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Musique de la semaine

Arundo Donax

17 juin 2007 7 17 /06 /juin /2007 07:38



On m’attend. C’est une évidence.
Elle vient de me sauter à la figure et je n’en suis même pas surprise. Laisser le regard se vêtir en douceur de la mélancolique cascade des glycines. Rien n’a changé.. Pas même l’hypocrisie des volets clos, paupières de bois baissées sur tant de non dits.. Toute cette violence rentrée entre elle et moi, et que dans ma rage d’enfant silencieuse et mal- aimée je vengeais sur l’innocence des rosiers ou des jouets.

Je hais le printemps.
Je le hais parce qu’il me rappelle ses paradoxes. Sa manie de l’ouverture des fenêtres et la circulation de l’air à la belle saison et la fermeture définitivement opaque de son cœur à l’aération des sentiments. A cause de ces âmes en suspension dans le moindre rai de lumière et dont la danse me tenait compagnie, qu’elle assassinait sans remords d’un coup de chiffon. J’aimais la poussière pour ses ballets de grisaille et d’or. Elle la détestait.. Comme je hais cette bâtisse et les dépouilles qui viennent à ma rencontre. Aïe.. ces rosiers. Je n’avais pas remarqué à quel point ils laissaient peu de place au passage. D’ailleurs, une impression un peu folle me gagne : ils bougent et rétrécissent le sentier de pas japonais , égratignant mes bas et mes mollets.

La clef, bon sang, où l’ai-je mise.. la voilà.

Une résistance à rentrer dans la serrure et la poignée de la porte qui étreint mes doigts la boiserie qui se cabre elle ne veut pas de moi la maison ne veut pas de moi la maison est en train de me dire qu’il faut que je m’en aille la maison est en train de me dire qu’elle m’attend.

Entrée. Cela me saute à la figure comme une évidence. Son parfum entête encore les murs. Elle est là. Maria.


Comme un jouet qu’on télécommande, je retrouve les réflexe d’autrefois. Raser les murs en silence, caresser la boule de cristal qui orne la rampe en répétant trois fois dans ma tête « pourvu que je n’aie pas fait une bêtise aujourd’hui ». Je suis en train de faire une bêtise aujourd’hui.

Ma chambre. Sur le lit, la poupée de porcelaine dont j’avais dévissé la tête
pour tenter de comprendre quelle vie mystérieuse se cachait derrière ce regard toujours ouvert, même la nuit. Cette poupée... Ses cheveux sont des algues de soie si douces que ma main s’y accroche mais les cheveux me fuient les cheveux sont habités les cheveux s'arrachent à mes doigts entraînant dans leur fugue blonde une remontée de grumeaux acides et épais comme la rancune et la peur.

La poupée me regarde . Fixement.

Elle me saute à la figure, petits poings en avant dirigés vers mes yeux. Comme une évid…



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publié par Viviane Lamarlère - dans Fictions courtes
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