Le soleil baille encore la Medina étire ses rues fraiches écloses dont le courant pressé charrie sans une pause les jambes et les voix des marchands de tapis et de cuivres madrés.
En grappes faseyant les navettes desoie chantent contre les murs leurs camaïeux subtils. La ville est un grand fil d’Ariane cherchant chas.
Entre les bigarrures des tissus d’Orient se glissent les parfums de cumin, de gingembre de canelle dorée et de ce beau piment qui brûle autant les yeux que les grands colliers d’ambre dont se parent les femmes aux cils cernés de khol.
Au coin d’une ruelle des enfants, les pieds nus sortent de leur école et comme des moineaux qui regagnent les nues s’éparpillent joyeux en dérobant des fruits qu’ils dégustent moqueurs, échappant aux lazzis d’un maraicher bougon. Medina en fusion.
Soudain des vapeurs affolantes suintent du coeur de la ville affairée. Le quartier des tanneurs a ouvert ses godets de cobalt et de pourpre, de jade et d’amarante.
On ne peut approcher que les yeux étonnés de comprendre comment se fabrique le monde. Un parfum se répand qui marie durement le sublime et l’immonde un vestige de joie aux couleurs de la vie se perdant dans les peurs des peaux déja mûries...
Vos mots à vous