

Le silence est tout bleu
parfois vous aurez peur dans les angles noircis
vous vous sentirez murs
de l'argile
en sursis
c’est l’une des principales attractions de ce pays, vous faire découvrir votre condition.

Parfois dans une vitre vous verrez vos erreurs
tout ce que vous avez fait pour rendre responsables ceux qui n'ont fait que jouer
souvent bien malgré eux
le rôle que votre histoire leur avait dévolu. Ne brisez pas les vitres.
Vous y verrez aussi vos réussites.
Ne brisez pas les vitres.

Vous errerez sans espoir de rencontrer qui vive
des fleurs un peu fanées pendant au bout des doigts
la lune suspendue sur le bourdon des toits
psalmodiant détuilés leur unique déclive et les rues à mourir à mourir à mourir

Vous vous sentirez vide. Et il n’y aura rien pour venir vous combler
dans l’immédiat.

Mais si vous acceptez sans aucun préjugé ce pays fort étrange et aux moeurs indicibles
vous verrez s’élever au milieu des pavés
une fleur pour rien
un mélange d'or fin
et de boue desséchée

Prenez soin d’elle.
Vous ne saurez  jamais si ce dessin fragile
est éclos pour vous dire et ce qu'il vous dirait
peut-être est elle muette?

Mais ce cadeau des pierres mettra vos coeurs en fête
accroché aux pétales
à la tige modeste
un espoir jaune et vert défiant tous les salpêtres
vous ne sentirez plus ni la faim ni la soif vous ne sentirez plus le besoin de dormir, d’aimer ou de rugir
vous serez cette fleur entre deux cailloux ronds
minutieuse et tranquille acharnée à pousser
c'est elle votre double au milieu des pavés
et les pays lointains remplis de grands hotels de mirages en solde
et de plages de stuc vous paraitront si vains
que vous resterez là
comme au pays natal.



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publié par Viviane Lamarlère - dans voyages de l'âme
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